Études sur la transidentité

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Les études sur le transgénérisme sont un sous-domaine des études LGBT qui fournissent une approche interdisciplinaire des études de genre, des études gaies et lesbiennes, et de la sexologie en étudiant les intersections du sexe et du genre comme liées à des représentations culturelles, des expériences vécues, et des mouvements politiques[1]. Les sous-domaines interdisciplinaires des études transgenres comprennent l'histoire transgenre, la littérature transgenre, la filmographie transgenre, l'anthropologie transgenre, l'archéologie transgenre, la psychologie transgenre, et la santé transgenre. La discipline a émergé au début des années 1990, en lien avec la théorie queer[2],[3],[4] . D'autres personnes non identifiées transgenres sont aussi incluses sous le terme général « trans » dans les transgender studies, comme les personnes intersexes, travesties, artistes drag, troisième sexe, genderfluidetc.

Histoire[modifier | modifier le code]

Étant donné la représentation des questions trans dans les études LGBT, il y a eu une augmentation des savoirs transgenres ainsi que l'émergence d'une discipline spécifique d'études universitaires à la fin des années 1990[5],[6]. Sandy Stone (en) est une femme transgenre dont l'essai intitulé « The Empire Strikes Back: A Posttranssexual Manifesto » a été publié en 1987 en réponse à l'ouvrage anti-transsexuel The Transsexual Empire, ayant été cité comme étant à l'origine des études transgenres[7].

Transgender Studies Quarterly est la première revue universitaire non médicale consacrée aux questions transgenres qui a été publiée la première fois en 2014, avec Susan Stryker (en) et Paisley Currah (en) comme corédacteurs[8].

En 2016, à travers sa fondation, Jennifer Pritzker (en) a donné 2 millions de dollars pour créer la première chaire universitaire mondiale des études transgenres, à l'université de Victoria ; Aaron Devor a été choisi comme premier président[9].

Enseignement des études transgenres[modifier | modifier le code]

Sara Cooper (professeure d'espagnol et des Women Studies) a été acceptée à un poste d'enseignant à l'université d'État de Californie à Chico après avoir postulé, malgré sa forte implication dans les études espagnoles[10]. Elle a écrit un article de journal mettant en évidences les moqueries qu'elle a pu subir lors de ses discours publics, mais elle insiste sur l'éducation que doivent recevoir ses pairs, car c'est « une question de sécurité personnelle et de respect[10]. » Cooper évoque aussi que la communauté LGBTQ n'est pas forcément favorable à certaines catégories au sein de leur communauté, comme certains de ses élèves le croient, et bien qu'elle ait fait face à quelques défis dans sa carrière, elle conclut que l'enseignement des études transgenres a changé sa vie[10].

La spécialité de Cooper était initialement les Women's Studies, puis elle a acquis assez d'autorité pour finir sur un parcours exclusivement LGTBQ ce qui reflète parfaitement la place qu'ont les études transgenres dans les programmes scolaires. Dans les classes des études des femmes, les questions transgenres sont parfois enseignées comme une extension des problèmes des femmes[11].

L'anthologie de Susan Stryker « Transgender Studies Reader » a remportée le prix Lambda Literary dans la catégorie transgenre[12].

Cas de CeCe McDonald[modifier | modifier le code]

CeCe McDonald (en) a été envoyée en prison après s'être défendue, elle et ses amis, lors d'une agression à caractères transphobe et raciste, qui a fini par prendre une tournure physique[13]. La question du privilège cisgenre se pose étant donné que CeCe a été la seule à avoir été condamnée ; en outre, le cas peut être analysé à travers une lentille intersectionnelle puisque l'agression initiale était de nature raciste et cissexiste[13].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « SAGE Reference – Transgender Studies », sur sk.sagepub.com.
  2. (en) « Transgender Studies and Feminism: Theory, Politics, and Gendered Realitie », Hypatia – Special Issue: Transgender Studies and Feminism: Theory, Politics, and Gendered Realities, vol. 24, no 3,‎ (lire en ligne).
  3. Alexandre Baril, « Francophone Trans/Feminisms: Absence, silence, emergence », TSQ: Transgender Studies Quarterly, 3, 1/2,,‎ , p. 40-47 (lire en ligne)
  4. Alexandre Baril, « Intersectionality, Lost in Translation? (Re)thinking inter-sections between Anglophone and Francophone intersectionality », Atlantis: Critical Studies in Gender, Culture & Social Justice, 38, 1,,‎ , p. 125-137 (lire en ligne)
  5. (en) Gay, Lesbian, Bisexual, Transgender Events, Pasadena, CA, Salem Press, , 650–651 p. (ISBN 1-58765-265-X), « 1998 Transgender Scholarship Proliferates ».
  6. Alexandre Baril, « Sexe et genre sous le bistouri (analytique) : interprétations féministes des transidentités », Recherches féministes, 28, 2,,‎ , p. 121-141 (lire en ligne)
  7. (en) « 24 Americans Who Changed The Way We Think About Transgender Rights », Buzzfeed, (consulté le 16 juillet 2013).
  8. (en) « Duke Univ. Press Debuts Academic Journal for Transgender Studies », sur advocate.com, (consulté le 16 août 2017).
  9. (en) « Jennifer Pritzker's Foundation Gives $2 Million for Transgender Studies at Canadian University », Tablet Magazine.
  10. a, b et c (en) Sara Cooper et Connor James Trebra, « Teaching Transgender in Women's Studies: Snarls and Strategies. », Journal of Lesbian Studies, vol. 10, no 1/2,‎ , p. 151–180 (DOI 10.1300/j155v10n01_08).
  11. (en) Kate Drabinski, « Identity matters: teaching transgender in the women's studies classroom », Radical Teacher (consulté le 1er avril 2014).
  12. (en) « 19th Annual Lambda Literary Awards », sur Lambda Literary.
  13. a et b (en) Julia R. Johnson, « Cisgender Privilege, Intersectionality, and the Criminalization of CeCe McDonald: Why Intercultural Communication Needs Transgender Studies », Journal of International and Intercultural Communication, vol. 6, no 2,‎ , p. 135–144 (DOI 10.1080/17513057.2013.776094).