Élections législatives pakistanaises de 2013

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Élections législatives pakistanaises de 2013
Postes à élire 342 sièges à l'Assemblée nationale
Corps électoral et résultats
Population 182 247 547
Inscrits 84 207 524
Votants 46 217 482
55 %  +11
Nawaz Sharif detail, 981203-D-9880W-117.jpg Ligue musulmane du Pakistan (N) – Nawaz Sharif
Sièges obtenus 189  +98
Makhdoom Amin Faheem - Horasis Global Arab Business Meeting 2012.jpg Parti du peuple pakistanais – Ameen Faheem
Sièges obtenus 45  −79
Konferenz Pakistan und der Westen - Imran Khan (4155877864) cropped.jpg Mouvement du Pakistan pour la Justice – Imran Khan
Sièges obtenus 33
Flag of the Muttahida Qaumi Movement.svg Muttahida Qaumi Movement – Altaf Hussain
Sièges obtenus 24  −1
Flag of JUI.svg Jamiat Ulema-e-Islam – Fazal-ur-Rehman
Sièges obtenus 13  +6
Premier ministre
Sortant Élu
Raja Pervez Ashraf
PPP
Nawaz Sharif
Ligue musulmane du Pakistan (N)
Premier ministre intérimaire
Mir Hazar Khan Khoso
Election Commission of Pakistan

Les élections législatives pakistanaises de 2013 se sont déroulées le afin de renouveler les élus de l'Assemblée nationale et des quatre assemblées provinciales du Pakistan après la fin de leur mandat de cinq ans reçus lors des élections législatives de 2008. Elles conduisent à la victoire de la principale force d'opposition, la Ligue musulmane du Pakistan (N), et au retour de Nawaz Sharif au poste de Premier ministre.

À la suite des précédentes élections, le Parti du peuple pakistanais avait remporté le scrutin et formé une coalition gouvernementale pour obtenir une majorité relativement stable. Son mandat a été marqué par la recrudescence des combats entre les insurgés islamistes et l'armée et une multiplication des attentats à la bombe. Le quinquennat est également marqué par des conflits à répétition avec le pouvoir judiciaire et des tensions avec le pouvoir militaire à la suite de la mort d'Oussama ben Laden. Le gouvernement est surtout critiqué par la population pour son bilan économique et sécuritaire et est accusé de corruption tant par l'opposition que par la justice.

Ces élections mènent au retour au pouvoir de l'ancien Premier ministre Nawaz Sharif et de la victoire de sa formation, pour la première fois depuis les élections de 1997, remportant une majorité absolue à l'Assemblée nationale et arrivant en tête dans deux des quatre provinces. Mamnoon Hussain est ensuite élu président de la République en septembre 2013.

Contexte[modifier | modifier le code]

Asif Ali Zardari, président de 2008 à 2013.

Élections précédentes[modifier | modifier le code]

Les dernières élections législatives de 2008 s'étaient déroulées dans un contexte très tendu du fait d'une intensification du conflit armé avec les talibans et surtout après l'assassinat de Benazir Bhutto, dirigeante du Parti du peuple pakistanais, alors principale formation de l'opposition. Le contexte est également marqué par une contestation du pouvoir avec le mouvement des avocats, alors que le président Pervez Musharraf est arrivé au pouvoir en 1999 à la suite d'un coup d'État militaire. La Ligue musulmane du Pakistan (Q), qui le soutenait, avait ensuite remporté les élections législatives de 2002.

Le Parti du peuple pakistanais remporte finalement une majorité relative à ces élections, ce qui propulse Youssouf Raza Gilani au poste de Premier ministre et Asif Ali Zardari, veuf de Bhutto et coprésident du PPP au poste de président de la République. Une coalition d'union nationale est alors formée et elle comporte initialement la Ligue musulmane du Pakistan (N) (arrivée en deuxième place), le Muttahida Qaumi Movement, le Parti national Awami, la Jamiat Ulema-e-Islam ainsi que d'autres petits partis et des indépendants. Cette coalition exclut surtout la Ligue musulmane du Pakistan (Q) pour son soutien à Pervez Musharraf. La Ligue (N) de Nawaz Sharif quitte la coalition dès août 2008 puis les Islamistes en décembre 2010, sans remettre en cause la majorité de la coalition. En 2011, des tensions apparaissent avec le MQM, menaçant ainsi pour la première fois le gouvernement. En mai 2011, le gouvernement sécurise sa situation en formant une alliance avec la Ligue (Q) et cinq ministres intègrent le cabinet.

Insécurité[modifier | modifier le code]

Depuis 2004, le pays est frappé par une insurrection islamiste provenant du nord-ouest et menée principalement par le Tehrik-e-Taliban Pakistan. Le conflit a connu son paroxysme entre 2007 et 2009 avec successivement l'assaut de la Moquée rouge, la seconde bataille de Swat et puis les opérations dans le Waziristan du Sud. En 2013, les combats se poursuivent principalement dans les régions tribales.

En revanche, la question de la lutte contre les talibans afghans qui se réfugient au Pakistan est beaucoup plus polémique, alors que le pouvoir militaire refuse de mener des opérations d'envergure au Waziristan du Nord, principal bastion des insurgés afghans et est ainsi accusé d'exercer une politique de soutien aux talibans dans leur lutte pour le pouvoir en Afghanistan. Le débat a notamment été relancé après la mort d'Oussama ben Laden le et la tentative d'assassinat de Malala Yousafzai le , près de la zone d'influence des talibans. D'un autre côté, les attaques de drones américains dans les régions tribales sont particulièrement critiquées par l'opinion publique et l'opposition.

Crise politique[modifier | modifier le code]

Conflit avec le pouvoir militaire[modifier | modifier le code]

Quelques mois après la mort d'Oussama ben Laden l'affaire du mémorandum provoque une importante crise politique. Le gouvernement civil est accusé d'avoir demandé l'aide des États-Unis face à l'armée pakistanaise pour changer la politique du pays vis-à-vis des combattants islamistes se battant contre l'Afghanistan et l'Inde, profitant ainsi de discrédit causé par la présence du chef d'Al-Qaïda dans une ville dominée par les militaires. La révélation de l'affaire dans la presse a pour résultat de décrédibiliser et affaiblir le gouvernement civil dont notamment le président Zardari, accusé notamment de trahison envers ses intérêts nationaux, et des rumeurs de coup d'État se sont propagées mais elles sont démenties par le chef de l'armée Ashfaq Kayani.

Conflit avec l'autorité judiciaire[modifier | modifier le code]

De plus, le Premier ministre Youssouf Raza Gilani est inquiété par la Cour suprême qui juge qu'il n'a pas exécuté son arrêt annulant l'ordonnance nationale de réconciliation. Elle prévoyait une amnistie générale pour plus de 200 hommes politiques et bureaucrates, notamment pour des cas de corruptions, dont le président Asif Ali Zardari. Gilani est inculpé pour outrage à la justice par la Cour suprême le et reconnu coupable le 26 avril. La justice demande au gouvernement d'adresser une lettre aux autorités suisses afin qu'elles relancent une enquête sur les comptes bancaires du président, accusé de détournement de fonds dans les années 1990, alors que sa femme était Premier ministre. Il est destitué le 19 juin 2012 par la Cour et est remplacé par Raja Pervez Ashraf au poste de chef du gouvernement.

Le nouveau Premier ministre Raja Pervez Ashraf entre lui-même en conflit avec le pouvoir judiciaire du fait d'accusation de corruption, accusé d'avoir reçu des pots-de-vin dans le cadre de contrats pour un projet énergétique quand il était ministre de l'eau et de l'énergie[1]. Le 15 janvier 2013, la Cour suprême ordonne son arrestation dans le cadre de ces accusations[2].

Système électoral[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Élections au Pakistan.

Le Pakistan possède un régime politique parlementaire bicaméral de type système de Westminster ; le Parlement du Pakistan, qui se compose de deux chambres, l'Assemblée nationale et le Sénat dont les membres sont choisis par les membres des assemblées provinciales, elles-mêmes élues selon le même mode de scrutin que l'Assemblée nationale. Les élections générales visent à choisir les seuls élus de l'Assemblée nationale et des assemblées provinciales. Les candidats sont élus au suffrage universel direct uninominal majoritaire à un tour, c'est-à-dire que chaque électeur vote dans sa circonscription pour un candidat et celui arrivant en tête à l'issue d'un unique tour est élu, même avec une majorité relative de voix[3].

Les membres élus doivent ensuite procéder à l'élection des « sièges réservés ». Par exemple, pour l'Assemblée nationale, les 272 membres élus directement élisent 60 sièges réservés à des femmes et 10 sièges réservés à des minorités religieuses[3].

Campagne et partis en lice[modifier | modifier le code]

La campagne électorale et le processus électoral est organisé et contrôlé par a Commission électorale, dont la composition est issue d'un consensus entre le gouvernement et l'opposition. En vue du début de la campagne, le Premier ministre Raja Pervez Ashraf démissionne et est remplacé le 24 mars par Mir Hazar Khan Khoso, un ancien juge choisi par la commission électorale[4].

La campagne est surtout marquée par l'émergence du Mouvement du Pakistan pour la Justice (PTI), petit parti devenu soudainement populaire en 2011 et 2012. Il attire l'attention des médias grâce à de vastes rassemblements populaires. Son chef, Imran Khan, critique la corruption du système entretenu selon lui par les deux principaux partis. Il axe aussi sa campagne sur le souveraineté du pays, critiquant notamment les frappes du drones américains dans le pays. Il réclame également des négociations de paix avec les talibans pakistanais. Il partage cette dernière promesse avec le chef du principal parti d'opposition Nawaz Sharif.

La campagne est également marquée par des violences souvent causées par les combattants islamistes qui rejettent le processus démocratique, avec près de 130 morts entre le début du mois d'avril et le jour des élections. Le parti au pouvoir ainsi que les petits partis séculiers sont les plus visés, de même que des partis islamistes. Le 9 mai, le fils de l'ex-Premier ministre Youssouf Raza Gilani est kidnappé par des hommes armés alors qu'il était candidat du parti au pouvoir dans une circonscription de l'Assemblée provinciale du Pendjab[5],[a 1].

Les premiers sondages publiés en 2011 et 2012 montrent l'émergence du Malgré tout, Mouvement du Pakistan pour la Justice qui culmine à 31 % des voix et prend ainsi la tête dans un sondage de l'International Republican Institute en mai 2012[6]. Cependant, les sondages publiés entre mi-2012 et début 2013 montre un érosion nette des soutiens de ce parti, au profit de la principale formation de l'opposition la Ligue musulmane du Pakistan (N) de Nawaz Sharif qui reprend la tête avec 28 à 41 % des voix[7],[8],[9].

Résultats[modifier | modifier le code]

Assemblée nationale[modifier | modifier le code]

Composition de l'Assemblée nationale à la suite de ces élections.

Quelque 86 millions d'électeurs sont appelés aux urnes, dont pour la première fois les Pakistanais de l'étranger. Seuls 44 % sont des femmes[10]. La participation de 55,02 % est en nette progression par rapport à celle de 2008[11].

Le scrutin à l'Assemblée nationale est marqué par une nette victoire de la Ligue musulmane du Pakistan (N), qui obtient une majorité absolue suffisante pour gouverner seule. Le Parti du peuple pakistanais au pouvoir concède la deuxième plus grosse défaite de son histoire après les élections législatives de 1997, avec seulement 42 députés. Il est même dépassé en termes de votes populaire par le Mouvement du Pakistan pour la Justice, formation qui n'avait jamais remporté plus d'un seul siège auparavant. Malgré cette percée, le mouvement considère avoir échoué alors qu'il avait l'ambition de diriger le pays. Il échoue en effet à élargir sa base électorale, qui émane surtout des Pachtounes[a 2].

Parti Votes % Siège
Élu Ind. Réservés Total +/–
Minorités Femme
Ligue musulmane du Pakistan (N) 14 874 104 32,77 129 19 6 35 189 en augmentation 98
Parti du peuple pakistanais 6 911 218 15,23 36 0 1 8 45 en diminution 79
Mouvement du Pakistan pour la Justice 7 679 954 16,92 26 0 1 6 33 en augmentation 33
Muttahida Qaumi Movement 2 456 153 5,41 19 0 1 4 24 en diminution 1
Jamiat Ulema-e-Islam 1 461 371 3,22 9 0 1 3 13 en augmentation 6
Ligue musulmane du Pakistan (F) 1 072 846 2,36 4 0 0 1 5 =
Jamaat-e-Islami 963 909 2,12 3 0 0 1 4 en augmentation 4
Pukhtoonkhwa Milli Awami Party 214 631 0,47 3 0 0 1 4 en augmentation 4
Parti national du peuple 197 829 0,44 2 0 0 1 3 en augmentation 2
Ligue musulmane du Pakistan (Q) 1 409 905 3,11 2 0 0 0 2 en diminution 52
Parti national Awami 453 057 1,00 2 0 0 0 2 en diminution 11
Ligue musulmane du Pakistan (Z) 128 510 0,28 1 0 0 0 1 en augmentation 1
Awami Muslim League 93 046 0,20 1 0 0 0 1 en augmentation 1
Awami Jamhuri Ittehad Pakistan 71 175 0,16 1 0 0 0 1 en augmentation 1
Parti national baloutche 63 979 0,14 1 0 0 0 1 =
Parti national 61 148 0,13 1 0 0 0 1 en augmentation 1
Ligue musulmane de tout le Pakistan 54 231 0,12 1 0 0 0 1 en augmentation 1
Parti Qaumi Watan 46 574 0,10 1 0 0 0 1 =
Mutahida Deeni Mahaz 360 297 0,79 0 0 0 0 0 =
Bahawalpur National Awami Party 113 365 0,25 0 0 0 0 0 =
Jamiat Ulama-e-Islam Nazryati 103 098 0,23 0 0 0 0 0 =
Sindh United Party 82 634 0,18 0 0 0 0 0 =
Tehreek-e-Tahaffuze 76 358 0,17 0 0 0 0 0 =
Ligue musulmane du Pakistan (J) 71 773 0,16 0 0 0 0 0 =
Jamiat Ulma-e-Pakistan (N) 67 966 0,15 0 0 0 0 0 =
Pakistan National Muslim League 52 398 0,12 0 0 0 0 0 =
Indépendants 5 880 658 12,96 27 -19 0 0 8 en diminution 9
Scrutins non tenus 3 3
Total 45 388 404 100 272 0 10 60 342
Votes enregistrés - participation 84 207 524 55,02
Source : Commission électorale du Pakistan (sièges et votes)

Assemblées provinciales[modifier | modifier le code]

Baloutchistan[modifier | modifier le code]

Composition de l'Assemblée provinciale du Baloutchistan après les élections de 2013.
Parti Votes % Sièges
Élu Réservés Total +/–
Parti Ind.[n 1] Tot Minorités Femme
Ligue musulmane du Pakistan (N) 134 758 10,28 10 5 15 1 3 19 en augmentation 18
Pukhtoonkhwa Milli Awami Party 167 900 12,80 10 0 10 1 3 14 en augmentation 14
Parti national 76 018 5,80 7 0 7 1 2 10 en augmentation 10
Jamiat Ulema-e-Islam 207 167 15,80 6 0 6 0 2 8 en diminution 2
Ligue musulmane du Pakistan (Q) 53 305 4,06 5 0 5 0 1 6 =
Parti national baloutche 81 217 6,20 2 0 2 0 0 2 en diminution 5
Jamote Qaumi Movement 11 976 0,91 1 0 1 0 0 1 en augmentation 1
Parti national Awami 31 122 2,37 1 0 1 0 0 1 en diminution 2
Majlis-e-Wahdat-e-Muslimeen Pakistan 8 799 0,67 1 0 1 0 0 1 en augmentation 1
Autres partis 186 920 14,25 0 0 0 0 0 0 en diminution 38
Indépendants 352 300 26,86 8 -5 3 0 0 3 en augmentation 3
Total 1 300 628 51 0 51 3 11 65
Inscrits (participation) 3 173 819 (42,50 %)
Source : Commission électorale du Pakistan (sièges et votes)

Khyber Pakhtunkhwa[modifier | modifier le code]

Composition de l'Assemblée provinciale de Khyber Pakhtunkhwa après les élections législatives de 2013.
Parti Votes % Sièges
Élu Réservés Total +/–
Parti Ind.[n 1] Tot Minorités Femme
Mouvement du Pakistan pour la Justice 1 039 719 19,31 34 1 35 1 10 46 en augmentation 46
Ligue musulmane du Pakistan (N) 856 135 15,90 12 1 13 1 3 17 en augmentation 8
Jamiat Ulema-e-Islam 733 777 13,63 13 0 13 1 3 17 en augmentation 3
Parti Qaumi Watan 193 964 3,60 7 1 8 0 2 10 en augmentation 4
Jamaat-e-Islami 404 895 7,52 7 0 7 0 1 8 en augmentation 8
Parti national Awami 556 525 10,34 4 0 4 0 1 5 en diminution 43
Awami Jamhuri Ittehad Pakistan 63 497 1,18 3 0 3 0 1 4 en augmentation 4
Parti du peuple pakistanais 472 550 8,78 3 0 3 0 1 4 en diminution 26
Ligue musulmane de tout le Pakistan 21 933 0,41 1 0 1 0 0 1 en augmentation 1
Autres partis 172 049 3,20 0 0 0 0 0 0 en diminution 4
Indépendants 867 989 16,12 15 -3 12 0 0 12 en augmentation 1
Total 5 476 001 99 0 99 3 22 124
Inscrits (participation) 12 268 406 (44,83 %)
Source : Commission électorale du Pakistan (sièges, sièges réservés et votes)

Pendjab[modifier | modifier le code]

Composition de l'Assemblée provinciale du Pendjab après les élections de 2013.
Parti Votes % Sièges
Élu Réservés Total +/–
Parti Ind.[n 1] Tot Minorités Femme
Ligue musulmane du Pakistan (N) 11 365 363 40,77 218 32 250 7 58 315 en augmentation 144
Mouvement du Pakistan pour la Justice 4 951 216 17,76 23 0 23 1 5 29 en augmentation 29
Parti du peuple pakistanais 2 464 812 8,84 7 0 7 0 1 8 en diminution 99
Ligue musulmane du Pakistan (Q) 1 377 130 4,94 6 0 6 0 2 8 en diminution 75
Jamaat-e-Islami 489 772 1,76 1 0 1 0 0 1 en augmentation 1
Ligue musulmane du Pakistan (Z) 114 734 0,41 2 0 2 0 0 2 en augmentation 2
Bahawalpur National Awami Party 60 174 0,22 1 0 1 0 0 1 en augmentation 1
Pakistan National Muslim League 55 783 0,20 1 0 1 0 0 1 en augmentation 1
Jamiat Ulema-e-Islam 153 398 0,55 0 0 0 0 0 0 en diminution 2
Autres partis 625 889 2,25 0 0 0 0 0 0 en diminution 3
Indépendants 6 217 856 22,31 37 -32 5 0 0 5 en augmentation 1
Total 27 875 857 296 0 296 8 66 370
Inscrits (participation) 48 890 007 (59,62 %)
Source : Commission électorale du Pakistan (sièges et votes)

Sind[modifier | modifier le code]

Composition de l'Assemblée provinciale du Sind après les élections de 2013.

Malgré sa défaite au niveau national, le Parti du peuple pakistanais maintient son pouvoir dans la province du Sind. Il ne perd en effet qu'un seul siège de député et conserve largement sa majorité absolue, grâce à ses forts soutiens populaires dans les zones majoritairement Sindies, surtout rurales. Le Muttahida Qaumi Movement conserve lui aussi ses positions, arrivant largement en tête dans les deux principales villes de la province, Karachi et Hyderâbâd, grâce au soutien de la communauté Muhadjir. Sa position est toutefois légèrement remise en cause par l'émergence du Mouvement du Pakistan pour la Justice qui perce à Karachi. La Ligue musulmane du Pakistan (F), petit parti local, réalise également la meilleure performance du son histoire notamment grâce à son fief du district de Khairpur[a 3].

Parti Votes % Sièges
Élu Réservés Total +/–
Parti Ind.[n 1] Tot Minorités Femme
Parti du peuple pakistanais 3 209 686 32,63 69 2 71 5 16 92 en diminution 1
Muttahida Qaumi Movement 2 510 853 25,53 39 - 39 3 9 51 =
Ligue musulmane du Pakistan (F) 1 138 400 11,57 8 - 8 1 2 11 en augmentation 3
Ligue musulmane du Pakistan (N) 592 954 6,03 3 2 5 0 1 6 en augmentation 6
Mouvement du Pakistan pour la Justice 607 383 6,18 3 - 3 0 1 4 en augmentation 4
Parti national du peuple 208 499 2,12 2 - 2 0 0 2 en diminution 1
Ligue musulmane du Pakistan (Q) 64 718 0,66 1 - 1 0 0 1 en diminution 8
Autres partis 798 814 8,06 0 0 0 0 0 0 en diminution 2
Indépendants 873 171 8,88 5 -4 1 0 0 1 en diminution 1
Total 9 836 050 130 0 130 9 29 168
Inscrits (participation) 18 332 242 (54,62 %)
Source : Commission électorale du Pakistan (sièges et votes)

Analyse[modifier | modifier le code]

Anciens et nouveaux protagonistes[modifier | modifier le code]

Carte électorale par circonscription nationale.

Progrès démocratique[modifier | modifier le code]

De nombreux observateurs et analystes louent les progrès enregistrés lors du scrutin et l'« enracinement de la démocratie ». En effet, pour la première fois dans l'histoire du Pakistan, un pouvoir civil issu d'élections cède le pouvoir à un autre pouvoir civil issu d'élections à la fin du son mandat de cinq ans. Entre 1988 et 1999, les quatre gouvernements élus avaient été démis avant la fin de leur mandat. La situation sécuritaire, bien que médiocre, est jugée meilleure que lors des élections de 2008, qui avaient vu entre autres l'assassinat de Benazir Bhutto. Passant de 44,5 à 55,0 %, la hausse de la participation est également soulignée, notamment dans les provinces reculées. Contrairement à 2008, aucune formation politique importante ne boycotte le scrutin. De plus, l'armée interfère peu dans le scrutin, alors qu'en 2008 l'avenir du président Pervez Musharraf, général putschiste, était en jeu[a 1].

Irrégularités[modifier | modifier le code]

Malgré les succès souvent loués pour cette élection, plusieurs irrégularités sont rapidement dénoncées. Le Muttahida Qaumi Movement (MQM) a été accusé, notamment par le Mouvement du Pakistan pour la Justice, de bourrage d'urnes à Karachi ainsi que d'intimindation et d'usage de la violence le jour du scrutin. Le jour même de l'élection, la Commission électorale du Pakistan admet avoir échoué à organiser des élections libres et justes dans la ville[12]. Des manifestations spontanées se rédoulent ensuite à Karachi, principalement le fait de partisans du Mouvement pour la Justice. Le 19 mai, les élections sont refaites dans une circonscription nationale et deux circonscriptions provinciales de la ville mais les votes sont boycottés par le Mouvement du pour la Justice qui réclame un nouveau scrutin pour toute la ville. Les élections sont donc largement remportées par le MQM avec une faible participation. La veille, la dirigeante du Mouvement pour la Justice sur la ville, Zahra Shahid, est assassinée et Imran Khan accuse Altaf Hussain, chef du MQM, d'en être les responsables[13].

Des accusations de fraudes éclaboussent aussi plus tard la province du Pendjab où la Ligue musulmane du Pakistan (N) a obtenu des scores presque absolus (85 % des députés provinciaux). En plus d'être le fief politique du parti vainqueur, la province est aussi le berceau de groupes sunnites radicaux qui entretiennent des liens étroits avec la ligue de Sharif. Le plus important d'entre-eux est le Sipah-e Sahaba Pakistan, accusé de pratiquer l'intimidation en faveur de la ligue alors que cette dernière a aidé le groupe à s'armer depuis son retour au pouvoir dans la province en 2008[14].

Conséquences[modifier | modifier le code]

Nouveau gouvernement[modifier | modifier le code]

Nawaz Sharif devient à la suite de ces élections le premier chef du gouvernement à occuper trois fois cette fonction.

La large victoire de Nawaz Sharif est saluée par la presse comme le « retour triomphal »[15] du « lion du Pendjab »[16], en référence à son principal fief politique. Le 3 juin, Ayaz Sadiq est élu président de l'Assemblée nationale en remplacement de Fahmida Mirza avec 258 voix, contre 31 voix pour le candidat du Mouvement du Pakistan pour la Justice et 23 pour le candidat du Muttahida Qaumi Movement[17]. Le 5 juin, Sharif est élu et investi Premier ministre par l'Assemblée nationale avec 244 voix sur 342 sièges, face à Ameen Faheem du Parti du peuple pakistanais qui obtient 42 voix et Javed Hashmi du Mouvement du Pakistan pour la Justice 31 votes[18]. Le 7 juin, son cabinet prend ses fonctions après avoir prêté serment, avec notamment Ishaq Dar au poste de ministre des finances et Nisar Ali Khan au poste de ministre de l'intérieur. Sur ses 25 membres, il compte deux femmes et 19 ministres originaires du Pendjab[19].

Le mandant du président de la République Asif Ali Zardari se terminant en septembre 2013, Mamnoon Hussain est élu pour lui succèder le [20],[21],[22] par le collège électoral avec 432 voix, contre 77 pour Wajihuddin Ahmed, candidat du Mouvement du Pakistan pour la Justice et alors que le Parti du peuple pakistanais, a boycotté le scrutin pour dénoncer une campagne trop courte[23]. Il démissionne de la Ligue musulmane du Pakistan (N) peu après pour s'afficher comme un président indépendant[24]. Le nouveau président, qui prend ses fonctions le 9 septembre, est largement cité comme un proche de Nawaz Sharif[25],[26].

Contestations[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Contestations au Pakistan en 2014.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Les candidats indépendants peuvent se rattacher à un parti après l'élection

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Rental power projects case: SC allows Raja Pervez to defend himself sur The Express Tribune, le 29 octobre 2011
  2. (en) "Pakistan Supreme Court orders arrest of PM Raja Pervez Ashraf", BBC, 12 janvier 2013
  3. a et b (en) Chapter 2. THE MAJLIS-E-SHOORA (Parliament), la Constitution du Pakistan, consulté le 16 août 2012
  4. (en) « ECP selects Mir Hazar Khan Khoso as caretaker PM », sur Dawn.com, (consulté le 24 juillet 2017).
  5. Pakistan : enlèvement d'un fils de l'ex-Premier ministre Gilani sur Le Soir, le 9 mai 2013.
  6. (en) « PTI tops Pakistan political parties’ popularity graph: IRI poll », sur Pakistan Today, (consulté le 24 juillet 2017).
  7. PML-N enjoys 3.7% surge in popularity nationwide: Survey sur The Express Tribune, le 29 septembre 2012.
  8. IRI survey: PML-N’s popularity on the rise sur The Express Tribune, le 28 janvier 2013.
  9. (en) Gallup-Pildat Political Weather Report Feb 2013 sur Gallup Pakistan, le 6 mars 2013
  10. (en) Pakistan Votes sur The Express Tribune, le 11 mai 2013.
  11. (en) National Assembly Turnout General Election 2013
  12. (en) « ECP admits failure in holding free, fair election in Karachi », sur The Nation, (consulté le 23 juillet 2017).
  13. (en) « Pakistan politician Zahra Shahid Hussain killed in Karachi », sur BBC News, (consulté le 23 juillet 2017).
  14. Christophe Jaffrelot, « Le Pakistan miné par les affrontements entre sunnites et chiites », sur Le Monde Diplomatique, (consulté le 23 juillet 2017).
  15. « Retour triomphal de Nawaz Sharif au Pakistan », sur Euronews, .
  16. « Nawaz Sharif, le « lion du Pendjab » de retour au pouvoir », sur 'Radio France internationale', .
  17. (en) Coveted posts: New speaker, his deputy in saddle sur The Express Tribune, le 4 juin 2013
  18. (en) Nawaz Sharif elected Pakistan's PM sur Xinhua, le 6 juin 2013
  19. (en) Federal cabinet unveiled: Enter the ministers sur The Express Tribune, le 26 février 2014
  20. Pakistan : Mamnoon Hussain président, Le Figaro, 30 juillet 2013.
  21. Pakistan : l'homme d'affaires Mamnoon Hussain élu président, L'Express, 30 juillet 2013.
  22. Mamnoon Hussain, nouveau président du Pakistan, Le Monde, 30 juillet 2013.
  23. (en) Mamnoon Hussain elected 12th President of Pakistan sur Geo TV, le 30 juillet 2013
  24. (en) Mamnoon Hussain elected 12th President of Pakistan sur Dawn.com, le 30 juillet 2013
  25. (en) Profile: Pak president elect Mamnoon Hussain sur StratPost, le 3 août 2013
  26. (en) Explainer: All You Need To Know About Pakistan's (Indirect) Presidential Election sur Radio Free Europe / Radio Liberty, le 29 juillet 2013.
  1. a et b Jaffrelot 2013, p. 302.
  2. Jaffrelot 2013, p. 299.
  3. Jaffrelot 2013, p. 300.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]