Nusch Éluard

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Nusch Éluard

Nom de naissance Marie Benz
Naissance 21 juin 1906
Mulhouse (Alsace-Lorraine, Empire allemand)
Décès 28 novembre 1946 (à 40 ans)
Paris (France)
Nationalité
Pays de résidence France
Conjoint

Nusch Éluard, née Marie Benz le 21 juin 1906 à Mulhouse[1] (alors partie de l'Empire allemand) et morte le 28 novembre 1946 à Paris en France[2], est un modèle et une égérie des surréalistes comme Man Ray et la deuxième épouse de Paul Éluard.

Biographie[modifier | modifier le code]

Marie Benz est la fille de Marie Joséphine Juchert et d'Auguste Benz. Elle naît à Mulhouse, alors partie de l'empire allemand. Elle commence sa carrière comme acrobate avec ses parents puis saisi l'occasion de rejoindre un théâtre à Berlin, où elle s'installe à 14 ans. Là elle vit de petits rôles au théâtre, où elle joue notamment dans une pièce de Strindberg en 1920 et pose comme mannequin pour des cartes postales érotique et se prostitue pour survivre[1]. Dans les années 1920, elle retourne à Mulhouse puis part pour Paris, où elle se produit comme actrice, acrobate ou hypnotiseuse au théâtre du Grand-Guignol. Elle est prise comme modèles par des photographes, en particulier Man Ray et survit en se prostituant sur les boulevards parisiens.

Paul Éluard[modifier | modifier le code]

Le 21 mai 1930, Nusch, affamée rencontre René Char et Paul Éluard, qui se promènent sur les boulevards à Paris, durant la période où elle est figurante au Grand-Guignol[3]. Elle se rue sur les croissants que les deux hommes prennent avec elle dans un café, non loin des Galeries Lafayette[4]. Elle deviendra vite une égérie du groupe, notamment de Man Ray, pour lequel elle sera le célèbre sujet d'une série de photos de nus. Après environ cinq années de vie commune, elle se marie avec Paul Éluard le 21 août 1934, une semaine après l'union d'André Breton et de Jacqueline Lamba dans la même mairie du 17e arrondissement de Paris[5], soulignant la proximité des deux couples. Nusch Éluard sera dès lors une figure permanente de l'œuvre de son mari.

Picasso[modifier | modifier le code]

Après la rencontre de Paul Éluard et de Pablo Picasso en 1933, le peintre deviendra un intime du couple Éluard et de leurs amis (dont Lee Miller, Man Ray et Adrienne Fidelin), passant des vacances ensemble à Mougins et les recevant fréquemment rue des Grands-Augustins[6]. Picasso peindra alors de très nombreux portraits de Nusch Éluard en 1936, 1937 et 1938. D'après Françoise Gilot[7], Picasso et Nusch Éluard auraient entretenu une liaison à cette époque, avec l'assentiment de Paul Éluard selon plusieurs spécialistes de Picasso qui ont évoqué la question[8],[9].

Les années de guerre[modifier | modifier le code]

À la déclaration de la Seconde Guerre mondiale, Paul Éluard est mobilisé à 40 ans dans l'administration de l'armée. Il est cantonné à Mignières dans le Loiret où Nusch vient le rejoindre et prendre pension dans un hôtel de la ville[10]. En juillet 1940, le régiment d'Eluard est envoyé à Saint-Sulpice-la-Pointe dans le Tarn, ou Nusch le précède et prend une chambre d'hôtel. Éluard est démobilisé le 19 juillet 1940, et le couple file vers Carcassonne pour retrouver leur ami Joel Bousquet. Ils rentrent ensuite à Paris dans un petit appartement situé au 35, rue de la Chapelle (devenue rue Marx-Dormoy). En 1942, Éluard rentre dans la clandestinité et demande sa réinscription au Parti communiste français clandestin, et publie des tracts et poèmes subversifs que Nusch transporte dans des boîtes à bonbons[11]. Paul et Nusch vont rejoindre leurs amis Christian et Yvonne Zervos dans leur maison de Vézelay. La guerre finie, Éluard donne des conférences en Europe accompagné généralement de sa femme qui est alors une importante source d'inspiration poétique, notamment charnelle.

Nusch Éluard meurt subitement d'une attaque cérébrale en pleine rue à Paris le 28 novembre 1946, alors qu'elle se rendait chez sa belle mère Jeanne Grindel. Nusch est enterrée le 2 décembre au cimetière du Père-Lachaise, avec la mention Nusch Eluard, sans aucune date[12].

Le Temps déborde (1947)[modifier | modifier le code]

Paul Éluard écrit Le Temps déborde en hommage à sa femme. Ce recueil est publié par leur ami Christian Zervos, aux éditions Cahiers d'art en 1947, sous le pseudonyme de Didier Desroches. C'est in grand in-8 illustré de 11 photographies en noir et blanc, dans le texte, de Dora Maar et Man Ray, représentant Nusch Eluard[13].

Les portraits de Nusch par des peintres[modifier | modifier le code]

  • Picasso, Portrait de Nusch, 1937. Huile sur toile 65,2x92cm.
  • Picasso, Portrait de Nusch Eluard, 1937. Huile sur toile 65,2x92cm.
  • Picasso, Portrait de Madame Paul Eluard, 19 août 1941. Huile sur toile 60x73cm.
  • Picasso, La barre d'appui, Eau Forte N°1
  • Miro, Hommage à Nusch Eluard, 1937.
  • Magritte, Portrait de Nusch, 1938.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Album Éluard (1968), p. 117.
  2. Album Éluard (1968), p. 268.
  3. Alicia Dujovne Ortiz, Dora Maar, Grasset, 2003
  4. Robert Valette, Éluard: livre d'identité, Paris, Tchou, 1967, p.212.
  5. Album Éluard (1968), p. 143.
  6. Picasso par Roland Penrose (1958), collection Champs chez Flammarion no 607, p. 372.
  7. Françoise Gilot, Carlton Lake, Vivre avec Picasso, éditions Calmann-Lévy, 1965.
  8. Picasso et le portrait sous la direction de William Rubin, éditions Réunion des musées nationaux et Flammarion, Paris, 1996, (ISBN 2-7118-3489-1), p. 88 et 108.
  9. Le Siècle de Picasso I - 1881-1937, par Pierre Cabanne, éditions Denoël, 1975, p. 491.
  10. Album Éluard (1968), p. 220.
  11. Album Éluard (1968), pp. 231-233.
  12. Chantal Vieuille,Timothy Baum, Nusch, Artelittera, 2009, p.101
  13. http://www.centrepompidou.fr/cpv/ressource.action?param.idSource=FR_DO-bad69c3ffa59bd5ecce97217bcaeaf10&param.refStatus=nsr

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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