Automatistes

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Les Automatistes sont un groupe d'artistes dissidents du Québec, actifs entre 1945 et 1954.

Origine[modifier | modifier le code]

Le mouvement est fondé en 1942 par le peintre Paul-Émile Borduas. Le surréalisme ainsi que la psychanalyse auront été deux courants de pensée qui inspirèrent grandement les Automatistes. À l'encontre des surréalistes, les Automatistes préconisent une approche intuitive expérimentale non représentative conduisant à un renouvellement en profondeur du langage artistique. Les premières œuvres résultant de ces expériences s'apparentent à l'expressionnisme abstrait, malgré l'absence de liens entre les groupes montréalais et new-yorkais.

On reconnaît généralement que l'exposition de quarante-cinq gouaches de Paul-Émile Borduas, au mois d'avril 1942, au Foyer de l'Ermitage, à Montréal, fut le point de départ du mouvement. Une jeunesse enthousiaste se joignit alors à ce professeur, adoptant ses idées et son projet.

D'abord initié dans le milieu des arts visuels (peinture, dessin, sculpture, etc.), le mouvement s'étend à d'autres disciplines artistiques: la poésie, la danse et le théâtre. La première manifestation publique du groupe a lieu en mars 1946 dans le cadre d'une exposition organisée dans une boutique désaffectée de la rue Amherst à Montréal. La publication du manifeste Refus global, le 9 août 1948 aux Éditions Mythra-Mythe, définira leur vision politique.

Le mouvement regroupe les peintres Marcel Barbeau, Jean-Paul Riopelle, Pierre Gauvreau, Fernand Leduc, Jean-Paul Mousseau, et Marcelle Ferron ; les écrivains Claude Gauvreau et Thérèse Renaud ; les danseuses et chorégraphes Françoise Sullivan, Françoise Riopelle et Jeanne Renaud ; la designer Madeleine Arbour ; l'actrice Muriel Guilbault et le photographe Maurice Perron, de même que le psychiatre psychanalyste Bruno Cormier. Ils ont tous signé le manifeste Refus global rédigé par Paul-Émile Borduas.

Appellation[modifier | modifier le code]

C'est le journaliste et communicateur, Tancrède Marsil Jr., qui, le premier, nomme le groupe « Les Automatistes » dans sa critique de leur seconde exposition à Montréal (15 février au 1er mars 1947). Cet article est publié dans Le Quartier latin, le journal étudiant de l'Université de Montréal[1]. Ce nom lui a été inspiré par le discours esthétique des exposants eux-mêmes au cours du vernissage, notamment celui de son chef de file, Paul-Émile Borduas, et celui du poète Claude Gauvreau, qui prônaient le recours une écriture automatique inspirée des pratiques surréalistes.

Automatismes[modifier | modifier le code]

Paul-Émile Borduas distingue trois modes d'automatismes: mécanique, psychique, surrationnel[2].

  • mécanique : « produit par des moyens strictement physiques, plissage, grattage, frottements, dépôts, fumage, gravitation, rotation, etc. »
  • psychique : « en littérature: écriture sans critique du mouvement de la pensée. »
  • surrationnel : « écriture plastique non préconçue. Une forme en appelle une autre jusqu'au sentiment de l'unité, ou de l'impossibilité d'aller plus loin sans destruction. »

Évolutions individuelles[modifier | modifier le code]

Sans s'être séparés radicalement, les Automatistes ont interrompu leurs activités communes en 1954, après l'exposition La matière chante organisée par Claude Gauvreau. Le départ pour l'étranger de la plupart d'entre eux, particulièrement celui de Borduas pour New York, en 1953, puis Paris, en 1956, a précipité la dissolution effective du groupe. Cependant, les Automatistes ont constamment maintenu des liens entre eux par-delà le temps et l'évolution de leurs recherches esthétiques respectives.

Citation[modifier | modifier le code]

« Les Automatistes étaient des paysagistes dans le grand sens du mot, véhiculant les rapports de l'homme avec son milieu géographique, avec sa lumière[3]. »

— Marcelle Ferron

Notes et liens externes[modifier | modifier le code]

  1. Les Automatistes L'école Borduas
  2. Dans: Commentaires sur des mots courants, deuxième texte du recueil Refus global
  3. Patricia Smart, Marcelle Ferron : Monographie, Éditions Simon Blais,‎ 2008, p. 9.