Chronologie des faits économiques et sociaux dans les années 1680

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1660 · 1670Années 16801690 · 1700

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Chronologie de l'économie

Années 1670 - Années 1680 - Années 1690

Événements[modifier | modifier le code]

  • 1680 :
    • 3000 métiers dans l’industrie des soieries à Venise (seulement 60 en 1792).
    • première Patente de corvée en Bohême : trois jours par semaine sauf pendant les travaux saisonniers.
    • crise monétaire en Espagne : 95 % de la circulation monétaire est assurée par le vellon, pièce en alliage d’argent et de cuivre. La prime de l’argent sur le cuivre atteint 275 %. Le gouvernement finira par réduire le vellon au quart de sa valeur, ce qui entraînera une chute des prix de 45 % (novembre). Ce retour à la monnaie saine s’accompagne d’un assainissement fiscal : les arriérés depuis 1673 sont effacés, l’affermage des impôts remplacé par la répartition, ce qui permet d’atténuer la pression fiscale dès 1684.
    • En Chine, Kangxi suspend l’interdiction des échanges sino-japonais. Les navires mandchous affluent à Nagasaki.
  • 1680-1681 : révoltes paysannes et peste en Bohême.
  • 1681 : émission de papier monnaie par la banque de Suède qui, imprimé en trop grand nombre, ne tarde pas à se déprécier. Le pays se verra réduit à une économie fondée sur le troc.
  • 1684-1685 : épidémie de peste en Espagne[1].
  • 1685-1690 : la culture du riz est introduite en Caroline du Sud par le docteur Henry Woodward[2].
  • Après 1685 : des huguenots français en exil montent les premiers ateliers de travail de la soie à Londres.
  • Vers 1686 : peste et famine dans l’Empire ottoman.
  • 1686 : la flotte marchande britannique passe à 340 000 tonnes.
  • 1687 : William Petty rédige un Traité sur l’Irlande. Il estime que les tenanciers irlandais sont mieux habillés que les paysans de France. Il évalue la population de l’île à 800 000 Irlandais et 300 000 Anglais et Écossais, lesquels bénéficient d’un sort meilleur, mais, selon lui, un quart des Irlandais de souche vit convenablement.
  • En 1687, Sur les 6000 habitants de Boston, un millier sont propriétaires et une cinquantaine (1 % de la population totale) possèdent 25 % des richesses. En 1770, ce même 1 % de la population aura encore doublé sa richesse, pour en détenir 44 %. Parallèlement, mesure que la population de Boston s’accroît, entre 1687 et 1770, la proportion d’adultes mâles qui vit dans la misère passe de 14 % à 29 %.
  • 1688 :
  • Importance grandissante des étrangers dans l’économie russe : mines de cuivres d’Olonets (Denis Jovis, Hollandais et Pierre Marselis, Danois), forges de Kalouga (Tilmann Ackerman, Allemand), fabrique de miroirs à Moscou (Mignot, Français). Le personnel technique est recruté à l’étranger.
  • Crise dans l’industrie drapière à Milan : de 70 en 1616, les ateliers travaillant la laine sont passés à 5 en 1682.
  • Conjoncture économique difficile en Angleterre. Les campagnes ont du mal à nourrir le surplus de population. Le ralentissement des échanges suscite de graves méventes (céréales, draps de laine).
  • En France, Louvois, secrétaire d’état à la Guerre, réorganise l’entretien et le recrutement des armées. Des milices provinciales sont instituées (1688), portant l’effectif à 300 000 hommes, des écoles militaires sont créées (1682).
  • La production moyenne annuelle d’argent de l’Amérique espagnole est de 306 tonnes entre 1681 et 1700.
  • Développement de la traite des Noirs dans les Antilles.
  • Expansion de la canne à sucre à Saint-Domingue (6 000 habitants).
  • Développement dans l’intérieur du Brésil de grandes fazendas d’élevage[3].

France[modifier | modifier le code]

  • 1680 : introduction de la bonneterie au métier à Nîmes (bas de soie).
  • 1681 : ouverture du canal des Deux Mers. Exportation de picardan de Sète vers la Hollande.
  • 1681-1687 : série de bonnes récoltes. Baisse du prix du blé[4].
  • 1681-1683 : les intendants provinciaux veillent à empêcher l’endettement des villes et des villages, pour faciliter le paiement de l’impôt royal. Ils établissent ainsi une tutelle administrative sur les dépenses édilitaires[5].
  • 1683 :
    • le stock monétaire français (500 millions de livres) équivaut à 10,3 % du stock européen. Cette masse monétaire va décliner dans les décennies suivantes.
    • à la mort de Colbert, sa politique de développement économique et manufacturier lui survit jusqu’à la guerre de la Ligue d'Augsbourg, qui contraindra le pouvoir à une lourde fiscalité de guerre.
    • la flotte royale française compte 120 vaisseaux de ligne.
    • 51 % des hommes sont alphabétisés dans les villes.
  • 1686-1690 : 29 % d’alphabétisation en France. 14 % des femmes sont alphabétisées.
  • 1688 :
    • institution des milices provinciales. Elle permet de lever plus de 25 000 auxiliaires dans les paroisses rurales[6].
    • la flotte marchande est passée de 200 à 500 navires et de 150 000 à 240 000 tonneaux depuis 1660.
  • 1688-1697 : fiscalité de guerre.

Démographie[modifier | modifier le code]

  • 20 000 habitants à Berlin (90 000 en 1740). Plus de 500 000 habitants à Paris.
  • Reprise de la natalité en Espagne.
  • En Angleterre, le taux de mortalité est de 35  (il tombe à 25  en 1810).
  • La Russie compte 13 millions d’habitants en 1682.
  • 21,8 millions d’habitants dans les frontières actuelles de la France en 1685.
  • En 1680, 2 millions de Noirs ont été transportés d'Afrique vers les colonies anglaises d'Amérique et des Antilles.
  • En 1681, Batavia compte 2 188 Européens sur 30 598 habitants.
  • La Nouvelle-France (Canada) compte environ 10 000 Français en 1683, 15 000 en 1689.
  • La Nouvelle-Angleterre compte environ 200 000 habitants d'origine européenne en 1689. Il y a 7000 habitants en Pennsylvanie en 1686. La colonie attire bon nombre de protestants allemands et français ayant choisi l’exil après la révocation de l'édit de Nantes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Raphaël Carrasco, L'Espagne des validos : 1598-1645, Presses Univ. du Mirail, (ISBN 9782810700530, présentation en ligne)
  2. Judith Ann Carney, Black Rice : The African Origins of Rice Cultivation in the Americas, Harvard University Press, (ISBN 9780674008342, présentation en ligne)
  3. Frédéric Mauro, Histoire du Brésil, Editions Chandeigne, (présentation en ligne)
  4. Nicolas François Dupré de Saint-Maur, Essai sur les monnoies, ou Réflexions sur le rapport entre l'argent et les denrées, Jean-Baptiste Coignard et De Bure, l'aîné, (présentation en ligne)
  5. Emmanuel Le Roy Ladurie, L'Ancien Régime : L'absolutisme en vraie grandeur (1610-1715), vol. 1, Hachette, (ISBN 9782010209376, présentation en ligne)
  6. Christian Desplat, Les villageois face à la guerre, XIVe-XVIIIe siècle : actes des XXIIes Journées internationales d'histoire de l'Abbaye de Flaran, 8, 9, 10 septembre 2000, Presses Univ. du Mirail, (ISBN 9782858166039, présentation en ligne)