Massacre de Nègrepelisse

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"Le grand et juste châtiment des rebelles de Nègrepelisse", ouvrage, de 1622, justifiant le massacre des habitants de Nègrepelisse.

Le siège puis massacre de Nègrepelisse est un évènement dramatique réalisé par les troupes du roi Louis XIII, dans la petite cité de Nègrepelisse en 1622, lors de la première des trois rébellions huguenotes[1].

Préambule[modifier | modifier le code]

Après avoir pacifié le Poitou et le Saintonge, Louis XIII confie le blocus de La Rochelle à son cousin Louis comte de Soissons, pendant qu'il marche en direction du Languedoc.
L'armée du roi part de Royan le 16 mai et couche à Mortagne. Le 17 elle couche à Mirambeau, séjourne les 18 et 19 à Montlieu, arrive à Saint-Aulaye le 20, à Guitres le 21, à Saint-Émilion le 22, Castillon le 23 et Sainte-Foy-la-Grande le 25 mai que Jacques Nompar de Caumont duc de La Force voulut défendre.
Continuant sa chevauchée, Louis XIII arrive le 28 mai à Monségur et le 29 à Marmande, passe devant Tonneins que le duc d'Elbeuf et le maréchal de Thémines avaient pris le 4 mai précédent et ruiné ras-terre. Le 30 mai la troupe royale est à Aiguillon et le 1er juin à Agen puis remonte la Garonne par Valence-d'Agen jusque Moissac.
S'approchant de Montauban, qu'il n'avait pas réussi à prendre l'année précédente Louis XIII envoye le marquis de Valençay avec la gendarmerie de la Garde et les chevau-légers de Condé en reconnaissance jusqu'au glacis de la cité huguenote et le 7 juin il fait passer l'Aveyron, près de Piquecos, à son armée qui bivouaque, en bataille, devant Villemade, à 2 lieues de Montauban, espérant que ceux-ci viendrait lui offrir sa revanche, mais ils restèrent prudemment derrière leurs murs.
Le 10 juin les troupes royales arrivent devant Nègrepelisse.


Ordre de bataille[modifier | modifier le code]

(à compléter)

Le siège et le massacre[modifier | modifier le code]

Les révoltes huguenotes dans le bastion protestant du Tarn et Garonne (1621-1628)

Nègrepelisse était une petite place entourée d'une vieille muraille et dominée par un château situé sur la rive gauche de l'Aveyron.
La place, qui avait été prise par les troupes royales en août 1621, avait été reprise par les huguenots montalbanais en décembre[2] en massacrant traitreusement la garnison royale de 400 soldats du régiment de Vaillac[3]. Louis XIII n'avait pas oublié l'offense et songeait à se venger quand les habitants, qui n'avaient pas de canon, pas de gens de guerre et sans autres armes que quelques arquebuses de chasse, tirèrent sur le maréchal de camp du logement du roi et les carabins qui l'escortaient.

L'investissement fut aussitôt commencé en 3 attaques[4]:

7 canons furent mis en batterie devant la muraille qui reliait le château à la ville. 12 officiers et 20 suisses furent tués dans la batterie par les bons tireurs postés derrières les embrasures du château

Louis de Pontis, lieutenant de la mestre de camp de Picardie envoyé auprès du Roi pour prendre ses instructions le trouva « dans une méchante chaumière, ou l'on étouffait de fumée : Voici l'ordre, lui dit Louis XIII. On attaquera la ville par les deux bouts, comme je l'ai commandé. Vous aurez tous quelque chose de blanc attaché aux cordons de vos chapeaux, de peur que, vous joignant dans la ville, vous ne vous tiriez les uns sur les autres, sans vous reconnaître. Je vous commande de ne pas faire de quartier à aucun homme, parce que ces gens m'ont irrité et qu'ils méritent d'être traité comme ils ont traité mes 400 soldats ».

En 1621 le roi de France, Louis XIII, prend la place protestante de Saumur ainsi que la cité de Saint-Jean-d'Angély. Les Protestants, commandés par le duc Henri II de Rohan, l'empêchent d'assiéger Montpellier et de prendre Montauban. Ce que le roi ne lui pardonnera jamais complètement. Il se vengera lors de la prise de la petite cité de Nègrepelisse par ses troupes.

Le 10 juin 1622, les mouchoirs blancs furent mis aux châpeaux et l'assaut fut donné sous le commandement du duc Henri de Mayenne. Les défenseurs de Nègrepelisse, attaqués de 2 côtés, se retranchèrent dans un coin de la ville et demandèrent quartier et à capituler; le Roi refusa.
« Et bien, répondirent les défenseurs, nous mourrons mais en gens d'honneur, et nous vendrons notre vie bien cher ». Ce qu'ils firent. Les oldats massacreront toute la population sans distinction d'âge ni de sexe. Les habitants seront tués au fil des épées ou pendus. Nègrepelisse sera ensuite entièrement incendiée, le lendemain, après un pillage et saccage généralisé.
« 10 ou 12 survécurent à la prise de la ville. Le Roi veut qu'on les lui amène. Vous méritez la corde leur dit-il en les voyant. Ces pauvres gens ne veulent pas chicaner leurs jours contre un prince qui leur parait si avide de sang. Ils se contentent de lui demander, par une bizarerie fort extraordinaire, qu'on les pendent aux arbres de leurs jardins, ce qui leur est accordé. La pudicité des femmes et des filles n'est pas épargnée dans une ville abandonnée à la licence et à la brûtalité du soldat. Tout y fut tué, dit François de Bassompierre, hormis les femmes. Quelques unes furent forcées, et les autres furent moins difficile.
Roger, un des premiers valet de chambre du roi, touché de compassion à la vue de 40 femmes ou filles que les soldats amènent, court promptement à eux, et rachète ces infortunées en donnant ce que chacun lui demande, une, deux ou trois pistoles. »
[5] Devant cette barbarie, le cardinal Jean-François de Gondi, archevêque de Paris, aurait dit à Louis XIII :« Sire, la clémence est la vertue favorite des grands princes, au milieu de leurs plus beaux triomphes, ils font gloire de céder à la compassion. Quand vous voyager dans vos provinces, vous devez ressembler à ces fleuves qui portent partout l'abondance. A Dieu ne plaise que votre passage ne puisse se comparer à celui des torrents dont les eaux impétueuses ravagent et ruinent tout.
Le prince de Condé qui entre à l'instant chez le Roi l'aurait trouvé ébranlé par ces vérités touchantes. Il prend alors un bréviaire qui est auprès du monarque, l'ouvre, et fait remarquer que, dans les leçons du jour tirées de l'Ancien Testament, le prophète Samuel reproche à Saül d'avoir épargné les Amalécites. Cet argument décide du sort de Nègrepelisse. »
[5]

Conséquence[modifier | modifier le code]

Après la prise et le massacre de Nègrepelisse Louis XIII se rend à Saint-Antonin-Noble-Val, prend la ville puis se dirige vers Montpellier afin de la prendre également.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Colonel Édouard Hardy de Périni, Batailles françaises volume 3

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Massacre de Nègrepelisse » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie,‎ 1878 (Wikisource)
  2. Prise de Nègrepelisse par les montalbanais
  3. Batailles françaises par le colonel Édouard Hardy de Périni volume 3 (1621-1643) page 27
  4. 3 attaques dans le sens de 3 corps
  5. a et b Nouveau dictionnaire historique des sièges et batailles V5 page 10