Ariane et Barbe-Bleue

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Ariane et Barbe-Bleue
Image décrite ci-après
Paul Dukas, compositeur de Ariane et Barbe-bleue

Genre Opéra, « conte musical »
Nbre d'actes 3
Musique Paul Dukas
Livret Maurice Maeterlinck
Langue
originale
Français
Durée
approximative
env. 2 h
Création 10 mai 1907
Opéra-Comique, Paris
Personnages

Ariane et Barbe-Bleue est un opéra (« conte musical ») en trois actes composé par Paul Dukas entre 1899 et 1906 sur un livret de Maurice Maeterlinck. Il est créé le 10 mai 1907[1] à l'Opéra-Comique de Paris sous la direction de François Ruhlmann. Création américaine en mars 1911 par Toscanini au Metropolitan Opera House.

Personnages[modifier | modifier le code]

  • Ariane (soprano) : c'est le personnage principal, presque exclusif. Prototype de femme sinon libérée, du moins se libérant.
  • La Nourrice (contralto) : le reflet d'Ariane, son double craintif et conservateur.
  • Barbe-Bleue (baryton-basse) : rôle secondaire, malgré sa présence dans le titre de l'œuvre. Ne chante que quelques phrases au premier acte.
  • Les cinq premières femmes de Barbe-Bleue :
    • Sélysette (mezzo-soprano)
    • Ygraine (soprano)
    • Mélisande[2] (soprano)
    • Bellangère (soprano)
    • Alladine (rôle muet)
  • Trois paysans
  • La foule (chœur)

Orchestration[modifier | modifier le code]

Instrumentation d'Ariane et Barbe-Bleue
Cordes
premiers violons, seconds violons, altos, violoncelles, contrebasses, 2 harpes
Bois
3 flûtes (les 2e et 3e prennent le piccolo), 2 hautbois, 1 cor anglais, 2 clarinettes,

1 clarinette basse, 3 bassons, 1 contrebasson (ou sarrussophone contrebasse)

Cuivres
4 cors, 3 trompettes, 3 trombones, tuba
Percussions
timbales chromatiques, cymbales, grosse caisse, tambour de basque, triangle,

caisse roulante, tambourin, timbres, célesta, cloche en si bémol, tam-tam

Argument[modifier | modifier le code]

Le conte est sous-titré Le Refus de la délivrance : les cinq femmes de Barbe-Bleue refusent la liberté que leur apporte Ariane, car leur enfermement est surtout mental. « On ne pourrait pas fuir ; car tout est bien fermé, et puis c'est défendu », explique Sélysette à Ariane au deuxième acte.

  • Acte I

Contre l'avis des siens, Ariane suit Barbe-Bleue dans son château, elle est sa sixième femme. Barbe-Bleue lui confie sept clés, lui interdisant l'usage de la septième. Celle-ci seule intéresse Ariane : derrière la porte qu'elle verrouille s'élèvent les plaintes des épouses précédentes.

  • Acte II

Ariane libère les femmes séquestrées derrière cette porte, et ouvre une voie vers une évasion possible du château.

  • Acte III

Barbe-Bleue est agressé par les paysans qui veulent délivrer Ariane. Ariane montrant qu'elle est libre, le récupère, le délie et le soigne, puis lui déclare qu'elle le quitte sans retour. Elle invite les autres femmes à la suivre, lesquelles, le regard attendri sur leur bourreau, refusent, préférant leur servitude.

Genèse[modifier | modifier le code]

Paul Dukas fut très impressionné par la pièce Ariane et Barbe-Bleue de Maurice Maeterlinck lorsqu'elle fut publiée en 1899. L'auteur avait initialement réservé le droit d'utiliser sa pièce en tant que livret d'opéra à Edvard Grieg. Lorsque celui-ci abandonna ses plans, Maeterlinck le proposa à Dukas. La composition dura jusqu'en 1906.

L'opéra a souvent été comparé à Pelléas et Mélisande (1902) de Claude Debussy par la prédominance du discours orchestral sur le chant[3].

Les noms des cinq premières femmes de Barbe-Bleue sont inspirés de pièces antérieures de Maeterlinck. Pelléas et Mélisande (1893) pour Mélisande, Alladine et Palomides (1894) pour Alladine, La mort de Tintagiles (1894) pour Ygraine et Bellangère et Aglavaine et Sélysette (1896) pour Sélysette.

Analyse[modifier | modifier le code]

Paul Dukas écrivit un article dans un numéro de la Revue musicale en 1910, concernant l'intrigue de son opéra.

Discographie sélective[modifier | modifier le code]

  • Leon Botstein (dir.), Lori Phillips (Ariane), Patricia Bardon (la Nourrice), Peter Rose (Barbe-Bleue), Laura Vlasak-Nolen (Sélysette), Ana James (Ygraine), Daphne Touchais (Mélisande), Sarah-Jane Davies (Bellangère), BBC Symphony Orchestra (Telarc, 2007)
  • Bertrand de Billy (dir.), Deborah Polaski (Ariane), Jane Henschel (La Nourrice), Kwangchul Youn (Barbe-Bleue), Ruxandra Donose (Sélysette), Stella Grigorian (Bellangère), Ileana Tonka (Ygraine), Nina Bernsteiner (Mélisande), Radio-Symphonieorchester Wien, Slovak Philharmonic Choir (OEHMS Classics, 2008)


Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dans son livre Logique des mondes (Seuil, 2006), Alain Badiou propose une lecture de l'opéra.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. François-René Tranchefort, L'Opéra, Éditions du Seuil,‎ 1983, 634 p. (ISBN 2-02-006574-6), p. 363
  2. Allusion à la Mélisande de Maeterlinck et Debussy, d'ailleurs cité musicalement par Dukas.
  3. Debussy avait presque terminé de composer Pelléas lorsque Dukas commençait Ariane et Barbe-Bleue

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]