Rasoir

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Un rasoir est un appareil destiné à couper les poils (barbe, cheveux, pubis), tant chez les hommes que chez les femmes (jambes, aisselles), ou encore chez les animaux.

On appelle rasoirs humides les rasoirs manuels nécessitant l'usage d'un lubrifiant (huile d'amande douce, mousse à raser, gel de rasage) comme le rasoir droit ou le rasoir de sécurité. Par opposition au rasoir humide, le rasoir sec, ou rasoir électrique, s'utilise à même la peau.

Rasoir en bronze, 1er âge du fer, civilisation de Hallstatt, trouvé à Acy-Romance. Musée de l'Ardenne, Charleville-Mézières (08)

Historique[modifier | modifier le code]

Il semble que le rasage soit une pratique millénaire : les rasoirs étaient confectionnés en silex, en bronze et même en or bien avant les rasoirs en fer[1].

Les barbiers romains, les tonsor, se servaient d'un novacula, instrument en bronze à lame courbe. Le premier rasoir en fer connu a été trouvé au Danemark et est daté du IIIe siècle[1].

Nécessaire de toilette de la Première Guerre mondiale

Le coupe-choux qui apparaît au XVIe siècle est constitué d'une lame se glissant dans le manche après l'usage. Le rasoir à lame d'acier fait son apparition au Royaume-Uni en 1680. Le rasoir à lames jetables est breveté en 1904 par l'Américain King Camp Gillette qui travaillait à l'idée depuis 1895. Les rasoirs de la compagnie Gillette Safety Razor sont utilisés par l'armée américaine lors de la Première Guerre mondiale pour couper la barbe qui nuit au port du masque à gaz.

Le premier rasoir électrique date de 1928[1], inventé par Jacob Schick. Il sera imité par le Hollandais Philips qui propose un modèle avec des lames rotatives.

Types de rasoirs[modifier | modifier le code]

La « pogonotomie » est l'activité qui consiste à se tailler ou se raser la barbe. Le terme a été inventé par Jean-Jacques Perret, maître et marchand coutelier du XVIIIe siècle, dans le traité intitulé La pogonotomie, ou l'art d'apprendre à se raser soi-même (Paris, 1769). Il y présente déjà l'idée d'un rasoir de sécurité. Le terme pogonotomie vient du grec pogos, barbe, et temno, couper[2].

Le rasoir droit[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Rasoir droit.

Le rasoir droit ou « coupe-choux » ou « sabre » est constitué d'une grande lame s'escamotant dans la chasse (manche) lorsqu'on ne l'utilise pas. Il est toujours employé par les coiffeurs et les barbiers (avec des lames interchangeables par mesure d'hygiène) ainsi que par des amateurs passionnés.

Deux inconvénients majeurs font qu'aujourd'hui il est généralement délaissé au profit du rasoir de sécurité :

  • le temps de rasage (environ 30 à 45 minutes pour un débutant, 10 minutes pour un pratiquant très entraîné) ;
  • le risque de coupure par la lame ouverte.

Cependant, il reste employé par des amateurs passionnés pour la qualité du rasage obtenu, pour le plaisir d'utiliser un beau rasoir ou de faire revivre un objet ancien, par tradition, ou encore pour des raisons écologiques ou économiques : la production de déchets et l'achat de consommables sont marginaux par rapport aux autres types de rasoirs.

Le rasoir de sécurité[modifier | modifier le code]

Le rasoir à rabot de Jean-Jacques Perret
Un rasoir de sécurité à lame unique moderne
La lame interchangeable à double tranchant, l'apport clé de Gillette au rasoir de sûreté

Le rasoir de sécurité est, par opposition au rasoir droit, un rasoir dans lequel seule une portion de la lame est à nu, portion suffisante pour se raser mais insuffisante pour se blesser sérieusement.

À cet égard, l'inventeur ou le précurseur du rasoir de sûreté est un coutelier français, Jean Jacques Perret, qui a inventé ce qu'il appelait un rasoir à rabot en 1762 et l'a décrit en 1770 dans son ouvrage La pogonotomie, ou L'art d'apprendre à se raser soi-meme[3]. Beaucoup d'inventeurs tentèrent de créer un rasoir sûr et efficace : plus de cent brevets furent déposés dans la seconde moitié du XIXe siècle, mais le premier véritable rasoir de sûreté fût créé par les frères Kampfe en 1880, et son succès inspira les inventeurs.

En 1895, King Camp Gillette a l'idée d'un rasoir de sécurité à lame (à double tranchant) interchangeable. Mais il faut attendre 1901 pour que les aciéries maîtrisent le processus de fabrication de ces lames rectangulaires à deux tranchants et très fines[1]. L'invention de Gillette est brevetée en 1904[4]. Les lames sont insérées dans la tête du rasoir et ne dépassent que d'un millimètre ; on évite ainsi les coupures graves. De plus, la lame peut être remplacée, une véritable révolution technique qui évite l'affûtage, nécessaire sur un rasoir droit avant chaque rasage. C'est aussi un changement économique important : désormais, l'utilisateur n'a plus un rasoir à vie mais rachète régulièrement des lames, ce qui est l'objectif original de Gillette.

Un rasoir à lame interchangeable.
Un rasoir à trois lames.

En 1971, Gillette commercialise le premier rasoir à deux lames jumelées sur un manche de plastique très léger. En 1974, les coûts de fabrication ont suffisamment baissé pour que l'entreprise puisse proposer un ensemble rasoir-lame « jetable ». En 1975 apparaît le premier rasoir à tête pivotante[1].

En 1975, BiC propose son rasoir jetable à une seule lame, en partant du principe qu'une lame est suffisante.

En 2007, certains rasoirs peuvent recevoir jusqu'à cinq lames jumelées sur l'avant, et une lame sur l'arrière.

Le vocable « rasoir de sécurité » (ou encore « rasoir de sûreté ») est désormais principalement employé pour désigner les rasoirs à lame unique à double tranchant que Gillette a popularisés à partir des années 1900 et que l'on retrouve aujourd'hui vendus par différentes marques dont la plus connue est Merkur. Ils sont utilisés avec des lames très peu chères dont le brevet a expiré depuis les années 1930 et proposés par un nombre important de marques/producteurs. Ils trouvent leur faveur auprès d'un public qui s'est souvent détourné du rasoir multi-lames pour des raisons de prix, de qualité de rasage, de plaisir à se raser, etc. et souvent associé à l'usage d'un blaireau et de savon ou crème à raser. Le rasoir de sécurité est désigné couramment « rasoir à main » ou « rasoir mécanique ».

Le prix des têtes multi-lames met les rasoirs à main hors de portée de la plupart des habitants des pays émergents où sont toujours utilisés les rasoirs avec lame unique jetable à double tranchant (double-edge safety razor en anglais, dont l'abréviation courante est « DE »).

Le rasoir électrique[modifier | modifier le code]

Un rasoir électrique est un outil servant à couper les poils et parfois les cheveux de manière automatisée grâce à son alimentation électrique.

Un rasoir électrique

Le premier rasoir électrique est attribué à l'Américain Jacob Schick en 1928, il s'agissait de dents actionnées par un petit moteur et qui se déplaçaient latéralement derrière une grille[1]. Il mit son appareil en vente à partir de 1931 pour la somme de 25 dollars[1].

De nos jours, les poils sont coupés par un rotor, ou un couteau droit multilames oscillant derrière une grille.

En 1934, on avait déjà vendu aux USA 76 000 rasoirs électriques, trois ans plus tard on avait atteint le million et demi d'appareils.

En Europe, le Hollandais Philips est le premier à croire au potentiel de cette innovation. Il envisage tout d'abord d'importer les modèles américains, mais le projet est très vite abandonné et Philips décide de créer un modèle original. Un certain Lopez Cardoso est envoyé aux USA pour y acheter les produits de la future concurrence. Rapportés à Eindhoven (siège de la société Philips), ils sont soumis aux ingénieurs pour une batterie de tests et d'examens attentifs. Alexandre Horowitz, un inventeur, a l'idée de remplacer la grille rectangulaire par une ronde et de la munir de lames rotatives. Jusqu'en 1938, il met au point son prototype : une tête en bronze rotative, munie de trois lames tournant à 10 000 tr/min à l'intérieur d'un boîtier cylindrique présentant 48 fentes sur la face supérieure. Ce modèle fonctionnant bien, Horowitz décide de le fabriquer en série.

Le 14 mars 1939, le premier rasoir électrique à tête rotative est présenté au public à la foire du Printemps d'Utrecht. Une campagne publicitaire demandait aux visiteurs de venir non rasés pour essayer le nouvel appareil.

En 1960, la firme américaine Remington Corporation lance le premier rasoir électrique à piles[1].

Données commerciales[modifier | modifier le code]

En France, les marques de rasoirs humides les plus vendues sont Gillette, Wilkinson et BiC.

En France, les marques de rasoirs secs les plus vendues sont Braun, Philips.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g et h Les inventions qui ont changé le monde, Édition Sélection du reader's digest, 1982 (ISBN 2-7098-0101-9)
  2. Agnès Walch, « Le rasoir », Historia,‎ novembre 2011, p. 50 (ISSN 0750-0475)
  3. Voir razorandbrush.com, voir aussi le livre de Perret sur Google Livres
  4. Histoire de Gillette