Produit intérieur brut de la France

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Évolution du taux de croissance (augmentation du PIB) de la France en volume (1950-2010)[1]

Le produit intérieur brut (PIB) de la France est calculé et publié tous les trois mois par l'Insee qui le définit comme un « agrégat représentant le résultat final de l'activité de production des unités productrices résidentes »[2]. La valeur du PIB initialement calculée fait généralement l'objet de corrections au cours des mois et des années suivantes.

Analyse du PIB[modifier | modifier le code]

Composantes marchandes et non-marchandes[modifier | modifier le code]

Le produit intérieur brut recense à la fois la production marchande et la production non marchande, composée exclusivement de services. En France, le PIB non marchand est presque exclusivement le fait des administrations publiques (sécurité, justice, santé, enseignement).

La part de la valeur ajoutée non marchande en France s'établit à 22,8 % en 2013 plaçant le pays en deuxième position derrière le Danemark et plus de 5 points plus haut que les autres grands pays européens Italie, Espagne, Allemagne avec respectivement 17,7 %, 17,6 % et 17,5 %[3].

"Sur une longue période, il apparaît que la ventilation entre les deux a été relativement stable, avec une légère augmentation de la part de la valeur ajoutée marchande."[3] Ce qui contredit fortement la prise de position de certains éditorialistes.[4]

Produit intérieur brut en euros courants (milliards)[modifier | modifier le code]

Le PIB en euros courants n'est pas corrigé de l'inflation : celle-ci, mesurée en France par l'Indice des prix à la consommation, explique pour une large part la très rapide augmentation du PIB qui apparaît dans ce tableau, tout particulièrement au cours des années 1970 et au début des années 1980.

Année PIB
1949 13,2
1950 15,5
1951 19,6
1952 22,8
1953 23,7
1954 25,1
1955 27,0
1956 29,8
1957 33,6
1958 38,8
1959 42,4
1960 47,0
1961 50,9
1962 57,1
1963 64,0
1964 71,0
1965 76,6
1966 83,0
1967 89,8
1968 98,0
Année PIB
1969 112,7
1970 126,1
1971 140,7
1972 157,1
1973 180,1
1974 210,1
1975 236,6
1976 273,4
1977 307,7
1978 349,6
1979 399,4
1980 453,2
1981 511,7
1982 588,0
1983 652,8
1984 709,6
1985 760,5
1986 817,9
1987 859,8
1988 929,4
Année PIB
1989 1 001,9
1990 1 058,6
1991 1 097,1
1992 1 136,8
1993 1 148,4
1994 1 186,3
1995 1 225,0
1996 1 259,0
1997 1 299,7
1998 1 358,8
1999 1 408,2
2000 1 485,3
2001 1 544,6
2002 1 594,3
2003 1 637,4
2004 1 710,8
2005 1 772,0
2006 1 853,3
2007 1 945,7
2008 1 995,8
Année PIB
2009 1 939,0
2010 1 998,5
2011 2 059,3
2012 2 091,1
2013 2 115,7
2014 2 141,1
2015 2 181,1

Source : Insee[2].

Taux de croissance annuel du PIB en volume (%)[modifier | modifier le code]

L'évolution en pourcentage du PIB en volume d'une année à l'autre, qui mesure l'évolution de l'activité économique hors inflation, a suivi une tendance générale à la baisse depuis 1950.

Évolution du PIB de la France en volume (1950-2013)[1]
Année PIB (%)
1950 8,6
1951 5,8
1952 3,1
1953 3,5
1954 5,6
1955 5,3
1956 5,0
1957 5,5
1958 2,7
1959 2,7
1960 8,0
1961 5,0
1962 6,8
1963 6,2
1964 6,6
1965 4,8
1966 5,2
1967 4,9
1968 4,5
1969 7,1
Année PIB (%)
1970 6,1
1971 5,3
1972 4,5
1973 6,3
1974 4,3
1975 -1,0
1976 4,3
1977 3,5
1978 4,0
1979 3,6
1980 1,6
1981 1,1
1982 2,5
1983 1,3
1984 1,5
1985 1,6
1986 2,4
1987 2,6
1988 4,7
1989 4,4
Année PIB (%)
1990 2,9
1991 1,0
1992 1,6
1993 -0,6
1994 2,3
1995 2,1
1996 1,4
1997 2,3
1998 3,6
1999 3,4
2000 3,9
2001 2,0
2002 1,1
2003 0,8
2004 2,8
2005 1,6
2006 2,4
2007 2,4
2008 0,2
2009 -2,9
Année PIB (%)
2010 2,0
2011 2,1
2012 0,2
2013 0,6
2014 0,6
2015 1,3
2016 (provisoire) 1,1

Source : Insee[1].

Tendance générale depuis 1945[modifier | modifier le code]

Taux de croissance du PIB par moyennes décennales (en volume) (1950-2016)[1]

L'analyse de la croissance du PIB de la France de 1950 à 2010 fait apparaître une nette tendance baissière sur les soixante dernières années. Le taux de croissance moyen passe ainsi de 5,9% au cours des années 1960 à 4,1% dans les années 1970. C'est cependant la décennie 1980 qui voit le véritable décrochage de la croissance française : entre 1980 et 1989, cette dernière n'atteint plus que 2,4% en moyenne. Les décennies 1990 (+2,0%) et 2000 (+1,4%) confirment cette tendance baissière.

Les Trente Glorieuses (1945-1974)[modifier | modifier le code]

Si les années de la Reconstruction correspondent à une période de forte croissance, celle-ci s'avère limitée en volume du fait du niveau élevé de l'inflation : proche de 50% entre 1945 et 1948, elle demeure encore supérieure à 10% entre 1951 et 1953 puis en 1958. La croissance moyenne s'établit toutefois à près de 4,8% entre 1950 et 1959. À partir de 1959, l'inflation est maîtrisée. De 1960 à 1974, la France connaît une période de forte croissance économique (+5,7% par an en moyenne) fondée sur le dynamisme de la consommation des ménages et l’investissement des entreprises. Le dynamisme de son économie lui assure, dès 1973, le statut de 4e puissance économique mondiale.

La fin des Accords de Bretton Woods et la crise de 1973-1984[modifier | modifier le code]

La suspension de la convertibilité du dollar en or le par les États-Unis et l'écroulement du système des taux de change fixes en avec l'adoption du régime de changes flottants confirmé le par les accords de la Jamaïque mettent fin au système monétaire international organisé. Ils ont pour conséquence une plongée du dollar et des pertes importantes pour les pays comme l'Allemagne qui avaient accumulé des dollars ou les pays exportateurs de pétrole dont les cours sont libellés en dollars. La crise est déjà installée avant que le premier choc pétrolier ne vienne la renforcer[5]. Plus grave crise depuis 1929, elle touche tous les pays de l'OCDE.

L'économie française connait un violent ralentissement qui se traduit, en 1975, par une année de récession : le PIB cède alors 1,0 % en volume. La brève embellie qui s'ensuit de 1976 à 1979 (+3,8% en moyenne) constitue déjà un net infléchissement par rapport aux Trente Glorieuses. Le deuxième choc pétrolier n'a pratiquement aucun effet sur la conjoncture globale[6]. L'embellie se termine par la décision de la Réserve fédérale des États-Unis (FED) sous la conduite de Paul Volcker de diminuer l'inflation. Celle-ci est vaincue au prix d'une lourde récession en 1982-1983[7]. L'arrivée en France d'une coalition socialo-communiste avec François Mitterrand se caractérise par une série de mesures économiques à rebours des autres pays et par des relances keynésiennes qui ne fonctionnent pas. Confronté à une forte hausse de la dette et à une importante dégradation des comptes publics intérieurs et extérieurs, le gouvernement Mauroy doit faire demi-tour[6]. De 1980 à 1985, la croissance française tombe à 1,6 % par an en moyenne. La France entre durablement dans l'ère du chômage de masse.

Années 1985-1990[modifier | modifier le code]

Le gouvernement Fabius puis le gouvernement de cohabitation Chirac-Balladur reviennent sur la plupart des mesures structurelles prises par les gouvernements Mauroy. Les gouvernements Rocard bénéficient à plein d'une phase de haute conjoncture de l'économie mondiale. Le dollar est au plus haut et donne un avantage de change à l'économie exportatrice française[8]. Entre 1986 et 1990, le PIB croît en moyenne de 3,4 %.

Contrecoup de la crise mondiale (1991-1993)[modifier | modifier le code]

Le gonflement de l'économie mondiale par la dette a pour conséquence les sévères corrections que sont le krach d'octobre 1987 des marchés obligataires et des marchés d'actions et l'éclatement de la bulle spéculative japonaise. Les répercussions de la crise se font sentir en 1990-1991 dans les pays anglo-saxons et s'étendent en 1991-1993 à l'ensemble du monde[9]. La crise est extrêmement dure en Europe et dans le monde, un peu moindre aux États-Unis qui ruinent leurs créanciers en dollars. Au Royaume-Uni, en Suède et en France, la spéculation immobilière portant notamment sur les bureaux et alimentée par les banques, devenue très forte durant les trois années précédentes, se retourne brusquement. La Suède connaît alors trois ans de baisse successive de son PIB et doit créer des bad banks pour sauver son système monétaire en faillite[10]. En France, l'activité économique connait un fort ralentissement (+0,7% de croissance en moyenne).

Nouvelles technologies (1994-2000)[modifier | modifier le code]

En 1994, la reprise mondiale se manifeste (+2,0% annuels entre 1994 et 1997). En France, elle est néanmoins bloquée par les initiatives des gouvernements Juppé qui confrontés à la dérive des comptes publics assènnent un véritable « coup de gourdin fiscal » qui aggrave la crise et explique le mauvais résultat de 1996[11]. La reprise est amplifiée par le « boom » des nouvelles technologies à l'aube du IIIe millénaire (+3,6% en moyenne de 1998 à 2000).

L'atonie (2001-2003)[modifier | modifier le code]

Néanmoins, dès 1996; les premiers tremblements monétaires se sont fait sentir. La crise des pays émergents qui touche toute l'Asie du Sud-Est, puis l'Inde. le Brésil et la Russie en 1998 est une crise typique des changes flottants. Elle touche violemment l'Argentine dont le système bancaire est en faillite technique provoquant une grave crise économique et sociale (1998-2002). L'Europe au contraire a bénéficié à plein de l'effet stimulant de changes dévalués[12].

Le gouvernement Jospin qui a bénéficié de cette période de forte croissance prend une série de mesures (loi des 35 heures, mesures concernant le marché du travail) qui, aussitôt que la conjoncture se retourne en Europe et aux États-Unis, agravent ses manifestations[13].

L'année 2001 marque le début d'une nouvelle période de ralentissement économique : l'éclatement de la bulle internet et le manque de compétitivité de la France vis-à-vis des pays européens qui, comme l'Allemagne sous la direction de Gerhard Schröder, ont procédé à des mesures inverses conduisent à trois années d'atonie (+1,3% en moyenne de 2001 à 2003).

La croissance retrouvée (2004-2007)[modifier | modifier le code]

Dès 2004 toutefois, la croissance retrouve son dynamisme avec une augmentation moyenne du PIB de 2,3% entre 2004 et 2007.

La crise de 2008 (2008-...)[modifier | modifier le code]

À partir de l'automne 2008, la crise économique mondiale des années 2008 et suivantes frappe l'économie mondiale. La France entre en récession en 2009, son PIB se contractant de 2,9%. Au total, sur la période 2008-2013, le PIB ne croît que de 0,3% par an en moyenne.

Produit intérieur brut en dollars[modifier | modifier le code]

En prix et taux de change courants :

Année PIB (milliards de dollars)
1998 1 452,0
1999 1 443,7
2000 1 308,4
2001 1 320,4
2002 1 436,9
2003 1 757,5

En prix et parité de pouvoir d'achat (PPA) courants :

Année PIB (milliards de dollars)
1998 1 406,7
1999 1 460,4
2000 1 532,5
2001 1 619,3
2002 1 678,9
2003 1 714,9
2004 1 769,1 (Banque mondiale)[14]
2005 1 849,6 (Banque mondiale)[15]
2006 2 039,1 (Banque mondiale)[16]

En prix et taux de change constant, base 2000 :

Année PIB (milliards de dollars)
1995 1 146,4
2000 1 308,4
2001 1 335,8
2002 1 351,6
2003 1 358,0

Statistiques de l'OCDE, sauf exception (Banque mondiale).

PIB et immigration[modifier | modifier le code]

Source : Insee[17],[18].

PIB par région[modifier | modifier le code]

Source : Insee[19]
À partir de l’exercice 2008 a été mis en place le dispositif ESANE (élaboration des statistiques annuelles d’entreprise) en remplacement de SUSE (système unifié de statistiques d’entreprises). Ce changement de dispositif génère des ruptures de niveau des résultats produits, pour trois raisons principales.


Source : Insee[20]
À partir de l’exercice 2008 a été mis en place le dispositif ESANE (élaboration des statistiques annuelles d’entreprise) en remplacement de SUSE (système unifié de statistiques d’entreprises). Ce changement de dispositif génère des ruptures de niveau des résultats produits, pour trois raisons principales.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Le produit intérieur brut et ses composantes en volume (évolution en %), série longue, Comptes nationaux, mis à jour le 13 mai 2015, consulté le 13 mai 2015.
  2. a et b Le produit intérieur brut et ses composantes à prix courants (en milliards d'euros), série longue, Comptes nationaux, mis à jour le 13 mai 2015, consulté le 13 mai 2015.
  3. a et b Quelle est la vraie place de la sphère non marchande dans l’économie française ?, afep.com, 30 avril 2015
  4. Claude Chauvet, « PIB marchand, PIB non marchand : une frontière stratégique et discutée ? », lesechos.fr,‎ (lire en ligne)
  5. Didier Dufau, L'étrange désastre. Le saccage de la prospérité, CEE, 2015, p. 104-107
  6. a et b op. cit., Dufau, p. 111
  7. op. cit., Dufau, p. 116
  8. op. cit., Dufau, p. 123-126
  9. Didier Dufau, L'étrange désastre. Le saccage de la prospérité, CEE, 2015, p. 127-133
  10. op. cit., Dufau, p. 130-133
  11. "Le monde n'a pas à rester dans un état de crise économique permanente", Didier Dufau, marianne.net, 5 novembre 2015
  12. op. cit., Dufau, p. 139-145
  13. op. cit., Dufau, p. 145-147
  14. PIB (PPA) 2004 - Banque Mondiale - 18 avril 2006 [PDF]
  15. PIB (PPA) 2005 - Banque Mondiale - 23 avril 2007 [PDF]
  16. PIB (PPA) 2006 - Banque Mondiale - 14 septembre 2007 [PDF]
  17. http://www.observatoire-des-territoires.gouv.fr/observatoire-des-territoires/sites/default/files/Analyse-PIB-Pop-96-06%20%5BF_Reg_Eco_063%5D.pdf
  18. « Évolution de la population et du PIB des régions françaises de 1996 à 2006 », sur observatoire-des-territoires.gouv.fr, (consulté le 27 octobre 2016)
  19. https://www.insee.fr/fr/statistiques/1893220
  20. Produits intérieurs bruts régionaux et valeurs ajoutées régionales de 1990 à 2014

Voir aussi[modifier | modifier le code]