Volcanal

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 Ne doit pas être confondu avec Autel de Saturne ou Lapis Niger.
Volcanal
Image illustrative de l'article Volcanal
Autel de Vulcain en forme de U
selon l'identification de Filippo Coarelli.

Lieu de construction Comitium
Date de construction Milieu du VIIIe siècle av. J.-C.
Ordonné par Titus Tatius
Type de bâtiment Sanctuaire
Le plan de Rome ci-dessous est intemporel.
Planrome2b.png
Volcanal
Localisation du sanctuaire dans la Rome antique (en rouge)

Coordonnées 41° 53′ 34″ Nord 12° 29′ 05″ Est / 41.892775, 12.484589
Liste des monuments de la Rome antique

Le Volcanal ou Vulcanal (en latin : Area Volcani) est le plus ancien lieu de culte de Rome dédié à Vulcain, dieu du feu, datant du VIIIe siècle av. J.-C.

Localisation[modifier | modifier le code]

La localisation précise de l'aire sacrée n'est pas connue mais il semble établi qu'elle se soit étendue sur une zone qui correspond en partie au site du Forum Romain, plus précisément la partie nord-ouest[1].

Selon une première hypothèse proposée la première fois par l'archéologue italien Giacomo Boni après des fouilles entreprises sur le Forum entre 1899 et 1905, l'aire sacrée se situe quelques dizaines de mètres au sud-ouest du Lapis Niger, derrière l'Umbilicus Urbis Romae et l'espace qui est plus tard occupé par les Rostres impériaux[2]. Le niveau du sol du Volcanal est sensiblement plus élevé que celui du Comitium et du Forum[2]. L'aire sacrée devait s'étendre jusqu'aux pentes du Capitole et occuper la zone où s'élève le temple de la Concorde[3].

Selon une deuxième hypothèse proposée en 1983 par l'archéologue Filippo Coarelli, le sanctuaire se situe à proximité immédiate du Comitium et forme une aire accolée à l'angle nord-ouest du Forum Romain qui correspond à la zone connue sous le nom de Lapis Niger durant l'Empire[4]. Les vestiges identifiés à l'autel de Vulcain par Boni et les archéologues du début du XXe siècle seraient en fait ceux d'un autel dédié à Saturne. Coarelli propose d'identifier l'autel de Vulcain avec les vestiges d'un autel baptisé Ara G-H par les archéologues. Cette proposition a reçu le soutien de certains historiens[m 1],[m 2] mais ne fait pas l'unanimité, d'autres historiens[2] soutenant toujours l'hypothèse de Boni.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le premier autel dédié à Vulcain a été élevé selon tradition par Titus Tatius vers 740 av. J.-C.[a 1] pour commémorer l'accord passé avec Romulus qui a conduit à la fusion de leur deux peuples romains et sabins[5]. L'aire, relativement vaste, est utilisée durant la République par les magistrats pour régler les affaires publiques[a 2] et parfois par les assemblées populaires pour se réunir[a 3], comme en 450 av. J.-C. lorsqu'elles sont convoquées par le décemvir Appius Claudius Sabinus.

L'aire est progressivement abandonnée jusqu'au Ier siècle où elle ne se réduit plus qu'aux alentours immédiats de l'archaïque autel de Vulcain. L'autel sert toujours lors des Vulcanalia qui se déroulent le 23 août et durant lesquelles des poissons sont sacrifiés à Vulcain et Maia sur l'autel[a 4],[3].

Description[modifier | modifier le code]

Le sanctuaire contient un quadrige en bronze dédié par Romulus[a 5], une statue d'Horatius Coclès déplacée depuis le Comitium, un édicule dédié à la Concorde et au moins deux autels dédiés à Vulcain, le premier par Titus Tatius et le deuxième par Auguste en 9 av. J.-C.[3]

Si l'identification proposée par Coarelli avec l'autel G-H du Lapis Niger est correcte, l'autel dédié à Vulcain adopte une forme en U et précède une plate-forme sur laquelle se dresse un petit temple ou un édicule. L'archéologue suédois Einar Gjerstad propose de placer deux statues de lions couchées sur les piédestaux en U. L'autel est encadré par deux tribunes de quelques marches, dont les Rostra Vetera, et est tourné vers le Comitium[6],[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • Sources modernes :
  1. Coarelli 1983, p. 164.
  2. a, b et c Richardson 1992, p. 432.1.
  3. a, b et c Richardson 1992, p. 432.2.
  4. a et b Coarelli 1983.
  5. Grant 1970, p. 214.
  6. Gjerstad 1953, p. 136.
  • Autres sources modernes :
  1. Timothy Peter Wiseman, Filippo Coarelli, Il Foro romano : periodo arcaico, The Journal of Roman Studies, 75, p. 230.
  2. H. S. Versnel, Inconsistencies in Greek and Roman Religion : Transition and Reversal in Myth and Ritual, tome II, Leiden, E.J. Brill, 1990, p. 172.
  • Sources antiques :
  1. Denys d'Halicarnasse, Antiquités romaines, II, 50, 3
  2. Denys d'Halicarnasse, Antiquités romaines, II, 50, 2
  3. Denys d'Halicarnasse, Antiquités romaines, VI, VII
  4. Festus, De Significatione Verborum, 476 L
  5. Denys d'Halicarnasse, Antiquités romaines, II, 54, 2

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Lawrence Richardson, A New Topographical Dictionary of Ancient Rome, Johns Hopkins University Press, , 488 p. (ISBN 0801843006)
  • (it) Filippo Coarelli, Il Foro Romano : Periodo arcaico,
  • (en) Michael Grant, The Roman Forum, London, Weidenfeld & Nicolson,
  • (en) Einar Gjerstad, Early Rome : Stratigraphical Researches in the Forum Romanum and along the Sacra Via, vol. 1, Lund, Sweden, C. W. K. Gleerup,

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Plan du Comitium républicain (avant César)
En pointillé, le tracé du Comitium archaïque. En gris foncé, la silhouette de la Curia Iulia indiquée pour information.
Plan du Forum Romain
Liste des édifices du Forum Romain
Plan du forum à la fin de l'époque républicaine.
Plan du forum à la fin de l'Empire.