Prisunic

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Prisunic
logo de Prisunic
Logotype de Prisunic.
illustration de Prisunic
Enseigne Prisunic de la rue Saint-Honoré à Paris, en 1965.

Création 1931
Dates clés 1997 : rachat par Monoprix Exploitation
 : dissolution
 : radiation au RCS
Disparition 2003
Fondateurs Louis Fontaine (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Personnages clés Dupino Ugo (président)
Forme juridique Société anonyme à conseil d'administration. (Entreprise Radiée du Registre du commerce et des sociétés)
Slogan « Prisunic - Le beau au prix du laid »
« Prix, qualité, style, trois bonnes raisons pour préférer Prisunic »[1]
Siège social Tour Vendôme, 204, rond-point du Pont-de-Sèvres, 92100 Boulogne-Billancourt
Drapeau de France France
Actionnaires Monoprix Exploitation
SAPAC Magasins populaires
SVA Brambi Fruits
Activité Magasins populaires - (521E)
Filiales Samada SNC, Inno
Effectif en diminution 14 960 Personnes (12/2005)

Fonds propres en diminution env. 64 600 000  lors de la clôture du dernier exercice
Dette en diminution env. 219 100 000  lors de la clôture du dernier exercice
Chiffre d'affaires en diminution env. 938 000 000  lors de la clôture du dernier exercice

Prisunic est une ancienne chaîne de magasins populaires et de commerce de proximité avec des enseignes généralement situés en centre-ville.

Cette marque a été lancée le par les Magasins du Printemps. Implantée en France et dans quelques autres pays, l'enseigne a disparu en 2003.

Histoire[modifier | modifier le code]

À la fin de l'année 1931, Pierre Laguionie, actionnaire majoritaire des grands magasins du Printemps implantés à Paris, décide de créer la chaîne de magasin Prisunic afin de concurrencer la chaîne de magasins Uniprix, créée quelques années auparavant par un concurrent.

Le but de Prisunic est de proposer une gamme de « prix bon marché pour des produits d’usage courant non alimentaires pour l’essentiel, avec de l’épicerie, des confiseries et quelques produits frais ». Dès son lancement l'enseigne connait un grand succès populaire, malgré une polémique qui gagnera la sphère politique qui subit la pression des exploitants du commerce traditionnel inquiets de cette concurrence qu'ils considèrent comme déloyale[2].

Le succès des premiers magasins entraîne la création de l’affiliation, ancêtre de la franchise comemrciale. Le commerçant affilié bénéficie du nom et des services de la centrale d’achat grâce à la SAPAC, créée en 1934[3].

En 1958, la styliste Andrée Putman devient directrice artistique de Prisunic[4]. Au début des années 1960, aidée de Denise Fayolle, l'enseigne va populariser le prêt-à-porter naissant alors en France[5]. En 1965, Jean-Pierre Bailly dessine le nouveau logotype de Prisunic : une cible fleurie en son centre[6].

Prisunic est achetée en 1997 par l'enseigne Monoprix[7]. Les magasins, pour certains largement déficitaires, sont démantelés et intégrés au réseau des magasins à l’enseigne Monoprix. La dissolution totale de la société est prononcée en 2002. Le dernier établissement à l'enseigne Prisunic ferme ses portes à Noisy-le-Sec en 2003[8].

Le siège de l'entreprise était situé dans le complexe des tours du Pont-de-Sèvres (dénommée Tours Citylights, depuis 2016) qui domine le pont de Sèvres à Boulogne-Billancourt, non loin de l'ancien siège des usines Renault[9].

Prisunic dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Comme  « l'ouvrier de chez Renault », la « caissière du Prisunic » a symbolisé en France dans le langage courant le prolétaire-type. Le nom de l'enseigne Prisunic peut aussi être cité comme emblématique de la société de consommation de la France née des Trente Glorieuses et sera souvent évoquée sous le simple diminutif de « Prisu »[10].

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Dans le film Antoine et Antoinette, réalisé par Jacques Becker et sorti sur les écrans en 1947, Antoinette (Claire Mafféi), est une employée du photomaton dans le magasin Prisunic des Champs-Élysées à Paris.

Dans la littérature[modifier | modifier le code]

Cette marque est quelquefois citée dans des ouvrages littéraires emprunts de nostalgie, tel que Librairies, corps et âmes du politologue française Dominique Reynié[11].

Le roman de Roger Grenier dénommé Ciné-roman, prix Femina en 1972 et paru aux éditions Gallimard, évoque Christine qui « trouve du travail comme vendeuse chez Prisunic »[12].

Dans la bande dessinée[modifier | modifier le code]

Dans l'album, Coke en Stock, 19e album de bande dessinée des Aventures de Tintin, conçu par Hergé et paru en 1958, le capitaine Haddock, après avoir été découvert par une femme au niqab noir qui s'adresse à lui en langue arabe, lui hurle dans un accès de colère : « Pourriez pas parler français comme tout le monde, espèce de Fatma de Prisunic !? » dans la première version. Cette phrase fut ensuite modifiée car jugée xénophobe et remplacée par « Pourriez pas parler français comme tout le monde, espèce de bayadère de carnaval ?! »[13].

Dans la chanson[modifier | modifier le code]

La « caissière du Prisunic » et plus généralement l'enseigne Prisunic ont été évoquées dans les paroles de certaines chansons.

Dans les années 1950, Bourvil est le premier interprète connu à évoquer la marque Prisunic dans sa chanson humoristique En Nourrice, sortie en 1952[14].
En 1959, la chanson le Temps Des Cacahuètes écrite par Claudine Garan interprétée par Juliette Gréco et Lucette Raillat est une des premières œuvres à évoquer l'enseigne de façon assez favorable et déjà nostalgique[15] :

«  On courait dans les rues en s'tenant la main,
On dévorait des yeux tous les beaux magasins ;
On n'osait pas entrer, sauf dans les " Prisunic "
Où on peut se prom'ner mêm' si on n'est pas chic  »

En 1967, l'écrivain et parolier Henri Gougaud écrit une chanson sur les magasins Prisunic

En 1967 la chanson Prisunic, écrite par l'écrivain, et poète Henri Gougaud, composée et interprétée par Jean Ferrat, sur l'album À Santiago sort dans chez les disquaires. Le texte évoquant l'enseigne est moins complaisant que dans la chanson précédente et dénonce les méfaits de la société de consommation[16]:

«  Prisunic aux soleils d'aluminium tout gris ;
La musique vous prend dans ses douces volutes ;
Prisunic Prisunic vos néons sont fleuris ;
Paraît que le nylon ça brûle en deux minutes  »

Dans la chanson les antimémoires, écrite par Bernard Lavilliers et sortie sur l'album Le Stéphanois en 1975, le chanteur annonce de façon amère « J'aurai dans peu de temps ma gloire de Prisunic »[17].

En 1980, la chanson Machine à laver le groupe groupe de rock à tendances punk français Starshooter cite la marque au début du premier couplet : « cafetière électrique, supermarché, prisunic / c'est le savoir-vivre du garçon des 80's »[18]. La même année, dans la chanson on s'ennuie, écrite par Alain Souchon et sortie sur l'album Rame, le chanteur dénonce la marque en deux vers en clamant que « La musique Prisunic, c'est détergent / Ça sert aux gens d'argent et même aux agents »[19].

La chanson Musique vieille, écrite par Gérard Presgurvic et sortie sur l'album De face en 1986, le chanteur Patrick Bruel évoque les « chopin de Prisunic et les mozart de bazar »[20]. L'année suivante, la chanson Guitarist, écrite par Charlélie Couture et sortie sur l'album Solo Boys, le personnage « jette un r'gard ironique sur les chanteurs de Prisunic ». En 1988, la chanson Poupée psychédélique de l'auteur-compositeur-interprète Thierry Hazard, la dite poupée « fait ses courses chez Prisunic »[21]. La même année, dans la chanson Allongés sous les vagues, parue dans l'album Putain de camion, le chanteur Renaud évoque un « string clouté Prisunic »[22] ;

Dans les années 2000, La Fille au Prisunic, chanson du répertoire d'Adrienne Pauly, dans l'album Adrienne Pauly sort en 2006, puis durant l'année 2016, la chanson de The Limiñanas dénommée simplement Prisunic, paraît avec leur album Malamore.

Dans la promotion de l'art[modifier | modifier le code]

Le peintre et sculpteur français Martial Raysse annonce lors de sa période « Pop », dans les années 1970 que les Prisunic sont les « les nouveaux musées de l’art moderne »[23].

Fait original et novateur, au niveau culturel pour une chaîne de magasins dite « grand public », l'enseigne Prisunic a notamment vendu, en « libre service », entre 1967 et 1973, des lithographies signées d’artistes. Tout d'abord, au travers d'une première édition avec des créateurs tels que le peintre et graveur belge Pierre Alechinsky, co-fondateur du mouvement artistique Cobra, ainsi que le peintre, graveur, sculpteur français Jean Messagier. Il est encore possible de retrouver dans les ventes aux enchères des œuvres lithographiques du peintre et plasticien franco-américain Arman, éditées et vendues par Prisunic[24].

À la suite de ces premières ventes, une nouvelle édition entraîna d'autres artistes à participer à cette opération commerciale dénommée « Suites Prisunic ». On peut citer Christo, Max Ernst, Asger Jorn et Niki de Saint-Phalle. En 1973 le collectionneur et critique d’art Jacques Putman, initiateur de cette opération avec la chaîne de magasin, achète le stock des œuvres invendues pour ensuite créer la Société de Diffusion d’œuvres Plastiques et Multiples (SDOPM)[25].

Dans les expositions[modifier | modifier le code]

En 1988, le centre Pompidou accueillera une exposition "Prisunic", à but purement promotionnel

Les années 1980[modifier | modifier le code]

Du au , le centre national d'art et de culture Georges-Pompidou, situé à Paris, accueille une exposition intitulée « Prisunic, une expo des produits nouveaux ».

Cette exposition est présentée comme une « évocation de l’histoire de la création des magasins Prisunic au travers des grands moments économiques et culturels et les actions menées aux différentes époques ». L’exposition, à but promotionnel, fut liée au lancement d’une collection de papeterie par l'enseigne[26].

Les années 2000[modifier | modifier le code]

Du 5 septembre au 30 novembre 2008, la Galerie VIA, située dans le 12e arrondissement de Paris organise l'exposition « Prisunic et le Design, une aventure unique » à l'occasion du 40e anniversaire du premier catalogue de vente par correspondance édité en 1968 par l'enseigne[27].

Du 22 au 25 novembre 2018, la Design Fair Paris, installé à l'Espace Champerret, organise l'exposition « Prisunic - Le beau au prix du laid », reprenant un slogan de l'enseigne et réunissant une centaine d’affiches, des posters et les catalogues de mobilier de la marque[28]

En politique[modifier | modifier le code]

En juin 2010, la journaliste Laurence Ferrari procède à l'interview du président iranien, Mahmoud Ahmadinejad pour le journal télévisé de TF1 en portant un voile, ce qui entraîne les sarcasmes du chronique Stéphane Guillon sur la station de radio France Inter. Celui-ci la traite de « Grace Kelly de Prisunic voilée »[29].

Lors de sa campagne en vue des primaires des Républicains de 2016, Alain Juppé est interrogé sur le revenu universel dans l'émission Dimanche en politique sur France 3, et prend exemple sur « la vendeuse de Prisunic » pour illustrer son propos, alors que l'enseigne n’existe plus depuis 2003[30].

Dans l'automobile[modifier | modifier le code]

En 1983, la série spéciale de la LNA « Prisu », limitée à 600 exemplaires est distribuée par la marque automobile Citroën en partenariat avec la chaîne de magasins. Cette petite voiture urbaine est inspirée de la Peugeot 104 coupé[31].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La publicité Prisunic, site Persée, article de Thérèse Enderlin dans la revue "Communication et langage", consulté le 5 mai 2019
  2. « L'histoire de Prisunic », sur tout-prisu.net (consulté le 5 mai 2019)
  3. « Prisunic vous invite à découvrir l’histoire de son enseigne », sur tout-prisu.net (consulté le 15 décembre 2016)
  4. Pauline Fontaine, « 10 choses à retenir sur Andrée Putman, la papesse du design », sur elle.fr (consulté le 15 décembre 2016)
  5. Joëlle Porcher, Vichy, mini, bikini : la mode au temps des trente glorieuses, Carbonne, Loubatières, , 124 p. (ISBN 978-2-86266-728-7), « La victoire du prêt-à-porter », p. 58
  6. Tony Côme, « Retour sur un mythe : Prisunic et le design », sur nonfiction.fr, (consulté le 15 décembre 2016)
  7. « Pourquoi Monoprix a racheté Prisunic » Site lsa-conso.fr, consulté le 5 mai 2019
  8. « 1958, ouverture du magasin Prisunic de Noisy-le-Sec », sur noisylesec-histoire.fr (consulté le 15 décembre 2016)
  9. « Fiche "Prisunic Exploitation », sur societe.com (consulté le 9 mai 2019)
  10. Ginette Sainderichin, La mode épinglée... sous toutes les coutures, Éditions n°1 (ISBN 978-2863916674, lire en ligne)
  11. Dominique Reynié, Libraire, corps et âmes : textes inédits réunis et publiés par Dominique Reynié, Vinci, 354 p. (ISBN 9782402398619, lire en ligne)
  12. Roger Grenier, Ciné-roman, Gallimard, 320 p. (ISBN 978-2070366675, lire en ligne)
  13. Hergé, « Coke en stock », Gallimard, (ISBN 978-2203001183)
  14. Paroles de la chanson « En nourrice » sur le site "paroles2chansons.lemonde.fr", consulté le 5 mai 2019
  15. Paroles de la chanson « Le temps des cacahuètes » sur le site "paroles.net, consulté le 5 mai 2019
  16. Paroles de la chanson « Le temps des cacahuètes » sur le site "great song.net", consulté le 5 mai 2019
  17. Paroles de la chanson « Les antimémoires » sur le site "paroles.net", consulté le 5 mai 2019
  18. Paroles de la chanson « Machine à laver » sur le site "paroles.net", consulté le 5 mai 2019
  19. Paroles de la chanson « On s'ennuie » sur le site "paroles.net", consulté le 5 mai 2019
  20. Paroles de la chanson « Musique vieillie » sur le site "paroles.net", consulté le 5 mai 2019
  21. Paroles de la chanson « Poupée psychédélique » sur le site "paroles.net", consulté le 5 mai 2019
  22. Paroles de la chanson « Allongés sous les vagues » Site "paroles.net", consulté le 5 mai 2019
  23. « Martial Raysse », sur slash-paris.com (consulté le 5 mai 2019)
  24. Christine Siméone, « Pour une histoire de la consommation avec Prisunic », sur franceinter.fr,
  25. « L'estampe, un art pour tous des suites Prisunic à Catherine Putman », sur koregos.org (consulté le 5 mai 2019)
  26. « L'événement Prisunic », sur centrepompidou.fr (consulté le 5 mai 2019)
  27. « "Prisunic et le design", la nouvelle exposition du VIA », sur femmeactuelle.fr (consulté le 5 mai 2019)
  28. « Prisunic – Le beau au prix du laid », sur paris-art.com (consulté le 5 mai 2019)
  29. « Guillon:"Ferrari c'était une Grace Kelly de Prisunic voilée" », sur jeanmarcmorandini.com, (consulté le 5 mai 2019).
  30. Geoffrey Bonnefoy, « Alain Juppé évoque "Prisunic", des magasins qui n'existent plus depuis 2002 », sur lexpress.fr, (consulté le 30 décembre 2018).
  31. « Citroën LN / LNA : l’opportuniste », sur boitierrouge.com, (consulté le 5 mai 2019)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]