Georgi Mikhailov Dimitrov

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Dimitrov en 1930.
Georgi Mikhailov Dimitrov avec Joseph Staline en 1936.

Georgi Mikhailov Dimitrov (Георги Димитров), né le 18 juin 1882 dans le village de Kovatchevtsi près de Pernik (région minière non loin de Sofia) et mort le 2 juillet 1949 au sanatorium de Barvikha près de Moscou, est un dirigeant communiste bulgare.

Biographie[modifier | modifier le code]

Dimitrov quitte l'école à l'âge de 12 ans pour devenir apprenti typographe[1]. À 20 ans, il adhère au Parti ouvrier social démocrate bulgare (POSDB). L'année suivante ce parti se scinde en deux fractions : une « large » et une « étroite ». Dimitrov opte pour cette dernière, de tendance marxiste radicale. En 1909, Dimitrov est élu au Comité central[1]. Devenu responsable d'un des plus grands syndicats de Bulgarie et remarqué par la police pour sa virulence lors des mouvements de grève, il est arrêté à plusieurs reprises pendant la guerre des Balkans de 1912-1913 sous l'inculpation de « pacifisme »[2]. En 1913, il est élu député et refuse de voter les crédits de guerre[2]. En 1914, il s'oppose à la guerre ce qui lui vaut quelques mois de prison. En 1918, le POSDB « étroit » devient membre du Komitern et prend le nom de Parti communiste bulgare (PCB)[3]. En 1921, au IIIe Congrès du Komintern, il rencontre Lénine à Moscou. En 1922, il est élu au Comité central de l'Internationale syndicale rouge (Profintern)[2].

Entre-deux guerres[modifier | modifier le code]

Révolutionnaire dans l'âme dès l'adolescence, Dimitrov est, avec Vassil Kolarov[3], un des meneurs de l'insurrection communiste de 1923 contre Alexandre Tsankov, responsable du coup d’État militaire du 9 juin 1923. Après l'échec de l'insurrection, le PCB est interdit et décimé par la répression. Dimitrov, condamné à mort par contumace[3], quitte la Bulgarie pour l'Union soviétique d'où il continue la lutte pour la cause communiste.

En 1928, Dimitrov est désigné membre du Bureau ouest-européen du Komintern (WEB) à Berlin[4]. Le 9 mars 1933, il est arrêté en Allemagne alors qu'il voyageait clandestinement, sous le prétexte de complicité dans l'incendie du Reichstag. Il se défend des accusations et réplique en accusant ses accusateurs : ce procès lui vaudra une renommée mondiale, Allemagne comprise. « Il ne reste qu'un homme en Allemagne, disait-on alors, et cet homme est un Bulgare »[5]. Acquitté après une année d'incarcération, il regagne l'URSS, qui lui confère la citoyenneté soviétique. Dimitrov sera Secrétaire général du Komintern de 1934 à sa dissolution en 1943.

Au sein du Komintern, Dimitrov met en place la politique de Front populaire qui prône une alliance des communistes, des socialistes et des démocrates esquissée dès 1934[6]. En 1935, il est aussi responsable de l'étude des questions du Parti communiste chinois[7]. Et, avec Ercoli et Pieck, il est aussi chargé de la direction de la fraction communiste du Profintern[8].

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le 17 juillet 1942, il lance, à la radio soviétique, un appel pour la constitution d’un « Front de la patrie » regroupant tous les opposants à la collaboration de la Bulgarie avec l’Axe. Ce Front regroupera des communistes, des agrariens et des nationalistes anti-allemands, comme Kimon Georgiev.

Carrière politique bulgare[modifier | modifier le code]

Le 4 novembre 1945, il retourne clandestinement après 22 années d'exil[9] sur le territoire du royaume de Bulgarie occupé par l'Armée rouge et prend la direction du Parti communiste bulgare. Il succède à Kimon Georgiev comme Premier ministre en 1946, tout en conservant sa citoyenneté soviétique et en restant secrétaire général du Parti communiste bulgare. La République populaire de Bulgarie est formée, conformément à Yalta et Potsdam qui met fin au régime monarchique collaborationniste existant.

Stalinien, il pratique la dictature du prolétariat : épuration des nazis à la Libération, élimination des opposants par tous les moyens (« procès », déportations, exécutions) et surveillance étroite d'une population rendue craintive[réf. nécessaire].

Il meurt en 1949 au sanatorium de Barvikha, près de Moscou, alors qu'il y suivait un traitement médical. L'accélération soudaine de sa maladie semble suspecte.

Posthume[modifier | modifier le code]

Après sa mort, il est embaumé et un mausolée lui est en urgence édifié au cœur de Sofia.

Le mausolée du leader communiste bulgare est construit en 1949 sur le modèle de celui de Lénine, à Moscou.

Après la chute du communisme en Bulgarie, son corps est enterré en 1990 dans le cimetière central de Sofia, puis le mausolée est détruit en 1999. Le mausolée était un des rares bâtiments en son genre dans le monde, et certains, comme Mme Yossifova, regrettent sa disparition : « Il aurait pu être transformé en musée de l'art socialiste »[10].

Une citation: "Le souvenir de Gueorgui Dimitrov et, d'une manière générale, le souvernir du Neuf septembre 1944 - "l'insurrection populaire" pour les uns, "un coup d'État assisté par l'Armée rouge" pour les autres - tracent la ligne de démarcation qui divise les Bulgares en deux grands groupes qui se comportent presque comme deux ethnies ennemies: bourreaux et victimes, vrais Bulgares et traîtres, communistes et fascistes, patriotes et agents de l'étranger, nous et eux, rouges et bleus (c'est la couleur de l'opposition anticommuniste)..." [11]

Hommage[modifier | modifier le code]

Un chant communiste grec, Μαύρα κοράκια (Mavra Korakia) lui est en partie consacré, décrivant son procès et « son chemin vers la potence ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Mona Foscolo, 2001. Georges Dimitrov et la prise de pouvoir communiste en Bulgarie, page 207.
  2. a, b et c Tatiana Zazerskaïa, 2001. Georges Dimitrov et la France, page 193.
  3. a, b et c Mona Foscolo, 2001. Georges Dimitrov et la prise de pouvoir communiste en Bulgarie, page 208.
  4. Mona Foscolo, 2001. Georges Dimitov et la prise de pouvoir communiste en Bulgarie, page 208. Peter Huber, 1995. L'appareil du Komitern 1926-1935, premier aperçu, page 11.
  5. Hannah Arendt, Eichmann à Jérusalem, page 306 de l'édition Folio, page 338 de l'édition Folio Histoire.
  6. René Gallisot, 1978. Communisme, nationalismes dans le monde arabe, page 34.
  7. Peter Huber, 1995. L'appareil du Komintern 1926-1935, premier aperçu, page 20. Michel Dreyfus, 1988. Le PCF et la lutte pour la paix, du front populaire à la seconde guerre mondiale, page 98.
  8. Peter Huber, 1995. L'appareil du Komintern 1926-1935, premier aperçu, page 21.
  9. Tatiana Zazerskaïa, 2001. Georges Dimitrov et la France, page 203.
  10. 20minutes.fr - monuments-geants-communisme-casse-tete-autorites-bulgares
  11. Liliana Déyanova, 2007. Le journal de Gueorgui Dimitrov et la mémoire post-communiste, in La Bulgarie et l'Europe. Incertitudes et espoirs, page 181.

Liens externes[modifier | modifier le code]