Temple des Dioscures

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Temple des Dioscures
Temple de Castor et Pollux
Image illustrative de l'article Temple des Dioscures
Les vestiges du temple.

Lieu de construction Forum Romain
Date de construction 484 av. J.-C.
Ordonné par Sénat romain
Type de bâtiment Temple
Le plan de Rome ci-dessous est intemporel.
Planrome2b.png
Temple des DioscuresTemple de Castor et Pollux
Localisation du Temple des Dioscures dans la Rome antique (en rouge)

Coordonnées 41° 53′ 30″ N 12° 29′ 08″ E / 41.891689, 12.4856541° 53′ 30″ Nord 12° 29′ 08″ Est / 41.891689, 12.48565
Liste des monuments de la Rome antique
Vue aérienne du Forum depuis le Palatin, le temple est situé en bas à gauche.

Le temple des Dioscures, appelé aussi temple de Castor et Pollux (en latin : Aedes Castoris), est un temple situé sur le Forum Romain, dédié au culte des jumeaux Castor et Pollux.

Localisation[modifier | modifier le code]

Le temple est encadré à l’ouest par le Vicus Tuscus qui le longe et le sépare de la basilique Julia, et à l’est par la Fontaine de Juturne et le temple de Vesta. Face au temple s'étend le Forum avec l'Arc d'Auguste en contrebas et juste au-delà le temple de César. Derrière le temple des Dioscures se dresse la bibliothèque du temple d'Auguste, occupée aujourd'hui par l’église Santa Maria Antiqua.

Fonction[modifier | modifier le code]

Le temple est le symbole du succès militaire du peuple romain. Tous les 15 juillet, les chevaliers romains commémorent la victoire de Régille en défilant devant le temple des Dioscures lors de la transvectio equitum[1].

Dominant le forum, le podium du temple est fréquemment utilisé sous la République par les orateurs comme tribune pour s’adresser au peuple. Caligula, pour s'exposer entre les dieux jumeaux, fait ouvrir au fond du temple un accès au palais impérial[a 1], déclarant qu'ainsi les Dioscures étaient ses portiers[a 2].Claude fait refermer ce passage. Sous l’Empire, le temple sert plusieurs fois de lieu de réunion impériale[a 3],[a 4].

C'est aussi un centre économique de Rome puisqu'il est abrite le bureau des poids et des mesures et une « table de mesures » (poids et longueur) est placée dans le pronaos. Elle est particulièrement utilisée par les commerçants de la Summa Sacra Via. Des banquiers occupent des locaux aménagés autour du temple.

L’espace sacré comprend aussi la fontaine de l'ancienne source de Juturne, où, selon la tradition, Castor et Pollux ont fait boire leurs chevaux après la bataille du lac Régille.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

L'origine de ce temple coïncide avec la naissance de la République romaine. Tite-Live rapporte sans détailler qu'au Ve siècle av. J.-C. un temple a été bâti à la suite du vœu du dictateur Aulus Postumius Albus en remerciement à Castor pour son rôle dans la victoire du Lac Régille contre les Latins en 499 ou 496 av. J.-C. Le temple est consacré aux Dioscures aux ides de juillet (15 juillet) 484 av. J.-C.[a 5]. Tite-Live est néanmoins contredit par Denys d'Halicarnasse qui mentionne le vœu d’un temple dédié à Cérès, Liber et Libera dont l’emplacement précis est inconnu[a 6], et par Ovide qui place la consécration au sixième jour avant les calendes (27 janvier)[a 7].

Selon la légende transmise par Plutarque[a 8], les deux héros seraient venus aider les troupes romaines sous la forme de cavaliers intrépides. Le temple originel aurait été construit à l'emplacement où Castor et Pollux ont fait boire leurs chevaux à la fontaine de Juturne, de retour de la bataille, et ont annoncé au peuple romain la victoire de leurs troupes sur le dernier roi de la Rome antique.

L'introduction du culte de Castor et de Pollux s'est probablement faite par le biais des Grecs présents en Italie du sud. Mais l'intérêt que les Romains ont développé pour les chevaux vient des Étrusques. Il est pour beaucoup dans l’adoption des Dioscures qui sont très liés aux chevaux.

Construction[modifier | modifier le code]

Le temple des Dioscures fait l’objet de nombreuses restaurations, dont une à la fin du IIe siècle av. J.-C. à l'instigation de Lucius Caecilius Metellus Delmaticus qui le décore de tableaux et de statues[a 9]. Le temple est de nouveau restauré sous Auguste en 6 ap. J.-C., puis par Tibère et son frère Drusus[a 10]. Cette dernière restauration correspond à l'ultime phase de l'édifice dont on peut voir les vestiges.

Description[modifier | modifier le code]

Le temple s'élève sur un soubassement recouvert de tuf et de travertin, de 50 × 30 mètres, avec sur chaque côté des escaliers étroits recouverts de marbre. Après la restauration augustéenne, le temple est octostyle et périptère, c'est-à-dire avec huit colonnes corinthiennes en façade et onze colonnes sur chaque côté. À l'intérieur de la cella, deux rangées de colonnes bordent chaque paroi. Les ruines actuelles laissent voir une partie du soubassement et trois colonnes de 12,5 mètres, portant un fragment de l'entablement.

Le temple abrite les statues de Castor et Pollux considérés comme les gardiens de la liberté de Rome.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • Sources modernes :
  1. Romanelli 1967, p. 40.
  • Sources antiques :
  1. Suétone, Vie des douze Césars, Caligula, 22
  2. Dion Cassius, Histoire romaine, LXIX, 28
  3. Histoire Auguste, Vie des deux Maximin, 16
  4. Histoire Auguste, Vie des deux Valériens, 5
  5. Tite-Live, Histoire romaine, II, 20-42
  6. Denys d'Halicarnasse, Antiquités romaines, VI, 17
  7. Ovide, Fastes, I, 705
  8. Plutarque, Vie de Coriolan, 3
  9. Plutarque, Vie de Pompée, II
  10. Suétone, Vie de Tibère, 20

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Auteurs antiques[modifier | modifier le code]

Ouvrages généraux[modifier | modifier le code]

  • (en) Samuel Ball Platner et Thomas Ashby, A topographical dictionary of Ancient Rome, Londres, Oxford University Press,‎ , 608 p.
  • (en) Filippo Coarelli, Rome and environs : an archaeological guide, University of California Press,‎ , 555 p. (ISBN 978-0-520-07961-8)
  • (en) Lawrence Richardson, A New Topographical Dictionary of Ancient Rome, Johns Hopkins University Press,‎ , 488 p. (ISBN 0801843006)
  • Pietro Romanelli, Le Forum romain, Rome, Istituto Poligrafico dello Stato,‎ , 112 p.

Ouvrages sur le temple[modifier | modifier le code]

  • (en) Carlos F. Noreña, « Castor, Aedes », Digital Augustan Rome,‎ (lire en ligne)
  • (en) I. Nielsen, « Castor, aedes, templum », dans Eva Margareta Steinby (dir.), Lexicon Topographicum Urbis Romae : Volume Primo A - C, Edizioni Quasar,‎ , 480 p. (ISBN 88-7097-019-1), p. 242-245
  • Sabine Lefebvre, « La compétition aristocratique autour du culte et du temple des Castores sous la République romaine : Ve-Ier siècle », dans Monumenta : du centre du pouvoir aux confins de l’Empire, Presses Universitaires de Dijon,‎ , p. 35-68
  • (en) I. Nielsen (dir.) et B. Poulsen (dir.), The Temple of Castor and Pollux : the pre-Augustan temple phases with related decorative elements, Rome,‎

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Plan du Forum Romain
Liste des édifices du Forum Romain
Plan du forum à la fin de l'époque républicaine.
Plan du forum à la fin de l'Empire.