Via Aurelia

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Via Aurelia (Voie Aurélienne)
La via Aurelia, en vert foncé sur la carte
La via Aurelia, en vert foncé sur la carte
Présentation
Nom local Via Æmilia Scauri, Via Julia Augusta
Date de construction à partir de 13 av. J.-C.
Destination initiale Voie romaine
Géographie
Pays Drapeau de la France France, Drapeau de l'Italie Italie
Région En France : Provence-Alpes-Côte d'Azur, Languedoc-Roussillon
Localisation

La Via Aurelia ou voie Aurélienne est le nom donné à la grande voie romaine de la côte méditerranéenne de l’Italie romaine et de l’ancienne Gaule.

La Via Aurelia a été mise en œuvre à partir de 241 av. J.-C. par le consul Caïus Aurelius Cotta. Elle partait de Rome, longeait la côte occidentale de la péninsule italienne et passait par Pisæ / Pise pour arriver à Luna / Luni.

Au fur et à mesure des conquêtes sont venus s’y rattacher des tronçons. Ainsi le consul Æmilius continua la voie à partir de 109 av. J.-C. Cette partie de voie devint la Via Æmilia Scauri. Elle passait par Genua / Gênes et Vada Sabatia / Vado Ligure.

Après sa victoire sur les peuples des Alpes-Maritimes, l’empereur Auguste continua cette route, à partir de 13 av. J.-C., à partir de Plaisance (Placentia) jusqu’à Arelate / Arles, sur le Rhône. Elle prendra alors le nom de l'empereur : La Via Julia Augusta.

La construction de la Via Aurelia revêt à l'époque une des plus grandes importances. Jusqu’alors, pour rejoindre Rome à l’Hispanie, il y avait obligation de passer plus au nord, par le col de Montgenèvre, et d’emprunter ensuite la Via Domitia. La soumission de ces peuples va permettre de raccourcir le trajet en temps et en distance, en passant par des zones plus praticables, sans réelle difficulté de circulation (peu de massifs à franchir, forêts..). Grâce à la voie Aurélienne, Jules César put se rendre de Rome à Arles avec son escorte en 8 jours, se rendre de Rome en Hispanie avec son armée en 27 jours. Le cursus publicus (la « poste » romaine) faisait 70 kilomètres par jour (avec quatre changements de cheval).

L’itinéraire en Italie[modifier | modifier le code]

Dans sa partie italienne, la voie Aurélienne (Via Julia Augusta à partir de la Ligurie) passe par Albingaunum / Albenga (tronçon archéologique de la Via sur six kilomètres) et Albintimilium / Vintimille (il subsiste de cette époque, près de la gare de Vintimille, le théâtre antique et des vestiges romains à proximité).

L’itinéraire en France[modifier | modifier le code]

La Via Julia Augusta suit un axe assez facilement repérable sur une carte routière. Les routes actuelles, comme c’est souvent le cas, se superposent ou passent à proximité du tracé antique. C’est le cas de la Grande Corniche aux abords de la Côte d'Azur et surtout de la RN 7 jusqu’à Salon-de-Provence. Cependant, la voie prenait parfois des chemins parallèles encore bien matérialisés actuellement. De nombreux vestiges (bornes miliaires particulièrement nombreuses le long de la voie) jalonnent son itinéraire et permettent de bien le délimiter.

C’est la station de Lumone. On y a retrouvé les vestiges d’un mausolée romain. Un diverticule partait de Lumone et se dirigeait vers Port Hercule (Monaco).

La Via Julia Augusta montait vers La Turbie, siège d’une occupation ancienne. En 6 avant J.C, le Sénat Romain décide de construire sur la colline de La Turbie le Trophée des Alpes, pour commémorer la victoire de l’empereur Auguste sur les dernières peuplades rebelles des Alpes. C’est à partir de cette action que furent décidés le renforcement et la rénovation de l’antique voie qui passait à ses pieds venant d'Albintimilium / Vintimille.

Le monument était à l’origine de dimension impressionnante : presque 50 m de haut et surmonté d’une statue d'Auguste. Laissé à l’abandon à la fin de l’Empire Romain, il subira de grandes destructions, servira de forteresse au Moyen Âge avant d’être miné en 1705 pour servir de carrière.

La Via Julia Augusta se poursuivait jusque Cemenelum par le vallon de Laghet et le Paillon. Il est possible qu'elle ait été doublée depuis La Turbie par un itinéraire maritime, qui serait l'actuelle grande corniche.

Au-dessus de l'actuelle ville de Nice (la Nikaïa phocéenne), sur les vestiges de la capitale des ligures Vediantii, Auguste crée, en 14 avant J.C, la ville de Cemenelum pour en faire le chef-lieu de la province romaine des Alpes-Maritimes. Aujourd’hui, Cimiez a remplacé Cemenelum. On peut y voir un ensemble gallo-romain abondant : trois thermes, un quartier d'habitations (égouts, boutiques, domus), un amphithéâtre et une cathédrale avec son baptistère paléo-chrétien.

En 43 avant J.C, la grecque Antipolis est annexée par Rome, avec la création d'un municipe (cité soumise aux contraintes de Rome mais gouvernée par ses propres lois). Elle se romanise vite : Arc de Triomphe, théâtre, aqueduc…

Après Antipolis, la Voie suivait le tracé de l'actuelle RN 7 puis passait par le chemin de Malpey et la Tour de Mare, près du Mont Vinaigre.

Amphithéâtre romain de Fréjus ou Forum Julii, Var,.

Forum Julii était une grande cité à l'époque romaine. S'étendant sur plus de 30 hectares, elle comptait plus de 6000 habitants (avec entre autres Agricola et Tacite). La ville a été probablement fondée par Jules César vers 49 av. J.-C. La prospère ville commerciale devint alors un port de guerre, un des plus importants de la Méditerranée. Un canal reliait la mer à un grand bassin. Les vétérans de la VIIIe légion s'y installèrent. Au début du christianisme, Forum Julii devint siège épiscopal. Les vestiges de l'époque romaine sont nombreux à Fréjus : Les thermes de Villeneuve, la porte des Gaules et les remparts, l'amphithéâtre, le théâtre, l'aqueduc et les restes du port avec le bassin, la porte dorée et la lanterne d'Auguste (phare).

La Voie suivait ensuite le cours de l'Argens et empruntait en partie l'actuelle route nationale jusqu'au mutatio du Muy et à la station de Forum Voconii / Vidauban (reste de pont) pour arriver au Luc.

Elle rejoignait ensuite Matavo / Cabasse, dont l'occupation est très ancienne. De nombreux vestiges de l'époque gallo-romaine y ont été mis au jour (nécropole et mausolée).

La Voie rejoignait ensuite Brignoles par l'actuelle route. On a retrouvé sur son secteur quelques miliaires et une villa gallo-romaine.

  • Turris / Tourves occupait une position stratégique et on y trouvait une station et de nombreuses villæ.

La voie contournait ensuite l'actuelle ville de Saint-Maximin la Sainte Baume pour aller vers Pourcieux et la Grande Pugère. Entre ces deux communes, quelques pierres constituent les restes du Trophée de Marius. L'Arc de Triomphe avait été érigé à la gloire du consul Marius pour sa victoire sur les Teutons en 102 av. J.-C.

La Via Julia Augusta arrivait à Aquæ Sixtiæ par l'Est. L'histoire de la ville est intimement liée à celle de l'oppidum voisin d'Entremont. Pour contrer la puissance des Ligures qui le peuplaient, Rome détruisit l'oppidum après un siège en 123 av. J.-C. Puis, le proconsul Sextius crée alors une forteresse de plaine, près des sources thermales. Il donne son nom au site, « les Eaux de Sextius ». La ville s'agrandit alors autour du camp, devint colonie en 15 avant J.C et voit ainsi son rôle économique croître. Au IIIe siècle, elle deviendra la capitale administrative de la Narbonnaise. Au moment des invasions du IVe siècle, il ne reste plus de la cité que 17 hectares des 40 originels.

À partir d'Aix, un embranchement partait vers Marseille, Vitrolles, Fos et Arles.

La Voie Aurélienne passe par le nord d'Eguilles et se dirige vers Pisavis / Salon-de-Provence en suivant le tracé de l'actuelle départementale no 17 (milliaires de la [Via Aurelia][1] de Caseneuve et de la Bidoussanne. Pisavis était une station qui se situait au sud de Salon, au lieu-dit Saint-Jean-de-Bernasse où les restes d'un mur sont encore visibles en propriété privée.

Elle rejoignait Mouriès en traversant la plaine de la Crau (milliaires du Merle et de La Calanque), pour rejoindre le Mas d'Archimbaud, Le Paradou et Ernaginum, l'actuel site de Saint-Gabriel (le plus gros nœud routier de la Gaule Romaine entre Via Aurelia, Via Domitia et Via d'Agrippa). De là se greffait la voie qui venait d'Arelate / Arles, cité distante de VI milles selon la Table de Peutinger, soit environ 9 km (le mille faisant 1,481 km).

L'amphithéâtre d'Arles.
Borne miliaire. Dernière borne miliaire connue érigée en Narbonnaise. Conservée au Musée de l'Arles antique
  • Arelate / Arles est « la » ville gallo-romaine par excellence. Elle avait un rôle stratégique (carrefour routier) et économique (le Rhône).

Arelate voit arriver vers 46 avant J.C les vétérans de la VIe légion. Son expansion sera vite stoppée dès la fin du IIIe siècle avec les invasions mais l'empereur Constantin Ier lui redonnera toute sa splendeur en y établissant sa résidence. Arelate était un chef-lieu de Province, Préfecture des Gaules, possédait un important atelier monétaire. On retrouve à Arles de nombreux monuments de l'époque romaine : l'amphithéâtre (les arènes), le théâtre antique, une nécropole (les Alyscamps), le Cirque (musée), les thermes de Constantin, le Forum, les remparts.

À Saint-Gabriel, La Voie Aurélienne rejoignait la Voie Domitienne qui allait vers l'Espagne.

Protections[modifier | modifier le code]

Certains vestiges de la voie sont protégées au titre des monuments historiques français:

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]