Vuache

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Vuache
Le Vuache vu d'Éloise
Le Vuache vu d'Éloise
Géographie
Altitude 1 105 m
Massif Jura
Coordonnées 46° 03′ 28″ N 5° 56′ 24″ E / 46.05778, 5.94 ()46° 03′ 28″ Nord 5° 56′ 24″ Est / 46.05778, 5.94 ()  
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Rhône-Alpes
Département Haute-Savoie

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(Voir situation sur carte : Haute-Savoie)
Vuache

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(Voir situation sur carte : France)
Vuache

Le Vuache est une montagne au sud-est de la France dans le département de la Haute-Savoie, près de la frontière suisse (la plus proche ville est Genève).

Toponymie[modifier | modifier le code]

En langue savoyarde, « Vuache » se prononce ouache, ouoche, ouoss (le ou équivaut au w anglais). D'où l'orthographe Wache au XVIIIe siècle[1].

La première mention écrite date de 1173-1178 : Vaschium[2]. Du XIe au XVe siècles, la montagne porte d'autres noms : de Chaumont, de Savigny, de Chevrier, de Sainte-Victoire (entre Chevrier et Dingy), d'Arcine, d'Entremont. Le Vuache désignait alors la seigneurie centrée sur le château de Vulbens en haut de l'église (ne pas confondre avec le château de Faramaz quelques centaines de mètres plus loin). C'est ce qui ressort de la lecture des comptes de châtellenie des années 1326 et suivantes, du terrier de 1447etc.[1]

Ce mot Vuache pourrait être lié aux sols argileux, lourds et humides de la plaine de Chevrier-Vulbens. L. Guinet[3] signale le vieux français wachas (« marais ») ; le dictionnaire F.E.W[4] cite le mot savoyard ouachi (« passer dans de l'herbe haute », par analogie avec l'eau). « Eau » se disait wassa à Morzine, Samoëns, Bonneville, vouache dans le Val d'Aoste, wacha à Annecy, vouessa vers Nantua. À Vulbens et Jonzier, vaché désigne une caisse emplie d'eau où l'on plongeait le cochon tué pour lui enlever ses poils[1].

Le nom Vuache pourrait avoir été donné à la plaine de Vulbens à une époque où le recul démographique ne permettait plus d'assurer le drainage des sols. On pense à l'époque du Haut Moyen Âge (Ve - Xe siècles). On trouve des tuiles romaines partout dans la plaine alors que les villages actuels se trouvent sur des terrains égouttés en bas du mont. Il y a eu une rupture de l'habitat. Il y a peut-être vers l'An Mil chute de la population, recul des cultures et développement des marais et sols humides[1].

Puis, progressivement, le mot « Vuache » glisse de la seigneurie à la montagne au-dessus de Vulbens[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Position du Vuache dans le massif du Jura.

Topographie[modifier | modifier le code]

La montagne du Vuache est située à l'ouest de la Haute-Savoie ; elle appartient à l'extrémité méridionale de la haute chaîne du Jura, dont elle est séparée par la cluse du Rhône (défilé de l'Écluse). Il s'agit d'un étroit chaînon de 14 km de long et 1,5 à 3 km de large, orienté NW-SE.

Le Vuache culmine à 1 101 mètres, et, avec le Salève, délimite le bassin au milieu duquel s'est développée la ville de Genève. Sur le plan historique, le Genevois français déborde largement ces limites géographiques.

L'épaulement septentrional du Vuache, en surplomb du défilé de l'Écluse, est un site classé.

Géologie[modifier | modifier le code]

Le Vuache est constitué de terrains principalement calcaires recouverts de quelques placages morainiques, principalement sur le flanc Nord-Est de la montagne. Une faille importante avec une composante décrochante sénestre longe le flanc SW du Vuache. Cette faille explique la forte dissymétrie des deux versants de la montagne. Le flanc sud-ouest, qui se présente comme une succession de falaises calcaires chaudes, contraste avec les pentes douces boisées plus fraîches du versant oriental.

Cette montagne présente une géologie remarquable, notamment du fait de l'existence de la faille majeure (faille du Vuache) dont le miroir (plan de coulissement) est localement bien observable. Cette faille se poursuit bien au-delà de la montagne du Vuache. Vers le sud-est, elle marque la bordure nord-est de la montagne de Musièges, puis elle passe à proximité de La Balme de Sillingy et se perd en direction d'Annecy. Vers le Nord-Ouest, elle se subdivise en plusieurs branches en bordure et au cœur du massif du Grand Crêt d'Eau.

La faille du Vuache est une faille faiblement active, sur laquelle plusieurs séismes modérés ont eu lieu au cours du vingtième siècle. L'épicentre du séisme du 15 juillet 1996, de magnitude 5, qui a occasionné quelques dégâts à Annecy et dans sa banlieue, a été localisé entre Épagny et Sillingy[5]. Un autre séisme important avait eu lieu à Chaumont en 1936, occasionnant des dégâts légers (chutes de cheminées...) dans cette ville ainsi qu'à Frangy, Vanzy et Minzier.

Faune[modifier | modifier le code]

Le Vuache s’inscrit dans la continuité du vaste ensemble formé par la haute chaîne du Jura, l'Étournel et le défilé de l'Écluse, qui présente globalement un intérêt ornithologique majeur. Il fait partie de la ZICO RA 14 Haute chaîne du Jura : défilé de l’Écluse, Étournel et mont Vuache.

Parmi les Galliformes, la Gélinotte des bois niche sur la montagne du Vuache, où elle fréquente de préférence les boisements mélangés de crête.

En ce qui concerne les rapaces, le Faucon pèlerin niche en plusieurs points des falaises du versant ouest ; le grand-duc d'Europe est également présent, nichant dans la partie nord de ces mêmes falaises. L’aigle royal, le circaète Jean-le-Blanc et le faucon hobereau utilisent le secteur comme terrain de chasse. La nidification du Circaète Jean-le-Blanc sur le site a été prouvée en 2006, se soldant par un échec. Le milan noir et la bondrée apivore nicheraient pour leur part sur le mont Vuache ou à sa base périphérique.

De plus, les crêtes nord du Vuache jusqu’à la dépression du Golet du Pey (800 m) constituent, au même titre que le défilé de l’Écluse, une importante voie de migration pour les oiseaux, à l’automne et au printemps. C’est un goulet migratoire essentiel pour les rapaces (l’un des treize sites principaux identifiés à ce titre en France), puisque plus de 20 000 oiseaux de proie y sont régulièrement comptabilisés au passage, principalement : buse variable (< 14 000 individus), bondrée apivore (< 5 000), milan noir (< 4 000), milan royal (< 2 000), épervier d'Europe (< 800). Mais d’autres migrateurs peuvent être observés tels que Cigogne blanche, Cigogne noire, Grue cendrée, Héron cendré, Grande Aigrette ou des passereaux : Alouette lulu, Alouette des champs, Pigeon colombin, Grive litorne, Merle à plastron

Le Vuache vu depuis le belvedère de Léaz.

Histoire[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Philippe Duret, « Transformations du paysage à Chevrier, Dingy-en-Vuache et Vulbens », Échos Saléviens n°6, 1997
  2. Regeste Genevois, p. 108
  3. L. Guinet, les emprunts gallo-romans
  4. vol. 17, p. 541 et p. 546
  5. réseau sismologique Sismalp, Université de Grenoble, informations sur le séisme du 15 juillet 1996, réseau sismologique Sismalp, Université de Grenoble
  • Source : Ministère français de l'environnement Fiche du site FR8212022: Massif du Mont Vuache

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]