Victor-Amédée II de Savoie

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Victor-Amédée II de Savoie
Portrait de 1706 représentant Victor-Amédée II de Savoie.
Portrait de 1706 représentant Victor-Amédée II de Savoie.
Titre
Duc de Savoie et prince de Piémont
12 juin 16753 septembre 1730
(55 ans, 2 mois et 22 jours)
Prédécesseur Charles-Emmanuel II
Successeur Charles-Emmanuel III
Roi de Sicile
22 septembre 171317 février 1720
(6 ans, 4 mois et 26 jours)
Prédécesseur Philippe IV
Successeur Charles IV
Roi de Sardaigne
17 février 17203 septembre 1730
(10 ans, 6 mois et 17 jours)
Prédécesseur Charles III
Successeur Charles-Emmanuel III
Biographie
Dynastie Maison de Savoie
Nom de naissance Vittorio Amedeo di Savoia
Date de naissance 14 mai 1666
Lieu de naissance Turin
Date de décès 3 octobre 1732 (à 66 ans)
Lieu de décès Moncalieri
Père Charles-Emmanuel II de Savoie
Mère Marie-Jeanne-Baptiste de Savoie
Conjoint Anne-Marie d'Orléans
Enfant(s) Marie Adélaïde
Marie-Anne
Marie-Louise
Victor-Amédée
Charles-Emmanuel III
Emmanuel-Philibert

Victor-Amédée II de Savoie (en italien Vittorio Amedeo II), né à Turin le 14 mai 1666, mort à Moncalieri le 31 octobre 1732, fut prince de Piémont et duc de Savoie de 1675 à 1730, roi de Sicile de 1713 à 1720, puis roi de Sardaigne[1] de 1720 à 1730.

Il était fils de Charles-Emmanuel II, duc de Savoie et prince de Piémont, et de Marie-Jeanne-Baptiste de Savoie, duchesse de Genève et d'Aumale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il succède à son père à l'âge de neuf ans sous la régence de sa mère. Sur de vives pressions du roi de France Louis XIV qui les exigeait sous menace de guerre à ses États, le règne de Victor-Amédée II commence avec les persécutions contre les Vaudois venus de France s'établir en Piémont.

Bien que marié à une nièce de Louis XIV, Victor-Amédée prend part à la Ligue d'Augsbourg contre la France, qui envahit ses États. Battu à la bataille de Staffarda (1690), il envahit le Dauphiné en 1692, mais à nouveau battu à la Marsaille (1693), il doit signer avec Louis XIV une paix séparée en 1696.

Allié de la France au début de la guerre de Succession d'Espagne, il se joint à l'Autriche en 1703 à la demande de l'Empereur, mais la plupart de ses États sont occupés par le duc de Vendôme. Une lettre de Louis XIV à Victor-Amédée atteste de leurs relations tumultueuses : « Monsieur, puisque la religion, l'honneur, l'intérêt, l'alliance et votre propre signature ne sont rien entre nous, j'envoie mon cousin le duc de Vendôme à la tête de mes armées pour vous expliquer mes intentions. Il ne vous laissera que 24 heures pour vous déterminer. » [réf. insuffisante]

En 1706, aidé par son cousin Eugène de Savoie, il détruit l'armée française qui avait mis le siège devant Turin, il libère le Piémont, envahit la France et, en juillet 1707, attaque Toulon, bloqué par les Anglais ; la flotte française se saborde mais, le 23 août, les Savoisiens lèvent leur siège. Une nouvelle défaite fait perdre la Savoie à Victor-Amédée. Momentanément brouillé avec l'Autriche en 1709 à qui il reproche de ne pas l'avoir soutenu contre les Français, il garde sa neutralité jusqu'aux traités d'Utrecht (1713) où il finit par faire libérer son duché de Savoie momentanément occupé par l'armée française, recevant de surcroît une partie du Milanais et le royaume de Sicile, ainsi que la titulature royale. Cette île étant trop éloignée pour qu'il puisse la défendre, il doit l'échanger en 1720 avec l'empereur Charles VI contre le royaume de Sardaigne.

Sous son règne, la Sardaigne connaîtra un gouvernement de type absolu, comme ce fut le cas pour beaucoup de pays d'Europe à cette époque. Victor-Amédée adopte un moment les théories gallicanes développées dans la Déclaration des Quatre articles rédigée par Bossuet en 1682, selon lesquelles le pape n'a qu'une autorité spirituelle et ne peut ni juger les rois, ni les déposer. Cette Déclaration est enseignée dans les séminaires des États de de Savoie jusqu'à leur condamnation par la papauté.

Il abdique en faveur de son fils le 3 septembre 1730[2], se retire au château de Chambéry, puis tente de reprendre la couronne. Son fils Charles-Emmanuel III, qu'il rencontre à Rivoli en 1731, l'assigne à résidence au château de Moncalieri, où il meurt en 1732.

Arts[modifier | modifier le code]

Victor-Amédée II a laissé une empreinte importante dans l'architecture de Turin. En 1714, il recrute l'architecte Filippo Juvarra, à qui l'on doit notamment la construction de la basilique de Superga (achevée en 1731) et celle du pavillon de chasse de Stupinigi (1729 à 1731), ainsi que la façade du palais Madame.

Mariage et enfants[modifier | modifier le code]

Il épouse en premières noces à Chambéry, le 6 mai 1684, Anne-Marie d'Orléans (16661728), fille de Philippe de France, duc d'Orléans et d'Henriette d'Angleterre. Ils ont :

La Famille royale de Savoie en 1697

Veuf en 1728, Victor-Amédée se remarie morganatiquement à Turin le 2 août 1730 avec Anna Canalis di Cumiana (16791769), ensuite marquise de Spigno (1731)[3], fille du comte Francesco Maurizio Signore di Cumiana par Monica Francesca San Martino d'Aglié dei Marchesi di San Germano. Ils n'ont pas d'enfants.

Victor Amédée II eut également une liaison de plus d'une dizaine d'années avec la jeune Jeanne Baptiste d'Albert de Luynes (16701736), fille de Louis-Charles d'Albert, duc de Luynes, et d'Anne de Rohan-Montbazon, et épouse de Joseph Scaglia († 1704), comte de Verua (trame du film La Putain du roi ). Deux enfants furent légitimés et titrés le 14 mai 1701 malgré l'évasion rocambolesque de leur mère vers la France à la fin de l'année 1700 :


Ascendance[modifier | modifier le code]

Sources et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.universalis.fr/encyclopedie/sardaigne/4-la-mise-en-place-du-royaume-1713-1792/
  2. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8621390v
  3. La marquise, veuve Novarina de San Sebastiano, avait au moins un fils avant cette nouvelle union, connu comme le comte de San Sebastiano, qui s'illustre à la bataille d'Assietta en désobéissant à ses supérieurs et en emportant ainsi la victoire ; un fils est nommé Pietro Novarino et hérite du titre de marquis de Spigno en 1769 ; s'agit-il du même ? Un comte Giacinto Canalis de Cumiana est connu à cette époque qui pourrait bien être aussi son fils.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]