Nusch Éluard

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Nusch Éluard, née Maria Benz le à Mulhouse[1] (alors partie de l'Empire allemand) et morte le à Paris en France[2], est un modèle et une égérie des surréalistes comme Man Ray et la deuxième épouse de Paul Éluard.

Biographie[modifier | modifier le code]

Maria Benz commence sa carrière comme actrice à Berlin, où elle s'installe. Là elle vit de petits rôles au théâtre, où elle joue notamment des pièces de Strindberg à partir de 1920 et pose comme mannequin pour des cartes postales[1]. Dans les années 1920, elle part pour Paris, où elle se produit comme actrice, acrobate ou hypnotiseuse au théâtre du Grand-Guignol, et sert de modèles à des photographes. En 1929, elle rencontre René Char et Paul Éluard, qui vient de se séparer de Gala partie avec Dalí, durant la période où elle pose comme modèle des surréalistes. Elle deviendra une égérie du groupe, notamment de Man Ray, pour lequel elle sera le célèbre sujet d'une série de photos de nus. Après environ cinq années de vie commune, elle se marie avec Paul Éluard en 1934, une semaine après l'union d'André Breton et de Jacqueline Lamba dans la même mairie[3], soulignant la proximité des deux couples. Nusch Éluard sera dès lors une figure permanente de l'œuvre de son mari.

Après la rencontre de Paul Éluard et de Pablo Picasso en 1933, le peintre deviendra un intime du couple Éluard et de leurs amis (dont Lee Miller, Man Ray et Adrienne Fidelin), passant des vacances ensemble à Mougins et les recevant fréquemment rue des Grands-Augustins[4]. Picasso peindra alors de très nombreux portraits de Nusch Éluard en 1936, 1937 et 1938. D'après Françoise Gilot[5], Picasso et Nusch Éluard auraient entretenu une liaison à cette époque, avec l'assentiment de Paul Éluard selon plusieurs spécialistes de Picasso qui ont évoqué la question[6],[7].

À la déclaration de la Seconde Guerre mondiale, Paul Éluard est mobilisé à 40 ans dans l'administration de l'armée. Il est cantonné à Mignières dans le Loiret où Nusch vient le rejoindre et prendre pension dans un hôtel de la ville[8]. Éluard est démobilisé en 1940, le couple rentre alors à Paris dans leur appartement de la rue Marx-Dormoy. En 1942, Éluard demande sa réinscription au Parti communiste français clandestin, et publie des tracts et poèmes subversifs que Nusch Éluard transporte dans des boîtes à bonbons[9]. La guerre finie, Éluard donne des conférences en Europe accompagné généralement de sa femme qui est alors une importante source d'inspiration poétique, notamment charnelle.

Nusch Éluard meurt subitement d'une attaque cérébrale dans la rue à Paris en 1946, laissant Paul Éluard anéanti pendant plusieurs mois[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Album Éluard (1968), p. 117.
  2. a et b Album Éluard (1968), p. 268.
  3. Album Éluard (1968), p. 143.
  4. Picasso par Roland Penrose (1958), collection Champs chez Flammarion no 607, p. 372.
  5. Françoise Gilot, Carlton Lake, Vivre avec Picasso, éditions Calmann-Lévy, 1965.
  6. Picasso et le portrait sous la direction de William Rubin, éditions Réunion des musées nationaux et Flammarion, Paris, 1996, (ISBN 2-7118-3489-1), p. 88 et 108.
  7. Le Siècle de Picasso I - 1881-1937, par Pierre Cabanne, éditions Denoël, 1975, p. 491.
  8. Album Éluard (1968), p. 220.
  9. Album Éluard (1968), pp. 231-233.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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