Maison pontificale

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Depuis la fin de l'Empire romain, l'évêque de Rome ou Pape a progressivement cumulé les fonctions religieuses de Pontife suprême de l'Église catholique romaine et les fonctions régaliennes de chef d'un État souverain reconnu universellement. Ce processus est qualifié par les historiens d' imitatio imperii (imitation de la fonction impériale). Pour exercer ces deux fonctions, il a dû être aidé de personnes, ecclésiastiques et laïcs, qui vivaient auprès de lui et l'aidaient au quotidien. C'est cet ensemble de personnes que l'on appelait « Cour pontificale » ou « Curie » et qui a reçu au XXe siècle le titre de Maison pontificale. Cette Maison pontificale est divisée en deux parties :

Le 28 mars 1968, par le motu proprio Pontificalis domus, le Pape Paul VI (1963-1978) réorganise profondément la Maison pontificale. Il écrit notamment qu'il convient d'accorder la priorité à « ce qui est efficace, fonctionnel, logique, face à ce qui, à l'inverse, est seulement nominal, décoratif, extérieur. »[1] De très nombreuses fonctions, parfois très anciennes, sont ainsi supprimées comme les cardinaux palatins et des princes assistants au trône pontifical. D'autres changent de nom, par exemple les « camériers de cape et d'épée » deviennent les « gentilshommes de Sa Sainteté ».

L'ensemble de la Maison pontificale est placée sous l'autorité d'une préfecture qui est un office de la curie romaine[2].

Préfecture de la Maison pontificale[modifier | modifier le code]

Les charges de cette préfecture sont définies par la constitution apostolique Pastor Bonus du Pape Jean-Paul II (1978-2005) :

  1. Elle assiste le Pape au Palais apostolique ou dans ses déplacements en Italie.
  2. Elle veille à l'organisation et au déroulement des cérémonies pontificales, à l'exception de la partie strictement liturgique[3].
  3. Elle organise toutes les audiences papales, qu'elles soient publiques ou privées.

L'archevêque, préfet de la Maison pontificale, est assisté d'un régent, actuellement Mgr Poalo de Nicolo (depuis le 10 mars 1994)[4]. Le 7 février 1998, le Pape Jean-Paul II avait innové en créant la fonction de Préfet adjoint de la Maison pontificale et en nommant à cette nouvelle charge son secrétaire privé Mgr Stanislaw Dziwisz, qui conjointement recevait l'épiscopat. Cette fonction n'a ainsi existé que de cette date à la mort du Pape.

Lors des audiences publiques, le Préfet de la Maison pontificale s'assoit à la droite du Pape et son secrétaire particulier à sa gauche. C'est Mgr Georg Gänswein qui occupe cette dernière fonction depuis le début du pontificat de Benoît XVI[5] Un second prêtre collabore au secrétariat particulier du Pape. Le 10 septembre 2007, le Pape Benoît XVI a nommé à ce poste de « second secrétaire » Mgr Alfred Xuereb, prêtre de Malte, en remplacement de Mgr Mieczyslaw Mokrzycki, prêtre polonais, qui accède à l'épiscopat.

Lors des processions d'entrée et de sortie des célébrations liturgiques, le Pape est toujours suivi, après les servants, de l'évêque, Préfet de la Maison pontificale, du régent de cette même préfecture, de l'archevêque, aumônier apostolique, et de ses deux secrétaires, tous les cinq en habit de chœur.

En mars 1968, au moment de la réforme de la Maison pontificale par le Pape Paul VI (1963-1978), il y avait quatre prélats palatins : le majordome de Sa Sainteté, le préfet du Palais apostolique, l'auditeur de Sa Sainteté et le maître du Sacré Palais apostolique. Par le motu proprio Pontificalis domus, le souverain pontife a supprimé les fonctions de majordome et d'auditeur de sa Sainteté. Le maître du Sacré Palais apostolique[6] a reçu l'appellation plus moderne de "Théologien de la Maison pontificale". La fonction du Préfet du Palais apostolique demeurait inchangée. L'année suivante, il reçut le titre de préfet de la Maison pontificale.

Liste des Préfets de la Maison pontificale[modifier | modifier le code]

Anciens postes dans la famille pontificale[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Paul VI, Motu proprio Pontificalis domus
  2. motu proprio Pontificalis Domus
  3. Jean-Paul II, Constitution apostolique Pastor Bonus, n°181.2
  4. Bien que cette fonction ne soit pas épiscopale, Mgr de Nicolo a été consacré évêque en 2008.
  5. Le 28 janvier 2006, Mgr Georg Gänswein a été élevé à la dignité de Prélat d'honneur de Sa Sainteté.
  6. Fonction créée progressivement à partir d'Innocent IV en 1244. C'est par confusion entre le titre de "maître" de l'ordre des prêcheurs et celui de "maître du sacré palais" que l'historiographie médiévale avait prétendu que le premier à occuper cette charge fut saint Dominique de Guzmán. Cf. Creytens (Raymond), « Le Studium Romanae Curiae et le Maître du Sacré-Palais », Archivum fratrum praedicatorum 12 (1942), 5-83.