Étricourt-Manancourt

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Étricourt-Manancourt
Salle des fêtes.
Salle des fêtes.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Somme
Arrondissement Péronne
Canton Péronne
Intercommunalité Communauté de communes du canton de Combles
Maire
Mandat
Jean-Pierre Coquette
2014-2020
Code postal 80360
Code commune 80298
Démographie
Population
municipale
528 hab. (2014)
Densité 48 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 02′ 06″ nord, 2° 59′ 10″ est
Altitude Min. 77 m – Max. 145 m
Superficie 11,02 km2
Localisation

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Étricourt-Manancourt

Étricourt-Manancourt est une commune française, située dans le département de la Somme en région Hauts-de-France.

Géographie[modifier | modifier le code]

La petite commune d'Étricourt-Manancourt (408 hab.) se situe dans le département de la Somme (Picardie) en limite du Pas-de-Calais. L'autoroute A2 toute proche dessert la commune vers Cambrai (Nord) au nord et vers l'A1 et Péronne (Somme) à l'ouest. L'A26 rejoint Saint-Quentin (Aisne) vers le sud-est.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Pour Étricourt, une bulle du pape Grégoire VI le nomme « Ostricourt » en 1034. Plusieurs explications sont avancées :

- Astrur qui signifie habitation en saxon ;

- Estri voulant dire combat en langue romane ;

- stratorum curtis liée la proximité d'une voie romaine.


Pour Manancourt, le village est cité en 983 dans une charte sous la forme latinisée de Villam Manencurtem. En 1243 c'est Manencort qui apparaît ; il pourrait dériver des mots romans Manand et Curtis[1].

Archéologie[modifier | modifier le code]

Les séquences archéologiques d'Étricourt-Manancourt couvrent une très longue histoire[2].

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Les préhistoriens et quaternaristes travaillent actuellement sur les traces d'occupation des premiers néandertaliens du Nord de la France, voire les derniers Homo Heidelbergensis. Les lœss anciens (350 000 ans) ont livré des outils de la culture de l'Acheuléen[3],[4].

Dans le cadre des travaux préalables à la construction du canal à grand gabarit Seine-Nord Europe (Compiègne- Escaut) par Voies navigables de France (VNF), une équipe de l’Inrap travaille sur prescription de la Drac de Picardie, et sonde 2 500 ha pour définir les sites des fouilles préventives. En 2010, une opération de diagnostic sur l’emplacement d'un futur bassin de rétention du canal avait mis en évidence un niveau paléolithique. À partir d'avril 2012, une fouille de 3 200 m² a été conduite pendant six mois. Plusieurs occupations paléolithiques dont la plus ancienne date au moins de 300 000 ans[5],[6].

Le gisement de plein air révèle aujourd’hui au moins cinq niveaux d'occupation paléolithiques, entre 350 000 et 80 000 ans. L’occupation la plus récente (80 000 ans) est le fait d'Homo neandertalensis (Paléolithique moyen (bifaces), entre 130 000 ans et 40 000 ans). Le Nord de la France a déjà livré une vingtaine de sites de cette époque.

Plus rares, les deux niveaux de la période précédente appartiennent à la phase ancienne du Paléolithique moyen. Ces niveaux s'inscrivent pendant la période interglaciaire du Saalien, entre 190 000 et 240 000 ans. Ils sont contemporains de niveaux fouillés à Therdonne en 1999 (près de Beauvais) et de Biache-Saint-Vaast en 1976 (Pas-de-Calais).

Le niveau le plus ancien, exceptionnel, a livré de nombreux silex taillés soit par les derniers Homo Heidelbergensis soit par les premiers Néandertaliens. Il s'agit de la phase ancienne du Paléolithique inférieur[7], [8].

Les silex taillés par les chasseurs-cueilleurs sur le site proviennent de gisements de craie proches. Le site présente l'enregistrement continu de trois grands cycles climatiques glaciaires et interglaciaires (Holsteinien, Saalien et Weichselien). À 300 000 ans, le climat est tempéré proche de l'actuel puis avec le rafraîchissement, la forêt s'ouvre (pins, bouleaux), de grands cervidés comme le mégalocéros et les chevreuils y sont chassés. Les troupeaux de bisons, d'aurochs et de chevaux colonisent ensuite les steppes-toundras. À 280 000  ans, le paysage est steppique froid sans trace d'activités humaines. Entre 130 000 et 110 000 ans, la forêt tempérée s'installe à nouveau. Entre 110 000 et 80 000  ans, c'est le retour d'une forêt boréale puis entre 80 000 et 65 000  ans, de nouveau une steppe puis le désert glaciaire (avec pergélisoll) de la dernière glaciation (Weichselien ou Würm) dont les dernières manifestations tardiglaciaires s'achèvent entre 15 000 et 10 000  ans. À partir de 10 000  ans, le sol actuel se constitue avec le réchauffement climatique holocène[9].

Ce site représente un jalon important de l'histoire européenne puisqu'il s'agit des premiers peuplements d'Homo en Europe du Nord sur une séquence stratigraphique de onze mètres d'épaisseur, inédite. La rareté de ce type de site ajoute à son importance. La vaste surface du site commence à permettre aux préhistoriens de se poser également des questions sur l'occupation d'un territoire.

Protohistoire[modifier | modifier le code]

  • une ferme gauloise,
  • une nécropole gauloise.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le village de Manancourt est détruit en 1654, lors d'un combat entre le maréchal de Turenne, commandant les troupes françaises, et le prince de Condé, commandant les troupes espagnoles. La localité est ensuite reconstruite, tout comme l'église en brique et pierre[10]. Elle subsistera jusqu'aux combats de la première guerre mondiale.

La seigneurie de Manancourt appartenait au XIIe siècle à la famille de Manancourt, qui la tenait encore au milieu du XIIIe siècle.

En 1529, Manancourt appartient à Artus de Habarcq, dont la fille, Marie de Habarcq, épouse en 1539 Jean d'Estourmel et lui apporte Manancourt.

En 1633, les d'Estourmel vendent Manancourt à Paul de Folleville, seigneur de Beaumartin.

Les Folleville se succèdent ensuite comme seigneurs de Manancourt jusqu'à la Révolution, et y font construire un château.

Passé par alliances successives aux familles Musnier de la Converserie, puis Rouillé de Boissy et de Rohan-Chabot, cet édifice fut fortement remanié au milieu du XIXe siècle .

Resté intact pendant les premiers mois qui suivent la déclaration de guerre, en 1914, il est occupé par les troupes allemandes. Les combats qui ont lieu ensuite aux alentours le dégradent progressivement. À la fin de 1918, il n'en reste que quelques pans de murs informes. Il n'a pas été reconstruit.

Il s'agissait d'une vaste construction en brique et pierre, d'une architecture symétrique, comportant un ample corps de logis cantonné par deux pavillons, prolongés chacun par une aile en retour[11]. Il se trouvait dans un parc traversé par une rivière et était bordé, au sud, par une cour entourée de dépendances.

Première Guerre mondiale : La commune - plusieurs fois sur la ligne de front - a subi durant ce conflit de violents combats dont elle a longtemps conservé des séquelles.

Le (photo ci-contre), des troupes allemandes traversent à Étricourt (devenu Étricourt-Manancourt), avec une importante intendance, le canal du Nord via deux ponts provisoires. Ce mouvement fait partie de l'« opération Michael » préparée depuis 1917 par Ludendorff, et qui débute le matin du en Picardie par un bombardement d'artillerie court, mais d'une extrême violence, incluant des armes chimiques[12]. L'opération Michael finit par s'enliser et l'armée allemande par reculer.

En novembre 1918 (armistice), il ne restait presque plus rien du village. Ce dernier - après une phase de désobusage (enlèvement et destruction, neutralisation ou exportation des munitions non-explosées) - et après un classement en zone rouge en raison de la gravité des séquelles laissées par la guerre, a fait l'objet d'une longue reconstruction.

Seconde Guerre mondiale :

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Étricourt-Manancourt Blason Écartelé: aux 1er et 4e de gueules à neuf macles d'or 3, 3 et 3, aux 2e et 3e d'or à trois chabots de gueules.
Détails Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2001 en cours
(au 6 mai 2014)
Jean-Pierre Coquette   Réélu pour le mandat 2014-2020[13], [14]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du début des années 2000, les populations légales des communes sont publiées annuellement. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[15]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[16],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 528 habitants, en augmentation de 4,35 % par rapport à 2009 (Somme : 0,32 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 024 1 005 1 105 1 149 1 345 1 455 1 450 1 522 1 417
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 417 1 505 1 522 1 527 1 471 1 339 1 364 1 242 1 179
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 177 1 106 1 173 639 817 718 675 607 644
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
624 612 531 502 452 400 435 506 528
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[17] puis Insee à partir de 2006 [18].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Église Saint-Martin (Manancourt).
  • Église Saint-Michel (Étricourt).


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Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Georges Laugée (1853-1937) a peint un tableau-document, L'enterrement d'une jeune fille à Étricourt, conservé au musée de l'Échevinage de Saintes.

Antoine Charles Gabriel de Folleville (1749-1835), dernier seigneur de Manancourt, député suppléant de la Noblesse Picarde aux Etats-Généraux de 1789, puis député à l'Assemblée Constituante, de 1789 à 1791[19].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Site communal.
  2. Le Courrier picard, 11 nov. 2010 - Etricourt-Manancourt, le village découvre son histoire [1]
  3. INRAP (Hérisson David, Locht Jean-Luc et Antoine Pierre), 2012 - Dans les pas de Néandertal à Etricourt (Somme) : [2]
  4. Photographies du chantier de fouilles, 2012
  5. INRAP, 2009 - Les diagnostics archéologiques du canal Seine-Nord Europe : des premiers résultats remarquables : [3]
  6. INRAP (Hérisson D.) 2012 - Visite virtuelle de la fouille à Étricourt-Manancourt (Picardie) : [4]
  7. INRAP, 2012 - Sur les traces des premiers peuplements européens à Etricourt-Manancourt : [5]
  8. INRAP (Fontenoy P., Hérisson D., Depaepe P.), 2012 - Les premiers hommes d'Etricourt-Manancourt [6]
  9. INRAP, 2012 - Un arraché de coupe de 350 000 ans
  10. Abbé Paul de Cagny, Histoire de l'Arrondissement de Péronne, tome 2, Péronne, J. Quentin, , p. 77-84
  11. Christian du Passage, Châteaux disparus dans la Somme, Amiens, CRDP, , p. 102 et 143
  12. Voir Vidéo Ina sur cette offensive
  13. « Liste des maires de la Somme », sur http://www.somme.pref.gouv.fr,‎ (consulté le 13 août 2008)
  14. « Liste des maires de la Somme » [PDF], Liste des élus du département de la Somme, Préfecture de la Somme,‎ (consulté le 9 juin 2014)
  15. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  16. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  17. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  18. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  19. Edna Hindie Lemay, Dictionnaire des Constituants 1789-1791, Paris, Universitas, , tome 1, p. 359-360