Non-binaire

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Ne doit pas être confondu avec Intersexuation, Androgynie, Bisexualité ou Transidentité.

L'expression Non-binaire (ou « genderqueer ») qualifie les personnes dont l'identité de genre n'est ni homme ni femme, qui s'opposent à la binarité de genre et à la hiérarchie des genres qui l'accompagne (le patriarcat) et refusent l'assignation à un genre donné[1],[2].

L'identité de genre non-binaire concerne la façon dont la personne se ressent, alors que l'androgynie fait référence à l'apparence (comment les autres personnes la voient) et l'intersexuation concerne les caractéristiques sexuelles (anatomiques, chromosomiques etc.) : ce sont donc trois choses entièrement différentes. De plus, l'identité de genre est indépendante de l'orientation sexuelle : toutes les personnes, y compris celles qui se considèrent non-binaires, peuvent être hétérosexuelles, homosexuelles, bisexuelles, asexuelles, pansexuellesetc.[3].

Fréquence[modifier | modifier le code]

Selon une étude américaine menée en 2016[4], 56 % des 13/20 ans connaissent une personne qui se qualifie à travers des pronoms neutres, 74 % considèrent que « le genre ne définit pas une personne autant qu’avant », et 48 % se considèrent comme « complètement hétérosexuels »[5]. Une autre étude indique que 13% des jeunes interrogés en France lors d'un sondage ne se considèrent « ni homme ni femme »[6],[7].

Pronoms non-genrés[modifier | modifier le code]

Certaines personnes non binaires préfèrent utiliser des pronoms neutres[1], par exemple en anglais « they » utilisé au singulier[8],[9],[10] ou « hen » en suédois[11],[12],[13].

En français, il n'existe pas de genre neutre mais certaines personnes utilisent les pronoms personnels neutres «iels», «illes», «iel», «ul» ou «ele»[14]. L'utilisation de ces néologismes et de toute autre forme de language épicène est rejetée par l'Académie française[15].

Mention d'un genre neutre à l'état civil[modifier | modifier le code]

Dans certains pays, des personnes intersexes et non-binaires ont demandé la reconnaissance légale d'un troisième sexe, mais cela ne correspond pas à une revendication des associations trans et intersexes (définies à l'occasion du Troisième Forum International Intersexe en 2013): les associations demandent plutôt l'enregistrement les enfants intersexes comme filles ou garçons, l'interdiction immédiate des mutilations des enfants intersexes, la mise en place de procédures simples de changement d'état civil, et, à terme, la suppression complète des catégories sexuées sur les documents d’identité[16],[17],[18] (voir l'article Intersexuation pour plus de détails).

Parmi les pays qui ont accédé à la demande de reconnaissance légale d'un troisième sexe figurent les Pays Bas[19], l'Australie[18], l'Allemagne[20],[21], l'Inde, l'Australie, la province de l'Ontario et quelques états des Etats Unis[22]. La Cour de cassation française s'y est opposée[22],[23].

Terminologie[modifier | modifier le code]

Agenre et neutrois[modifier | modifier le code]

Symbole neutrois.

D'après Karine Espineira, l'identité « agenre » est « le refus probablement le plus affirmé d’un marqueur de genre[1] ». La personne s'identifie comme n'ayant pas d'identité de genre. Le genre est neutralisé. Alors que la personne non-binaire se place sur une position intermédiaire sur l'axe homme/femme, la personne agenre se situe en dehors de cet axe[24].

L'expression « neutrois » qualifie une identité de genre qui est neutre[25],[26] ou nulle. Alors que neutrois fait référence à une forme de neutralité du genre, agenre désigne davantage l'absence de genre.

Gender fluid[modifier | modifier le code]

L'expression met l'accent sur la fluidité du genre, les personnes pouvait se définir d'une façon ou d'une autre à différents moments, sans se sentir obligées de s'inscrire dans un genre particulier[1],[27],[24]. L'affirmation d'une identité de genre fluide est très visible dans le milieu de la mode[6],[28].

Bigenre, trigenre et polygenre[modifier | modifier le code]

Une personne bigenre est une personne qui a deux genres à la fois[2], de manière égale, par exemple une personne bigenre peut se sentir homme et femme à la fois. (Mais cela ne se résout pas seulement aux genres binaires). Une personne trigenre est une personne qui a trois genres à la fois, de manière égale, par exemple une personne trigenre peut se sentir homme, femme et androgyne à la fois. Une personne polygenre est une personne qui a plusieurs genres à la fois, de manière égale, par exemple une personne pangenre peut se sentir homme, femme, androgyne et neutre.[réf. nécessaire]

Pangenre[modifier | modifier le code]

Une personne pangenre est une personne se définissant de tous les genres à la fois, de manière égale[29].

Drapeaux non-binaires[modifier | modifier le code]

Article connexe : Drapeaux transgenres.

Drapeau de la fierté non-binaire[modifier | modifier le code]

Drapeau non-binaire.

Le drapeau de la fierté non-binaire a été créé par Kye Rowan en février 2014[30] après un appel lancé par plusieurs membres de la communauté non-binaire demandant un drapeau de la fierté qui représenterait les personnes non-binaire ne s'identifiant pas au drapeau genderqueer. L'intention était que ce drapeau co-existe avec celui de la fierté genderqueer plutôt qu'il le remplace.

Le drapeau est composé de quatre bandes de couleur (de haut en bas) jaune, blanc, violet et noir :

  • Le jaune représente les personnes dont le genre existe en dehors du cadre binaire.
  • Le blanc représente les personnes qui s'identifient à plusieurs ou à tous les genres.
  • Le violet représente les personnes se situant entre le genre masculin et le genre féminin.
  • Le noir représente les personnes sans genre ou de genre neutre.

Drapeau de la fierté genderqueer[modifier | modifier le code]

Drapeau genderqueer.

Conçu par Marilyn Roxie et finalisé en 2011, le drapeau de la fierté genderqueer et non binaire est composé de trois bandes horizontales. Il complémente les drapeaux de genre et de sexualité existants.

La couleur lavande représente un mélange de rose et de bleu, traditionnellement associés aux femmes et aux hommes. Elle représente l'androgynie ainsi que l'esprit queer et maintient des connexions avec les communautés non hétérosexuelles. Le blanc signifie l'agenre et reflète l'usage du blanc sur le drapeau transgenre qui lui-même signifie la neutralité de genre. Enfin le vert se positionne comme l'inverse de la lavande, représentant toute personne dont l'identité se situe en dehors de toute connexion au genre binaire.

En 2013, Roxie a clarifié que la similarité entre les couleurs du drapeau de la fierté et celui de l'Union sociale et politique des femmes, une association pour le suffrage au Royaume-Uni, était non intentionnelle.

Drapeau de la fierté agenre[modifier | modifier le code]

Drapeau agenre.

Notes et références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Genderqueer » (voir la liste des auteurs).
  1. a, b, c et d « Qu'est-ce que la non-binarité ? Entretien avec la sociologue Karine Espineira », Les Inrocks,‎ (lire en ligne)
  2. a et b « Le dictionnaire des 52 nuances de genre de Facebook », Slate.fr,‎ (lire en ligne)
  3. « Ça veut dire quoi, être genderqueer? », Vice,‎ (lire en ligne)
  4. (en) Shepherd Laughlin, « Gen Z goes beyond gender binaries in new Innovation Group data », sur Jwtintlligence, (consulté le 22 décembre 2017).
  5. Anne Demoulin, « "Gender fluid" : et si on assistait à la fin des genres masculin et féminin? », sur 20 Minutes, (consulté le 22 décembre 2017).
  6. a et b « «No gender», «non binaire», «gender fluid»... De nouvelles identités de genre bousculent la société », sur www.20minutes.fr (consulté le 14 août 2018)
  7. « 13% des jeunes de France ne sont « ni homme ni femme » : le genre non-binaire, c’est quoi ? », madmoiZelle.com,‎ (lire en ligne)
  8. (en) Robin Dembroff et Daniel Wodak, « If someone wants to be called 'they' and not 'he' or 'she', why say no? | Robin Dembroff and Daniel Wodak », sur the Guardian, (consulté le 14 août 2018)
  9. (en) « Singular 'They' » (consulté le 14 août 2018)
  10. (en) « ‘He or she’ versus ‘they’ | Oxford Dictionaries », sur Oxford Dictionaries | English (consulté le 14 août 2018)
  11. « Hen [pronom] : en suédois, désigne indifféremment un homme ou une femme », Libération.fr,‎ (lire en ligne)
  12. « Hen: le nouveau pronom neutre qui fait polémique en Suède », Slate.fr,‎ (lire en ligne)
  13. « Suède: Ni «il», ni «elle», le pronom neutre «hen» fait son entrée dans le dictionnaire », sur www.20minutes.fr (consulté le 14 août 2018)
  14. « Ecriture inclusive : le genre neutre existe-t-il vraiment en français ? », Libération,‎ (lire en ligne)
  15. « Déclaration de l'Académie française sur l'écriture dite "inclusive" | Académie française », sur www.academie-francaise.fr (consulté le 14 août 2018)
  16. « Déclaration de Malte (Conclusions du 3e Forum International Intersexe) », Collectif Intersexes et Allié.e.s,‎ (lire en ligne)
  17. « « Intersexes : non, la 3ème case de sexe/genre n’est pas notre but » », KOMITID,‎ (lire en ligne)
  18. a et b « Genre: l'Australie reconnaît une troisième voie », RFI,‎ (lire en ligne)
  19. « Personnes intersexes : les Pays-Bas avancent d'une case », KOMITID,‎ (lire en ligne)
  20. « La justice allemande demande l’inscription d’un « troisième sexe » sur les registres de naissance », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)
  21. « L’Allemagne coche l’option « troisième sexe » », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)
  22. a et b « Cinq questions sur la reconnaissance d'un "sexe neutre" à l'état civil », Franceinfo,‎ (lire en ligne)
  23. « La justice refuse l’inscription « sexe neutre » sur un état civil », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)
  24. a et b « Le lexique du genre : de "transgenre" à "fluide", d'autres réalités à saisir », RTL.fr,‎ (lire en ligne)
  25. « Le neutrois : ni femme ni homme », Les Inrocks,‎ (lire en ligne)
  26. « Je ne me sens ni femme, ni homme : ne m'appelez pas "Madame", je suis neutrois », leplus.nouvelobs.com,‎ (lire en ligne)
  27. « Entre elle et lui : « mon genre est fluide » », sur lequatreheures.com (consulté le 14 août 2018)
  28. « Etre gender fluid, ça veut dire quoi ? », Les Inrocks,‎ (lire en ligne)
  29. « Glossaire », Unique en son genre (consulté le 14 août 2018)
  30. (en) « genderweird », sur genderweird (consulté le 4 octobre 2017).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources audio[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Joan Nestle, Clare Howell, Riki Wilchins (dir.), GenderQueer: Voices From Beyond the Sexual Binary, New York, Alyson Books, 2002 (ISBN 978-1555837303).
  • C Tolbert, Tim Trace Peterson (dir.), Troubling the Line: Trans and Genderqueer Poetry and Poetics, New York, Nightboat Books, 2013 (ISBN 978-1937658106).
  • Brit Mandelo, Beyond Binary: Genderqueer and Sexually Fluid Speculative Fiction, Maple Shade, Lethe Press, 2012 (ISBN 978-1590210055).