Via Claudia Augusta

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Panneau de signalisation moderne rappelant la voie antique près de Unterdiessen, Bavière.

La Via Claudia Augusta est la route romaine, qui relie la plaine du à la province de Rhétie en traversant les Alpes.

En 15 av. J.-C., le général romain Drusus, fils adoptif d'Auguste, décide d'améliorer le passage à travers les Alpes pour le contrôle des nouvelles provinces de Rhétie et de Norique, correspondant à la Bavière et l'Autriche modernes. La transformation d'un sentier en voie carrossable a été achevée soixante ans plus tard en 46-47 par le fils de Drusus, l'empereur Claude. Les personnes et les marchandises peuvent passer de la Adriatique et de la large vallée de Tridentum (Trente moderne) vers le nord suivant l'Adige jusqu'à Pons Drusi ("pont de Drusus") qui devint Bolzano. De là, on continue vers Maia (près de Merano), et le col de Resia. Du col, on descend dans la haute vallée de l'Inn puis on passe dans celle de la Lech, jusqu'à Augusta Vindelicorum (Augsbourg), pour finir à Sumuntorium, aujourd'hui Mertingen en Bavière, près du Danube et proche de l'actuelle Donauworth. À cet endroit, la via Claudia Augusta rejoint l'importante route militaire qui longe d'Est en Ouest la rive sud du Danube, frontière nord ou limes de l'Empire romain jusqu'à la fin du Ier siècle.

Réplique moderne d'une borne milliaire romaine de la Via Claudia Augusta, près Unterdiessen, Bavière. Texte en allemand gravé à la mode latine

Deux bornes milliaires de la via Claudia Augusta ont été découvertes, l'une à Rablà / Rabland[1] dans la commune de Parcines, près de Merano (Meran) dans la province de Bolzano et l'autre à Cesiomaggiore[2] (près de Belluno). Toutes deux portent des inscriptions indiquant le terminus de la Via Claudia Augusta, Augusta Vindelicorum (moderne Augsbourg). Ces bornes indiquent que deux autres voies se joignaient à Tridentium avant la traversée du col alpin : une prend son point de départ au vicus d'Ostiglia, près du Pô, l'autre part d'un point identifié avec moins de certitude par les archéologues et les historiens, le port d'Altino, sur l'Adriatique (près de la Lagune de Venise). Sur son trajet vers Tridentium, la via Claudia Augusta coupe plusieurs voies : la Via Annia, qui relie Adria et Aquilée, la Via Popilia, qui va d'Altino à Rimini, la Via Aurelia entre Padoue et Feltre par Asolo et la Via Postumia, reliant Gênes et Aquilée.

La route initiée par Drusus comme axe stratégique de conquête militaire et de défense et continuée par l'empereur Claude se développe comme une artère culturelle et commerciale, avec des relais habités de façon permanente et des stations de remonte de chevaux. Certains relais ont pris un développement considérable et ont été fortifiés au cours du Bas-Empire. D'autres ne peuvent être identifiés que par des découvertes archéologiques. Au IIe siècle, un second col alpin a été ouvert à la circulation, le col du Brenner.

Dans les années 1990, l'intérêt accru pour les longs parcours à pied ou à vélo a rendu les tronçons allemand et autrichien de la Via Claudia Augusta populaires pour les touristes. En conséquence, la signalisation moderne retrouve l'identification de la voie antique (voir l'illustration).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. C.I.L., V, 8003.
  2. C.I.L., V, 8002.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • W. W. Hyde, Roman Alpine Routes, Philadelphie, 1935.
  • A. De Bon, « Dall'Adriatico al Brennero per la via Claudia Augusta Altinate », Athesia Augusta, XVII, 1939.

Article connexe[modifier | modifier le code]