Bataille du Blavet

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Bataille du Blavet
La citadelle de Port de Blavet
La citadelle de Port de Blavet
Informations générales
Date 17 janvier 1625
Lieu Port de Blavet, Bretagne, France
Issue Victoire du parti huguenot
Belligérants
Drapeau du Royaume de France Royaume de France Croix huguenote Huguenots
Commandants
Charles Ier de Mantoue
César de Vendôme
Benjamin de Rohan, duc de Soubise
Forces en présence
300 soldats, 100 matelots inconnues
Pertes
inconnues 15 vaisseaux
Guerres de religion
Batailles
Guerres de religion en France

Mérindol (1545) · Amboise (1560)


Première guerre de religion (1562–1563)
Édit de Saint-Germain · Massacre de Wassy · Vergt · Rouen · Dreux · Orléans · Édit d'Amboise


Deuxième guerre de religion (1567–1568)
Saint-Denis


Troisième guerre de Religion (1568-1570)
Jarnac · La Roche-l'Abeille · Montcontour · Saint-Jean-d'Angély


Quatrième guerre de religion (1572–1573)
Saint-Barthélemy · Sommières · Sancerre · La Rochelle (1572)


Cinquième guerre de religion (1574–1576)
Dormans · Édit de Beaulieu


Sixième guerre de religion (1576–1577)
Traité de Bergerac (en)


Septième guerre de religion (1579–1580)
Traité du Fleix


Huitième guerre de religion (1585–1598)
Guerre des Trois Henri (en)
Traité de Nemours · Coutras · Vimory · Auneau · Journée des Barricades · Arques · Ivry · Paris · Poncharra · Craon · Port-Ringeard · Fontaine-Française · Édit de Nantes


Rébellions huguenotes (1621-1629)
Saumur (1621) (en) · Saint-Jean-d'Angély (1621) · La Rochelle (1621) · Montauban (1621) · Riez (1622) · Royan (1622) · Sainte-Foy (1622) · Nègrepelisse (1622) · Saint-Antonin (1622) · Montpellier (1622) · Saint-Martin-de-Ré (navale, 1622) · Traité de Montpellier (1622) · Blavet (1625) · Île de Ré (1625) (en) · Traité de Paris (1626) · Saint-Martin-de-Ré (1627) · La Rochelle (1627-1628) · Privas (1629) · Alès (1629) · Montauban (1629) (en) · Paix d'Alès


Révocation de l'édit de Nantes (1685)

La bataille du Blavet a lieu le 17 janvier 1625 au Port de Blavet (l'actuel Port-Louis en Bretagne) entre une force huguenote commandée par le duc de Soubise et une flotte royale française sous le commandement du duc de Nevers. La bataille fut le premier combat de la deuxième révolte huguenote des années 1620.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le Traité de Montpellier de 1622 a mis fin à la première révolte huguenote contre le roi Louis XIII, prévoyant la garantie de quelques places de sûreté pour les protestants. Cette clause ne sera jamais réellement respectée. En même temps, les huguenots rêvaient de gagner leur indépendance du pouvoir catholique, à l'instar des protestants aux Provinces-Unies contre l'Espagne.

Une flotte de cinq navires de guerre se préparait à Blavet, pour aller faire le blocus de la ville de La Rochelle[1] furent envoyés à Paris pour obtenir l'exécution du traité de Montpellier, mais en vain[1].

Soubise se résolut à prendre des mesures. Avec quelques navires qu'il avait préparé à Chef-de-Baie, près de La Rochelle, il mit les voiles, et attaqua Blavet en janvier 1625[2],[3]. Il disposait de 12 petits bateaux, 300 soldats bien armés et 100 marins[3]. Six royales grands navires royaux étaient à l'ancre », tous bien armés avec des canons, mais il manquait des hommes et des munitions »[3].

Avec trois cents soldats et cent matelots, Soubise cingle sur Blavet, attaque le plus grand vaisseau, La Vierge, le plus grand navire de guerre connu de la période[2] ; il jaugeait 500 tonnes, avait 80 canons de bronze, et sa construction avait coûté 200 000 couronnes[3]. Soubise y monte l'épée à la main et s'en empare, met ensuite pied à terre pour aller attaquer le fort, y trouva plus de résistance que prévu, campe pendant trois semaines, retenu par des vents contraires, voit arriver le duc de Vendôme, gouverneur de Bretagne. Afin de lui fermer la retraite, l'entrée du port est barrée avec des chaînes et un énorme câble. Soubise soutient la canonnade, puis enfin, à la faveur du vent, force les barrières qui lui interdisent la sortie du port, et fait voile vers l'île de Ré, emmenant avec lui quinze vaisseaux de la flotte royale. Ce coup de chance le rend maître des mers de Nantes à Bordeaux. Désavoué un temps par le parti protestant, qui le traitait auparavant de corsaire ; il devient après sa victoire le héros du parti.

Après sa victoire, Soubise, désormais en possession d'une flotte formidable de 70 navires, va jeter l'ancre à l'Île de Ré. Ces événements entraînèrent une forte réaction du roi Louis XIII, qui organisa une contre-attaque en septembre 1625, aboutissant à la reprise de l'Île de Ré, et Soubise dût fuir en Angleterre[4]. Soubise revint deux ans plus tard avec une grande flotte sous les ordres du duc de Buckingham, conduisant à l'épreuve de force finale du siège de La Rochelle (1627-1628).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Crowe 1863, p. 454
  2. a et b Crowe 1863, p. 456
  3. a, b, c et d Jack Alden Clarke, Huguenot warrior p. 120
  4. Yves Marie Berce, The birth of absolutism p. 97

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Eyre Evans Crowe, The history of France, vol. 3, Longman, Brown, Green, Longmans, and Roberts,‎ 1863 (lire en ligne)