Édouard Balliol

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Édouard Balliol (né vers 1281 mort à Wheatlen près de Doncaster en janvier 1364) est roi d'Écosse de 1332 à 1333 puis de 1333 à 1336 après avoir été brièvement déposé en 1334/1335.

Origine[modifier | modifier le code]

Édouard Balliol est le fils aîné du roi Jean d'Écosse et d'Isabelle, fille de John de Warenne, 6e comte de Surrey († 1304). Il est probablement né peu après la mariage de ses parents qui intervient avant février 1281. Il a un frère cadet, Henri qui est tué en 1332 [1].

Un prince déshérité[modifier | modifier le code]

On sait peu de vie du début de la vie d'Édouard Balliol. Quand en 1296 son père le roi Jean d'Écosse est contraint d'abdiquer le trône d'Ecosse et est transféré en Angleterre, Édouard l'accompagne, il réside parfois dans la Tour de Londres ou comme membre de la maison d'Édouard II d'Angleterre[1]. Quand Jean Balliol est transféré en 1299 à la garde du Pape en France, Édouard est retenu en Angleterre, mais désormais sous la garde de son cousin John de Warenne 7e comte de Surrey († 1347). Il est toujours traité honorablement quand vers 1310, il est retiré de la maison de son cousin de intégré dans celle de Thomas de Brotherton et Edmond de Woodstock, les demi-frères d'Édouard II[1].

Après la mort de son père, il est autorisé à prendre possession des biens des Balliol en France, et il semble y être resté à l'exception de visites occasionnelles en Angleterre. Bien que, selon le traité franco-écossaise de 1295, il était prévu qu'il épouse une nièce de Philippe IV de France, aucune suite n'est donnée à ce projet sans doute parce qu'il n'a jamais obtenu un statut suffisant qui seul aurait pu lui permettre d'obtenir une épouse du rang auquel il aspirait[1].

Il est possible que l'obscur conspiration découverte en 1320 et menée par Sir William Soulis († 1320/21), contre Robert Ier, avait pour objet de le rétablir[1]. Quoi qu'il en soit, il est certain que dans la décennie 1320, il y avait des signes d'intérêt pour lui en Angleterre notamment d'Henri de Beaumont qui a été spolié de ses droits de comte de Buchan par Robert Ier. Quand Édouard III d'Angleterre élimine du gouvernement sa mère Isabelle de France et Roger Mortimer le temps d'Édouard Balliol est venu[1].

Roi d'Écosse[modifier | modifier le code]

Robert Ier est mort en 1329, et l'Écosse est gouvernée par Thomas Randolph, 1er comte de Moray, régent du jeune David II Bruce. Édouard Balliol se rend plusieurs fois en Angleterre à cette époque, et constate que si Édouard III n'est pas prêt à intervenir directement en Écosse, il veut bien favoriser une invasion de l'Écosse par Édouard Balliol et les « déshérités », qui s'étaient engagés dans sa tentative de s'établir comme roi d'Écosse[2].

Le projet est mis en ouvre immédiatement à la nouvelle de la mort du régent écossais le 20 juillet 1332 Édouard Balliol et les « déshérités », débarquent à Kinghorn le 6 août 1332[3]. Les Écossais réagissent mais Édouard Balliol bat les troupes de David II Bruce menées par le nouveau régent Donald comte de Mar le 11 août à la Bataille de Dupplin Moor. Il est couronné roi des Scots à Scone le 24 septembre[4] et tente d'établir son autorité. Il offre lui-même dès novembre de rendre l'Hommage féodal pour le royaume d'Écosse au roi d'Angleterre et accepte qu'une importante partie du sud du territoire soit placée sous la souveraineté directe des Anglais[1].

Après un succès lors d'une escarmouche à Roxburgh dans laquelle le gardien de l'Écosse, Sir Andrew Murray de Bothwell, est capturé, Edouard Balliol se retire pour passer Noël en sécurité à Annan le manoir ancestral du domaine des Balliol dans le Galloway. En décembre il y est surpris par un parti mené par Sir Archibald Douglas et John Randolph, 3e comte de Moray, son frère Henri est tué et il est obligé de s'enfuir en Angleterre. Édouard III n'a pas d'autre choix que de s'impliquer directement dans le conflit car il cherche par ailleurs à rétablir la réputation de l'Angleterre après le cuisant échec subi par son père en Écosse[5].

De mars à juillet 1333, Édouard III d'Angleterre et Édouard Bailliol envahissent l'Écosse à la tête d'une armée de 13.000 hommes et mettent le siège devant Berwick-upon-Tweed[6]. Il bat une nouvelle fois avec l'aide de ses alliés anglais l'armées écossaise qui s'avance au secours de la cité à la Bataille de Halidon Hill le 20 juillet 1333 où périt le régent Archibald Douglas[7].

Édouard Baillol est rétabli sur son trône Il réussit à réunir un parlement à Holyrood en février 1334 duquel il obtient la validation de l'accord passé avec Édouard III et il récompense rapidement ses partisans dont un certain nombre de nobles anglais à qui il octroie des domaines en Écosse[1]. Il met aussi en place une administration en nommant William Bullock chambellan et gardien du château de Cupar dans le Fife et au moins un sheriff, Alan Lisle, qui officie à Bute et Cowal[1]. il rend alors personnellement l'Hommage au roi d'Angleterre à York le 5 juin 1334[7]. Ce qui est suivi d'un hommage formel au roi anglais à Newcastle le 19 juin, une semaine avant il avait cédé les sheriffdoms de Berwick, Roxburgh, Selkirk, Peebles, Dumfries, et trois parties du Lothian à Édouard III. Dans le même temps le jeune David II et son épouse se sont réfugiés en France en mai 1334 où il passent les sept années suivantes à Château Gaillard en Normandie. Robert le Steward et John Randolph 3e comte de Moray deviennent en juillet Gardiens pour le compte de David Bruce[8].

Victoires et défaites[modifier | modifier le code]

Malgré ses succès apparents la position d'Édouard Balleul reste fragile. Il y a des querelles entre les « disinherited », qu'il a restauré dans les domaines qu'ils revendiquaient en Écosse; et les partisans de David Bruce, particulièrement Robert le Steward en Ayrshire et Sir William Douglas dans le sud-ouest, résistent toujours. En août 1334 Édouard Balliol doit se rendre à Berwick-upon-Tweed, solliciter l'appui d'Edouard III. Il apparaît rapidement que son régime ne peut pas survivre sans un appui important des anglais[1].

Après Noël 1334–1335 Edouard III rejoint Balliol lors d'une campagne destinée à reprend le contrôle de Roxburgh. Pour le moment, il atteint à peu près tout ses objectifs mais les plans étaient en cours pour un plus grand effort de l'été prochain, notamment, à la suggestion de Balliol, d'une attaque sur la côte ouest de l'Écosse. Ce plan est mis en oeuvre en juin 1335. Édouard Balliol, maintenant à Newcastle upon Tyne, s'avance sans opposition jusqu'à la côte est tandis qu'Edouard III, à partir de Carlisle, marche à travers la région de Nithsdale. Le mouvement de tenailles était prévu pour se refermer à Glasgow, ce qu'il est fait à la fin de juillet. De là, les deux Edouard marchent vers Perth. En plus de Roxburgh et Lochmaben des garnisons sont établies à Stirling et Perth[1].

Les régions cédées dans Le Sud de l'Ecosse par l'accord de 1334 passent sous le contrôle anglais, et des shérifs sont établis à Berwick, Édimbourg, et Dumfries. Beaucoup de ceux qui avait déserté le parti de Balliol l'année précédente lui font de nouveau allégeance, et même Robert le Steward aurait la paix avec Lui. L'automne de 1335 est le sommet de la bonne fortune d' Édouard Balliol. Il en profite curieusement pour quitter l'Écosse où il nomme un des « déshérités », David III Strathbogie, comte d'Atholl comme « gardien » et choisit de façon étonnante dans ces circonstances de se retirer pour passer l'hiver à Holy Island dans le Northumberland[1].

La résistance Contre Balliol se poursuit conduite par Sir Andrew Murray de Bothwell et Sir William Douglas, et le 30 novembre 1335 Andrew Murray défait et tue David III Strathbogie à la bataille de Culblean dans le sud-ouest de l'Aberdeenshire[9]. Ce qui entraîne l'année suivante une nouvelle campagne d 'Édouard III en Écosse à l'automne 1336, au cours de laquelle il a récupère et répare le Château de Bothwell dans le Lanarkshire, fortifie de nouveau Perth et dote la ville d'une garnison anglaise [9]. Il s'agit de la dernière campagne d'Edouard III en Écosse. Désormais toute son attention est accaparée par les affaires françaises et il abandonne l'Écosse à ses lieutenants ce qui précipite le déclin d'Édouard Bailliol[10].

En 1337 Andrew Murray de Bothwell mène une suites de campagnes victorieuses en Angus et en Fife, reprenant les châteaux de St Andrews et Leuchars, mais pas Cupar, et aussi reprendre Bothwell[10]. Les tentatives anglaise s'emparer du château de Dunbar en 1337 et 1338 échouent[11]. Balliol apparait pour la dernière foie à Perth en août 1338; Peu après il se retire dans le nord de l'Angleterre, où en 1339 il est nommé commandant d'une armée anglaise chargée de combattre l'Écosse et d'envahir les « marches »[1].

La présence effective de Édouard Balliol en Écosse est terminée, et il ne reste plus aux partisans de David II que d'enlever les garnisons anglaises restantes: Perth tombe en 1339, Édimbourg en 1341, et Roxburgh et Stirling en 1342. En juin 1341 David II et son épouse sont de retour dans leur royaume en liesse[12].

Déclin, renoncement et mort[modifier | modifier le code]

En octobre 1339 une mandat est émis pour payer les soldes de 1264 hommes de Cumberland et de Westmorland qui vont en Écosse, sous le commandement d'Édouard Balliol pour tenter de faire lever le siège de Perh, mais la cité avait capitulé le 17 août. Après la prise d'Édimbourg par William Douglas le 16 avril 1341, le roi David II peut regagner son pays[1].

Dans la décennie 1340 Édouard Balliol est encore nommé au commandement d'armées dirigées contre les Écossais mais sans grand effet. On connait mieux son action sur le Galloway où se trouve ses domaines ancestraux. En août 1339 plusieurs grands propriétaires terriens du Galloway font la paix avec Édouard III mais Balliol est incapable d'occuper son château ancestral de Buittle en 1352 bien qu'il semble encore en mesure de fortifier en 1348 Hestan Island, au large de Kirkcudbright. Il y laisse une garnison sous le commandement de Duncan MacDougall. Après la victoire des Anglais à Nevill's Cross en 1346, Édouard Balliol agit encore en tant que commandant des armées anglaises qui vont occuper le sud de l'Écosse[1].

Édouard Balliol se retire finalement en Angleterre où il finit par abdiquer en faveur du roi d'Angleterre le 20 janvier 1356 tous ses droits au trône d'Écosse[13]. Pensionné par Édouard III, il meurt en janvier 1364 à Wheatley près de Doncaster.La date précise de son décès est inconnue mais sa mort intervient entre le 1 et le 24 du mois. Il ne semble avoir contracté aucune union et les prétentions au trône de la famille Balliol s'éteignent avec lui[1].


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o et p (en) Bruce Webster « Balliol, Edward (b. in or after 1281, d. 1364), », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004.
  2. anglais: « disinherited », Il s'agit des héritiers des seigneurs écossais dont les domaines avaient été confisqués par Robert Bruce pour leur engagement dans le parti anglais pendant la Guerre d'indépendance.
  3. (en) Michael Brown The Wars of Scotland 1214~1371 The New Edinburgh History of Scotland. Edinburgh University Press, Edinburgh (2004) (ISBN 0748612386) p.234
  4. Michael Brown op.cit p. 234
  5. Michael Brown op.cit 235
  6. La ville prise par Édouard Ier d'Angleterre avait été libérée par Robert Ier en 1318
  7. a et b Michael Brown op.cit 236
  8. Michael Brown op.cit 237
  9. a et b Michael Brown op.cit 239
  10. a et b Michael Brown op.cit 240
  11. Michael Brown op.cit 241
  12. Michael Brown op.cit 243
  13. (en) Michael Brown op.cit p. 253

Source[modifier | modifier le code]

  • (en) Michael Brown The Wars of Scotland 1214~1371 The New Edinburgh History of Scotland. Edinburgh University Press, Edinburgh (2004) (ISBN 0748612386) (en).
  • (en) Bruce Webster « Balliol, Edward (b. in or after 1281, d. 1364), », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004.
  • (en) Mike Ashley The Mammoth Book of British Kings & Queens Robinson (Londres 1998) (ISBN 1841190969) « Edward [Balliol] » p. 552.