Raid du Pont-de-Buis

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Raid du Pont-de-Buis
L'attaque la Poudrerie de Pont-de-Buis, anonyme, XIXe siècle.
L'attaque la Poudrerie de Pont-de-Buis, anonyme, XIXe siècle.
Informations générales
Date 12-19 juin 1795
Lieu Pont-de-Buis-lès-Quimerch
Issue Victoire des Chouans
Belligérants
Flag of France.svg Républicains Royal Standard of King Louis XIV.svg Chouans
Commandants
• Paul de Lantivy-Kerveno
• Pierre du Chélas
Forces en présence
12 à 14 hommes[1] 600 hommes[1]
Pertes
aucune
Chouannerie
Batailles
Première Chouannerie 1793-1795

Ambon · Trébiguet · Coëtbihan · Mangolérian · Saint-Jean-Brévelay · Trédion · Guémené-sur-Scorff · Le Faouët


Deuxième Chouannerie 1795-1796

Grand-Champ · Saint-Bily · Florange · Pont-de-Buis

Expédition de Quiberon

Groix · 1er Pontsal · Saint-Michel · 2e Pontsal · Auray · 1re Landévant · 2e Landévant · Fort Sans-Culotte · Carnac · Sainte-Barbe · Elven · Josselin · Plouharnel · Pont-Aven · Coëtlogon · Quintin · Quiberon

Pont de Bovrel ·
Elven · Camezon · Colpo · Remungol · Muzillac · Lemboh · Maigrit · Plaudren · Locminé


Troisième Chouannerie 1799-1800

Locminé · Mont-Guéhenno · 1er Redon · 2e Redon · La Tour d'Elven · Pont du Loc'h

Coordonnées 48° 15′ 19″ N 4° 05′ 18″ O / 48.255277777778, -4.0883333333333 ()48° 15′ 19″ Nord 4° 05′ 18″ Ouest / 48.255277777778, -4.0883333333333 ()  

Géolocalisation sur la carte : Finistère

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 Différences entre dessin et blasonnement : Raid du Pont-de-Buis.

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(Voir situation sur carte : Bretagne)
 Différences entre dessin et blasonnement : Raid du Pont-de-Buis.

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(Voir situation sur carte : France)
 Différences entre dessin et blasonnement : Raid du Pont-de-Buis.

Le raid du Pont-de-Buis se déroula lors de la chouannerie. En juin 1795, une troupe de plusieurs centaines de Chouans rassemblés à Guern effectue un raid sur Pont-de-Buis-lès-Quimerch où ils s'emparent d'une grande quantité de poudre à canon.

Le raid[modifier | modifier le code]

Au mois d'octobre 1794, Georges Cadoudal, Mercier la Vendée et d'Allègre de Saint-Tronc, évadés de la prison de Brest passaient à proximité de Pont-de-Buis alors qu'il regagnaient le pays d'Auray. Les trois hommes remarquent l'important dépôt de poudre dans cette commune. Depuis l'insurrection s'est organisée dans le Morbihan alors que le Finistère est resté calme, mais le Comité du Morbihan gardait un œil sur cette poudrerie[1].

Quelques mois plus tard, le pays de Melrand est en insurrection complète, le Chouans commandés par Jean Jan sont maîtres des campagnes mais ses hommes commencent à manquer de poudre alors que le débarquement de Quiberon est imminent. Jean Jan se décide enfin à tenter une expédition sur Pont-de-Buis afin d'y rafler toute la poudre entreposée. Le 10 juin, 300 Chouans se rassemblent discrètement à Guern, venus des environs de Baud, Guern, Pluméliau, Guénin et même Bignan, Moustoir-Ac, Plumelin et Locminé. La plupart, selon le témoignage du recteur de Landeleau, portaient le costume de Baud. Le commandement de l'expédition est confié à Paul de Lantivy-Kerveno, secondé par Leissègues, on compte aussi Videlo, dit « La Couronne » ou « Tancrède », chef des Chouans de Bubry, présent également l'abbé Guillo en tant que guide[1].

Les rebelles se mettent en marche le 12 juin, au nombre de 400 à 500 hommes. Ils traversent le Morbihan sans difficulté, tout le département leur est acquis. Dans les environs de Guémené-sur-Scorff, 100 hommes menés par Pierre du Chélas les rejoignent. Le 16 juin, à Roudouallec, ils engagent un second guide, une aventurière Louise Le Garrec, de Landévennec, les Chouans lui donnent un habit d'homme, puis entrent au Finistère. Ce département est moins sûr, cependant les abords du Morbihan leur sont encore favorables, des hommes menés par Keroulas de Trefry, Keroulas de Juch et Kersalaun de Leuhan rejoignent encore les Chouans. Ces deniers avancent prudemment, 100 hommes sont placés à l'avant-garde et des détachements sont disposés sur les flancs. Ils traversent Leuhan, puis gagnent Trégourez, qui est fouillée. À Landrévarzec, les habitants leur donnent du pain et des crêpes. À Edern, un instituteur soupçonneux, Le Prédour, leur demande leurs papiers, il est sabré par Kersalaun, puis achevé d'un coup de fusil. Les Chouans passent la nuit à Briec, où le prêtre constitutionnel Goraguer, est massacré dans la cour de son presbytère. Le lendemain, à Gouézec, autre jureur, l'abbé David, est tué par Kersalaun. Le même jour à Saint-Ségal, un autre prêtre constitutionnel, Guillou, et un instituteur sont capturés, le premier est fusillé, le second, reconnu, est gracié, l'arbre de la liberté est coupé et quelques maisons sont pillées[1].

Rafle de la poudre[modifier | modifier le code]

Le 17 juin, après une marche de 130 kilomètres, les Chouans arrivent au Pont-de-Buis. À une heure de l'après-midi, 200 hommes forcent les portes de la poudrerie. Celle-ci n'est gardée que par 12 ou 14 soldats invalides qui sont vite maîtrisés. Les Chouans trouvent de la poudre en telle quantité qu'ils ne peuvent tout prendre, les trois quarts sont jetés à la rivière et huit barriques sont saisies et placées sur des charrettes prises à Saint-Ségal. Après trois heures seulement, les Chouans repartent avec leur butin[1].

Le retour[modifier | modifier le code]

Sachant que désormais, l'alerte a été donnée aux Républicains, les Chouans repartent par une autre route. Ils passent au Nord, à Le Cloître-Pleyben et couchent au soir à Plonévez-du-Faou. Le premier bataillon républicain de la 67e demi-brigade mené par Colomb arrive à Pleyben, mais il renonce à poursuivre et gagne Briec où son commandant déclare avoir reçu l'ordre de marcher. Le 18, les Chouans sont à Landeleau où ils capturent le prêtre constitutionnel Le Bris, celui-ci est cependant gracié suite à l'intervention du prêtre réfractaire de Saint-Hernin[1].

Les troupes républicaines se réunissent à Carhaix et lancent leurs colonnes vers Le Faouët et Gourin. Mais les Chouans prennent un tout autre chemin, ils passent par les Côtes-d'Armor par Motreff, puis traversent Plérin, Glomel et Mellionnec où une partie des troupes se sépare après un premier partage. Les Chouans regagnent le pays de Melrand où la poudre est redistribuée entre les différentes divisions du Morbihan. Huit jours après l'armée des émigrés débarquait à Quiberon[1].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g et h François Cadic, Histoire populaire de la chouannerie, t. I, p. 556-560.