Chronologie des faits économiques et sociaux dans les années 1930

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Chronologie de l'économie

Années 1920 - Années 1930 - Années 1940

Événements[modifier | modifier le code]

  • 1932 : les accords d’Ottawa intensifient le système de la préférence dans l’empire britannique[1].
  • 1934 : invention du produit intérieur brut par Simon Kuznets.
  • 1936 : selon les statistiques de la Société des Nations sur le commerce international, le classement est le suivant : Royaume-Uni (14 %), États-Unis (11 %), Allemagne (9 %) qui officiellement mène une politique d'autarcie, France (7 %).
  • 1937 :
    • Production des biens d'équipements : États-Unis 41,7 %, Allemagne 14,4 %, Royaume-Uni 10,2 %, France 4,2 %.
    • Production industrielle rapportée à la consommation par habitant : États-Unis 268, Royaume-Uni 198, Allemagne 165, France 108.

Afrique[modifier | modifier le code]


  • Au Kenya, la crise économique internationale atteint les cultures de zones tempérées (la superficie consacrée au maïs et blé baisse de 60 % entre 1929 et 1934) mais les cultures tropicales (café, cacao, thé et fruits) résistent ou se redressent rapidement.
  • En raison de la crise économique, la Grande-Bretagne fait suspendre la construction du chemin de fer Tanganyika-Rhodésie du Nord.
  • Face à la crise économique internationale, la France lance en AEF une politique d’investissement et de grands travaux.
  • Crise minière : la production de cuivre congolais passe de 132 000 tonnes en 1930 à 50 000 tonnes en 1932. Plus de 100 000 mineurs sont licenciés au Congo belge, ce qui provoque des retours massifs dans les zones rurales. L'Union minière du Haut Katanga réduit ses coûts de main-d’œuvre de plus de 20 % entre 1930 et 1932.
  • Le prix du caoutchouc à Londres est à 13 % de celui de 1913.
  • La crise économique frappe l'économie du Soudan français. Les productions d’arachides, d’huile de palme et de céréales ne se vendent qu’à bas prix alors que le coût de la vie ne cesse de monter et que la métropole, durement touchée, ne peut aider financièrement ses colonies. Les revenus douaniers s’effondrent. L’arrêt des importations européennes permet cependant à l’artisanat et aux petites industries locales de se développer temporairement.
  • Les producteurs africains, incités par des primes ou la fixation de prix minimaux d’achat, augmentent leur production pour compenser la chute des cours (les exportations d’arachide hors territoires britanniques passent de 4 811 000 £ en 1929 à 5 334 000 £ en 1935). Au Dahomey et au Sénégal, les paysans reviennent aux cultures vivrières (manioc, millet, miel…). Les cultures de plantation les moins touchées par la crise se développent : bananes en Guinée ; café en Côte d'Ivoire, en Oubangui-Chari, au Rwanda et à Madagascar ; cacao au Gabon ; le manioc au Congo belge ; le girofle ou la vanille à Madagascar.

Amérique[modifier | modifier le code]

  • La crise de 1929 aux États-Unis plonge l’Amérique latine dans un marasme économique dont elle ne sortira qu’après la Seconde Guerre mondiale. Quatre mécanismes conjuguent leurs effets. Les importations des pays développés baissent fortement, privant les pays en voie de développement de leurs principales sources de revenus. Les termes de l’échange évoluent dans un sens défavorable aux pays latino-américains. Le marché international de capitaux s’effondre, et les transferts de capitaux vers l’Amérique latine s’inversent et deviennent négatifs entre 1929 et 1932. Le niveau des prix mondiaux diminue fortement ce qui pénalise les pays débiteurs.
  • Au Mexique, la crise provoque une chute drastique du pouvoir d’achat, mais les gouvernements se montrent plus enclins à tenter d’attirer les capitaux étrangers et répriment tous les mouvements sociaux.
  • Le Brésil, déjà en pleine crise depuis 1924, double la mise. Il subit de plein fouet les retombées du crach boursier américain. Les marchés européens se ferment, les cours des matières agricoles s'effondrent avec en particulier ceux du caoutchouc et du café. Le gouvernement ne peut plus résister et le régime dictatorial tombe. Les devises ne rentrent plus, les Brésiliens ne peuvent plus acheter à l’extérieur, ce qui stimule l’activité industrielle. La capacité de production est utilisée à plein.
  • L'Équateur est profondément touché par la crise économique mondiale du fait de sa dépendance à la monoculture du cacao. Cette crise aboutira à 15 ans de chaos politique.
  • L’industrie textile brésilienne, qui employait 140 000 ouvriers avant la crise, doit en licencier 30 000 et 60 000 autres se trouvent en chômage partiel.

Asie[modifier | modifier le code]

Indonésie[modifier | modifier le code]

  • La crise de 1929 secoue l’économie indonésienne. La culture de la canne à sucre s’effondre et 140 sucreries sur 178 doivent être fermées. Le sucre ne retrouvera jamais son importance (7 % des importations en valeur en 1938 contre 22 % en 1930). Le caoutchouc, le thé et le café sont atteints. Au total les exportations diminuent des deux tiers passant de 1,577 milliard de florins en 1928 à 541 millions en 1932. La crise entraîne un chômage qui touche les employés européens et les travailleurs indonésiens, principalement dans le sucre. Les chômeurs regagnent leurs villages surpeuplés, ce qui provoque des troubles.
  • Les Indes néerlandaises produisent 7,4 millions de tonnes de pétrole. La Royal Dutch Shell contrôle 72 % des pétroles indonésiens.
  • 84 000 ha de palmier à huiles sont plantés sur l'ensemble des Indes néerlandaises.
  • 1 630 000 Indonésiens travaillent dans l'industrie, dont 120 000 dans les grandes entreprises, 840 000 dans les industries moyennes et 670 000 dans les fabriques à domicile. Il s’agit d’industries de transformation des produits agricoles (moulin à riz, fabriques de caoutchouc, de thé, usines de torréfaction de café, sucreries, etc.) ou des industries légères de biens de consommation (coton, savon, papier, cigares, cigarettes, bière, margarine, chaussures, couleurs, pneus, bicyclettes, outillage agricole, etc.).
  • En 1939, les Indes néerlandaises deviennent le second producteur de caoutchouc avec 384 000 tonnes sur une production mondiale de 1 017 000 tonnes. En dehors de Java, les plantations s’étendent à Sumatra et à Bornéo.
  • Les Indes néerlandaises sont parmi les premiers producteurs d’étain (gisements de l’île Bangka, de Billiton et de Singkep).

Proche-Orient[modifier | modifier le code]

  • Crise économique frappant la pêche à la perle en Arabie dans les années 1930.
  • Depuis la fin des subsides britanniques, les seules ressources dont disposent Abdelaziz Ibn Sa'ud proviennent du pèlerinage dans les villes saintes. La recherche pétrolière commence juste à se développer dans la péninsule (Bahreïn). Par l’octroie de concessions, Ibn Sa’ud cherche à se procurer des rentrées d’argent. Des contrats seront signés dans les années 1930 avec des compagnies américaines mais l’exploitation pétrolière ne débutera qu’en 1939.
  • Essor de l’enseignement en Égypte : de 1925 à 1936, le nombre d’élèves scolarisés dans le primaire est passé de 193 144 à 661 025, dans le secondaire de 16 979 à 45 203.

Europe[modifier | modifier le code]

  • Climat :
    • Optimum des températures automnales de la Russie à la Pologne et à la Laponie (1929-1938). Avancée du bouleau vers le Nord.
    • Réchauffement estival à partir de 1930.


  • 1932 : chômage en Europe. 6 millions de chômeurs en Allemagne, 2,9 millions au Royaume-Uni, et 279 000 en France.
  • 1933 : six millions de chômeurs en Allemagne à l’avènement d’Hitler. 3,5 millions à la fin de l’année.
  • 1935, Royaume-Uni : la crise économique est en partie achevée. Augmentation des dépenses sociales, qui atteignent 165 millions de £, pour stimuler la consommation des ménages à bas revenus. Chute de la pratique religieuse : 17,7 % de pratiquants à York (35,5 % en 1901).
  • 1936 : un million de chômeurs en Allemagne. Crise économique : difficultés d’approvisionnement en matière premières, pénurie alimentaire. Déclin du commerce extérieur.
  • 1938 :
    • le nombre de chômeurs en Allemagne tombe à 200 000.
    • revenu national de 94 dollars par tête en Roumanie, de 76 en Grèce, 81 en Bulgarie, de 106 en Yougoslavie, 108 en Hongrie et 246 en France.
    • le revenu national par habitant atteint 120 dollars en Hongrie, soit environ 70 % de la moyenne européenne. Le volume de la production industrielle a augmenté de 28 % par rapport à 1913, le nombre des ouvriers de 16 %, la part de l’industrie dans le revenu national atteint 36 %. Mais à cause de l’état médiocre de l’agriculture, des transports, du commerce et de l’artisanat, la Hongrie, fortement endettée, reste un pays pauvre, et les progrès de l’industrie n’ont pas pu le tirer du marasme dans lequel la plongée sa diminution en 1920, puis la crise mondiale.
    • Roumanie : en 1938, la part de l’industrie dans le revenu national représente 30 % contre 38 % pour l’agriculture. 70 % de la production métallique est destinée à l’État roumain (armement). La production pétrolière est passée de 1,1 million de tonnes en 1921 à 8,4 millions en 1934, pour décliner après.
  • 1939 :
    • augmentation de la production en Allemagne : 186 millions de tonnes de charbon (105 en 1932). 195 millions de tonnes de lignite (126 en 1933). 22,6 millions de tonnes d’acier. 200 000 tonnes d’aluminium. 350 000 automobiles. 500000 tonneaux. Le budget de l’armement atteint 30 milliards de RM (6 milliards en 1935), soit 20 % du PNB. L’armée active comprend 53 grandes unités dont 35 divisions d’infanterie, 4 divisions d’infanterie motorisée, 6 divisions blindées. Avec 103 grandes unités mobilisables, elle atteint les objectifs fixés en 1936.
    • Le peuple polonais subit sous l’occupation nazie une politique d’oppression et d’extermination systématique. Selon les plans du Führer, le peuple slave polonais devait être réduit en esclavage au profit des maîtres germaniques. Dès octobre 1939, les Juifs sont enfermés dans des ghettos (Varsovie, Lublin, Lódz). 2,5 millions de Polonais seront condamnés au travail forcé en Allemagne, plus de 6 millions périront, dont plus de 3 millions de Juifs.
  • Royaume-Uni : les salaires réels augmentent de 12,9 % de 1920 à 1938. Les revenus apparaissent moins inégalement répartis à la fin des années 1930, mais la concentration de la fortune est toujours inégalitaire (2 % de la population a une fortune de plus de 5 000 £, 75 % de la population ne possède que 5 % de la richesse nationale). L’Angleterre assure 19 % du commerce mondial de produits manufacturés. La production industrielle globale est supérieure de 43 % à celle de 1932 (11 % de la production industrielle mondiale). Elle est particulièrement soutenue par ses branches les plus novatrices (automobile, aéronautique, électroménager, textiles synthétiques). 400 000 employés travaillent dans l’aéronautique.
  • Augmentation des dépenses militaires au Royaume-Uni, qui passent de 265 millions de £ en 1937 à 400 millions en 1938 et 700 millions en 1939. Un tiers des crédits va à l’armée de l’air.
  • Roumanie : 6 700 grands propriétaires détiennent encore 24 % du sol face à 2,5 millions de paysans pauvres qui en ont 28 %, situation due à la poussée démographique (+1,2 % par an). D’où un développement de la main-d’œuvre salarié agricole. Les rendement moyens restent faibles (8 à 9 q à l’ha pour le blé contre 16 en France, 10 à 11 q pour le maïs contre 15 à 16).
  • En Espagne 26,5 % de la population active travaille dans le secteur secondaire (plus 10 % en 20 ans), 28 % dans le tertiaire.
  • 16 000 associations diverses en Hongrie.

Démographie[modifier | modifier le code]

  • Deux millions d’habitants au Caire. 14,8 millions d’habitants en Égypte en 1930, 15,8 millions en 1936.
  • L’Inde britannique compte 352,8 millions d’habitants en 1931.
  • 1 033 314 d’habitants en Palestine mandataire, dont 174 606 Juifs (17 %) en 1931. En 1936, il y a 1 366 692 habitants, dont 384 078 Juifs[3].

Amérique[modifier | modifier le code]

Europe[modifier | modifier le code]

  • Le Royaume-Uni compte 44,8 millions d’habitants en 1931. La population vieillit : 11,6 % de plus de soixante ans contre 8 % avant la guerre. 45 % de la population active travaille dans les services. 5,5 millions de femmes travaillent. En 1939, il compte 46,4 millions d’habitants. La population a augmenté de 8,6 % depuis 1921 au rythme annuel de 0,4 %. L’agglomération londonienne rassemble 9 millions de personnes. 7 millions de postes de radio.
  • Politique nataliste en Allemagne : le taux de natalité passe de 14,7 0/00 en 1933 à 20,4 0/00 en 1939. La population passe de 66 à 69,3 millions d’habitants (15 millions en Autriche).
  • Recensement en Roumanie : sur 18 millions d’habitants, 71,9 % de Roumains, 7,9 % de Magyars, 4,1 % d’Allemands, 4 % de Juifs, 3,2 % d’Ukrainiens, 2,3 % de Russes, 2 % de Bulgares, 1,5 % de Tziganes, 1 % de Turcs et Tatars, 0,3 % de Polonais, 0,3 % de Serbo-croates. 73 % d’orthodoxes.
  • Le Portugal compte 6 825 000 habitants. Lisbonne compte 600 000 habitants. À la suite de la crise économique mondiale, le Brésil ayant fermé ses portes, l’émigration se réduit à 10 000 départs par an en moyenne (30 000 au début du siècle).
  • 1934, Suède : 38 % d’agriculteurs, 31 % de personnes employées dans l’industrie, 19 % dans le secteur tertiaire.
  • 250 000 Juifs à Budapest, soit le quart de la population de la ville, à la fin des années 1930.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre-Paul Proulx, Le commerce international, PUQ,‎ (ISBN 9782760525542, présentation en ligne)
  2. Dessalegn Rahmato, Alula Pankhurst, Jan-Gerrit van Uffelen, Food Security, Safety Nets and Social Protection in Ethiopia, African Books Collective,‎ (ISBN 9789994450473, présentation en ligne)
  3. Edward W. Said (trad. S. Chiarini, A. Uselli), La questione palestinese, Il Saggiatore,‎ (ISBN 9788842816386, présentation en ligne)