Baloutches
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8 117 795 (rec. 2023) |
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env. 1,6 million |
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env. 3-500 000 |
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env. 1 million |
| Population totale | env. 15 millions |
| Langues | Baloutchi |
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| Religions | Sunnisme (majoritaire), Zikris |
Les Baloutches sont un peuple iranien qui vit majoritairement au Baloutchistan (ou Balouchistan), une région historique aujourd'hui divisée entre le Pakistan, l'Iran et l'Afghanistan. Ils parlent majoritairement le baloutchi.
La population baloutche globale est estimée entre 10 et 15 millions de personnes[1]. La grande majorité d'entre eux réside au Pakistan (8,1 millions en 2023), principalement dans la province du Baloutchistan. Des communautés importantes sont également établies en Iran (presque deux millions)[2], en Afghanistan (jusqu'à 500 000)[3] et au Turkménistan (environ 28 000). Ils sont également nombreux à s'être établis à Oman et aux Émirats arabes unis.
Étymologie
[modifier | modifier le code]Plusieurs hypothèses étymologiques ont été formulées à partir de la fin du XIXe siècle par des historiens et des linguistes occidentaux et régionaux.
En 1873, l'historien britannique Henry Rawlinson suggère que le nom dériverait de Belus, le dieu babylonien[4]. En 1904, Longworth Dames propose une dérivation de l'avestique balash, qui désignait le panache des casques des troupes de l'Empire achéménide[5]. Plus tard, en 1968, Ernst Herzfeld émet l'hypothèse d'une origine issue de la langue médique brza-vaciya, signifiant « ceux qui parlent fort » ou les « véhéments »[6].
Sur le plan historique, Nassir Dashti (2012) rapproche le terme des Balaches de Balachagan, un groupe ethnique de l'Atropatène (l'actuel Azerbaïdjan et nord-ouest de l'Iran) qui aurait été poussé vers le sud-est à l'époque des Sassanides[2]. La recherche contemporaine s'accorde généralement à chercher l'origine du terme dans les langues iraniennes anciennes, bien qu'aucun consensus définitif n'ait encore été établi.
Répartition
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Au Pakistan, d'après le recensement de 2023, 8 117 795 habitants sont locuteurs de la langue baloutche. S'ils sont principalement installés dans leur région d'origine, la province du Baloutchistan, on en trouve dans tous les autres territoires du pays. Ainsi, seuls 5,8 millions de Baloutches pakistanais vivent au Baloutchistan, quand 1,2 million habitent le Sind, 1,1 million le Pendjab et moins de 30 000 au Khyber Pakhtunkhwa[7]. Au Baloutchistan, ils ne sont pas présents dans la partie nord de la province, habitée par des Pachtounes, et même dans la capitale provinciale Quetta ils ne représentent que 7 % de la population[8]. Dans le Sind, la moitié des locuteurs du baloutchi sont installés à Karachi où ils représentent 3,5 % de la population, et ils sont également présents dans quelques districts frontaliers avec leur province, de même qu'au Pendjab[9].
En Iran, la majorité des Baloutches vivent au Sistan-et-Baloutchistan où ils représenteraient environ deux-tiers des 2,8 millions d'habitants de la province selon le recensement de 2016. On trouve également quelques communautés dans la province voisine de Hormozgan.
En Afghanistan, les Baloutches habitent principalement dans le Sud-Ouest, notamment dans les provinces de Kandahar, Helmand et Nimroz.
Société et culture
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Langue
[modifier | modifier le code]La langue des Baloutches est le baloutchi, une langue iranienne appartenant au groupe du Nord-Ouest de la famille des langues indo-européennes, malgré la situation géographique méridionale du Baloutchistan actuel[10]. La société baloutche entretient des liens culturels et de voisinage étroits avec les Brahouis, une population de langue dravidienne vivant à leurs côtés.
Religion et traditions
[modifier | modifier le code]Sur le plan confessionnel, les Baloutches sont majoritairement musulmans et se réclament du sunnisme de rite hanafite[11]. Leur pratique religieuse intègre de nombreuses coutumes locales ainsi qu'un code d'honneur tribal traditionnel rigoureux (le Balochmayar).
Il existe également une importante minorité confessionnelle spécifique, les Zikris, principalement établie dans la région côtière du Makran[12]. Bien que des éléments culturels ou folkloriques soient parfois rattachés à un héritage préislamique lié au zoroastrisme, ces traditions relèvent aujourd'hui principalement du patrimoine symbolique et historique du peuple baloutche.
Organisation sociale
[modifier | modifier le code]La société baloutche demeure traditionnellement structurée en tribus. Parmi ces dernières, certaines, comme les Bezendjas, ont conservé un mode de vie semi-nomade ou pastoral historique au sein des zones arides de la région[11].
Mouvement indépendantiste
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Depuis l'indépendance du Pakistan en 1947, le Baloutchistan est frappé par une guerre d'indépendance de basse intensité, avec des périodes de calme et de recrudescence de violences. Les indépendantistes contestent une mauvaise répartition des richesses, l'exploitation des ressources naturelles de la province par l’État sans que la population puisse en profiter ainsi que les violations des droits de l'homme des forces armées, notamment des disparitions forcées. Le conflit s'est exacerbé au début des années 2000 avec la création de l'Armée de libération du Baloutchistan. Si le mouvement est principalement d'inspiration nationaliste et non religieuse, le groupe s'est récemment rapproché des talibans pakistanais. Les violences se concentrent notamment sur les Pendjabis, ethnie dominante du pays et surtout dans l'armée, accusés de venir s'implanter dans la province afin d'y exploiter les ressources naturelles.
Annexes
[modifier | modifier le code]Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Carina Jahani, A Grammar of Modern Standard Balochi, Studia Iranica Upsaliensia 36, Uppsala, 2019, p. 5 ( (ISBN 978-91-513-0820-3)).
- 1 2 Naseer Dashti, The Baloch and Balochistan: A Historical Account from the Beginning to the Fall of the Baloch State, Trafford Publishing, 2012, p. 33-34 ( (ISBN 978-1-4669-5896-8)).
- ↑ Afghanistan, Université Laval
- ↑ Henry Rawlinson, « Notes on Seistan », Journal of the Royal Geographical Society of London, vol. 43, 1873, p. 272-294.
- ↑ Mansel Longworth Dames, The Baloch Race: A Historical and Ethnological Sketch, Royal Asiatic Society, London, 1904, p. 29.
- ↑ Ernst Herzfeld, The Persian Empire: Studies in Geography and Ethnography of the Ancient Near East, Franz Steiner Verlag, Wiesbaden, 1968, p. 288-297.
- ↑ Population by mother tongue, sex and rural/urban - Pakistan — National Level sur pbs.gov.pk
- ↑ Population by mother tongue, sex and rural/urban - Balochistan — District Wise sur pbs.gov.pk
- ↑ Population by mother tongue, sex and rural/urban - Sindh — District Wise sur pbs.gov.pk
- ↑ Agnes Korn, « Balochi and the Concept of North-Western Iranian », dans Carina Jahani, Agnes Korn et Paul Titus (dir.), The Baloch and Others: Linguistic, Historical and Socio-Political Perspectives on Pluralism in Balochistan, Reichert Verlag, Wiesbaden, 2008 ( (ISBN 978-3-89500-591-6)), p. 49-60.
- 1 2 Inayatullah Baloch, The Problem of "Greater Balochistan": A Study of Baloch Nationalism, Steiner Verlag Wiesbaden, 1987 ( (ISBN 978-3-515-04999-3)), p. 116-120.
- ↑ Syed Naeem Badshah, Mehmet Ümit et Doğan Kaplan, « The Emergence and Evolutionary Background of Makran and the Zikri Sect in the 15th Century », Al-Idah, vol. 43, no 2, 2025, p. 26-45.
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Stéphane A. Dudoignon, Voyage au pays des Baloutches : Iran oriental, an XXVII – XXIe siècle de la République islamique, Cartouche, Paris, 2009, 215 p. (ISBN 978-2-915842-37-1)
- Philippe Fabry, Balouchistan, le désert insoumis, Paris, Nathan Image, 1991, 136 p., (ISBN 2-09-240036-3)
- (en) Carina Jahani, Agnes Korn et Paul Titus (dir.), The Baloch and others : linguistic, historical and socio-political perspectives on pluralism in Balochistan, Reichert Verlag, Wiesbaden, 2008, 399 p. (ISBN 978-3-89500-591-6)