Stratum corneum

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir cornée (homonymie).
coupe longitudinale de l'épiderme faisant apparaître la stratum corneum en haut.
Représentation schématique de la coupe ci-dessus.

La Stratum corneum (SC) ou couche cornée, est la couche la plus éloignée de l'épiderme, et comprend la surface de la peau. Elle est composée principalement de cellules mortes appelées cornéocytes dont la perte du noyau cellulaire résulte de la différenciation épidermique. Ces cellules sont reliées entre elles par des desmosomes particuliers appelés cornéodesmosomes et forment un réseau de cellules. Entre les cornéocytes, se trouve un domaine intercellulaire riche en lipides, en particulier des lipides de la famille des céramides. La fonction protectrice de la peau est en grande partie due à la stratum corneum : un très faible contenu en eau, associé à un pH acide, la présence de protéases, de lipides à propriété antibactérienne et d'une flore bactérienne commensale en font une barrière efficace de première ligne contre les invasions bactériennes[1]. C'est dans cette couche par ailleurs que se retrouvent les pigments de mélanine qui donnent une tonalité plus ou moins foncée de la peau[2].

Localisés dans cette couche se trouvent des "facteurs d'hydratation naturels" (naturel moisturizing factors NMF - acides aminés, acide hyaluronique, glycérol...)[3] qui maintiennent le degré d'hydratation de la peau à un niveau optimal. Ces facteurs sont des molécules solubles et représentent entre 10 et 30 % du contenu des cornéocytes[4]. Une dérégulation de la proportion de ces facteurs, pour une raison ou une autre, peut entraîner des troubles de l'hydratation de la peau, comme la sécheresse. Ces NMF peuvent être perdus par effet mécanique, par exemple après de nombreux lavages de peu, et donc assécher la peau. Ce qui explique l'observation paradoxale qu'une exposition prolongée de la peau avec de l'eau a pour effet de désecher celle-ci. Les lipides ont pour fonction, entre autres, de prévenir le lavage de ces facteurs.

Ces cellules sont continuellement éliminées et remplacées par les cellules d’une couche inférieure. Cette exfoliation appelé desquamation résulte de l'action de protéases - une quinzaine intervenant dans ce processus ont été identifiés - qui clivent les protéines constitutives des cornéodesmosomes reliant entre eux les cornéocytes; ceux-ci ne sont alors plus solidaires du réseau de cornéocytes et tombent[4].

Elle s’organise en plusieurs couches. Le nombre de couches de cellules qui compose la couche cornée varie selon la région du corps observée. 4 à 8 assises cellulaires en moyenne, on en compte 15 à 20 au niveau de la peau du dos ou de l’abdomen, plusieurs centaines au niveau de la plante des pieds. L’épaisseur de la couche cornée varie donc avec les besoins.

La couche cornée est constituée de cellules accolées les unes aux autres formant des lamelles souples et résistantes. Cette couche épidermique est très pauvre en eau, elle est imprégnée de graisse épidermique.

Pharmacologie[modifier | modifier le code]

Un grand nombre de médicaments sont administrés par la peau, sous forme de crème. Il a été montré que les molécules actives rejoignent le flux sanguin en passant par la partie lipidique de la SC.

Pathologies[modifier | modifier le code]

Les lipides présents entre les cornéocytes sont activement transporté depuis la cellule productrice vers l'espace intercellulaire. L'ichtyose congénitale forme récessive est une maladie dramatique du nouveau né qui résulte d'un transport de lipide déficient provoqué par une mutation du gène produisant la protéine ABCA12, qui est une protéine de la famille des transporteurs ABC.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. The skin barrier as an innate immune element., résumé sur Pubmed
  2. Water Distribution and Related Morphology in Human Stratum Corneum at Different Hydration LevelsJournal of Investigative Dermatology (2003) 120, 750–758
  3. Rawlings, Scott, Harding et Bowser, Stratum Corneum Moisturization at the Molecular Level, Journal of Investigative Dermatology (1994) 103, 731–740
  4. a et b Stratum Corneum Moisturization at the Molecular Level: An Update in Relation to the Dry Skin Cycle, Journal of Investigative Dermatology (2005) 124, 1099–1110