Ollanta Humala

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Ollanta Humala
Ollanta Humala lors d'une visite à Brasilia, en 2011.
Ollanta Humala lors d'une visite à Brasilia, en 2011.
Fonctions
48e président de la République du Pérou
En fonction depuis le 28 juillet 2011
(3 ans, 1 mois et 17 jours)
Élection 5 juin 2011
Président du Conseil Salomón Lerner
Oscar Valdés
Juan Jiménez Mayor
César Villanueva
René Cornejo
Ana Jara Velásquez
Prédécesseur Alan García
Biographie
Nom de naissance Ollanta Moisés Humala Tasso
Date de naissance 27 juin 1962 (52 ans)
Lieu de naissance Lima, province de Lima (Pérou)
Nationalité péruvienne
Parti politique Parti nationaliste péruvien
Conjoint Nadine Heredia
Diplômé de Université catholique pontificale du Pérou
Profession Militaire
Religion Catholique
Résidence Lima

Signature

Ollanta Humala
Présidents de la République du Pérou

Ollanta Moisés Humala Tasso, né le 27 juin 1962 à Lima, est un militaire (commandant en retraite) et homme d'État péruvien.

Membre fondateur et président du Parti nationaliste péruvien, il est président de la République du Pérou depuis le 28 juillet 2011.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines familiales[modifier | modifier le code]

Ollanta Moisés Humala Tasso appartient, par son père Isaac Humala Núñez, à une famille andine d'Ayacucho et par sa mère Elena Tasso Heredia, à une branche immigrée au Pérou de la famille italienne Tasso[1]. Son père, avocat « laborista » de formation marxiste-léniniste, est le fondateur de l'Etnocacerismo, mouvement indigéniste et socialiste faisant référence d'une part à l'empire Inca et au droit des peuples indigènes et d'autre part à Andrés Avelino Cáceres, président de la République péruvienne de 1886 à 1890 puis de 1894 à 1895 et héros de la résistance à l'occupation chilienne durant la Guerre du Pacifique.

Formation[modifier | modifier le code]

Ollanta Humala fit ses études au collège japonais-péruvien La Union de Lima[réf. nécessaire] et les poursuivit en 1982 à l'école militaire de Chorillos Coronel Francisco Bolognesi. En 1983 toute sa promotion se rend à la Escuela de las Américas (« École des Amériques ») au Panama, un centre de formation militaire des États-Unis d'Amérique[1].

En 2001 il est diplômé en maîtrise de sciences politiques à la Pontificia Universidad Católica del Perú[1]. En 2002, il étudie également le droit international à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne[réf. nécessaire] durant son séjour à Paris et entame un doctorat à l'Institut des hautes études d'Amérique latine[1].

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

En 1991, c'est en tant que capitaine qu'il combat à Tingo María, dans la province de Huanuco, la guérilla du Sentier lumineux. En 1995 il est muté dans une base militaire près la frontière avec l’Équateur durant la guerre du Cenepa, à laquelle il ne participe pas.

Le 29 octobre 2000 à Toquepala, c'est avec le grade de lieutenant-colonel qu'il se soulève avec son frère Antauro et 62 personnes contre le régime du président Alberto Fujimori[1]. La rébellion échoue et les deux frères sont emprisonnés. Quand Fujimori, accusé de corruption, fuit le pays, ils sont amnistiés par le nouveau président Alejandro Toledo. Réhabilité au sein de l'armée, Ollanta est ensuite affecté en tant qu'attaché militaire à l'ambassade du Pérou à Paris puis à Séoul[2]. Mis en retraite forcée en 2004, il qualifie cette décision d'« injuste » et met en cause le nouveau commandant en chef de l'armée, Luis Alberto Muñoz[3].

Le 1er janvier 2005 son frère Antauro Humala Tasso, représentant du mouvement etnocaceriste, attaque le commissariat d'Andahuaylas pour demander la démission d'Alejandro Toledo. Ollanta condamne la prise d'otages[2] qui fait quatre morts[note 1].

En 2006 Ollanta Humala est accusé de violations des droits de l'homme (enlèvement, torture et exécution extra-judiciaire) qui auraient été commises par des soldats placés sous ses ordres en 1992 sur trois habitants du hameau de Pucayacu alors qu'il commandait la base militaire de Madre Mia[4],[2],[5],[6]. Il est relaxé en 2009 faute de preuves[5].

Conquête du pouvoir (2005-2011)[modifier | modifier le code]

Ollanta Humala, en compagnie de son épouse Nadine Heredia.

Il se présente en octobre 2005 en tant que chef du parti national péruvien (PNP) à la présidence à l'élection de 2006 mais ne peut s'inscrire faute d'avoir donné à temps sa feuille de campagne ; il s'allie donc au parti Unión por el Perú. Arrivé en tête au premier tour, il participe au second tour où il est opposé à l'ancien président Alan García Pérez. Au premier tour, Ollanta Humala obtient 30,62 % des voix devant Alan Garcia (gauche sociale-démocrate) avec 24,33 % et Lourdes Flores (droite) avec 23,80 %. Il est toutefois battu au second tour par Alan García, regroupant sur son nom 6 270 080 suffrages (47 %) contre 6 965 017 pour son adversaire (53 %)[7]. Le 4 juin, Ollanta Humala reconnait sa défaite mais appelle ses partisans à former un nouveau parti, le Front national démocratique, rassemblant des partis si extrémistes comme la Patria roja ou le Movimiento Nueva Izquierda que son vice-président Carlos Torres Caro démissionne ainsi que plusieurs autres membres.

Ollanta Humala Tasso se présente de nouveau aux suffrages des Péruviens pour l'élection présidentielle du 10 avril 2011, sous l'étiquette de la coalition Gana Perú, qui regroupe le PNP ainsi que d'autres forces politiques. Ses principaux adversaires sont Pedro Pablo Kuczynski, Keiko Fujimori, Alejandro Toledo et Luis Castañeda Lossio. Ollanta Humala arrive en tête des suffrages avec 31,5 %, suivi par Keiko Fujimori avec 23,5 % des votes. Durant la campagne pour le second tour, il est soutenu par l’écrivain et prix Nobel Mario Vargas Llosa[8] ainsi que par l'ancien président Alejandro Toledo[9]. Le 5 juin 2011, Ollanta Humala Tasso est élu au second tour avec 51,4 % des suffrages : cette victoire repose notamment sur des scores importants dans les zones andines à forte population indigène (plus de 77 % à Puno). Son alliance Gana Perú ne dispose toutefois que de 47 sièges sur 130 au Parlement, ce qui le contraindra à forger des alliances pour gouverner après sa prise de fonctions en juillet[10].

Programme et action politique[modifier | modifier le code]

Ollanta Humala Tasso est un des principaux opposants à la politique du gouvernement d'Alan García.

Il revendique une rupture avec le néo-libéralisme et un développement fondé sur le marché intérieur et non plus seulement sur les exportations et les investissements étrangers. Les principaux axes du programme de gouvernement 2011-2016 incluent[11] :

  • la lutte contre la corruption, le terrorisme et le narcotrafic ; en août 2011, il nomme l'avocat et militant des droits de l'homme Ricardo Soberón Garrido à la tête de la DENINA, chargée de la politique nationale en matière de stupéfiants et critique de la politique d'éradication de la coca soutenue par les États-Unis;
  • une forme républicaine de gouvernement, respectueuse de la Constitution, et incluant des modalités de contrôle et d'évaluation des gouvernants;
  • l'évolution vers un l'État « décentralisé et participatif » au moyen d'une nouvelle constitution;
  • un modèle de développement fondé sur « une économie nationale de marché ouverte au monde »;
  • le développement de la créativité du peuple péruvien « au service des femmes et des hommes du pays »;
  • la réappropriation des ressources naturelles : eau, terres, forêts, biodiversité, gaz et minéraux;
  • l'instauration de systèmes d'éducation et de santé gratuits, « devant conduire à un système de sécurité sociale universelle accessible à tous les Péruviens »;
  • le renforcement de l'insertion du pays dans la communauté internationale par l'appui à la Communauté Andine, au Mercosur et à l'Unasur et la révision des traités contraires à la souveraineté du Pérou.

Président de la République[modifier | modifier le code]

Il prend ses fonctions de chef de l'État le 28 juillet 2011. Le 23 juillet 2012, les membres du gouvernement présentent leur démission afin qu'il procède à un remaniement ministériel[12],[13].

Le 9 octobre 2013, la rencontre imprévue entre Ollanta Humala, et François Hollande crée le débat et va même jusqu'à remettre en question un article de la Constitution péruvienne[14].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ou six, selon TV5 Monde

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e (es) « Biografía de Ollanta Humala Tasso », sur le site « Ollanta Presidente »,‎ 24 janvier 2011 (consulté le 17 juin 2007)
  2. a, b et c « En tête de la présidentielle à Lima, Ollanta Humala demeure une énigme », sur le site du quotidien Le Figaro,‎ 15 octobre 2007 (consulté le 17 juin 2011)
  3. (es) « Ollanta Humala califica de injusto su retiro del Ejército », sur le site du quotidien La Republica (consulté le 17 juin 2011)
  4. (en) « Humala facing rights abuse claims », sur le site de la BBC,‎ 17 août 2006 (consulté le 18 juin 2011)
  5. a et b (es) « Poder Judicial archiva proceso contra Ollanta Humala por Caso Madre Mía », sur le site de peru.com,‎ 1er mai 2009 (consulté le 18 juin 2011)
  6. (en) « Ollanta Humala formally charged in 'Madre Mia' case », sur le site de Living in Peru,‎ 16 août 2006 (consulté le 18 juin 2011)
  7. (es) « Resultados electorales: 1980-2006 (Presidente) », sur le site de perupolitico.com (consulté le 13 juin 2011)
  8. (es) « Vargas Llosa anuncia que votará por Ollanta Humala », sur le site du quotidien La Republica,‎ 20 avril 2011 (consulté le 17 juin 2011)
  9. (es) « Alejandro Toledo decide apoyar candidatura de Ollanta Humala », sur le site du quotidien La Republica,‎ 26 mai 2011 (consulté le 17 juin 2011)
  10. « Humala, des Andes au sommet », sur le site du quotidien Libération,‎ 6 juin 2011 (consulté le 13 juin 2011)
  11. (es) « Plan de Gobierno Gana Perú 2011 - 2016 », sur site « Vamos con ollanta presidente » (consulté le 11 juin 2011)
  12. Le gouvernement péruvien démissionne, Le Figaro, 23 juillet 2012.
  13. Pérou : Humala tente de donner un nouveau souffle à sa présidence, Le Point, 23 juillet 2012.
  14. (fr) « Pérou : les voyages officiels en déroute », Sylvain Godoc, Le Journal International, 11 octobre 2013

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :