Vincent de Moro-Giafferri

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Vincent de Moro-Giafferri
Image illustrative de l'article Vincent de Moro-Giafferri
Fonctions
Parlementaire français
Député de Paris
19461956
Gouvernement IVe République
Groupe politique RRRS
Parlementaire français
Député de la Corse
19191928
Gouvernement IIIe République
Groupe politique PRS
Biographie
Date de naissance 10 juillet 1878
Date de décès 15 février 1956 (à 77 ans)
Résidence Seine puis Corse

Vincent de Moro-Giafferri, né le 6 juin 1878 à Paris et mort le 22 novembre 1956 au Mans, est un avocat et homme politique français, considéré comme l'un des plus grands avocats français[réf. nécessaire].

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines familiales et formation[modifier | modifier le code]

Xavier Étienne Eugène de Moro-Giafferri, issu d'une famille originaire du village corse de Brando, est le fils d'Ours (Orso) Joseph Giafferi (di u Moro, « du Maure »[1]), employé des chemins de fer. Né dans le quartier de Montmartre (18e arrondissement), il y reste avec ses tantes quand son père repart en Corse en 1883[2].

Il fait ses études secondaires au collège Rollin, puis dans un collège religieux de Senlis, enfin au lycée Louis-le-Grand puis étudie le droit à la Sorbonne. Il est alors proche des milieux bonapartistes.

Débuts de carrière[modifier | modifier le code]

Il devient avocat à l'âge de 20 ans, puis pendant quatre ans pratique l'assistance judiciaire[3]

Il appelle à la création de « la ligue pour la défense des petits criminels, pour les voleurs à la tire, les cambrioleurs plus ou moins invétérés, les assassins maladroits et solitaires... ». Outre son talent oratoire et littéraire, il se fait connaître pour sa défense des déshérités.

En 1913, il participe au procès de la bande à Bonnot, défendant Eugène Dieudonné (1884-1944), qui est condamné à mort, puis gracié et envoyé au bagne.

Mobilisé comme auxiliaire, il se porte volontaire pour aller sur le front et participe en 1916 à la bataille de Verdun, puis aux opérations autour de Salonique ; il termine la guerre avec le grade de capitaine d'infanterie[3].

L'entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Les années 1920

Il est élu député de la Corse pour le Parti républicain-socialiste en 1919 et président du Conseil général en 1920.

Peu après la guerre, il plaide de grandes affaires, notamment celle de Landru (1869-1922) et participe à celle de Joseph Caillaux (1863-1944), accusé de trahison pendant la guerre.

Réélu en 1924, il est nommé sous-secrétaire d'État à l'Enseignement technique du 14 juin 1924 au 16 avril 1925 dans le Gouvernement Édouard Herriot (1) (Cartel des Gauches).

Battu en 1928, il participe à la mise en place de l'Association juridique internationale, devenant membre du Comité d'honneur de cette association.

Les années 1930 et le problème de l'Allemagne nazie

En 1933, il envisage de participer à la défense du communiste bulgare Georgi Mikhailov Dimitrov, impliqué par les nazis dans l'incendie du Reichstag de février 1933. Mais il est récusé du fait qu'il ne connaît pas l'allemand. Il organise une sorte de procès parallèle à Paris, s'en prenant directement à Hermann Göring.

Avec le soutien de plusieurs organisations, dont la LICA de Bernard Lecache, Moro-Giafferi est le principal avocat d'Herschel Grynszpan, qui, le 7 novembre 1938, a abattu Ernst vom Rath, conseiller de l'ambassade d'Allemagne.

Il est aussi l'avocat du tueur en série allemand Eugène Weidmann (1908-1939), arrêté en décembre 1937 et jugé en mars 1939, le dernier condamné à mort exécuté en place publique en France.

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

L'affaire Grynszpan (1939-1942)

Le procès, prévu en septembre 1939, est ajourné du fait de la déclaration de guerre, étant donné que (selon les autorités judiciaires), la partie civile étant allemande, la justice ne pourrait pas être rendue en toute sérénité.

En juin 1940, se sentant menacé par l'arrivée de l'armée allemande à Paris[4], Moro-Giafferi se réfugie dans le sud de la France (en zone non occupée), puis en Corse, libérée dès 1943.

Grynszpan, n'ayant pas pu obtenir d'élargissement, est livré aux Allemands en juillet 1940. Il mourra dans des conditions mal précisées au cours de la guerre, probablement à Sachsenhausen.

En 1942, paraît le livre L'Affaire Grynspan[5] (sic), écrit par le juriste nazi Friedrich Grimm sous le pseudonyme de « Pierre Dumoulin », dans lequel Moro-Giafferi est fréquemment cité, de façon défavorable, aux côtés de Bernard Lecache et d'autres personnalités (Campinchi, Herriot, Blum, etc.).

La guerre et l'après-guerre[modifier | modifier le code]

Il est député de Paris sous la Quatrième République pour le Rassemblement des gauches républicaines, de 1946 à 1956.

Hommages[modifier | modifier le code]

La place de Moro-Giafferi dans le 14e arrondissement de Paris prend son nom en 1971.

Au Palais de Justice de Paris, une plaque a été apposée en son honneur.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Assemblée nationale 2
  2. Assemblée nationale 2.
  3. a et b Assemblée nationale 1.
  4. Le SIPO-SD (communément désigné comme « la Gestapo ») a, de façon illégale par rapport aux accords d'armistice, une antenne à Paris dès juin 1940, mais seulement pour des activités de renseignement ; le pouvoir d'arrêter est, à cette époque, réservé à la police militaire (Feldgendarmerie, GFP).
  5. Pierre Dumoulin (Friedrich Grimm), L'Affaire Grynspan , Paris, Jean-Renard éditeur, 1942. Le livre est fondé sur les documents relatifs à l'affaire saisis par les Allemands depuis 1940.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notices
  • Biographie sur le site de l'Assemblée nationale (deux parties
    • 1) notice du dictionnaire Jolly (référence : Assemblée nationale 1)
    • 2) notice du dictionnaire des parlementaires (Documentation française) (référence : Assemblée nationale 2)
  • Article sur le site de l'Accademia Corsa
Livres
  • Dominique Lanzalavi, Vincent de Moro Giafferri, éd. Albiana, 2011
  • Henri Rossi, D'enceintes judiciaires en arènes politiques C'était le grand Moro ou l'éloquence en marche, éd. EGC, 1999