Lectisterne

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Les lectisternes (du latin lectisternium, formé à partir de lectus, lit et de sternare, étendre, coucher) sont un rite de la religion romaine, consistant à inviter les dieux à un banquet, pour apaiser leur colère. Le rite suit le déroulement des banquets à la grecque. Les statues des dieux sont placées sur des lits de parade[1] ; les déesses peuvent soit partager les lits de parade des dieux, soit être sur des sièges (sellisternes), comme il convient à une personne féminine qui prend part à un banquet.

Ce rituel se comprend dans la logique de convivialité antique, où l’invitation au partage de nourriture crée une obligation pour l’invité, ou permet à l’hôte de s’acquitter d’une obligation antérieure vis-à-vis de son invité. Ainsi conviés, les dieux devaient en retour se montrer favorables aux humains.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le premier lectisterne fut célébré à Rome en 399 av. J.-C., en l’honneur de Apollon, Latone, Diane, Hercule, Mercure et Neptune, selon les prescriptions d’une consultation des Livres Sibyllins[2].

En 364 av. J.-C., le troisième lectisterne célébré à Rome implore la clémence des dieux face aux ravages d'une épidémie[3].

Durant la seconde guerre punique, le lectisterne de 204 av. J.-C. répondait à divers prodiges célestes (foudre, traînées de feu, lueurs nocturnes soudaines) et suivit l'arrivée à Rome de la statue de Magna Mater[4] et les Dii Consentes furent réunis pour la première fois à Rome.

D'autres lectisternes furent célébrés lors de l'incendie de Rome en 64, et à l'initiative de Néron, pendant sept jours en préparatif de la guerre contre les Marcomans[5].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ces lits de parade garnits de coussins sont appelés des pulvinaires (lecti pulvinaria).
  2. Tite-Live, Histoire romaine, Livre V, 13
  3. Tite-Live, Histoire romaine, livre VII, 2
  4. Tite-Live, Histoire romaine, livre XXIX, 14
  5. Histoire Auguste, Vie de Marc Aurèle, 13