Pigeon colombin

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Le pigeon colombin (Columba oenas) est une espèce d'oiseau paneuropéen (jusqu'en Asie occidentale) essentiellement présent en Europe (et surtout au Royaume-Uni qui en abrite 1/3 des populations européennes), qui est en forte régression dans certains pays, semble-t-il parce que son habitat l'est aussi, ainsi que certaines de ses sources de nourriture dans les zones d'agriculture intensive.

Il apprécie les creux des vieux arbres, pour nicher. Le recul du bocage, l'exploitation intensive des forêts lui sont défavorables. Il est par ailleurs chassable en France.

Il est surtout présent dans les forêts anciennes lorsqu'on y a laissé les arbres morts et creux ou des arbres sénescents dont le tronc ou certaines grosses branches sont cariés. Il peut parfois aussi nicher dans les carrières, sur les falaises, dans les rochers, voire dans un terrier de lapin.

Une expérience consistant à poser des nichoirs, dans certaines forêts françaises, pourrait freiner sa régression.

Habitat[modifier | modifier le code]

Milieux forestiers riches en vieux arbres et espaces ouverts à végétation basse.
Milieux de substitution : vieux parcs, bocage, vieilles haies vives, vieux vergers, allées boisées et parfois en ville (Paris, Dijon ou Lyon abritent des colombins nicheurs), toujours en dessous de 1500 m d'altitude.

Nourriture[modifier | modifier le code]

Feuilles, plantules, graines collectées au sol.

Reproduction[modifier | modifier le code]

Œuf de Pigeon colombin - Muséum de Toulouse

C'est un cavernicole forestier nichant théoriquement dans les trous des vieux arbres.
Il s'est montré localement capable de coloniser des sites rupestres, des carrières, voire parfois des terriers de lapins [1]

Migration[modifier | modifier le code]

Sa migration prénuptiale est plus diffuse et plus discrète que celle du pigeon ramier avec lequel il est souvent confondu. En France, pays critique en raison d'un effondrement des populations, il est partiellement sédentaire. Pour les migrateurs, la migration commence aux environs du 15 février (50 % des oiseaux ont été observés le 5 mars et 99 % le 4 avril)[2]. La période proposée par le rapport « Ornis » (2001) est la 3e décade de février, date retenue par l’Observatoire national de la faune sauvage et de ses habitats comme début de la migration prénuptiale.

État des populations[modifier | modifier le code]

Ce pigeon, vu de dos ou de loin est facilement confondu avec le pigeon ramier, à la chasse notamment, et dans les statistiques cynégétiques.

Non menacé en Europe, il est en forte régression en France depuis 30 ans au moins[3], où il est "à surveiller", semble-t-il parce que son habitat l'est aussi, et en raison de la chasse ; plus de 50 000 pigeons colombins seraient tués par les chasseurs annuellement en France, rien que dans le sud-ouest (pour un effectif nicheur estimé à 1000 à 10 000 couples pour toute la France, par Yeatman en 1976)[4]. Il est en fort déclin dans ce pays (- 57 % en 1976) bien que considéré comme non menacé au niveau européen (où il est néanmoins classé en annexe 2 de la Directive oiseaux et en annexe III de la Convention de Berne[5]) et alors que le nombre d'hivernants serait de 100 000 à 200 000 colombins en France[6].
Les nicheurs semblent avoir disparu du Sud-Ouest du pays. Et moins de 10 % de l'effectif nicheur européen y est représenté, alors que plus de 10 % des hivernants y sont présents[4].
Une expérience consistant à poser des nichoirs, dans certaines forêts a pour objet d'y freiner sa régression, mais il ne bénéficie pas en France de mesure de protection ni de moratoire pour la chasse.
Ses effectifs sont pourtant encore importants et en augmentation au Royaume-Uni et aux Pays-Bas, et ils sont importants et stables en Russie, Allemagne, Espagne, Bélarus et Roumanie. Les effectifs se sont légèrement reconstitués en Belgique, au Danemark et en Irlande. En Espagne les populations migratrices sont en déclin bien plus net que les populations sédentaires[7].

Menaces[modifier | modifier le code]

Outre le recul des vieux arbres creux et de ses habitats forestiers, outre les pesticides parfois évoqués, la chasse est une menace importante pour cette espèce qui se laisse plus facilement leurrer et tuer que le pigeon ramier. Dans le sud-ouest de la France (région comptant 110 000 chasseurs et environ 15 000 palombières selon l'ONC), la migration d'automne (de 1981 à 1993) comptait 1,8 % de colombins par rapport aux ramiers[8] mais les colombins constituaient 3 % à 20 % des oiseaux abattus. 50 000 à 100 000 colombins sont tués annuellement à la chasse (selon l'ONC, 1986).

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Charles Tombal, Atlas des oiseaux nicheurs du Nord/Pas de Calais, GONN
  2. Source : données rassemblées de 1984 à 1993 par la FRAPNA et le CORA au col de l’Escrinet (Ardèche), Zénoni, 2001
  3. Elosegui, 1985
  4. a et b oiseaux menacés et surveillés en France, LPO, 598 p., ISBN 2-9506548-7-8
  5. http://www.mnhn.fr/mnhn/crbpo/r%E9sultats_etat_populations.htm ÉTAT DE SANTÉ DES POPULATIONS D’OISEAUX NICHEURS EN FRANCE DE 1989 À 2001 (état zéro du programme STOC)
  6. Yeatman-Berthelot, 1991, Enquête Atlas)
  7. Tucker & Heath, 1994
  8. A Jean, Inédit in Oiseaux menacés et surveillés en France, LPO, 598 p, ISBN 2-9506548-7-8

Liens externes[modifier | modifier le code]

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