Pierre Gaveston

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Pierre Gaveston (ou Pieres de Gabaston, ou encore Gavaston ; en anglais : Piers Gaveston) est un chevalier gascon de la cour d'Angleterre, favori du roi Édouard II.

« Je ne me rappelle pas avoir entendu dire qu'un homme en aimât autant un autre. Jonathan chérit David ; Achille aima Patrocle. Mais nous ne lisons pas qu'ils furent immodérés. Notre roi, lui, fut incapable de faveur modérée, et pour Piers, s'oubliait lui-même ; et ainsi disait-on de Piers qu'il était sorcier »

— Vita Edwardi Secundi

Les origines de Piers Gaveston[modifier | modifier le code]

Blason de Pierre de Gabaston

Piers Gaveston (dans les documents anglais du XIVe siècle, il est le plus souvent nommé « Pieres de Gavaston ») naquit en Gascogne, d'Arnaud de Gabaston et de Claramonde de Marsan, au sein d'une famille noble issue du petit village de Gabaston[1], dans le Béarn. La sœur de Claramonde, Miramonde, ayant épousé un Pierre Caillau (ou Cailhau), de Bordeaux, il est possible que Piers Gaveston tirât son prénom de cet oncle, puisque aucun Pierre n'apparaît dans les prénoms en usage à l'intérieur de la famille de Gabaston. La Gascogne était alors possession des rois d'Angleterre, ducs d'Aquitaine par héritage de la reine Aliénor, épouse du roi Henri II. Ils étaient par conséquent vassaux du roi de France. Gaveston était-il alors Français ? Anglais ? Cette question n'a aucun sens : dans la pyramide médiévale, Piers Gaveston était avant tout Gascon.

Sa date de naissance est inconnue. Cependant, le roi Édouard Ier l'ayant investi, à la demande de son fils le prince héritier Édouard de Cærnarvon (futur Édouard II), de la tutelle des domaines de Roger Mortimer en juillet 1304 (le jeune Roger avait alors 17 ans), après le décès du père de Roger[2], Piers devait au moins avoir 21 ans à cette date ; aussi dut-il naître au plus tard à l'été 1283, au plus tôt en 1281, étant qualifié de "contemporain" d'Édouard de Cærnarvon, né en avril 1284[3].

Le grand-père paternel de Gaveston avait nom Garsie. Son père Arnaud, mentionné pour la première fois en 1269, était un baron en vue du Béarn, par son mariage en 1272 avec Claramonde de Marsan, cohéritière avec son frère Fortaner de Lescun de leur père, grand propriétaire terrien, Arnaud-Guillaume de Marsan[4]. C'est à travers les possessions de sa femme que Gabaston devint vassal du roi d'Angleterre[5]. Son service auprès d'Édouard Ier s'étendit sur une large période, depuis les guerres galloises de 1282–83, auxquelles il participa avec un contingent non négligeable[5]. Quelque temps avant le 4 février 1287, Claramonde mourut (plus tard, la rumeur courut en Angleterre que Claramonde avait été brûlée pour sorcellerie - ce qui est faux ; mais on prétendait également le père de Gaveston boucher de son état; cependant, nombre de contemporains anglais le croyait ; et cette rumeur est certainement à l'origine du commentaire du Vita au sujet du « sorcier » Gaveston), et Gabaston dut le reste de sa vie lutter contre les prétentions de ses rivaux, familiaux ou voisins, sur l'héritage de son épouse : cette situation le rendit financièrement dépendant du roi Édouard, et l'attacha continuellement à son service[6]. Aussi fut-il utilisé par deux fois comme otage par le roi: en 1288 auprès de la cour d'Aragon; puis en 1294 auprès du roi de France, d'où il parvint à s'échapper pour l'Angleterre en 1297[7]. Après un retour en Gascogne, il revint servir Édouard Ier en 1300, lors des premières guerres écossaises. Gabaston mourut dans le courant de mai 1302[6].

Arnaud et Claramonde eurent plusieurs enfants, parmi lesquels Arnaud-Guillaume et Gérard, dont on ne sait quasi rien, et au moins deux filles, qui se marièrent respectivement en 1286 et 1291 : à l'évidence, elles étaient plus âgées que Piers. Selon la Vita Edwardi Secundi, la sœur de Piers, Amie, était aux côtés de son frère lors du siège de Scarborough en 1312 - la fille illégitime de Gaveston portait d'ailleurs le nom de sa tante.

Gaveston à la Cour d'Édouard Ier[modifier | modifier le code]

Bien que selon une chronique, Piers soit dit ayant accompagné son père en Angleterre en 1297, la première mention fiable le concernant se rapporte à sa présence en Gascogne plus tard la même année, où il est au service d'Édouard Ier[8]. En 1300, Il fit voile vers l'Angleterre avec son père et son frère aîné, Arnaud-Guillaume de Marsan. C'est à cette époque qu'il devint membre de la suite du jeune prince Édouard de Cærnarvon[9]: le roi avait apparemment été impressionné par la conduite et l'habileté martiale de Gaveston lors des tournois, et il désirait qu'il servît de modèle à son propre fils.

Piers était l'un des dix pueri in custodia, gardiens royaux, compagnons d'Édouard ; étant le seul à apparaître sans maître à ses côtés, il semble que Piers fût le plus âgé. En août 1303, Piers est qualifié, à l'intérieur de la Maison du prince de Galles, de « socius » (compagnon), et non de « scutifer » (écuyer) – apparemment avait-il déjà trouvé la faveur de son prince. Le prince Édouard de Cærnarvon (devenu prince de Galles en 1301) n'avait pas tardé à montrer la plus grande amitié pour Piers Gaveston, réputé pour son esprit tout à la fois vif, mordant, et joyeux, mais aussi pour ses insolences : Édouard couvrit son compagnon d'honneurs et de présents, allant jusqu'à déclarer publiquement qu'il aimait Gaveston comme un frère. Dans le même temps, Gaveston devenait un proche de Roger Mortimer, à l'occasion de la tutelle qu'il exerçait sur ses biens, sur ordre du roi – un honneur insigne, qui, au vu de l'importance des propriétés de la famille Mortimer, eût dû échoir à un seigneur de haute naissance, et qui en dit long sur la considération dont Gaveston jouissait à la cour du roi Édouard Ier. Mais Gaveston, quelles que fussent ses qualités d'administrateur et de soldat, restait un noble de rang médiocre, dont le souverain n'attendait pas qu'il prétendît à une autre place. C'est pourquoi le roi commença à voir d'un mauvais œil la trop grande intimité qui se faisait jour entre son fils et le jeune chevalier gascon.

Le roi put enfin prendre la mesure de cette amitié pour la première fois l'été 1305 : sur avis du trésorier du royaume, Walter Langton, le roi avait ordonné la réduction du train de la Maison du prince, réduction touchant deux proches amis du prince, Piers Gaveston et Gilbert de Clare (non pas le neveu d'Édouard par sa sœur Jeanne d'Acre, le futur comte de Gloucester, mais le cousin de ce dernier, le seigneur de Thomond). Une brouille de plusieurs mois avait éclaté entre le père et son fils. Le 4 août 1305, le prince de Galles avait écrit à sa sœur Élisabeth pour lui demander de persuader leur jeune belle-mère, Marguerite de France, d'intercéder auprès du roi (il écrivit également directement à la reine). Édouard se plaignait dans sa lettre de la douleur d'être privé de ses amis.

« Si nous eussoms ceux deux, ove les autres que nous avoms, nous serrioms molt alleggez del anguisse que nous avoms endure, e suffroms uncor de iour en autre. » (Si nous avions ces deux-là (Piers et Gilbert), en plus des autres que nous avons, nous serions très soulagé de l'angoisse que nous avons endurée, et que nous souffrons encore de jour en jour).

Il fallut attendre plusieurs mois avant que le roi laissât retomber sa colère contre son fils, et accédât à son désir. Mais la dispute avait alarmé Édouard Ier qui, désormais, se méfiait de la violence des affections du prince. Les pensées du roi se révélèrent lorsque Gaveston, en compagnie de vingt-deux autres chevaliers, dont Roger Mortimer, déserta l'armée anglaise durant la campagne du printemps 1306 en Écosse, pour se rendre à un tournoi organisé en France. Furieux, le roi confisqua les biens des déserteurs au motif de forfaiture, émit des ordres afin de faire procéder à leur arrestation. Gaveston et ses compagnons supplièrent le prince de Galles d'intervenir auprès du roi son père en leur faveur. De nouveau secondé par la reine Marguerite, le prince plaida la cause des jeunes chevaliers : la plupart d'entre eux, parmi lesquels Mortimer, fut pardonnés et recouvrit ses possessions. Mieux : en mai 1306, le prince de Galles, Piers Gaveston et 265 autres furent adoubés à Westminster. Le roi semblait bel et bien avoir pardonné[10].

Édouard Ier apprit bientôt que le prince héritier et son ami avaient prononcé un serment de frère d'arme, les engageant à toujours combattre ensemble, à se protéger mutuellement et à partager toutes leurs possessions (le serment médiéval était l'un des engagements les plus contraignants qui fussent, dont on n'a guère idée aujourd'hui). Pour un roi, c'était inconcevable : non seulement il était monstrueux qu'un futur souverain fût lié par serment à un quelconque hobereau, dans l'incapacité d'être protégé de façon adéquate contre toute forme de complots ; mais le serment engageait aussi le jeune Édouard à partager le gouvernement du royaume avec Gaveston : c'était tout simplement inadmissible. La majesté royale était entamée. Le mécontentement du roi face à l'amitié de Gaveston et de son fils ne fit que croître. Le prince de Galles allait alors commettre une erreur qui devait précipiter la réaction royale.

Premier exil[modifier | modifier le code]

Déterminé à maintenir son serment, le prince de Galles avait résolu d'élever Gaveston au titre de comte, en lui confiant la comté de Ponthieu, possession personnelle du prince, pour laquelle il était vassal du roi de France. Selon Walter de Guisborough, le prince envoya au roi son père le très réticent trésorier Langton, qui vint annoncer la nouvelle à Édouard Ier, genoux à terre, en ces termes : « Mon seigneur roi, je suis envoyé ici par mon seigneur prince, votre fils – bien que, sur ma foi, à contrecœur – afin de chercher en son nom votre autorisation pour promouvoir le chevalier Piers Gaveston au rang de comte de Ponthieu. » Comme on s'en doute, le roi laissa éclater son mécontentement. Selon les dires, il se mit à hurler sur Langton : « Qui es-tu qui oses demander une telle chose ? Sur ma foi, si ce n'était la crainte du Seigneur, et parce que tu as avoué que tu ne t'étais chargé de cette mission qu'à contrecœur, tu n'aurais pas échappé à mes mains ! » Le roi convoqua le prince et lui ordonna d'expliquer par lui-même pourquoi il lui avait envoyé Langton. Le prince répondit qu'il demandait la permission royale de gratifier Piers Gaveston du comté de Ponthieu. En entendant ces mots, le roi fut submergé par la rage : « Misérable fils de pute ! Tu veux distribuer des terres maintenant, toi qui n'en as jamais conquis aucune ! Sur ma foi, sans la crainte de ruiner le royaume, jamais je ne te laisserais jouir de ton héritage ! ". Tout en parlant, le roi saisit son fils par les cheveux, dont il arracha des poignées entières, et le jeta au sol, où il le battit tant et plus, jusqu'à épuisement[11]. » Bien que le témoignage de Guisborough puisse être sujet à caution, il révèle cependant l'exaspération générale autour de Piers Gaveston.

Le roi convoqua alors les seigneurs en Parlement à Carlisle et, le 26 février 1307, exilait Gaveston du royaume, à dater du 30 avril. Cela parut davantage à tout le monde comme une punition infligée au prince et à sa démesure plutôt qu'à Gaveston lui-même[12] : la preuve que la conduite de Gaveston avait été irréprochable en cette affaire fut que, même banni, le roi Édouard lui accorda une confortable pension annuelle de 100 marcs (66 £, somme importante à l'époque) pour pourvoir à ses besoins dès qu'il serait hors du royaume et ce, jusqu'à ce qu'on le rappelle. Le roi obligea également le prince et son ami à faire serment de ne jamais tenter de se revoir sans sa permission. Le roi Édouard s'inquiétait-il de la proximité du chevalier et du prince ? Si tel était le cas, c'était davantage pour son influence et ses effets que pour des raisons d'ordre affectif : le Moyen Âge ne condamne en rien les démonstrations d'affection, parfois proches de l'amour, entre deux hommes ou deux femmes. Ne sont stigmatisées que les pratiques sexuelles interdites par l'Église, et qui peuvent concerner aussi bien un homme et une femme, que deux hommes, ou deux femmes. Le roi Édouard semble avoir davantage craint l'intempérance de son fils que l'objet de ses affections.

Le prince Édouard accompagna Piers à Douvres, et le couvrit de présents et d'argent avant son départ : une importante somme de 260 £ (quasi quatre fois le revenu annuel promis par le roi), cinq chevaux, pas moins de seize tapisseries, et deux tuniques molletonnées. Plus tard, Édouard devait encore lui envoyer deux équipements de joute, dont l'un de velours vert enrichi de perles, d'or et passepoilé d'argent…[13]

Premier rappel. Le comte de Cornouailles[modifier | modifier le code]

Édouard Ier mourut le 7 juillet 1307, près de Carlisle. Selon une chronique, il avait auparavant demandé à quelques-uns de ses plus fidèles serviteurs, Henry de Lacy, comte de Lincoln, Guy de Beauchamp, comte de Warwick, et Aymar de Valence, bientôt comte de Pembroke, de prendre soin de son fils, et plus particulièrement d'empêcher le retour de Piers Gaveston[14]. Le prince de Galles, qui se trouvait à Londres, ou proche de la ville, apprit la mort de son père le 11. Dix jours plus tard, Gaveston était de retour en Angleterre[15]. Cette même année, Édouard le faisait comte de Cornouailles[16] (titre qui devait initialement échoir à son frère Thomas de Brotherton[17], second fils d'Édouard Ier), l'unissait à sa nièce Marguerite de Clare (fille de Gilbert de Clare, comte de Gloucester, et de son épouse Jeanne d'Acre, sœur d'Édouard II), et le gratifiait d'un des plus hauts revenus d'Angleterre – environ 4 000 £ annuelles[18], approximativement 8 millions d'euro. On peut imaginer la réaction logique de la haute noblesse du pays, blessée dans l'orgueil de ses fonctions et de son identité.

Lettrine de la charte accordant à Gaveston la comté de Cornouailles, présentant les armes d'Angleterre en haut, et l'écu parti des armes de Gaveston et des Clare au-dessous

Le mariage de Piers Gaveston, désormais comte de Cornouailles, et de Marguerite de Clare, se déroula à Berkhampstead, le manoir de la reine douairière Marguerite, peu après l'enterrement du vieux roi. Il prêta l'occasion à de multiples fêtes et chasses, qui se poursuivirent à Kings Langley dans le Hertfordshire, et à un tournoi donné en l'honneur de Gaveston au château de Wallingford[19] – dont le roi fit présent à son favori – mais aussi à des désagréments pour plus d'un vieux seigneur présent : les jeunes et talentueux chevaliers de Gaveston gagnaient aisément contre les chevaliers plus âgés, combattant au service des comtes de Surrey (John de Warrenne), de Hereford (Humphrey de Bohun) et d'Arundel (Edmund FitzAlan). Cette humiliation provoqua une forte inimitié entre les deux partis en présence[20].

Piers et Édouard, maintenant âgé de 23 ans, passèrent le premier noël du règne ensemble dans le Kent, près du Wye, au manoir de l'Abbaye de Battle. Au commencement de 1308, Édouard II quitta l'Angleterre pour épouser Isabelle de France, tout juste âgée de 12 ans. Il nomma Gaveston régent du royaume, au grand dam de la noblesse, qui s'attendait à ce qu'Édouard désignât soit un prince de sang royal, soit un haut seigneur d'expérience, pour pourvoir à ce poste durant son absence[21]. Aussi surprenant que cela puisse paraître, il ne semble pas que Piers ait fait quoi que ce soit qui ait prêté à controverse durant l'exercice de ses fonctions – exception faite de la génuflexion qu'il imposait aux comtes demeurés en Angleterre. Son biographe Hamilton en déduit que, sans la présence de la majesté royale à ses côtés, Piers ne se sentait pas si à l'aise[22]. En nommant son favori, Édouard avait témoigné de sa confiance en ce dernier, mais le procédé avait encore accru l'impopularité de son ami.

Gaveston ne tarda pas non plus à s'attirer le ressentiment de la nouvelle reine. Lui et le roi eurent peut-être aussi une relation d'ordre sexuelle ; mais c'est surtout l'attention et le temps qu'accordait le roi à son favori, ainsi que sa préférence marquée pour le comte de Cornouailles, que l'on regarde comme causes premières de la discorde qui se fit rapidement jour à l'intérieur du couple royal.

Il faut ajouter à cela le comportement, choquant pour ses contemporains, que Gaveston adopta lors du couronnement des souverains en l'abbaye de Westminster, le 25 février 1308. Tous les comtes d'Angleterre avaient revêtu pour l'occasion le vêtement de toile d'or, comme ils en avaient le droit en présence du roi ; seul Piers apparut vêtu de la pourpre royale, enrichie de perles. Au grand déplaisir de l'assistance, et de la reine, Piers prit la place la plus importante dans la procession en route vers l'abbaye, juste en face d'Édouard et d'Isabelle eux-mêmes. Il porta la couronne de Saint-André, et attacha l'un des éperons du roi – deux actes hautement symboliques et significatifs de la place occupée par Gaveston auprès d'Édouard. Lors du banquet qui suivit, Édouard II offensa chacun en ignorant son épouse et sa famille, mais aussi en attirant toute l'attention sur son favori[23], à qui il avait confié l'organisation du banquet – qui se révéla un échec complet : la nourriture ne fut servie qu'à la nuit tombée, mal cuite, mal présentée. De plus, Édouard avait commandé pour l'occasion des tapisseries de cinq livres, à ses armes et à celles de Piers – mais pas à celles d'Isabelle. Si le but d'Édouard était d'insulter sa femme en particulier, et les Français en général, il y parvint parfaitement, et publiquement. Enfin, on découvrit que le roi avait fait don à Gaveston des bijoux et joyaux qu'il avait reçus à l'occasion de son mariage avec la princesse française.

Second exil : l'Irlande. Le retour[modifier | modifier le code]

Le trouble provoqué par Gaveston lors du mariage royal eut pour conséquence directe le bannissement du favori : l'offense était trop grande ; les hauts seigneurs ne supportaient plus le comte de Cornouailles : Édouard dut accepter d'ordonner le départ de son ami, à l'été 1308[24]. Mais Édouard se mit en tête de faire de lui son lieutenant pour l'Irlande, au grand dam des ennemis de Gaveston, qui avaient réellement espéré le voir quitter l'Angleterre disgracié[25]. Gaveston put de nouveau jouir là-bas de considération, pouvoir et dignité et, à l'été 1309, il avait acquis une solide réputation de bon administrateur militaire, après avoir fortifié Dublin et assuré l'ordre anglais sur l'île[26]. Il se peut que ce fût en Irlande que Gaveston entrât en conflit avec son ancien ami, le sire Roger Mortimer de Wigmore, Ier comte de la Marche, qui se trouvait en Irlande à la même période. Après de nombreuses tractations, Édouard parvint à faire revenir le favori en Angleterre, et Gaveston quitta l'Irlande le 23 juin 1309. Il fit route vers Stamford via Tintagel, qu'il atteignit à la fin du même mois[27].

Malheureusement, Piers n'avait dans l'intervalle appris ni le tact, ni l'importance de se concilier les puissants comtes d'Angleterre. Le nombre de ses ennemis n'avait cessé de gonfler : ainsi, même le modéré Aymer de Valence, 2e comte de Pembroke, que Gaveston offensa gravement en le désignant sous le nom de « Joseph le juif » : car c'est de cette époque (1309-1310) que datent les surnoms insultants dont Piers affubla les grands de la cour : le comte de Warwick était « le chien noir des Ardennes » ; le comte de Lancastre « le péquenot » ; le comte de Lincoln « Monsieur Panse-Crevée » (« Monsieur Boele-Crevée ») ; et le propre beau-frère de Piers, le comte de Gloucester, « le coucou » ou, plus cruellement, « le fils de pute » (« filz a puteyne »)[28]. La coupe était pleine pour un prince d'aussi haut rang que Thomas Plantagenêt, 2e comte de Lancastre, cousin germain du roi, et plus puissant seigneur du pays après le souverain. Une dernière maladresse de Gaveston fit de lui son pire ennemi : Gaveston persuada le roi de démettre de ses fonctions un domestique appartenant à la maison Lancastre. Il ne manquait qu'un détonateur: ce fut la désastreuse campagne d'Écosse.

La campagne d'Écosse[modifier | modifier le code]

Édouard avait décidé d'aborder un important sujet de mécontentement : la situation en Écosse. Édouard II avait, presque tout de suite après son accession au trône, abandonné les campagnes incessantes de son père contre le voisin écossais[29]. Par conséquent, Robert Bruce avait pu reprendre l'initiative militaire, reconquérir les territoires perdus et mettre sur pied des raids destructeurs dans le nord de l'Angleterre. Pour couronner le tout, Édouard avait continué à lever des impôts extraordinaires, destinés aux guerres d'Écosse, mais sans aucun résultat visible[30]. Si le roi pouvait se prévaloir de victoires contre les Écossais, il pourrait affronter plus confortablement le mécontentement de sa noblesse[31]. Aussi Édouard réunit-il, en juin, les feudataires en vue d'une nouvelle campagne militaire (beaucoup refusèrent, sous prétexte du travail qu'ils avaient à accomplir au Parlement)[32]. Quand le roi partit pour l'Écosse en septembre, seuls Gloucester, Warenne et Gaveston l'accompagnaient[33]. La campagne se révéla frustrante pour Édouard, puisqu'il ne parvint à pousser Robert Bruce à l'affrontement, ou même à des négociations. En février, Gaveston fut envoyé avec une armée au nord, depuis Roxburgh jusqu'à Perth, mais il échoua dans sa traque contre l'armée écossaise[34].

Tandis que l'armée royale était au nord, Édouard reçut la nouvelle de la mort du comte de Lincoln, survenue le 6 février 1311[35]. Cela signifiait la perte d'une personnalité modératrice parmi les barons du pays, alors que Thomas Plantagenêt, comte de Lancastre – gendre et héritier de Lincoln – apparaissait de plus en plus comme le nouveau chef de file des mécontents[36]. De plus en plus acculé, Édouard dut se résoudre à réunir un nouveau Parlement. À la fin juillet, il nomma Gaveston lieutenant d'Écosse, et partit pour Londres[37]. Bruce échappait toujours aux Anglais, parvenant même à conduire un raid victorieux début août dans le nord de l'Angleterre. Peu après, Gaveston partit pour le château de Bamburgh dans le Northumberland[38]. Quand le Parlement se réunit le 16 août, on présenta au roi un ensemble de réformes de la Maison Royale, ainsi qu'une demande pour le renouvellement de l'exil de Piers Gaveston[39]. Édouard tenta de négocier : l'acceptation des réformes contre le maintien de Gaveston ; mais l'opposition, menée par le cousin du roi, refusa. Édouard fut contraint d'exiler Gaveston : c'était désormais le risque d'un conflit armé qui se profilait. Les ordonnances furent finalement publiées le 27 septembre[40]. Le 3 novembre, deux jours après la date butoir, Gaveston quittait l'Angleterre[41].

Troisième exil et fin[modifier | modifier le code]

Pierre Gaveston gisant mort aux pieds de Guy de Beauchamp, 10e comte de Warwick. (dessin du XVe siècle.)

Piers Gaveston se retrouvait donc contraint à l'exil une troisième fois. On ne sait pas où Gaveston trouva refuge : les conditions de son bannissement excluaient toute possession de la couronne anglaise - et donc l'Aquitaine et l'Irlande[41]. Il est très probable qu'il vint en France mais, considérant les sentiments du roi de France à son égard, il n'a pas dû y rester longtemps : les Flandres ont dû l'accueillir le plus longtemps[42]. Mais cette fois, son absence durant encore moins longtemps que son second exil : moins de deux mois. De retour dès la Noël 1311, il rejoignait le roi au début de l'année 1312, probablement au château de Knaresborough le 13 janvier. La raison de ce retour si rapide peut avoir été la naissance de sa fille Jeanne. Après le baptême de l'enfant, Édouard donna une coûteuse réception : la reine Isabelle rejoignit son époux, et le futur Édouard III fut conçu à cette occasion. Le 18 janvier, Édouard déclara illégal le jugement contre Gaveston, et le restaura dans toutes ses possessions[43].

Ayant constaté que Gaveston était revenu, sinon de son propre chef, du moins soutenu par le roi et contre l'avis des pairs du royaume, le comte Thomas de Lancastre leva bientôt une armée contre Gaveston et son cousin le roi.

Vue du château de Warwick depuis l'église Sainte Marie

Le 4 mai, en compagnie de Henry de Percy, baron Percy et de Robert de Clifford, baron de Clifford, il attaqua Newcastle, où Édouard et son favori s'étaient retranchés. Les deux hommes durent s'enfuir vers le château de Scarborough[44], abandonnant dans la précipitation de leur départ argent et soldats, dont le comte de Lancastre s'empara. Édouard poursuivit alors vers le sud, afin de lever une armée, laissant Gaveston revenir à Scarborough. Lancastre mit aussitôt son armée en marche pour menacer Gaveston et le couper du roi. Bientôt assiégé et craignant pour sa vie s'il devait être pris par Lancastre, Gaveston dut se rendre, le 19 mai[45], à son vieil ennemi, le chevaleresque comte de Pembroke, qui jura sur ses terres et titres de le protéger[46]. Mais Gaveston fut capturé dans l'Oxfordshire par le comte de Warwick Guy de Beauchamp, qui le conduisit en son château[47] où il le retient neuf jours avant que Thomas de Lancastre ne fît son apparition ; Lancastre se prononça alors : « Tant qu'il vivra, il n'existera aucun endroit sûr dans le royaume d'Angleterre ». Et c'est ainsi que, le 19 juin, Piers Gaveston fut mené à Blacklow Hill (possession du comte de Lancastre), où il fut exécuté, percé par l'épée puis décapité, son corps abandonné au sol[48] sur ordre des comtes de Lancastre, de Hereford et d'Arundel[49] (le comte de Warwick, qui l'avait pourtant enlevé, n'eut pas le courage d'assister à l'exécution). Les comtes lui avaient cependant fait l'honneur de mourir décapité comme un noble, étant le beau-frère du comte de Gloucester. Plus tard, son cadavre fut conduit auprès des Dominicains d'Oxford[48] , qui en recousirent la tête avant de l'embaumer. Quant à Marguerite de Clare et sa fille, elles survécurent à Gaveston (Marguerite était princesse royale et ne risquait donc rien).

Piers et Édouard avaient été obligés d'abandonner les biens de Piers, dans leur fuite de Newcastle[50] . Ces biens furent inventoriés avant d'être retournés – à contrecœur – à Édouard[51]  : des pages et des pages de joyaux, boucles de ceinture, fermaux ; plus de soixante chevaux, pots, tapisseries, manteaux, tentures, chasubles, coupes, bassins, chariots… Quelques exemples, parmi des centaines : " une boucle de ceinture en or, avec deux émeraudes, deux rubis, deux saphirs et onze perles; une œuvre d'orfèvrerie en or avec neuf émeraudes et neuf grenats; une autre ceinture en peau de lion, enrichi d'or et d'un camée, d'une valeur de 166 £; cent boucliers d'argent, frappés d'une aigle. "

Un rubis estimé à la prodigieuse somme de 1 000 £ de l'époque – peut-être 2 millions d'euro – fut trouvé sur le cadavre de Gaveston.

Le comte de Pembroke, qui avait engagé son honneur pour protéger le favori, fut mortifié par l'annonce de sa mort, étant allé jusqu'à essayer de lever une armée pour le libérer et de faire intervenir l'autorité morale de l'Université d'Oxford (mais l'Université n'avait pas le moindre intérêt à aider ni Valence, ni Gaveston)[52]. La douleur d'Édouard fut immense – plus tard, elle laissa place à une froide colère, et à une volonté inflexible de détruire ceux qui l'avaient privé de son favori. Les circonstances cependant l'empêchaient de toute action immédiate contre les exécuteurs[53]. Le roi resta plusieurs jours auprès du cadavre de Gaveston, qu'on lui avait remis. Il fallut finalement lui arracher le cadavre de force.

Dix ans plus tard, Édouard II vengea Gaveston en faisant exécuter son cousin, Thomas Plantagenêt, comte de Lancastre.

Post mortem[modifier | modifier le code]

le monument de 1823 en mémoire de Gaveston, sur la colline de Blacklow.

Édouard n'oublia jamais son ami. Il fit tout ce qui était en son pouvoir pour lever l'excommunication sur Piers, qui empêchait toutes funérailles en terre consacrée (mais même après cette levée, Édouard eut le plus grand mal à se séparer du corps heureusement embaumé). Ce n'est que trois ans après la mort de Gaveston, au début de janvier 1315, que le roi put enfin faire enterrer son ami au prieuré de Langley, qu'Édouard avait fondé en 1308. Les funérailles furent très coûteuses, et l'occasion pour Édouard d'une intense émotion. Il paya 300 £ pour trois vêtements d'or, afin d'en habiller le corps de Piers, et passa commande de 23 barils de vin (environ 22 000 litres, ou 5 800 gallons). Plus tard, Édouard dota Langley de 500 marcs annuels. Édouard était très inquiet du repos éternel de son ami : entre octobre 1315 et octobre 1316, il commanda à chaque établissement augustinien d'Angleterre et d'Irlande de célébrer une messe quotidienne pour le repos de l'âme de Piers Gaveston ; en 1319, il acquit une étoffe turque qu'il fit placer sur la tombe de Piers, avant de la faire remplacer par un tissu de fil d'or ; en 1324, il envoya son propre confesseur à Langley pour marquer l'anniversaire de la mort de Piers ; et en 1325, il missionna un homme pour qu'il remît à chaque frère 100 shillings, afin qu'ils se souvinssent de Piers dans leurs prières. En 1326 enfin, dernière année de son règne, il paya encore plusieurs clercs de plusieurs maisons religieuses afin qu'ils priassent pour l'âme de son ami.

Les liens entre Gaveston et Édouard II[modifier | modifier le code]

Les témoignages sur les liens unissant Gaveston au roi d'Angleterre sont difficiles à interpréter aujourd'hui. Les Annales Paulini disent qu'Édouard aimait Gaveston « au-delà de toute mesure », et la Chronique de Lanercost que l'intimité entre les deux hommes étaient « excessive »[54]. La Chronique de Melsa affirme qu'Édouard « se plaisait particulièrement au vice de sodomie », sans pour autant faire référence explicite à Gaveston[55]. La représentation d'un Gaveston « homosexuel » se poursuivit aussi bien dans le Édouard II du dramaturge Christopher Marlowe au début des années 1590 que dans son adaptation en 1924 par Brecht et Lion Feuchtwanger[56].

Les historiens contemporains sont divisés sur le sujet. T. F. Tout, rejetait l'idée en 1914[57]. D'un autre côté, J.S. Hamilton, qui a composé une biographie de Gaveston en 1988, écrit qu'« il n'y a pas de doute que le roi et son favori fussent amants. »[55] Quelques années plus tard, Pierre Chaplais se montrait plus réservé. Chaplais s'appuie aussi bien sur le fait qu'Édouard eut quatre enfants de son épouse — et même un fils illégitime — que sur le silence relatif des commentateurs du XIVe siècle sur le sujet[58]. De plus, selon lui, il serait difficile de croire que le roi Philippe-le-Bel eût autorisé le mariage de sa fille avec Édouard si ce dernier avait été connu pour des pratiques sexuelles réprouvées[59]. Mais dans tous les cas, il faut se rappeler qu'user du mot homosexuel en traitant d'une époque où ce même mot n'existait pas conduit à une lecture anachronique, comme le souligne notamment Mark Ormrod. Selon lui, d'ailleurs, il serait plus intéressant de s'intéresser aux motivations derrière l'argument de la sexualité dans les attaques dirigées contre le roi et Gaveston par leurs contemporains[60].

Si Gaveston et le roi furent amants, reste posée la question des conséquences sur leur vie et leur chute respective. John Boswell, dans son Christianity, Social Tolerance, and Homosexuality, qualifie Gaveston d'amant d'Édouard, et écrit qu'il y a peu de doute que l'épouse d'Édouard et les barons d'Angleterre fussent "violemment hostiles aux tendances sexuelles d'Édouard, bien qu'il eût rempli ses obligations royales en engendrant quatre enfants avec Isabelle."[61] Boswell avance qu'Édouard et Gaveston tombèrent victimes d'une évolution des mentalités au sein des pouvoirs séculiers en Europe Occidentale, qui fit suite au procès des Templiers de 1307[62]. Cette interprétation est mise en doute par Hamilton. « Le favori fut tué à cause de sa mainmise sur les grâces royales », écrit-il, « pas à cause de son accès à la chambre du souverain[63]. » Le même point de vue se retrouve chez Roy Martin Haines, dans sa biographie du roi de 2003[64].

Mais ce qui choqua les contemporains, ce fut l'ascension fulgurante d'un homme qui, de petite noblesse, n'avait jamais fait ses preuves, et dont la faveur, incontrôlée, avait ébranlé les bases de la société de cour. Édouard eût-il patiemment, année après année, bâti la fortune de son ami ; Piers eût-il fait profil bas, réglé sa conduite selon l'humilité, la gratitude ; eût-il évité de blesser les hauts seigneurs par son insolence ; l'histoire eût certainement été différente. L'histoire d'Édouard II d'Angleterre et de son ami Piers Gaveston est exemplaire en ce qu'elle met en jeu ce qui est à la base même de la tragédie grecque : l'hubris, la démesure. La sexualité n'y a en fait joué qu'un rôle secondaire et, presque, rétrospectif ; un argument supplémentaire pour justifier a posteriori la chute d'un roi.

Approches historiques[modifier | modifier le code]

Édouard II et Gaveston, Marcus Stone, 1872

Les contemporains ou proches de cette époque se montrent généralement négatifs à l'égard de Gaveston, l'accusant de nombreux troubles : assèchement du trésor, orchestration de l'arrestation du trésorier Walter Langton, favoritisme au profit d'étrangers dont il remplit la Cour[56]. Selon la Chronique Lanercost, « on ne trouvait personne qui eût un mot favorable à l'égard du roi ou de Piers[65]. » Cependant, aucun chroniqueur ne nie que Gaveston eût des qualités. Les chroniqueurs irlandais reconnaissent tant son habileté militaire qu'administrative durant son séjour. De la même façon, Geoffroy le Boulanger le définit comme « gracieux et agile de son corps, l'esprit aiguisé, raffiné dans ses manières, [et] suffisamment bien versé dans les affaires militaires[56]. » Cependant, Marlow s'attache uniquement aux aspects négatifs de Gaveston, dressant – selon Hamilton – le portrait d'un « sycophante homosexuel avec une tendance marquée pour l'avarice, le népotisme et d'une fierté démesurée[56]. » Cette impression demeura longtemps dans l'imagination populaire. Les siècles suivants, Piers fut élevé en modèle à l'adresse des favoris royaux, ce qui ne fit qu'obscurcir la réalité de sa personnalité, au profit du symbole.

Les premiers historiens modernes qui se penchèrent sur le règne d'Édouard II – William Stubbs, Thomas Frederick Tout et James Conway Davies – ajoutèrent peu à la compréhension de Gaveston. Généralement en accord avec les Chroniques, ils accordèrent peu d'importance au comte de Cornouailles à l'intérieur de leur champ de recherches, l'histoire constitutionnelle[66]. Les historiens postérieurs s'intéressèrent davantage aux personnes. À partir des années 1970, le sujet d'étude devint les relations personnelles entre les feudataires et la Couronne, et l'attribution des grâces royales. C'est à cette école de pensée qu'appartient Hamilton pour qui l'animosité des barons envers Gaveston réside dans l'accaparement de ces grâces[67]. Chaplais, lui, utilise une autre approche : selon lui, Édouard était plus ou moins indifférent au pouvoir, et en délégua largement l'exercice à Gaveston[68]. Au lieu d'une relation homosexuelle, il suggère que le lien entre les deux hommes relevât d'une fraternité d'adoption[69]. On retrouve déjà ce concept à l'intérieur de la Bible, dans l'interprétation traditionnelle et platonique de l'amitié unissant David et Jonathan, mais aussi au Moyen Âge, dans l'histoire de Roland et du Paladin Olivier[70].

Dans la culture populaire moderne, Gaveston a été représenté sous diverses formes : en 1991, dans le film de Derek Jarman Edward II, basé sur la pièce de Marlowe, Édouard et Gaveston apparaissent comme victimes d'homophobie et de préjugés[71]. Dans le film de 1995 Braveheart, au contraire, Gaveston (sous le personnage de 'Phillip') est à nouveau caricaturé comme efféminé arrogant[72].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les différences du même nom ne sont qu'une variation d'épellation. Le lieu d'origine de la famille est bien Gabaston; (en) Kenneth Vickers, England in the Later Middle Ages, Methuen,‎ 1913 (lire en ligne), p. 86
  2. Prince Edward received this title in 1301; Prestwich (1997), p. 226.
  3. Chaplais 1994, p. 4
  4. Hamilton 1988, p. 20–21
  5. a et b Hamilton 1988, p. 22
  6. a et b Hamilton 1988, p. 25
  7. Hamilton 1988, p. 22–24
  8. Hamilton 1988, p. 29
  9. Chaplais 1994, p. 20
  10. Chaplais 1994, p. 21
  11. Guisborough, pp. 382–3.
  12. Hamilton 1988, p. 34
  13. Hamilton 1988, p. 35–36
  14. Prestwich (1997), p. 557.
  15. Chaplais 1994, p. 24–26
  16. McKisack (1959), p. 3.
  17. Maddicott 1970, p. 71
  18. Hamilton 1988, p. 40
  19. Vita Edwardi, p. 3.
  20. Haines (2003), p. 103.
  21. Chaplais 1994, p. 34–35
  22. Hamilton 1988, p. 45–46
  23. Hamilton 1988, p. 48
  24. Maddicott 1970, p. 73
  25. Chaplais 1994, p. 50–51
  26. Hamilton 1988, p. 58–61
  27. Maddicott 1970, p. 103
  28. Hamilton 1988, p. 75. Les divers chroniqueurs ne s'entendent pas sur l'exactitude de chaque surnom. Un résumé assez exhaustif se trouve dans; Tout (1914), p. 13.
  29. Barrow (1965), p. 246.
  30. Maddicott 1970, p. 108–109
  31. Hamilton 1988, p. 80
  32. Maddicott 1970, p. 113–114
  33. Hamilton 1988, p. 81
  34. Hamilton 1988, p. 84–86
  35. Hamilton 1988, p. 84
  36. Maddicott 1970, p. 80–81, 114–115.
  37. Hamilton 1988, p. 86
  38. Hamilton 1988, p. 86–87
  39. McKisack (1959), p. 12–5.
  40. Hamilton 1988, p. 87
  41. a et b Chaplais 1994, p. 74
  42. Hamilton 1988, p. 91–92
  43. Hamilton 1988, p. 93
  44. Hamilton 1988, p. 95–96
  45. Phillips (1972), pp. 32–3.
  46. Phillips (1972), pp. 33–4.
  47. Maddicott 1970, p. 127
  48. a et b Hamilton 1988, p. 99
  49. Maddicott (1970), pp. 127–8.
  50. (en) R.A. Roberts, « Edward II, the lords ordainers, and Piers Gaveston's jewels and horses 1312–1313 », Camden Miscellany, no 15,‎ 1929, viii, 26
  51. Altschul (1965), p. 163.
  52. Hamilton 1988, p. 97–98
  53. Maddicott 1970, p. 130–154
  54. Chaplais 1994, p. 7
  55. a et b Hamilton 1988, p. 16
  56. a, b, c et d Hamilton 1988, p. 13
  57. Tout (1914), p. 13.
  58. Chaplais 1994, p. 7–10, 113–114.
  59. Chaplais 1994, p. 9–10
  60. (en) Mark Ormrod, The Reign of Edward II: New Perspectives, Woodbridge, York Medieval Press, Boydell,‎ 2006, 22–47 p. (ISBN 1-903153-19-0), « The Sexualities of Edward II »
  61. Boswell (1980), p. 298.
  62. Boswell (1980), p. 296–300.
  63. Hamilton 1988, p. 17
  64. Haines (2003), p. 42–3.
  65. Chaplais 1994, p. 6
  66. Hamilton 1988, p. 14
  67. Hamilton 1988, p. 15
  68. Chaplais 1994, p. 3
  69. Chaplais 1994, p. 12–13, 20–22.
  70. Chaplais 1994, p. 14–20
  71. (en) Jeannette Catsoulis, « Edward II (1992): Historical Edward II and Gay Issues Today », The New York Times,‎ 14 November 2008, p. 10 (lire en ligne)
  72. (en) John Aberth, A knight at the Movies: Medieval History on Film, New York, Routledge,‎ 2003 (ISBN 0-415-93886-4, lire en ligne), p. 304

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources premières[modifier | modifier le code]

Sources secondaires[modifier | modifier le code]

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  • (en) G. W. S. Barrow, Robert Bruce and the Community of the Realm of Scotland, Londres, Eyre & Spottiswoode,‎ 1965
  • (en) John Boswell, Christianity, Social Tolerance, and Homosexuality: Gay People in Western Europe from the Beginning of the Christian Era to the Fourteenth Century, Chicago, University of Chicago Press,‎ 1980 (ISBN 0-226-06711-4, lire en ligne)
  • (en) Burgtorf, J., Fourteenth Century England V, Woodbridge, Boydell Press,‎ 2008, 31–51 p. (ISBN 1-84383-387-5, lire en ligne), « With my Life, His Joyes Began and Ended: Piers Gaveston and King Edward II of England Revisited »
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  • (en) Chris Given-Wilson, The English Nobility in the Late Middle Ages, London, Routledge,‎ 1996 (ISBN 0-415-14883-9, lire en ligne)
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  • Romain Weber, l'Histoire tragique et mémorable, de Pierre de Gaverston in Fictions narratives en prose de l'âge baroque, Honoré Champion, Paris, pp. 507-509, 2007.