Rétinoblastome

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Rétinoblastome
Classification et ressources externes
Rb Retina Scan.jpg
Lésions de rétinoblastome photographiées avant et au cours d'une chimiothérapie
CIM-10 C69.2
CIM-9 190.5
ICD-O : M9510/3
OMIM 180200
DiseasesDB 11434
MedlinePlus 001030
eMedicine oph/346 
MeSH D012175
GeneReviews Retinoblastoma
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Rétinoblastome
Référence MIM 180200
Transmission Récessive, mais la deuxième mutation a lieu dans 97 % des cas
Chromosome 13q14.1-q14.2
Gène RB1
Mutation Ponctuelle
Mutation de novo Rare
Nombre d'allèles pathologiques Plus de 400
Incidence 1 pour 20000 naissances
Pénétrance Variable
Maladie génétiquement liée Ostéosarcome
Diagnostic prénatal Possible
Liste des maladies génétiques à gène identifié

Le rétinoblastome est une tumeur maligne de la rétine, d'origine génétique, apparaissant habituellement avant l'âge de 5 ans.

Épidémiologie[modifier | modifier le code]

Le rétinoblastome peut atteindre un œil ou les deux. La moitié des rétinoblastomes est diagnostiquée avant l'âge de deux ans et 45 % touchent les deux yeux avant l'âge de 15 mois. L'incidence varie, suivant les études, entre 3 et 50 par million d'enfants de moins de 14 ans[1].

Génétique[modifier | modifier le code]

Ce cancer survient chez les enfants porteurs de deux allèles pathologiques du gène RB1 située sur le chromosome 13.

Une cause génétique a été suspectée dès les années 1970[2]. Le développement du cancer est dû à une mutation présente sur chacun des deux chromosomes 13 en position 13q14. Elle a été découverte dans les années 1980[3]. La protéine codée, Rb, est alors non fonctionnelle. Son rôle est le contrôle négatif du cycle cellulaire, c'est pourquoi si elle est mutée la cellule se divise sans frein, causant ainsi la tumeur. La protéine Rb est présente dans toutes les cellules du corps, mais c'est dans la rétine qu'elle a le rôle le plus important car il y a peu d'autres freins au cycle cellulaire à cet endroit. L'inactivation isolée de la protéine Rb est cependant nécessaire mais pas suffisante pour amorcer le processus tumoral[4]. Elle provoquerait une « instabilité » du génome[5] expliquant la cancérisation. Cette inactivation peut être (rarement) partielle conduisant à une pénétrance réduite[6].

Les porteurs d'un seul allèle pathologique auront un risque augmenté de cancer non oculaire en rapport avec le gène RB. La survenue d'un deuxième cancer (ostéosarcome dans la moitié des cas) est fréquente : le risque sur 30 ans varie de 35 % (s'il y a eu une radiothérapie contre le rétinoblastome) à 60 % (s'il n'y en a pas eu). Bien qu'en théorie la radiothérapie augmente le risque de développer un cancer plusieurs années après le traitement, dans ce cas-là, c'est l'inactivation de RB1 qui est à l'origine de la seconde néoplasie.

La mutation peut être « de novo », et donc, non héritée du père ou de la mère, ou transmise par ces derniers. Dans ce cas, la mutation vient le plus souvent d'une cellule germinale du père[7]. Dans de rares cas, la mutation peut être de type mosaïque[8], c'est-à-dire, présente seulement sur certaines cellules. Les rétinoblastomes bilatéraux sont héréditaires. Les formes unilatérales ne sont pas transmissibles aux enfants dans la majorité des cas[9].

Diagnostic[modifier | modifier le code]

Leucocorie de l'œil droit

Il y a deux signes qui indiquent qu'il y a un risque de rétinoblastome chez une personne :

Traitement[modifier | modifier le code]

La prise en charge du rétinoblastome a fait l'objet de la publication de recommandations par la Canadian Retinoblastoma Society[10].

Les traitements sont soit la chirurgie avec parfois une ablation chirurgicale de l'œil, la chimiothérapie (cisplatine, étoposide et vincristine[11]), le laser diode, la thermo-chimiothérapie, la cryothérapie, la radiothérapie ou la photocoagulation.

L'énucléation est souvent la seule option dans les formes non diffuses dans les pays en voie de développement. L'examen anatomopathologique de l'œil permet de voir si la tumeur est restée intra-oculaire.

La radiothérapie externe a été utilisée dès le années 1950[12] mais son utilisation augmente le risque de survenue d'un second cancer dans les années qui suivent[13]. Une radiothérapie plus ciblée, dite stéréotaxique, pourrait être un traitement d'appoint dans certaines formes[14].

Un contrôle régulier du fond d'œil et un suivi pédiatrique sont nécessaires.

Associations[modifier | modifier le code]

En France, RETINOSTOP[15] est l'Association française de lutte contre le rétinoblastome.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Kivela T, The epidemiological challenge of the most frequent eye cancer: retinoblastoma, an issue of birth and death, Br J Ophthalmol, 2009;93:1129-1131
  2. Knudson AG, Mutation and cancer: statistical study of retinoblastoma, Proc Natl Acad Sci USA, 1971;68:820-823
  3. Friend SH, Bernards R, Rogelj S et al. A human DNA segment with properties of the gene that predisposes to retinoblastoma and osteosarcoma, Nature, 1986;323:643-646
  4. Corson TW, Gallie BL, One hit, two hits, three hits, more? Genomic changes in the development of retinoblastoma, Genes Chromosomes Cancer, 2007;46:617-634
  5. Dimaras H, Khetan V, Halliday W et al. Loss of RB1 induces non-proliferative retinoma: increasing genomic instability correlates with progression to retinoblastoma, Hum Mol Genet, 2008;17:1363-1372
  6. Lohmann DR, Brandt B, Hopping W, Passarge E, Horsthemke B, Distinct RB1 gene mutations with low penetrance in hereditary retinoblastoma, Hum Genet, 1994;94:349-354
  7. Zhu XP, Dunn JM, Phillips R, et al. Preferential germline mutation of the paternal allele in retinoblastoma, Nature, 1989;340:312-313
  8. Rushlow D, Piovesan B, Zhang K et al, Detection of mosaic RB1 mutations in families with retinoblastoma, Hum Mutat, 2009;30:842-851
  9. Dimaras H, Kimani K, Dimba EA et al. Retinoblastoma, Lancet, 2012;379:1436 - 1446 Pathologic Basis of Disease, Robbins and Cotran & The Cell, Alberts