Françoise de Lorraine (1592-1669)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Françoise de Lorraine en habit de veuve
Les armes de la duchesse

Françoise de Lorraine, née à Nantes en novembre 1592, morte à Paris le 8 septembre 1669, était duchesse de Mercœur, marquise de Nomeny, Baronne d'Ancenis, et duchesse de Penthièvre.

Un grand-père francophile[modifier | modifier le code]

Membre de la Maison de Lorraine, elle était également la petite-fille de Nicolas, comte de Vaudémont, duc de Mercœur, régent des duchés de Lorraine et de Bar imposé par la France lors de la minorité du duc Charles III de Lorraine.

Son père Philippe-Emmanuel de Lorraine, duc de Mercœur, gouverneur de Bretagne est le frère de la reine reine Louise veuve du roi Henri III de France qui fut assassiné trois ans avant sa naissance.

Brillant capitaine et soutien sans faille de la cause catholique, Philippe-Emmanuel de Lorraine, issu d'une branche cadette, conclut une brillante et lucrative union en épousant Marie de Luxembourg, duchesse de Penthièvre, princesse de Martigues.

Une princesse recherchée[modifier | modifier le code]

Née pendant les guerres de religion, Françoise de Lorraine devient un gage de la paix entre les factions.

D'abord recherchée par son cousin Charles de Lorraine-Chaligny qui lui préféra l'évêché de Verdun, Françoise de Lorraine épousa le fils légitimé du roi Henri IV de France.

En effet, pour conclure la paix entre son père, qui dirigeait la Sainte-Ligue en Bretagne, et le roi de France Henri IV, elle fut mariée en 1609 à César de Bourbon, duc de Vendôme (1594 † 1665), fils légitimé du roi, dont elle eut trois enfants qui moururent avant elle :

  • Louis (1612- 12 août1669), duc de Mercœur (1612), puis duc de Vendôme (1665), épouse en 1651 Laure Mancini (1636+1657) nièce du cardinal Mazarin d'où trois fils. veuf il entre dans les Ordres et devient cardinal de Vendôme (1667).

La fin du siècle des saints[modifier | modifier le code]

Issue d'une Maison connue pour son catholicisme intransigeant, Françoise de Lorraine est surtout connue pour sa grande piété. Elle protégea Vincent de Paul, et aidée de sa fille, n'hésitait pas à payer de sa personne pour aider les miséreux de Paris et de ses domaines. La vie agitée de son mari la contraignit plus d'une fois à prendre le chemin de l'exil mais elle conserva l'estime de la reine-régente Anne d'Autriche (qui, par ailleurs, était sa belle-sœur).

Sa vie spirituelle ne l'empêche pas de gérer sagement ses biens et en 1612, elle vend le marquisat de Nomeny qu'elle tenait de son grand-père, le régent Nicolas de Lorraine, à son cousin le duc Henri II de Lorraine.

Si son mari, assagi et son fils aîné restent fidèles à la régente, son cadet et son gendre participent activement à la Fronde.

Aussi, en 1651, pour se concilier la cour, son fils aîné Louis est-il contraint d'épouser une nièce de Mazarin. Quelques années plus tard, veuf, et bien que père de trois fils, il entrera dans les Ordres et sera rapidement promu au cardinalat.

En 1652, bien qu'alliés, son fils cadet, le duc Beaufort et son gendre, le duc de Nemours, se battent en duel. Nemours est tué laissant deux petites filles dont elle assurera l'éducation.

De ses petite-filles survivantes, l'aînée, Marie-Jeanne-Baptiste, après avoir été fiancé à son cousin le prince Charles de Lorraine, fut Duchesse de Savoie et régente pour son fils Victor-Amédée II de Savoie né en 1666. La seconde, Marie-Françoise fut deux fois reine du Portugal.

Sa fille étant morte en 1664 et son mari en 1665, Françoise de Lorraine-Mercœur s'éteint en 1669 à l'âge de 77 ans quelques semaines après son fils, le cardinal de Vendôme, ayant survécu non seulement à ses enfants mais à toute une époque ; le " siècle des saints " à l'apogée de l'absolutisme de Louis XIV, son neveu.