William Wallace

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir William Wallace (homonymie).
William Wallace
Portrait
Portrait
Titre
Gardien de l'Écosse
Biographie
Surnom William Braveheart Wallace
Date de naissance 1272
Lieu de naissance Elderslie, Écosse
Origine Écosse Écosse
Date de décès 23 août 1305
Lieu de décès Londres, Angleterre

Sir William Wallace (surnommé « William Braveheart Wallace » [1]) est un chevalier écossais né en 1272 à Ellerslie et mort le à Londres. Il mena son peuple contre l'occupation des Anglais sous le roi Édouard Ier d'Angleterre. Son rôle pendant les guerres d'indépendance de l'Écosse fut tellement décisif pour le sort de son pays que sa vie prit une dimension légendaire.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origine et jeunesse[modifier | modifier le code]

Aux yeux du plus grand nombre, William Wallace semblait être une « personne du peuple », contrastant avec son compagnon, Robert le Bruce (Robert Ier d'Écosse), qui provenait de la haute noblesse, en fait, la famille de Wallace était de petite noblesse, descendante de Richard Wallace (Richard le Gallois), un propriétaire terrien vassal d'un des premiers membres de la famille Stewart (qui plus tard deviendra la lignée royale des Stuart).

William Wallace est né à Ellerslie (Ayrshire) ou Elderslie (Renfrewshire)[2] aux alentours de 1270, ce qui faisait de lui encore un jeune homme dans ses années de gloire en 1297 et 1305. Des documents contemporains suggèrent que Wallace était originaire de l'Ayrshire. Son père était de Riccarton, Ayrshire et sa mère de Loudoun, Ayrshire. De plus ses premières batailles se dérouleront en Ayrshire. Quelques sources d'information contemporaines à propos de la première partie de la vie de Wallace existent, et les historiens se reposent souvent sur les notes de Blind Harry, écrites aux alentours de 1470, environ deux siècles après la naissance de Wallace. Il est presque sûr qu'il soit né en Ayrshire, qu'il fut le fils de Sir Alan[2] Wallace de Riccarton, et qu'il ait eu deux frères, Malcolm et John. Mais on ne dispose que de très vagues bribes d'informations sur William Wallace et son enfance, le plus souvent transmises de bouche à oreille, parfois écrites.

William Wallace reçut son éducation de son oncle Argheim, et de ce fait devint bien instruit selon les standards de l'époque, parlant le latin et le français. Blind Harry ne fait pas mention du fait que Wallace ait quitté le pays, ou qu'il ait eu une quelconque expérience militaire avant 1297. Un rapport fait état, en 1296, d'un « voleur, un William le Waleys » à Perth. Encore selon les documents de Blind Harry ; William Wallace serait tombé amoureux (et se serait même marié) à une certaine Marion Braidfute dont aucun document ne prouve qu'elle a réellement existé. Des historiens pensent qu'elle a été inventée et ajoutée à une nouvelle édition du texte de Blind Harry en 1570, mais d'autres historiens affirment que le manuscrit de Ramsay qui retranscrit les histoires de Blind Harry date de 1488 et contient bien le personnage de Marion Braidfute.

L'Écosse du temps de William Wallace[modifier | modifier le code]

Statue de William Wallace, Aberdeen.

Au temps de la naissance de William Wallace, le roi Alexandre III d'Écosse régnait depuis 20 ans sur l'Écosse. Son règne avait été une période de paix et de stabilité économique, et il avait repoussé avec succès les demandes incessantes de suzeraineté du roi d'Angleterre. En 1286, Alexandre III meurt d'une chute de cheval; aucun de ses enfants ne lui avait survécu. Les lords écossais déclarèrent sa petite fille Margaret alors âgée de 3 ans, reine. À cause de son âge, ils mirent en place une régence, les Gardiens de l'Écosse, pour assurer l'administration de l'Écosse jusqu'à ce qu'elle soit en âge de gouverner. Le roi Édouard Ier mit à profit l'instabilité potentielle pour signer avec les lords le traité de Birgham, promettant de marier son fils Édouard à Margaret, sous réserve que l'Écosse demeure une nation indépendante. Mais Margaret tombe malade et meurt en 1290, à 8 ans sur le chemin de sa Norvège natale vers l'Écosse. Pas moins de treize prétendants au trône se manifestèrent presque immédiatement ce qui mène à la crise de succession écossaise.

John Balliol avait des droits certains sur le trône. Cependant, les Écossais voulaient un arbitre extérieur pour décider de la question, de façon à éviter les accusations de partialité. De façon tout à fait déraisonnable, ils en appelèrent au roi Édouard Ier pour décider. Au lieu d'arriver comme un arbitre indépendant, il vint à la frontière anglo-écossaise avec une grande armée, et annonça qu'il était venu en seigneur pour régler une dispute dans un État vassal, forçant tous les rois potentiels à lui rendre hommage. Après avoir entendu chaque serment, Édouard choisit Balliol en 1292 pour régner sur « l'État vassal d'Écosse ». En mars 1296, Balliol renie son serment et s'allie avec le royaume de France. Rapidement vaincu, le 7 juillet il renonce au Traité avec la France et le 8 juillet 1296 à Montrose il résigne son royaume au profit du roi d'Angleterre [3].

L'épopée de William Wallace (1297-1298)[modifier | modifier le code]

Statue de Wallace au château d'Edimbourg.

William Wallace apparaît dans l'histoire en assassinant le shérif anglais de Lanark pour venger la mort de sa bien aimée (nommée Marion Braidfute selon la tradition). En raison de ce crime, il est mis hors la loi et se réfugie dans les bois où il est bientôt rejoint par une trentaine de compagnons avec lesquels il massacre la garnison anglaise de Lanark (en mai 1297). C'est le signal de la rébellion. De grands seigneurs ne tardent pas à se joindre à lui, William Douglas, qui devient son lieutenant, Robert Wishart, évêque de Glasgow qui parvient à rallier James Stewart le Grand Sénéchal à la cause et bientôt Robert Bruce le Jeune rompant par là la réputation d'anglophilie de la famille Bruce. Et c'est avec une armée que Wallace met le siège devant Dundee au mois d'août 1297. Le comte de Surrey et Hugh Cressingham, trésorier, réagissent et placent leur troupe à Stirling coupant ainsi Wallace de ses arrières.

William Wallace rompt alors le siège et se dirige vers Stirling. Mais lorsqu'il arrive, les Anglais sont déjà solidement positionnés et plus nombreux – 6 350 fantassins et 350 cavaliers contre 6 000 fantassins dotés de lances et 180 cavaliers écossais[4]. La situation semble désespérée pour les Écossais qui parviennent cependant à profiter de la maladresse d'un chevalier anglais qui souhaitait engager le combat prématurément. Suite à ce renversement de situation, les Anglais perdent 3 000 hommes dont plus de 100 chevaliers. La victoire écossaise est éclatante.

Quelques villes ne tardent pas à ouvrir leurs portes dont : Aberdeen, Dundee, Perth, Stirling, Édimbourg, Roxburgh, Berwick. Wallace dirige en octobre-novembre 1297 des campagnes qui le mènent jusque dans le Cumberland et le Northumberland, tout en faisant régner l'ordre dans les territoires sous son pouvoir. Il est proclamé avant mars 1298 « gardien du royaume d'Écosse ». Édouard Ier doit intervenir en personne, abandonnant un temps le continent - où il appuyait les Flamands contre la France - pour reprendre le contrôle de l'Écosse. Il reprend Berwick en juillet 1298, puis Roxburgh. Il parvient à couper le chemin de Wallace à Falkirk. L'armée écossaise y est écrasée le - 2 000 morts. C'est la fin de l'épopée de Wallace.

Fin de vie[modifier | modifier le code]

William Wallace doit abandonner son titre de gardien du royaume entre juillet et . Il passe quelque temps en France avec d'autres chevaliers écossais à l'automne 1299 ; en novembre 1300, le roi de France Philippe IV envoie même pour lui une lettre de recommandation au pape. William Wallace réapparaît en Écosse aux alentours de 1303-1304 où il reprend sa vie de hors-la-loi. Sa dernière action militaire est une escarmouche en septembre 1304 à l'extrémité des Ochil Hills entre Abernethy et Lindores. Il est capturé près de Glasgow le par les hommes de sir John Menteith, le gardien du château de Dumbarton qui, comme la plupart des nobles écossais, avait fait sa soumission au roi d'Angleterre[5]

William Wallace est transféré à Londres le et condamné à mort pour haute trahison envers son souverain, crimes et sacrilège. Le lundi il est emmené en procession sur un cheval jusqu'à Westminster Hall et exécuté (Hanged, drawn and quartered) à l'âge de 33 ans. William Wallace est mis à mort dans les conditions atroces réservées aux traîtres  : traîné par des chevaux par les pieds sur plusieurs kilomètres de Westminster à la Tour de Londres et de là à Aldgate moitié pendu, éventré et le feu mis à ses entrailles. Il est finalement décapité, puis découpé en morceaux. Pour « donner un exemple », Edouard Ier fait exposer les différentes parties du corps de William Wallace aux quatre coins du royaume d'Angleterre. Sa tête est placée sur le pont de Londres et les parties de son corps réparties entre Newcastle-upon-Tyne, Berwick-upon-Tweed, Stirling et Perth[6]

Mais au lieu de détruire l’esprit de liberté chez les Écossais, cette exécution va vivifier le sentiment nationaliste écossais, et d’autres hommes se sont dressé contre l’Angleterre, en particulier Robert Bruce. En 1314, les Écossais, sous le commandement de Robert Bruce, qui s'était rallié les nobles et proclamé roi d'Écosse, défont l'armée anglaise à la bataille de Bannockburn, et assurent, à la fin de la guerre, l'indépendance de l'Écosse en 1328.

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Monument William Wallace.

Une tour en son honneur, nommée Monument William Wallace, a été construite en 1869 près de Stirling.

Cinéma[modifier | modifier le code]

La vie de William Wallace a fait l'objet d'une adaptation cinématographique en 1995 sous le nom de Braveheart et avec Mel Gibson. Même s'il ne respecte pas la réalité historique, il retrace bien la violence des combats ainsi que l'obstination écossaise. Le film fut un grand succès et remporta 5 Oscars. En effet, il relate et reprend la majorité des lieux et les principales figures historiques.

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

La campagne du tutoriel de Age of Empires II: The Age of Kings reprend le début de l'épopée de William Wallace. Le jeu de stratégie Medieval Total War' (SEGA) British Island Conquest met en scène le héros écossais, permettant de retracer sa campagne et celle de ses armées. Le second opus, Medieval 2: Total War, offre également dans son extension "Britannia" la possibilité de contrôler William Wallace en jouant la faction écossaise.

Est également sorti le jeu vidéo éponyme tiré du film en juillet 1999.

Musique[modifier | modifier le code]

Le groupe de heavy metal Iron Maiden parle de William Wallace et de ses désirs de liberté dans la chanson The Clansman, parue en 1998 dans l'album Virtual XI[7]. Un autre groupe de heavy metal, Grave Digger, lui a également rendu hommage sur un morceau simplement intitulé William Wallace, sorti en 1996 dans l'album Tunes of War. Le groupe de folk metal Skiltron y fait également référence dans l'album de 2006 The Clans Have United, et particulièrement avec le titre Stirling Bridge. Enfin, le groupe de Oi! breton, Killer Boots, lui dédicace une chanson éponyme, ainsi que Fraction Hexagone, dans leur titre ' Vivre libre, ou mourir'.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le surnom n'a jamais été rapporté par les biographies historiques mais est utilisé depuis la sortie du film Braveheart de Mel Gibson.
  2. a et b Watson, Dr Fiona. A report into the association of Sir William Wallace with Ayrshire, East Ayrshire Council, March 1999, 14 pages.
  3. (en) G.W.S. Barrow op.cit p. 97
  4. (en) Battle of Stirlingbrigde.
  5. (en) G.W.S. Barrow Robert Bruce and the Community of the Realm of Scotland E.U.P 4e édition (Edinburgh 2005) (ISBN 0-7486-2022-2) p. 178
  6. (en) G.W.S. Barrow op.cit p. 179.
  7. http://www.ironmaidencommentary.com/index.php?url=album11_vxi/wallace&link=albums&lang=fra

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :