Yves Tanguy (peintre)

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Yves Tanguy

Naissance 5 janvier 1900
à Paris
Décès 15 janvier 1955 (à 55 ans)
à Woodbury, Connecticut (USA)
Nationalité Franco-Américain
Activités peintre, dessinateur
Mouvement artistique Surréalisme
Influencé par Giorgio De Chirico[1]

Œuvres réputées

"Maman, Papa est blessé", "Le Ruban des excès", "Jour de lenteur"

Raymond Georges Yves Tanguy, né le 5 janvier 1900 à Paris et mort le 15 janvier 1955 à Woodbury, Connecticut (États-Unis), est un peintre et un dessinateur surréaliste français naturalisé américain.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le père et la mère d'Yves Tanguy sont d'origine bretonne. Il naît au ministère de la Marine, place de la Concorde à Paris, où son père, adjudant-surveillant, dispose d'un logement de fonction. Il est sensibilisé à la peinture par l'un de ses camarades de classe, Pierre Matisse, fils du peintre Henri Matisse et futur marchand d'art à New York.

Yves Tanguy adhère au groupe surréaliste en 1925. Ses paysages minéraux, horizons linéaires, cartilages souples, êtres-objets fascinants, atmosphères oniriques où l'inconscient se veut souverain sont appréciés par les poètes.
André Breton écrira en 1941 : "L'apparition de Tanguy dans la lumière neptunienne de la voyance retend peu à peu le fil de l'horizon qui s'était brisé. Mais c'est avec lui un horizon nouveau, celui sur lequel va s'ordonner en profondeur le paysage non plus physique mais mental. (…) Les êtres-objets strictement inventés qui peuplent ses toiles jouissent de leurs affinités propres qui traduisent de la seule heureuse manière - la manière non littérale - tout ce qui peut être objet d'émotion dans l'univers."
En 1938, au Salon des Surindépendants, Tanguy découvre les tableaux de l'artiste américaine Kay Sage. Il la rejoint aux États-Unis l'année suivante, ils s'installent à Woodbury, Connecticut, et se marient en 1940.
En 1955, il meurt subitement d'une hémorragie cérébrale.
En 1963, après avoir établi le catalogue complet des œuvres de Tanguy, Kay Sage se suicide par balle.
Les dernières volontés d'Yves Tanguy étaient que ses cendres soient dispersées en baie de Douarnenez non loin de Locronan, le village d'origine de sa famille. Son ami Pierre Matisse fut son exécuteur testamentaire.

Œuvres principales[modifier | modifier le code]

Huiles sur toile

  • Il faisait ce qu'il voulait, 1927, 80 × 65 cm, collection particulière[2]
  • Maman, Papa est blessé, 1927
  • Rêveuse (dormeuse), 1927
  • Un grand tableau qui représente un paysage, 1927
  • Le jour où je serai fusillé, 1927
  • À quatre heures d'été, l'espoir, 1929
  • L'Oreiller de satin, 1929
  • Le Regard d'ambre, 1929
  • Roux en hiver, 1932
  • Le Ruban des excès, 1932
  • Le Fond de la Tour, 1933
  • Entre l'herbe et le vent, 1934
  • Jour de lenteur, 1937
  • Le Soleil dans son écrin, 1937
  • Composition, 1938
  • Ennui et tranquillité, 1938
  • Outre mer, 1939
  • Temps meublé, 1939
  • Le Palais aux rochers de fenêtres, 1942
  • Par le feu, par les oiseaux, et non par la pierre, 1943
  • Réponse au rouge, 1943
  • Au hasard du soleil, 1947
  • D'une nuit à l'autre, 1947
  • Feu central, 1947
  • Rhabdomancie, 1947
  • Illustration pour l'Antitête, 1949
  • Reflet, 1951
  • Temps égaux, 1951
  • Les Transparents, 1951
  • Hekla, 1952
  • Nombres imaginaires, 1954
  • Divisibilité indéfinie, 1942
  • The absent lady,1942

Commentaire[modifier | modifier le code]

« La qualité de la couleur chez Tanguy est une sorte de conscience laiteuse. Son univers est celui de l'homme primitif ou de l'enfant, un univers comestible […] Les tableaux de Tanguy nous placent à l'intérieur d'un globe gonflé de lait, au centre d'un immense sein maternel […] la peinture de Tanguy est tout entière nourriture… », Marcel Jean « Histoire de la peinture surréaliste »[3]

Expositions[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • « Yves Tanguy, derrière la grille de ses yeux bleus », réalisation de Fabrice Maze, édition Seven Doc, 2007
  • Participation au film de Jacques Brunius « Violon d'Ingres », 1939[4]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Rétrospective au musée des Beaux Arts de Quimper (Finistère), été 2007[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. dont il aperçoit, en 1923, d'une plateforme d'autobus, dans une vitrine le tableau « Le Cerveau de l'enfant ». Il saute du bus en marche pour le voir de plus près, reproduisant sans le savoir la même réaction qu'a eu André Breton quelques années plus tôt. Angliviel, page 173
  2. Reproduction dans "Beaux Arts Magazine" no 90, mai 1991, p. 66
  3. cité in Jean-Paul Clébert « Dictionnaire du surréalisme », Le Seuil, 1996, page 21
  4. Angliviel, op. cité, page 211
  5. La dernière date de 1982 et avait eu lieu au Musée d'art moderne, Centre Pompidou, à Paris.

Liens externes[modifier | modifier le code]