Kay Sage

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Katherine Linn Sage connue sous le nom de Kay Sage, née le à Albany, New York et morte le (à 64 ans) à Woodbury, Connecticut, est une artiste peintre surréaliste, écrivain et poète américaine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Seconde fille élevée au sein d'une riche famille, elle passe une grande partie de son enfance à voyager en Europe avec sa mère réputée pour être un esprit libre.
De 1914 à 1918, elle étudie à la Corcoran Art School à Washington, D.C., puis elle travaille au Bureau de la censure ("Censorship Bureau") de New York[1].

Au début des années 1920, Kay Sage s'installe à Rapallo en Italie et suit des études d'art à Rome, à la British Academy et la Scuola Libera delle Belle Arti. En 1924, elle rencontre et épouse le Prince Ranieri di San Faustino. Elle fait la connaissance des écrivains T. S. Eliot et Ezra Pound. Après dix ans d'une vie mondaine qu'elle comparera plus tard à un « marais stagnant », elle quitte son mari pour assouvir ses ambitions artistiques premières.

Kaye Sage s'installe à Paris. Intéressée par les surréalistes, elle renâcle cependant à les fréquenter, le groupe présentant toutes les apparences d'un « club de garçons ».

En 1936, sa première exposition individuelle, des tableaux abstraits[2], est organisée à Milan, à la Galleria del Milone[3]. Présente à l'Exposition internationale du surréalisme à la Galerie des Beaux-Arts, à Paris, en janvier 1938, ses tableaux sont remarqués par André Breton et Yves Tanguy. Elle devient la maîtresse de ce dernier.

Au début de la Seconde Guerre mondiale, Kay Sage retourne aux États-Unis et entreprend des démarches afin d'obtenir des visas pour nombre d'artistes restés en France. Yves Tanguy, réformé, la rejoint à New York. Ils se marient à Reno (Nevada) le 17 août 1940 et s'installent à Woodbury.

Mari et femme travaillent l'un à côté de l'autre dans des ateliers contigus et Woodbury devient un lieu de rencontre pour les artistes français en exil pendant la Seconde Guerre mondiale. Kay Sage multiplie les expositions personnelles à travers les États-Unis mais plus particulièrement à Boston, New York et San Francisco.

En 1955, Yves Tanguy meurt brutalement d'une hémorragie cérébrale.

Kay Sage délaisse peu à peu la peinture. Elle écrit son autobiographie China Eggs (Les Œufs de porcelaine), peint un ultime autoportrait Le Passage et se consacre à l'élaboration du catalogue raisonné de l'œuvre d'Yves Tanguy. Le 8 janvier 1963, quelques jours avant la parution de ce catalogue, Kay Sage se suicide par balle[4].

Les cendres d'Yves Tanguy et de Kay Sage ont été répandues dans la baie de Douarnenez par le galeriste Pierre Matisse.

« Mais tu ne me parles pas de ta peinture. »
« C'est difficile de parler de ce qui vous importe le plus. On sait que là est la vérité, et il ne faut jamais essayer d'expliquer la vérité. »
« Ça, quelqu'un l'a dit avant toi. »
« Bien sûr. Tout ce qu'il y a à dire a déjà été dit. J'aurais dû exprimer ça en d'autres termes, et tu n'aurais pas relevé. Pour dire quelque chose de nouveau, il suffit d'exprimer la même chose en d'autres termes, c'est tout. »
« Et l'inspiration, alors ? Et l'imagination ? »
« Ça n'existe pas. Être inspiré, c'est se souvenir. Et l'imagination, c'est le fruit indirect de l'observation. »
« Alors tu penses que rien n'est vraiment nouveau ? »
« Je n'ai pas dit ça. Tout est nouveau à partir du moment où tu l'as oublié. »
« Tu ne réponds pas à mes questions. Tu finasses, c'est tout. »
« Et quelles étaient tes questions ? »
« Les Œufs de porcelaine »[5]

Œuvres[modifier | modifier le code]

Peintures[modifier | modifier le code]

  • A Little Later, 1938
  • My Room Has Two Doors, 1939
  • This Morning, 1939
  • Danger, Construction Ahead, 1940
  • Margin of Silence, 1942
  • The Fourteen Daggers, 1942
  • From Another Approach, 1944
  • I Saw Three Cities, 1944
  • In the Third Sleep, 1944
  • The Upper Side of the Sky, 1944
  • Festa, 1947, huile sur toile, 41 × 33 cm, Galerie Thessa Herold[6]
  • Ring of Iron, Ring of Wool, 1947
  • The Instant, 1949
  • The Morning Myth, 1950
  • Small Portrait, 1950, 37 × 29 cm, Vassar Art Gallery[7]
  • Men Working, 1951
  • Tomorrow for Example, 1951
  • Unusual Thursday, 1951
  • On the Contrary, 1952
  • Third Paragraph, 1953
  • No Passing, 1954
  • Tomorrow is Never, 1955
  • Le Passage, 1956, huile sur toile, 108 × 84, collection particulière, États-Unis[7]


Écrits[modifier | modifier le code]

  • Piove in giardino (Il pleut dans le jardin), 1937, livre illustré pour enfants, Milan, edizione del Milione
  • China Eggs, 1955, autobiographie restée inédite jusqu'à l'édition bilingue « China Eggs/Les Œufs de porcelaine » publiée en 1966, Charlotte et Seattle, Starbooks/L'Étoile
  • Demain Monsieur Silber, 1957, recueil de poèmes, frontispice de Jean Dubuffet, Paris, Seghers
  • The More I wonder. 73 poems by Kay Sage, 1957, New York, Bookman associates
  • Faut dire c'qui est, 1959, poèmes, Paris, Debresse
  • Mordicus, 1962, recueil de poèmes, Paris, Pierre-André Benoît
  • Yves Tanguy, recueil de ses œuvres, 1963, préface, New York, Pierre Matisse
  • Kay Sage notebook, journal inédit 1955-1960, manuscrit conservé au Mattatuck Museum, Waterbury, Connecticut

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marc Alyn Kay Sage, veilleuse du troisième sommeil, Approches de l'art moderne, Bartillat, 2007
  • Georgiana Colville candaleusement d'elles. Trente quatre femmes surréalistes, Jean-Michel Place, Paris, 1999, p. 266 à 275
  • Chantal Vieuille, Kay Sage ou le surréalisme américain, Éditions Complicités, 1995 (épuisé)
  • Chantal Vieuille, Kay Sage ou le surréalisme américain, Artelittera, 2013

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Colvile, op. cit., p. 268
  2. Biro, op. cit.,
  3. Colvile, op. cit., p. 267
  4. Colvile, op. cit., p. 267 : « ..., puis se suicide en se tirant une balle dans la tête. » Dans son ouvrage L'Univers surréaliste (édition Somogy, Paris 1983), l'auteur José Pierre écrit que Kay Sage se serait empoisonnée. (Toutefois ce livre manque de rigueur, nombreuses sont les divergences de dates entre les notices biographiques et les annotations accompagnant les reproductions des œuvres. Il indique 1961 pour le suicide de Kay Sage).
  5. Colvile, op. cité, p. 275
  6. Reproduction dans Colvile, op. cité, p. 271
  7. a et b Reproduction dans Colvile, op. cité, p. 269