Bataille de Craon

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Bataille de Craon
Informations générales
Date 23 mai 1592
Lieu Craon
Issue Victoire espagnole et de la ligue
Belligérants
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de l'Angleterre Royaume d'Angleterre
Croix de Lorraine.png Ligue catholique
Armoiries Philippe II d'Espagne.svg Espagne
Commandants
Armoiries Montpensier Moderne.svg duc de Montpensier
Blason Condé-Conti.svg Prince de Conti
Flag of England.svg John Norreys
Armoiries ducs de Mayenne.svg duc de Mercœur
Blason Famille Le Cornu.svg Pierre Le Cornu
Blason Gui VII de Laval.svg Urbain de Laval Boisdauphin
Armoiries Philippe II d'Espagne.svg Juan d'Aguila
Forces en présence
6 500 fantassins
1 000 cavaliers
12 canons
2 000 espagnols
500 bretons
800 cavaliers
Pertes
1 500 morts
centaines de prisonniers
12 canons
24 morts et blessés
Huitième guerre de religion (1585–1598)
Batailles
Guerres de religion en France

Mérindol (1545) · Amboise (1560)


Première guerre de religion (1562–1563)
Édit de Saint-Germain · Massacre de Wassy · Vergt · Rouen · Dreux · Orléans · Édit d'Amboise


Deuxième guerre de religion (1567–1568)
Saint-Denis


Troisième guerre de Religion (1568-1570)
Jarnac · La Roche-l'Abeille · Montcontour · Saint-Jean-d'Angély


Quatrième guerre de religion (1572–1573)
Saint-Barthélemy · Sommières · Sancerre · La Rochelle (1572)


Cinquième guerre de religion (1574–1576)
Dormans · Édit de Beaulieu


Sixième guerre de religion (1576–1577)
Traité de Bergerac (en)


Septième guerre de religion (1579–1580)
Traité du Fleix


Huitième guerre de religion (1585–1598)
Guerre des Trois Henri (en)
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Rébellions huguenotes (1621-1629)
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Révocation de l'édit de Nantes (1685)

La bataille de Craon a lieu le 23 mai 1592 dans le cadre des guerres de religion. Elle oppose l’armée royale commandée par le Prince de Conti à l’armée ligueuse.

Lors de la huitième guerre de religion, la ville de Craon est assiégée par l’armée royale. Les Ligueurs étaient assiégés dans la ville, où commandait Pierre Le Cornu, par l'armée du prince de Conti et du duc de Montpensier. Le duc de Mercœur dirigea de ce côté les forces dont il disposait et qui étaient recrutées surtout en Bretagne. La ville est dégagée par les Espagnols débarqués en Bretagne le 24 mai 1592[1].

Circonstances[modifier | modifier le code]

Le chef de la Ligue pour la région est Mercœur, gouverneur de la Bretagne, il a pour principal lieutenant Urbain de Laval Boisdauphin, marquis de Sablé qu’il crée maréchal de Boisdauphin. En 1589, le maréchal de Bois-Dauphin se replie alors sur Craon, dernière place avant la Bretagne, où il nomme commandant Pierre Le Cornu, seigneur du Plessis de Cosmes qui en fait une place forte.

En 1590, Mercœur, gouverneur de Bretagne, se révolte contre l’accession au trône du protestant Henri de Navarre. Le duc de Mercœur se met à la tête de la Ligue de Bretagne, songeant même à rétablir la souveraineté de cet ancien duché, sa femme étant descendante de Jeanne de Penthièvre. Il se proclame également Protecteur de l’Église catholique et romaine dans cette province.

Il obtient l’aide du roi très catholique Philippe II d'Espagne. Ce dernier lui envoie sept mille Espagnols qui débarquent au Blavet (futur Port-Louis), sous le commandement de Don Juan d’Aguila[2].

Le 8 février 1592, Henri IV voulant soumettre Craon, ses cousins Henri de Bourbon, duc de Montpensier et François de Bourbon, Prince de Conti se réunissent secrètement à Laval pour organiser une attaque. Le 14 avril 1592, Montpensier arrive avec ses armées dont 1 200 Anglais et 800 Allemands à Craon et met le siège. Le 20 mai 1592, Mercœur et Boisdauphin arrivent à leur tour avec leurs armées et les troupes du bandit-chef de guerre Guy Éder de La Fontenelle, pour défendre Craon.

Bataille[modifier | modifier le code]

La défense de Craon par Pierre Le Cornu contre l'armée de Dombes et de Conti, en 1592, est héroïque. Un des derniers avec une poignée de soldats aguerris et quelques volontaires, il tient contre Henri IV et fait flotter le drapeau de l'Union dans l'Anjou et le Maine.

L'armée royale s'étant emparé de l'abbaye et du faubourg de Saint-Clément, essaya d'y mettre le feu. Ils en furent empêché et furent repoussés avec perte par une vigoureuse sortie. 40 jours s'écoulèrent avant que l'artillerie fût prête à battre les murailles.

Le 22 mai 1592, la bataille s’engage, Mercœur et Boisdauphin chargent les princes, les assiégés emmenés par Le Cornu font des sorties et finissent par emporter une brillante victoire.

Le temps pressait cependant; averti par un des membres de la conférence de Laval, Pierre Le Cornu, Mercœur approchait. Il était à Châtelais, à trois lieues de Craon, que les princes n'avaient encore aucun avis de sa marche.

Quand ils l'apprirent, il s'agit bien moins dans le conseil des moyens de continuer le siège, que de ceux de sauver le matériel et l'armée. On voulut envoyer l'artillerie à Château-Gontier; mais les recrues normandes avaient si bien rançonné tout le pays d'alentour, qu'il fut impossible de se procurer assez de bœufs. On noya une pièce dans la rivière, on enfouit les boulets et on sauva le reste comme on put. Mercœur cependant, après s'être rendu maître du château de Bouche-d'Usure, dont le commandant Thorigny fut contraint de se sauver à la nage, parut sur les bords de l'Oudon.

Son projet n'était pas d'en venir aux mains avec l'armée ennemie, mais seulement de délivrer une place qu'il lui importait de conserver. Pourtant, la certitude qu'il acquit du désordre dans lequel les troupes des deux princes se repliaient vers Château-Gontier, l'engagea à les serrer de plus près. Laval-Bois-Dauphin prit en flanc l'avant-garde commandée par le prince de Dombes. Le prince se défendit avec,  ; mais il ne put entraîner ses troupes effrayées. Bientôt d'ailleurs les balles manquèrent; on chargea les arquebuses avec les boutons des pourpoints. Il fallut céder. Les deux princes se retrouvèrent à Château-Gontier, où ils étaient parvenus par des chemins différents. Ils laissaient 600 hommes sur le champ de bataille. Toute l'artillerie et 35 cornettes ou enseignes demeuraient aux mains du vainqueur.

Le 23 mai 1592, la victoire des catholiques à Craon fut le propre triomphe de Pierre Le Cornu. À cette époque, tous les chefs s'étaient soumis à Henri IV converti au catholicisme mais Pierre Le Cornu conservait toujours sa position à Craon, "continuant ses courses et faisant des prisonniers comme au bon temps de la guerre, sans s'inquiéter s'ils avalent des lettres de sauvegarde ".

Les espagnols capturent toute l'artillerie, les chariots de munitions, drapeaux, équipements et provisions adverses. Aucun quartier ne fut accordé aux anglais, en représailles pour leur cruauté envers les naufragés espagnols de la Grande Armada.

On retrouve plusieurs gentilhommes bretons lors de la bataille comme Pierre Quintin ou encore Pierre Le Roux[3].

Après la bataille de Craon, Laval est tombé au pouvoir des ligueurs. Le 23 mai 1592, Conti se replie sur Château-Gontier, le lendemain il est à Sablé. Mercœur et Bois Dauphin, à la suite des princes, entrent dans Laval et Château-Gontier. Boisdauphin prend le commandement de Laval, Louis de Champagné redevient gouverneur de Château-Gontier.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Œuvres sur la bataille de Craon[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Miquel, Les Guerres de religion, Paris, Club France Loisirs, 1980 (ISBN 2-7242-0785-8) p 382
  2. Jérôme d'Arradon qui s'était vu confier par Mercœur le commandement d'Hennebont et de Blavet réalisa vite que les Espagnols se conduisaient en conquérants et ne reconnaissaient pas d'autre autorité que celle de leur roi, Philippe II.
  3. Ecuyer, seigneur de la Banessière ; Julien Le Roux, son frère était seigneur de la Chatière et demeurait en la paroisse de Saint-Symphorien, évêché de Rennes ; blessé dans l'action d'un coup d'épée sur la tête, il put cependant venir jusqu'à Laval, où ses blessures le forcèrent de s'arrêter à l'aumônerie St-Julien. Il y fit son testament le 28 mai, et mourut quelques jours après.