Ligue musulmane du Pakistan (N)

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Ligue musulmane du Pakistan (Nawaz)
(ur) پاکستان مسلم لیگ ن
Image illustrative de l’article Ligue musulmane du Pakistan (N)
Logotype officiel.
Présentation
Président Shehbaz Sharif
Fondation 1993
Scission de Ligue musulmane du Pakistan
Siège Islamabad, Pakistan
Fondateur Fida Mohammad Khan
Chef du parti Raja Zafar ul Haq
Secrétaire général Iqbal Zafar Jhagra
Parti prédécesseur Ligue musulmane du Pakistan
Positionnement Centre droit[1],[2],[3]
Idéologie Conservatisme
Nationalisme
Libéralisme économique[4]
Conservatisme fiscal
Libéral-conservatisme
Fédéralisme
Démocratie islamique
Couleurs Vert
Site web pmln.org
Présidents de groupe
Sénat Raja Zafar ul Haq
Représentation
Sénateurs
33 / 104
Députés
82 / 342
Députés du Pendjab
164 / 371
Députés de Khyber Pakhtunkhwa
6 / 124
Députés du Baloutchistan
1 / 65
Députés du Gilgit-Baltistan
22 / 33
Députés de l'Azad Cachemire
35 / 49

La Ligue musulmane du Pakistan (N) (en anglais : Pakistan Muslim League (N), en ourdou : پاکستان مسلم لیگ ن) est un parti politique du Pakistan issu de la Ligue musulmane du Pakistan. Il est l'un des principaux partis du pays et est libéral en ce qui concerne les questions économiques et conservateur sur les questions de société. Il a été dirigé par Nawaz Sharif de 1993 à 2018 dont le « N » signifie Nawaz Group.

La Ligue musulmane du Pakistan (N) constitue l'un des plus importants partis du pays. Depuis 1993, il a dirigé deux fois le pays et a été trois fois la principale force d'opposition. Il est particulièrement influent dans le Pendjab et a souvent dirigé son gouvernement local avec à sa tête Shehbaz Sharif qui prend la direction du parti en 2018 suite aux déboires judiciaires de son frère.

Le parti tire son nom de la Ligue musulmane, créée en 1906 pour représenter les musulmans du sous-continent indien. Plusieurs autres partis politiques revendiquent ainsi le nom de « Ligue musulmane du Pakistan » et sont différenciés par des lettres, comme la Ligue musulmane du Pakistan (Q) ou la Ligue musulmane du Pakistan (F).

Direction[modifier | modifier le code]

Nawaz Sharif en 2016.

Nawaz Sharif dirige le parti de 1993 à 2001.

Le parti est ensuite présidé par Javed Hashmi de 2001 à 2005, puis par le frère de Nawaz, Shehbaz Sharif, de 2005 à 2011, à la suite de quoi Nawaz Sharif reprend la présidence du parti, jusqu'à ce que son frère reprenne cette fonction en 2018 suite à la condamnation judiciaire de Nawaz Sharif.

Historique[modifier | modifier le code]

Lutte pour le pouvoir face au PPP (1988-1999)[modifier | modifier le code]

Composition de l’Assemblée nationale après les élections de 1997. C’est la plus importante majorité jamais obtenue par le parti.

En 1985, Muhammad Khan Junejo et le Pir Pagaro refondent sur la base de la LMP-F[5], une nouvelle Ligue unifiée, en soutient au président Muhammad Zia-ul-Haq[6]. La LMP-F reprend son indépendance peu après, suite à l'élection de Junejo à la tête du parti[7].

À la mort du président Muhammad Zia-ul-Haq en 1988, la Ligue musulmane du Pakistan connaît des dissensions internes, entre la faction dirigée par Muhammad Khan Junejo et l'autre par Nawaz Sharif. Le parti forme tout de même l'Alliance démocratique islamique pour les élections législatives de la même année[5].

Lors des élections législatives de 1988, l'Alliance démocratique islamique perd le scrutin au profit du Parti du peuple pakistanais, opposant au président Zia, et devient donc la principale force de l'opposition.

En 1990, l’Alliance démocratique islamique remporte les élections anticipées après la révocation de Benazir Bhutto par le président Ghulam Ishaq Khan et Nawaz Sharif devient Premier ministre. Alors qu'une nouvelle crise éclate entre le président Khan et le Premier ministre, les deux hommes finissent par s'entendre pour démissionner conjointement et appeler des élections anticipées. C'est alors que Nawaz Sharif prend la présidence de sa faction et quitte l'Alliance démocratique islamique. À la mort de Junejo en 1993, ses partisans forment leur propre parti, la Ligue musulmane du Pakistan (J), tandis que celle de Nawaz prend le nom de Ligue musulmane du Pakistan (N)[5].

Le Parti du peuple pakistanais remporte les élections anticipées de 1993 alors que l’Alliance démocratique islamique n'est pas reconduite et que la Ligue musulmane de Nawaz réuni dix fois plus de voix que la Ligue de Junejo. Toutefois, bien que le PPP remporte plus de députés et que Benazir Bhutto forme un nouveau gouvernement, c'est la Ligue de Nawaz qui remporte le plus de votes populaires. Pour sa part, la LMP-J qui s'allie au PPP[6].

Avec les élections anticipées de 1997, la Ligue musulmane de Nawaz Sharif remporte une écrasante majorité absolue (environ deux-tiers des députés) à l’Assemblée nationale et Nawaz Sharif redevient Premier ministre. Durant cette période, le parti fait voter des réformes constitutionnelles afin de redonner au régime politique sa forme parlementaire originelle et renforce le pouvoir du Premier ministre tout en durcissant les lois islamiques.

Coup d’État, nouvelle scission et effondrement (1999-2008)[modifier | modifier le code]

Après le coup d’État du chef de l’armée Pervez Musharraf le 12 octobre 1999, Nawaz Sharif est arrêté puis contraint de s’exiler. La Ligue musulmane se scinde alors à nouveau. La Ligue musulmane du Pakistan (Q) est fondée en 2002 par Chaudhry Shujaat Hussain pour soutenir le président Pervez Musharraf.

Durant les élections législatives de 2002, la Ligue musulmane de Nawaz Sharif n’a réuni que 9,4 % des voix avec seuls 19 députés élus, devenant seulement la quatrième formation de l’Assemblée nationale et réalisant ainsi la pire performance de son histoire. La Ligue musulmane du Pakistan (Q) remporte quant à elle le scrutin sans majorité absolue.

Élections de 2008 : première force de l'opposition (2008-2013)[modifier | modifier le code]

Le parti obtint 19,6 % des voix durant les élections législatives pakistanaises de 2008 et 90 députés. Il devient la deuxième formation de l’Assemblée nationale après le Parti du peuple pakistanais. Le parti a ensuite formé une coalition gouvernementale avec le PPP et d’autres petits partis. Nawaz Sharif et le PPP de Benazir Bhutto s’étaient associés pour remporter ces élections et isoler la Ligue musulmane pakistanaise (Q) qui soutenait Pervez Musharraf.

La Ligue musulmane a quitté la coalition parlementaire en août 2008 en contestant notamment le choix d’Asif Ali Zardari comme candidat à la présidence ainsi que l’absence de restitution des juges de la Cour suprême. Le parti devient alors le principal parti d’opposition.

En 2008, la Ligue musulmane de Nawaz a largement remporté les élections dans le Pendjab et manque de peu la majorité absolue. Le parti a alors formé une coalition avec le Parti du peuple pakistanais. Shehbaz Sharif est devenu le ministre en chef du gouvernement local, qui intègre des ministres du PPP. Ces derniers ont été renvoyés du gouvernement local après des tensions entre le PPP et la Ligue musulmane en février 2011[8].

En 2009, le parti s'est activement joint au mouvement des avocats pour demander la restauration des juges révoqués sous Musharraf.

Retour au pouvoir (2013-2018)[modifier | modifier le code]

Rassemblement politique de la Ligue à Islamabad en février 2013.

Alors que durant la campagne électorale la Ligue et le Mouvement du Pakistan pour la Justice se disputent le rôle de principale force d'opposition, la première gagne largement les élections législatives de 2013. Après le ralliement des députés indépendants et l'élection des sièges réservés, la Ligue obtient 185 sièges, soit treize de plus que la majorité absolue ; Sardar Ayaz Sadiq devient président de l’Assemblée nationale. Le Parti du peuple pakistanais et le Mouvement pour la justice arrivent loin derrière avec respectivement 42 et 35 députés. La Ligue obtient aussi une large majorité des trois-quart à l'Assemblée provinciale du Pendjab et une majorité relative à l'Assemblée du Baloutchistan.

Nawaz Sharif est investi Premier ministre pour la troisième fois le 5 juin 2013 et son cabinet prend ses fonctions le 7 juin avec Nisar Ali Khan au poste de ministre de l'intérieur et Ishaq Dar au poste de ministre des Finances. Shehbaz Sharif est quant-à lui réélu au poste de ministre en chef du Pendjab.

Nawaz Sharif est englué à partir de 2016 dans l'affaire des Panama Papers. Il est destitué de son poste de député par la Cour suprême le [9] et perd par la même occasion son poste de Premier ministre, duquel il accepte de démissionner le jour-même[10]. Il est aussi condamné à une peine d'inéligibilité de dix ans. Shahid Khaqan Abbasi lui succède au poste de Premier ministre[11]. Dans un premier temps, son frère Shehbaz Sharif est pressenti prendre à terme la tête du gouvernement[12], mais le choix stratégique est fait de le conserver à la tête du gouvernement local du Pendjab.

Le , la Cour suprême rend une décision interdisant à Nawaz Sharif de diriger son parti[13] et une semaine plus tard, Shehbaz Sharif est désigné président de la Ligue musulmane du Pakistan (N) et prend ses fonctions le . Il devient ainsi le candidat de la ligue au poste de Premier ministre pour les élections de juillet 2018[14]. Nawaz Sharif est condamné à 10 ans de prison pour corruption en juillet 2018[15]. Affaibli, le parti est également écarté du pouvoir dans le Baloutchistan où il subit des défections parmi ses élus[16].

Chute de Nawaz Sharif et retour dans l'opposition (depuis 2018)[modifier | modifier le code]

Le , Nawaz Sharif est condamné à dix ans de prison pour corruption et sa fille Maryam Nawaz Sharif à sept[17],[17]. Alors qu'ils sont menacés d'arrestation, Nawaz et Maryam retournent au Pakistan le 13 juillet, tandis que leurs partisans décident de les accueillir à l'aéroport, malgré l'arrestation d'un certain nombre d'entre eux[18]. Ils sont arrêtés à leur arrivée dans le pays, tandis que Shehbaz Sharif organise une manifestation de soutien interdite[19] et Nawaz Sharif est enfermé dans la prison d'Adiala à Rawalpindi[20]. Le clan Sharif accuse la puissante armée pakistanaise de comploter contre lui, tandis que certains médias et fonctionnaires notent une répression à l'encontre du parti sortant et dénoncent des censures[21],[22].

Le 25 juillet, la Ligue arrive en seconde place des élections législatives, cédant le pouvoir au mouvement du Pakistan pour la justice. Elle réunit 24,4 % des voix et 82 sièges, soit plus de deux fois moins que dans la législature précédente et perd même la majorité à l'Assemblée provinciale du Pendjab[23].

Le , Imran Khan est élu Premier ministre par l'Assemblée nationale par 176 voix favorables, soit quatre de plus que la majorité requise, contre 96 voix pour Shehbaz Sharif[24]. Celui-ci devient chef de l'opposition parlementaire trois jours plus tard, le 20 août.

Le 19 septembre, estimant que l'accusation n'a pas été capable de prouver que ces biens immobiliers lui appartenaient, la Haute cour d'Islamabad ordonne la libération conditionnelle de Nawaz et sa fille, jusqu'à la tenue d'un procès en appel[25]. Leur caution est fixée à 500 000 roupies par personne[26].

Tableau récapitulatif des scrutins[modifier | modifier le code]

Élections % de suffrages
(échelle nationale)
Nombre de sièges à
l’Assemblée nationale
% des sièges Position
Législatives de 1993 39,9 % 73 / 207 35,3 % Opposition
Législatives de 1997 45,9 % 137 / 207 66,2 % Majorité
Législatives de 2002 9,4 % 19 / 342 5,6 % Opposition
Législatives de 2008 19,6 % 91 / 342 26,6 % Opposition
Législatives de 2013 32,8 % 185 / 342 54,1 % Majorité
Législatives de 2018 24,4 % 82 / 342 24,0 % Opposition

Personnalités du parti[modifier | modifier le code]

Des personnalités du parti. Les deux hommes au centre sont Nawaz Sharif (à gauche) et Shehbaz Sharif (à droite). Ishaq Dar est l'homme tout à droite.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Sharif declares victory for his party in Pakistan vote », sur Hindustan Times,
  2. (en) « Nawaz Sharif declares his party victorious in Pakistan vote », Al Arabiya
  3. (en) « Nawaz Sharif Set for Third Term as PM »,
  4. (en) « The democratic uncertainty of Pakistan », sur Himal Mag
  5. a, b et c (en) Nadeem F. Paracha, « Various shades of green: An ideological history of the Muslim League », sur Dawn.com, (consulté le 12 mars 2017)
  6. a et b (en) Nadeem F. Paracha, « The Muslim League: A factional history », sur Dawn.com, (consulté le 12 mars 2017)
  7. « Pakistan Muslim League - Functional », sur DAWN.COM (consulté le 26 août 2018)
  8. (fr) La LMP-N renvoie les ministres du PPP du gouvernement provincial du Pendjab, Daily India, le 23 février 2011. Consulté le 4 mars 2011.
  9. Pakistan : le premier ministre Nawaz Sharif démissionne, Le Monde, .
  10. « Pakistan: le premier ministre destitué », Le Figaro.fr,‎ (lire en ligne).
  11. « Nocookies », sur The Australian (consulté le 29 juillet 2017)
  12. « Shahbaz Sharif will be Pakistan » (consulté le 28 juillet 2017)
  13. « Pakistan: la justice interdit à l'ex-Premier ministre Nawaz Sharif de diriger son parti », sur L'Orient-Le Jour (consulté le 27 février 2018)
  14. « Au Pakistan, le Premier ministre destitué remplacé par son frère à la tête du parti au pouvoir », sur Libération.fr (consulté le 27 février 2018)
  15. « Pakistan : l'ex-Premier ministre Nawaz Sharif condamné pour corruption », AFP/Paris Match,‎ (lire en ligne)
  16. (en) PML-N dissidents, independents launch 'Balochistan Awami Party' sur Dawn.com, le 29 mars 2018
  17. a et b « Pakistan : l'ex-Premier ministre Nawaz Sharif condamné pour corruption », sur parismatch.com (consulté le 7 juillet 2018)
  18. « Nawaz Sharif, de retour au Pakistan, après sa condamnation à 10 ans de prison - Asie-Pacifique - RFI », sur RFI (consulté le 13 juillet 2018)
  19. https://www.challenges.fr/monde/l-ancien-premier-ministre-nawaz-sharif-arrete-a-son-retour-au-pakistan_601197
  20. Pakistan: pas de docteur personnel pour l'ex-Premier ministre Nawaz Sharif emprisonné et souffrant sur L'Express, le 23 juillet 2018
  21. Pakistan: pas de docteur personnel pour l'ex-Premier ministre Nawaz Sharif emprisonné et souffrant sur L'Express, le 23 juillet 2018
  22. Avant des élections au Pakistan, l'ombre de l'armée sur la presse sur L'Express, le 29 juin 2018
  23. (en) Pakistan election: Imran Khan begins coalition talks as opposition parties protest 'rigged' vote sur independent.co.uk, le 28 juillet 2018
  24. « Pakistan: Imran Khan, ex-star du cricket désormais Premier ministre », sur LExpress.fr (consulté le 19 août 2018)
  25. https://fr.news.yahoo.com/la-cour-suprême-pakistanaise-ordonne-la-libération-nawaz-110647916.html?guccounter=1
  26. « Pakistan: un tribunal ordonne la libération de l’ex-Premier ministre Sharif », sur Libération.fr (consulté le 19 septembre 2018)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]