Rouflaquettes

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
☃☃☃☃Le chanteur américain Elvis Presley portant des rouflaquettes en 1970.

Le terme rouflaquette désigne historiquement des mèches de cheveux laissées poussées le long des tempes. La plupart du temps, elles prennent une forme d'accroche-cœur[1]. A la mode en Europe de la fin du 18e siècle à la fin du 19e siècle, cette coupe n'a pas réapparu depuis. Elle est cependant rapprochée depuis au terme « favoris » dont elle a désormais vulgairement pris le sens : une coupe de la barbe où seuls les poils des joues sont laissé poussés[2].

Les favoris furent quant à eux populaires dans les années soixante et soixante-dix, principalement autour de communautés alors hippie, rock'n' roll, alternative[3]. Si contrairement aux rouflaquettes les favoris n'ont pas disparu, ils sont nettement moins populaires que dans les années 70.

Une caractéristique commune aux rouflaquettes et aux favoris est que le menton se doit d'être glabre.

Plusieurs définitions[modifier | modifier le code]

Sous le terme "rouflaquettes" peuvent se retrouver plusieurs sens.

Rouflaquettes[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'une mèche de cheveux et non pas de poils des joues. Dès le début de la mode, ces mèches furent recourbées en accroche-cœur. Cependant depuis leur disparition à la fin du 19e siècle, un nouveau phénomène de rouflaquette apparu : dans les années 30 et grâce au phénomène Betty Boop, certaines femmes commencent à porter des rouflaquettes en accroche-cœur, alors que cette mode était exclusivement masculine jusqu'alors.

La création du terme «rouflaquette» n'est pas proprement identifiée, et plusieurs théories s'opposent.

Selon Pierre Giraud[4], cet argotisme est tiré du dialectal roufle (gifle), à rattacher au radical raff-, rouff- exprimant l'idée de "souffler" en gonflant les joues. Le développement du sens s'est fait par synonymie avec l'argot "baffe" (gifle) et aussi "favoris". Cette ressemblance de sens a entraîné le croisement des deux mots en "roufles favoris", avec adjonction du suffixe diminutif -ette, la syllabe -aque- étant inexpliquée. Les rouflaquettes seraient proprement de "tous petits favoris".

Une seconde théorie serait qu'il s'agit d'une dérivation de l'expression française « faire le roufle » qui signifie « avoir un air arrogant » et « se pavaner »[5].

Une explication avancée quant à la disparition des rouflaquettes à la fin du 19e siècle en Europe, est que celles-ci au même titre que les favoris (et plusieurs autres tailles de barbe) gênent l'étanchéité des masques à gaz, alors utiles en temps de conflit. La moustache pris un nouvel élan à cette période, celle-ci n'étant pas supposée gêner ladite étanchéité.

Favoris[modifier | modifier le code]

Les favoris deviennent très populaires en France sous la Révolution Française et le Premier Empire, se propageant dans le reste de l'Europe et en Amérique. Ils conservent cette popularité jusqu'à la fin du XIXe siècle, devenant de plus en plus fournis au fil du siècle, avant de céder la place à la moustache.

Les favoris fournis reviennent à la mode dans les années soixante, mais l’apogée sera dans les années soixante-dix et notamment chez les hippies. Elvis Presley, parmi d’autres, en porte de 1968 à sa mort, devenant, avec sa banane, l’un de ses signes distinctifs. C'est à cette époque que le terme « rouflaquettes » tend à devenir le synonyme familier de « favoris ».

Si la longueur des favoris n'importe guère, le menton doit toujours être rasé. Les favoris commencent là où les cheveux s'arrêtent, soit là où les poils des oreilles s'arrêtent[6].

Pattes[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'un type de rouflaquettes et non pas de favoris : ceux sont des mèches courtes de cheveux qui s'allongent plaqués sur les tempes. Cette coupe n'est pas réservée aux hommes. Elles sont généralement droites et fines. Cette mode s'étant toujours à notre époque.

Côtelettes[modifier | modifier le code]

« Mutton Chop » en anglais, il s'agit d'une taille des favoris. Ceux-ci sont alors en forme, littéralement, de côtelettes : étroites au niveau des oreilles, les poils des joues sont rasés en forme de goutte sur les flancs de la mâchoire voir sous la mâchoire ; cependant elles ne se rejoignent pas sous le menton.

La traduction anglaise de « rouflaquettes » comme de « favoris » serait « sideburns ». Ce mot provient du nom du Général d'armée de la Guerre de Sécession Ambrose Burnside, qui dans les années 1870 portait une taille de la barbe peu commune alors : une barbe complète (moustache comprise), rasée sous le menton et le cou. Cette coupe a donné le nom anglais Friendly Mutton Chop (également utilisé en français) : il s'agit donc de deux côtelettes se rejoignant par la moustache.

Papillotes[modifier | modifier le code]

Il ne s'agit pas de rouflaquettes à proprement parlé, mais d'une coiffure religieuse juive orthodoxe : les papillotes sont alors des mèches de cheveux non coupés portés le long des tempes ou derrière les oreilles.

Favoris célèbres[modifier | modifier le code]

Le maréchal d'Empire Joachim Murat.
L'écrivain britannique Herbert Spencer.

Une représentation commune d'Alexandre le Grand se fait de lui portant des favoris[7]. Ce n'est cependant pas une taille de barbe considérée comme commune à l'époque.

Marlon Brando dans The wild one en 1953 arbore des favoris[8]. Il est considéré comme l'un des premiers à redonner de la visibilité à cette mode.

Elvis Presley portera de larges favoris dans les années soixante-dix, contribuant massivement à l'explosion de cette mode dans les communautés Rock'n Roll et hippies des années 70. Robert Redford dans « Les trois jours du condor » en porte, bien que petits. Burt Reynolds dans Delivrance également.

Le sportif britannique Bradley Wiggins, vainqueur du Tour de France 2012, avait de célèbres favoris ; il décida cependant de les raser en novembre 2012, dans le but d'être moins reconnaissable[9].

Guy Martin en porte également, ainsi que Maxime Médard, joueur du XV de France. Dans les années 1970, le footballeur allemand Paul Breitner était lui aussi connu pour en porter. En Argentine, l'ex-président Carlos Menem arbora des favoris qu'il coupera quelques années après son élection.

Dans la fiction, Joshamee Gibbs de Pirates des Caraïbes, Hellboy, Wolverine, Le Fauve, Dents-de-sabre, Dr Watson (interprété par Jude Law) et Balthazar Picsou portent également des favoris[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « définition "rouflaquettes" du Larousse », sur www.larousse.fr (consulté le 04/11/2014)
  2. « définition "favoris" dans un dictionnaire », sur www.le-dictionnaire.com (consulté le 04/11/2014)
  3. « "Les rouflaquettes, ultime atout du mec cool et rebelle" », sur rue89.nouvelobs.com,‎ 26/07/2014 (consulté le 04/11/2014)
  4. « processus de création du mot "rouflaquette" d'après Pierre Giraud », sur wiktionary.org,‎ 18/04/2014 (consulté le 04/11/2014)
  5. « théorie sur la formation du mot "rouflaquette" », sur tv5monde.com (consulté le 04/11/2014)
  6. « Réflexions sur les rouflaquettes (favoris) », sur minimumrocknroll.free.fr,‎ 08/12/2002 (consulté le 04/11/2014)
  7. « image d'Alexandre le Grand »
  8. « image de Marlon Brando »
  9. « "Wiggins a rasé ses rouflaquettes" », sur www.franceinfo.fr,‎ 06/11/2012 (consulté le 04/11/2014)
  10. « Le style des super-héros », GQ Magazine,‎ 2011 (consulté le 19 août 2011)