Entremont (Haute-Savoie)

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Entremont
Image illustrative de l'article Entremont (Haute-Savoie)
Blason de Entremont
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Rhône-Alpes
Département Haute-Savoie
Arrondissement Bonneville
Canton Faverges
Intercommunalité CC des Vallées de Thônes
Maire
Mandat
Christophe Fournier
2014-2020
Code postal 74130
Code commune 74110
Démographie
Gentilé Entremontains ou Entremoyens
Population
municipale
628 hab. (2012)
Densité 32 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 57′ 27″ N 6° 23′ 23″ E / 45.9575, 6.3897222222245° 57′ 27″ Nord 6° 23′ 23″ Est / 45.9575, 6.38972222222  
Altitude Min. 755 m – Max. 2 023 m
Superficie 19,70 km2
Localisation

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Liens
Site web entremont-village.com

Entremont est une commune française, située dans le département de la Haute-Savoie en région Rhône-Alpes.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Vue depuis les chalets d'Auges (Plateau des Glières) sur la vallée du Borne et d'Entremont, au second plan la chaîne des Aravis et en arrière-plan le Mont-Blanc.
Vue depuis les chalets d'Auges (Plateau des Glières) sur la vallée du Borne et d'Entremont, au second plan la chaîne des Aravis et en arrière-plan le Mont-Blanc.


Le village d'Entremont se situe dans une combe du Petit-Bornand - Entremont, fermée aux extrémités par les gorges des Évaux et des Étroits[1],[2]. Cette combe est parcourue par le Borne, affluent de l'Arve[3].

Les villages, lieux-dits ou hameaux sont La Joux, Le Beauregard, les Buis, les Cars, la Cellaz, le Chambaudian, les Charbonnières, Chef-lieu, les Côtes, le Crot au Loup, les Denets, l'Envers, l'Envers du Regard, Epinette, l'Epotet, les Granges Neuves, les Gras, Lachat, L'Ile, Longeais, Lortier, Malatrait, Malvoisin, Montessuit, la Mouille, Norcière, la Pesse, les Plains, le Plan Dessus, le Pont Nord, le Pont Sud, le Pré aux donnes, les Raffours, le Raty, la Rivière, Sur la place, Sur les chars, les Taillis.


Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Historiquement et géographiquement, la commune appartient au Genevois, mais elle a été rattachée en 1807 à l'arrondissement de Bonneville et au canton homonyme (Province du Faucigny)[1]. La commune limitrophe dans le canton de Bonneville est Le Petit Bornand-les-Glières. Quant à celles dans le canton de Thônes, ce sont Le Grand Bornand, Saint-Jean-de-Sixt, Les Villards-sur-Thônes, Thônes, La Balme-de-Thuy. Et enfin dans le canton de Thorens-Glières, Entremont est limitrophe avec la commune de Thorens-Glières.

Géologie[modifier | modifier le code]

Les" Rochers des Traversiers" .


Le point culminant de la commune se situe dans la barre des « Rochers des Traversiers » qui ferme la vallée du Borne dans un axe Est-Ouest déterminant le passage des « Etroits » et fait partie du Mont Lachat. Cette « barre » culmine de 2028 m (Croix de Lachat) à 1863 m (le Suet)[4]



Contrairement aux roches cristallines du Mont-Blanc, les roches du massif des Bornes sont constituées de matériaux sédimentés dans d'anciennes mers.

Pour se transformer en roches, les dépôts ont subi une évolution complexe par déshydratation. Au cours de ce processus de plusieurs milliers d'années, la plupart des organismes ont disparu. Mais certaines parties dures (telles les coquilles) peuvent être visibles sous forme de fossiles.

Les calcaires urgoniens des géologues renferment une association de fossiles comprenant des coraux, des éponges, des bivalves, des gastéropodes et des oursins bien visibles.

Les lapiaz, sculptures rocheuses naturelles, résultent d'une intense dissolution superficielle du calcaire et constituent autant de « pièges » pour les eaux de pluie et de fonte des neiges qui sont rapidement absorbées par les innombrables fissures. De ce fait le paysage offre l'image d'un lieu aride sans cours d'eau superficiels.

Par contre sous les lapiés, les importantes quantités d'eau forment au sein de la masse calcaire de véritables rivières souterraines qui émergent dans la vallée du Borne sous forme de « Nants ».

En outre, sur "Glières", il est possible d'observer des phénomènes témoignant de l'existence d'anciens glaciers qui modelaient le paysage il y a entre 10 et 20 000 ans. Le site d'Ablon renferme un énorme bloc erratique d'environ 12 tonnes, perché sur un socle au beau milieu de l'alpage.

Hydrologie[modifier | modifier le code]

La commune est traversée par la rivière le Borne. Elle fait partie du bassin versant de l'Arve. Le Borne prend sa source au pied de la Pointe Percée, point culminant de la chaîne des Aravis (2 750 m), dans le névé, vers le lieu-dit « Planet » (1 666 m). Il est long de 33 6 km. Sa pente moyenne est d'environ 3,80 % ou 2,17° C.

Sa confluence avec l'Arve se fait en aval de Bonneville. Son débit moyen est de 310 m³/s à Saint-Jean-de-Sixt, son régime est nival. Après deux barrages (Beffay - St-Pierre) au "pont du borne" le débit n'atteint que 3 m3/s. Les étiages en ce lieu n'atteignent que 0,08 m³/s.

Cette rivière connait deux étiages, celui d’hiver et celui d’été. La complexité du réseau souterrain dû à la structure des lapiés et calcaires d’altitude explique la multiplicité des « affluents ».

Ce "paisible" torrent à la fois bucolique et sauvage cache des effets dévastateurs. Le 14 juillet 1987 de violents orages saturèrent son lit supérieur faisant dévaler un torrent furieux, provoquant d'importants dégâts : Aux « Etroits » 700 m de route furent emportés ainsi qu’au lieu dit « les Plains », une passerelle et le pont du hameau de « la Rivière » furent emportés, une scierie et une remise subirent le même sort. Sur la commune voisine du Grand-Bornand, on dénombra 21 morts et deux disparus.

Entremont disperse ses alpages, ses forêts et ses hameaux de part et d'autre de la rivière qui réglait toute la vie de la vallée.

Les affluents (torrents, "nants", rus ou ruisselets) au niveau de la commune sont, sur la rive droite: la Forclaz, la Pesse (grossie de la Lanche au chien et de la Lanche), le ru du Pont de la Cellaz, du Grand Nant (grossi du ru Planelay, la Chavanne, Chaudent, la Persive se jetant dans les Combets.

Sur la rive gauche: Le Grand nant de la Frasse, les rus de la Frasse, la petite Frasse, de la Forêt, le « ravin des Charbonnières », le Platon, Mouilleronde et l’Envers, Lenglet, la Grande-Haie, l’Ovéran (affluent principal), Malatrée, Cuvaloup, les Frasses, Chopage, de l’essert de Mollient, du Grand-Essert, des Vorziers.

Une partie du Borne sert de réserve de pêche du pont de la scierie Rochet, lieu dit « Le Villaret » (Saint-Jean-de-Sixt) à l’aval du ruisseau de la Forclaz (Entremont). Les « nants » se terminent souvent en cascade compte tenu de la forte déclivité. Ces nants étaient particulièrement importants pour l'industrie forestière (notamment dans les hameaux du Pont, de La Rivière, des charbonnières), céréalière (au Pont, La Rivière, Les Charbonnières), pour les " battoirs de chanvre" (au Pont) et une forge à La Rivière, jusque 1913.

Avant de couler au fond de la vallée, les eaux de pluie et de fonte des neiges suivent un long parcours. Le calcaire est sensible aux acides que contiennent les eaux en faible quantité. Cette dissolution est extrêmement lente, mais elle s'exerce depuis des millions d'années. Les sommets et falaises qui dominent Entremont cachent donc un réseau complexe de galeries naturelles dans lesquelles l'eau circule, parfois sous pression.

Bien que recevant prés de 2 000 mm d'eau par an (contre 1 200 mm à Annecy et 900 mm à Genève dans la plaine), les reliefs apparaissent arides. Par contre, sous les lapiés, d'importantes quantités d'eau forment de véritables cours d'eau souterrains qui émergent dans les vallées souvent sous forme de cascades. Les eaux infiltrées se concentrent à cause des plis et fractures qui orientent les écoulements grâce aux roches imperméables qui sont situées à la base des calcaires solubles. Le réseau souterrain de la Diau, par exemple, avec plus de 25 km de galeries étagées sur un dénivelé de 700 m constitue une des grandes cavités de France.

Actuellement, quatre gouffres permettent aux spéléologues d'effectuer des traversées intégrales depuis la surface des lapiés du plateau "Parmelan-Glières" jusqu'à la sortie par le vaste porche de la grotte de la Diau.

La plus importante de ces rivières souterraines, celle de Morette, drainant la Combe d'Ablon, la montagne de Tête Ronde et la plus grande partie du Plateau des Glières, reste à découvrir.

Climat[modifier | modifier le code]

La situation d'Entremont, d'une altitude médiane de 1 387 m, place la commune dans un milieu continental montagnard caractérisé par une humidité marquée[5]. Les hivers sont plus froids et neigeux, et la saison estivale douce avec parfois des épisodes orageux. Les intersaisons (avril et octobre) sont aussi en moyenne plus humides.

L'amplitude thermique est proche de celle observée pour la ville d'Annecy, 20,7 °C[5].

Faune[modifier | modifier le code]

Les animaux sauvages sont nombreux dans les montagnes environnantes et les différents alpages.

Le randonneur peut facilement découvrir le chamois aux cornes fines en crochets qui doit trouver suffisamment d'affleurements rocheux pour user ses sabots.

Le bouquetin, peu farouche, se laisse facilement approcher. Le mâle possède des cornes très développées (environ 1m), sa compagne est coiffée de cornes de 30 cm. Les bouquetins se déplacent dans les endroits les plus escarpés.

En hiver, dans la neige il est facile de repérer la présence du Blanchot (dit "lièvre variable"), sa trace est caractéristique, elle est composée de quatre empreintes distinctes. Ce lièvre, à l'activité plutôt nocturne, mue en automne son pelage de marron en blanc, et, à partir de mai redevient marron uniforme.

Des ongulés sauvages fréquentent forêts et alpages: le chevreuil, reconnaissable à l'absence de queue, à une tache blanche au postérieur, aux bois ramifiés pour les mâles; le cerf coiffé de bois aux grandes dimensions qui permettent de définir son âge. On dit ": un six cors, un huit cors…….."

Le sanglier, très farouche, franchit routes et champs ne regardant que devant lui. Un autre indice de sa présence s'observe dans des creux de terre humide, les "souilles", dans lesquelles il s'est vautré.

La marmotte, animal révéré, siffle tout l'été dans les alpages et même les "jardins" situés vers 1 200 m.

Enfin, la présence du loup attestée depuis 2000, pose de nombreux problèmes à l'économie agropastorale. En 2009, un loup est abattu légalement sur la commune.

Les randonneurs faisant une pause "casse-croûte" pourront voir s'approcher une bande d'oiseaux espiègles et quelque peu chapardeurs, le chocard à bec jaune et aux pattes rouges (appelés à tort : "Choucas" par la population des Bornes.)

L'aigle royal et son vol majestueux glisse et plane avec de rares battements d'ailes, il est le champion de l'utilisation des "thermiques ascendantes". Longtemps, ce fut le plus grand rapace de l'Alpe, mais depuis une vingtaine d'années il est détrôné par le Gypaète barbu réintroduit grâce à la LPO (Ligue pour la protection des oiseaux). Son envergure peut atteindre 2,75 m, il est charognard et se nourrit d'os, aussi vole-t-il souvent très prés du relief à la recherche de cadavres d'animaux. Ses ailes sont sombres, le ventre de l'adulte est jaunâtre orangé et rouille à la poitrine.

D'autres rapaces sillonnent le ciel: le faucon pèlerin, aux ailes pointues et au vol rapide coupé de longues planées; l'autour des palombes qui chasse en rasant le sol; le grand-duc qui, lui, chasse à l'aube et au crépuscule; la chouette de Tengmalm, très difficile à voir.

En "frontière" de l'alpe et de la forêt on rencontrera un oiseau au plumage luisant noir bleuté, la queue en forme de lyre: le tétras-lyre ou petit coq de bruyère. La femelle présente un plumage brun et strié et une queue légèrement fourchue.

"Le borne" abrite principalement la truite fario et la truite arc-en-ciel.

Flore[modifier | modifier le code]

La répartition du territoire entremontain se décline ainsi:

  • Alpages : 113,94 ha (soit : 6,35% du territoire).
  • Alpages hors zones forestières : 252,99 ha (soit 14,10% du territoire).
  • Forêts publiques : 379,17 ha (soit 21,13% du territoire).
  • Forêts privées : 662,39 ha (soit 36,91% du territoire).
  • Autres : 385,97 ha (soit 21,51% du territoire).

La forêt représente : 1041,56 ha (soit 58,04% du territoire), l’espace rural total représente : 1794,46 ha[6].

Les prairies d'alpage[modifier | modifier le code]

Elles constituent avec la pessière (forêt d'épicéas) les deux éléments dominant du paysage végétal de la vallée.

Après la "fonte" et avant la pousse des graminées, on trouve la jonquille (ou faux narcisse), le crocus, la soldanelle des Alpes de la même famille que la primevère, la pulsatille des Alpes.

Durant l'été, ces pâturages nous offrent la grande astrance, la doronic (marguerite jaune), la grande gentiane jaune, aux feuilles opposées ( à ne pas confondre avec le vératre, aux feuilles alternées), le lys martagon (rare et fragile).

L'automne voit fleurir le colchique, la gentiane ciliée et la gentiane jaune. Dans les secteurs humides, telle la tourbière de "Glières", le promeneur rencontre le trolle d'Europe dit "Trolle des Alpes" et les sphaignes qui forment un tapis mousseux et élastique gorgé d'eau. La linaigrette ou "herbes à coton" ainsi nommées pour leur houppe cotonneuse.

Les hêtraies ou les pessières[modifier | modifier le code]

La hêtraie forme la base des pentes d'éboulis des versants humides sous les grands escarpements calcaires. Les hêtraies "pures" sont rares. Plus souvent les hêtres (ou fayards) constituent avec les sapins (sapin rouge ou épicéa et sapin blanc ou (sapin pectiné) et les mélèzes des forêts mixtes.

Le sous-bois est souvent luxuriant du fait de l'humidité et de la richesse du sol, fougères et champignons colonisent cet espace. Localement, lorsque l'épaisseur d'humus est suffisante la myrtille commune se développe en peuplement dense.

L'épicéa domine, car moins exigeant et poussant plus rapidement que le sapin blanc. Le premier se reconnaît à son tronc verruqueux rougeâtre, ses cônes pendants, ses aiguilles piquantes implantées autour du rameau.

Le sapin pectiné diffère par son tronc plus lisse, grisâtre, ses branches relevées, ses cônes dressés et ses aiguilles non piquantes avec deux sillons blanchâtres dessous et disposées à plat.

L'Alpe[modifier | modifier le code]

Ces pelouses se développent vers 1 500 m. Les plantes de plus de 30 cm ne se maintiennent que dans les secteurs abrités. Cette "pelouse alpine" est la zone de transition où progresse la forêt. Cet espace est utilisé pour le pâturage des génisses.

Plus haut, les herbacées ne conviennent qu'aux seuls moutons qui y côtoient le chamois et les bouquetins. Dans les fentes des lapiaz, se nichent en mai-juin l' oreille d'ours ou (primevére auriculée) aux fleurs jaunes, ainsi que la caractéristique saxifrage (le perce pierre).

Sur les escarpements rocheux, les pinèdes forment des forêts clairsemées. Le sol de ces pinèdes est presque absent, il est établi sur des roches calcaires solubles d'une grande pureté. Très exigeant en lumière, le pin à crochets (pin de montagne) est la seule essence rustique qui résiste dans ces sites battus par les vents et pauvres en eau. Dans les lieux ventés le pin se développe mal verticalement et adopte une croissance basse et horizontale.

La bruyère, les coussins de genévrier y croissent, tandis que dans les creux les plus ombragés et au manteau neigeux persistant les rhododendrons offrent leur splendeur.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Il semblerait que la commune tienne son nom de sa situation topographique, dans une combe[1][7],[8]. Blotti entre le massif des Aravis et celui des Bornes, le village est situé sur le penchant inférieur de la "montagne des Auges" (1822 m). Le village ou l'abbaye sont mentionnés sous les formes « Intramontis » ou « Intermontium », entre les monts donc, qui ont donné « Inter montes » (1154) et « Entremonz » (1275), « de encombra monte » (1301), ou encore « abbas de Intermontium » (v. 1344)[7],[8].

Les habitants d'Entremont sont appelés les Entremontains, Entremontaines[9]. On trouve également parfois la forme Entremoyens, Entremoyennes.

Histoire[modifier | modifier le code]

Vers 1050, la combe possède un habitat dispersé et une très faible densité[1]. Des chanoines originaires d'Abondance s'installent, menés par Burcard[1],[10]. En 1054, le prieuré évolue en abbaye sous le vocable « Abbas de Intermontium », grâce à Burcard, devenu entre-temps abbé d'Abondance, et par le don de terres du comte de Genève, avec qui il serait parent[1],[10]. Cependant, un siècle plus tard, l'abbaye est peu dynamique[1].

Au XIIIe siècle, l'abbaye est placée sous la Congrégation de Saint-Ruph[1],[10]. Les abbés proviennent de 1395 à 1462 aux membres de la famille de Verboux[1].

Une église primitive est supposée dès le XIIe siècle[11]. L'église de l'abbaye, placée sous le patronage de Notre-Dame de l'Assomption est remaniée au XVe siècle[11]. L'abbé Marc-Antoine Granery, en 1680, effectue des travaux de restauration de l'édifice. L'église fait l'objet d'un pèlerinage important en lien avec la possession de reliques de plus d'une dizaine de saints enchâssés dans une statue de la Vierge. De nombreux pèlerins s'y rendent auprès d'eux entre le 15 août et le 8 septembre[12],[13]. Par ailleurs, l'abbaye dit posséder « ampoule du lait de la Vierge », celle-ci sera vénérée par les femmes de la vallée qui venaient prier « Notre Dame de tous les seins »[14]. L'église portera ainsi le nom de Notre-Dame-de-Tous-les-Saints[12]. Les religieux quittent définitivement le village à la fin du XVIIIe siècle.

Lors de l'Annexion de la Savoie à la France en 1860, la commune fut intégrée dans la grande zone franche, où les produits étaient détaxés. Entremont, situé à la limite de la zone franche, devint vite un haut lieu de la contrebande. Les contrebandiers y passaient pour diffuser leurs produits détaxés vers les habitants du reste du département (Thône et Annecy) par le col de la Forclaz et celui de la Buffaz. L'État français y implanta une douane et y nomma des douaniers chargés de poursuivre les réseaux de contrebandiers. De nombreux commerces prospérèrent grâce à cette douane installée à la sortie du village. Entremont fut donc un haut lieu de la contrebande pendant 63 ans jusqu'à la suppression de la grande zone franche en 1923.

[réf. nécessaire]

Dans la nuit du 9 mars au 10 mars 1944, Tom Morel, chef du maquis du plateau des Glières, décide de mener une opération risquée, contre l'état-major du G.M.R. Aquitaine à Entremont. L'officier de paix Couret, commandant par intérim du G.M.R., n'a pas respecté ses engagements à l'égard de la Résistance et son chef, le commandant Lefèbvre, arrivé le 7 mars, a refusé toute discussion avec le maquis. Plus d'une centaine d'hommes participent à l'opération. Un des groupes, commandé directement par Tom Morel, réussit à prendre l'hôtel de France, siège de l'état-major des GMR. Les maquisards désarment leurs prisonniers, mais le commandant Lefèbvre brandit un petit revolver qu'il avait dissimulé et tire à bout portant sur Tom Morel qui s'effondre, tué sur le coup d'une balle en plein cœur. Lefèbvre est immédiatement abattu d'une rafale. Le corps du lieutenant Tom Morel est remonté sur le plateau des Glières où il est enterré le 13 mars après une émouvante cérémonie religieuse[15].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Situation administrative[modifier | modifier le code]

Attaché à l'ancien Bonneville, la commune appartient depuis le redécoupage cantonal de 2014, au canton de Faverges. Il comporte 27 communes dont Alex, Bluffy, La Balme-de-Thuy, Chevaline, Le Bouchet-Mont-Charvin, Les Clefs, Cons-Sainte-Colombe, La Clusaz, Doussard, Dingy-Saint-Clair, Giez, Le Grand-Bornand, Lathuile, Manigod, Marlens, Menthon-Saint-Bernard, Montmin, Saint-Ferréol, Saint-Jean-de-Sixt, Serraval, Seythenex, Talloires, Thônes, Veyrier-du-Lac, Les Villards-sur-Thônes. La ville de Faverges en est le bureau centralisateur[16].

Entremont est membre de la communauté de communes des vallées de Thônes qui compte treize communes.

La commune relève de l'Arrondissement d'Annecy et de la Deuxième circonscription de la Haute-Savoie, dont le député est Lionel Tardy depuis les élections de 2012[17].

Administration municipale[modifier | modifier le code]

Le nombre d'habitants au dernier recensement étant compris entre 500 et 1 499, le nombre de membres du conseil municipal est de 15[18].

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 mars 2014 Gilles Maistre Les Verts ...
mars 2014 en cours Christophe Fournier   ...
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2012, la commune comptait 628 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1822 1838 1848 1858 1861 1866
675 560 641 702 882 818 573 540 571
1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911
612 642 646 652 668 595 589 612 604
1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
521 449 478 465 429 383 325 313 286
1982 1990 1999 2004 2006 2009 2012 - -
288 346 462 533 545 619 628 - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[19] puis Insee à partir de 2004[20].)
Histogramme de l'évolution démographique


Économie[modifier | modifier le code]

En 2014, la capacité d'accueil du village, estimée par l'organisme Savoie Mont Blanc, est de 1 121 lits touristiques répartis dans 182 établissements[Note 3]. Il y avait 1 152 lits en 1995[22]. Les hébergements marchands se répartissent comme suit : 18 meublés ; 2 centres ou villages de vacances/maison familiale ; 2 refuges ou gîtes d'étape et une chambre d'hôtes[21],[M 1].

Évènements[modifier | modifier le code]

  • 16 mai 2009, 17 brebis sont tuées et 3 autres blessées, lors de l'attaque d'un loup, à proximité d'habitations, dans un parc grillagé.

Personnages liés à la commune[modifier | modifier le code]

Ceux-ci n'ont que séjourné à Entremont. L'histoire de la commune est liée à leur passage.

Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'église et ses fresques murales
Chalets sur le plateau d'Auges
Vue depuis le plateau d'Auges sur la vallée du Borne et d'Entremont en contrebas, au second plan la chaîne des Aravis et en arrière-plan le Mont-Blanc

La commune ne compte aucun monument répertorié à l'inventaire des monuments historiques[23] ou à l'inventaire général du patrimoine culturel[24]. Toutefois, la commune ne compte dix-neuf objets répertoriés à l'inventaire des monuments historiques[25] mais aucun à l'inventaire général du patrimoine culturel[26].

Patrimoine religieux[modifier | modifier le code]

Patrimoine civil[modifier | modifier le code]

  • Stèle Tom Morel, homme militaire et résistant. Chef du maquis des Glières
  • Hôtel de France, plaque commémorative
  • Hameau du Regard, habitat traditionnel
  • Plateau des Auges, habitat d'alpages
  • L'ancienne douane, encore bien visible

Points de vue[modifier | modifier le code]

  • Plateau des Auges
  • Col de Buffaz
  • Calvaire, route du Regard
  • Montessuit

Musées et expositions[modifier | modifier le code]

  • Maison de la Nature
  • Le Prieuré et le trésor de l'abbaye

Héraldique[modifier | modifier le code]

blason

Les Armes d'Entremont se blasonnent ainsi :

D'azur ; à la fasce accompagnée en chef de trois tours et en pointe de trois épis de blé arrachés, le tout d'or[M 2].

La commune a choisi d'être représentée par les armes d'un de ses plus illustres habitants, l'abbé Marc Antoine de Granery. Le blason est surmonté de la couronne de Comte, de la crosse et de la mitre, empoigné de la devise : ut seres metes, « Comme tu sèmes, tu récoltes »[M 3].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens vers les sites communaux[modifier | modifier le code]

Liens vers le site de l'Insee[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et aux années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.
  3. La structure Savoie Mont Blanc, dans ces données statistiques de capacités d'accueil en termes de lits touristiques d'une station ou d'une commune, additionne les établissements marchands, qui appartiennent au secteur de l'hôtellerie, et les hébergements non marchands, qui n'implique donc pas de transaction commerciale comme les résidences secondaires[21].

Références[modifier | modifier le code]

Sources communales[modifier | modifier le code]

  • Site de la mairie
  1. « Hébergements » (consulté le 25 février 2015).
  2. « D'où vient notre blason ? », sur entremont-patrimoine.fr (consulté le 1er mars 2015).
  3. « Splendeur et fin de l’abbaye », sur entremont-patrimoine.fr (consulté le 1er mars 2015).

Site de l'Insee[modifier | modifier le code]

Autres sources[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h et i Faucigny 1980, p. 60.
  2. Paul Guichonnet, Nouvelle encyclopédie de la Haute-Savoie : Hier et aujourd'hui, La Fontaine de Siloé,‎ 2007, 399 p. (ISBN 978-2-8420-6374-0), p. 83.
  3. Paul Mougin, Les torrents de la Savoie, La Fontaine de Siloé,‎ 1914, Réédité en 2001, 1251 p. (ISBN 978-2-84206-174-6), p. 467.
  4. carte IGN 3430 ET.
  5. a et b [PDF] Ministère de l'agriculture et de la forêt - Direction de l'espace rural et de la forêt, « Section « 1.2.2. - Climat » », Département de la Haute-Savoie - Résultats du deuxième inventaire forestier (tome 1), sur inventaire-forestier.ign.fr,‎ 1987 (consulté en décembre 2014), p. 4.
  6. Commune d'Entremont - ONF, Présentation Synthétique de l'Aménagement de la Forêt - 2014-2033
  7. a et b Chanoine Adolphe Gros, Dictionnaire étymologique des noms de lieu de la Savoie, La Fontaine de Siloé (réimpr. 2004) (1re éd. 1935), 519 p. (ISBN 978-2-84206-268-2), p. 174, Article « Entremont ».
  8. a et b Henry Suter, « Entremont », sur le site d'Henry Suter, « Noms de lieux de Suisse romande, Savoie et environs » - henrysuter.ch,‎ 2000-2009 (mis à jour le 18 décembre 2009) (consulté en novembre 2014).
  9. « Entremont », sur le site de mutualisation des Archives départementales de la Savoie et de la Haute-Savoie - sabaudia.org (consulté en novembre 2014), Ressources - Les communes.
  10. a, b, c et d Paul Guichonnet, Nouvelle encyclopédie de la Haute-Savoie : Hier et aujourd'hui, La Fontaine de Siloé,‎ 2007, 399 p. (ISBN 978-2-8420-6374-0), p. 147.
  11. a et b Faucigny 1980, p. 61-63, section « L'église ».
  12. a et b Jean-Philippe Buord, Les Mystères de la Haute-Savoie, Éditions de Borée,‎ 2005, 349 p. (ISBN 978-2-8449-4300-2), p. 172-173.
  13. Michel Germain et Gilbert Jond, Le Faucigny autrefois, La Fontaine de Siloé,‎ 1995, 203 p. (ISBN 978-2-8420-6017-6), p. 80.
  14. Anne-Marie Loyrette et Richard-Alain Jean, La mère, l'enfant et le lait en Égypte ancienne : traditions médico-religieuses : une étude de sénologie égyptienne, textes médicaux des Papyrus Ramesseum nos III et IV, Éditions L'Harmattan,‎ 2010, 516 p. (ISBN 978-2-2961-3096-8), p. 223.
  15. Faucigny 1980, p. 63.
  16. « Décret no 2014-185 du 18 février 2014 portant délimitation des cantons dans le département de la Haute-Savoie », Légifrance,‎ 21 février 2014 (consulté en août 2014).
  17. « Résultats des élections législatives de 2012 : Haute-Savoie (74) - Deuxième circonscription (résultats officiels) », sur le site du ministère de l'Intérieur (consulté en août 2014).
  18. art L. 2121-2 du code général des collectivités territoriales.
  19. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  20. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2004, 2006, 2009, 2012
  21. a et b « La capacité d'accueil touristique en Savoie-Mont-Blanc », Observatoire, sur le site Savoie-Mont-Blanc - pro.savoie-mont-blanc.com,‎ 19 décembre 2014 (consulté en janvier 2015) : « Les données détaillées par commune, et par station : nombre de structures, nombre de lits par type d'hébergements (fichier : Détail des capacités 2014, .xlsx) ».
  22. [PDF] Conseil général de la Haute-Savoie - L'Observatoire Départemental, « Entremont : Nombre de lits touristiques », Accueil > Le territoire > Données statistiques départementales > Liste résultats > Faverges, sur site du CG 74 - L'Observatoire Départemental,‎ 2013 (consulté le 22 février 2015) : « Source : Savoie Mont Blanc Tourisme ».
  23. « Liste des monuments historiques de la commune d'Entremont », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  24. « Liste des lieux et monuments de la commune d'Entremont à l'inventaire général du patrimoine culturel », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  25. « Liste des objets historiques de la commune d'Entremont », base Palissy, ministère français de la Culture.
  26. « Liste des objets de la commune d'Entremont à l'inventaire général du patrimoine culturel », base Palissy, ministère français de la Culture.