Michel d'Orléans

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Michel d'Orléans

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Michel d’Orléans, « comte d'Évreux ».

Biographie
Titulature « Comte d'Évreux »
Dynastie Maison d’Orléans
Nom de naissance Michel Joseph Benoît Marie d'Orléans
Naissance 25 juin 1941 (73 ans)
Rabat (Maroc français)
Père Henri d'Orléans, « comte de Paris »
Mère Isabelle d'Orléans-Bragance
Conjoint Béatrice Pasquier de Franclieu
Enfants Clotilde d'Orléans
Adélaïde d'Orléans
Charles-Philippe d'Orléans, « duc d'Anjou »
François d'Orléans
Description de l'image  Armoiries de Michel d'Orléans, comte d'Évreux couronne issu de France .svg.

Michel Joseph Benoît Marie d’Orléans, « fils de France » (pour les orléanistes seulement) et « comte d’Évreux »[1]. Il est né le 25 juin 1941 à l’hôpital Lyautey de Rabat, au Maroc alors sous protectorat français. C’est un membre de la maison capétienne d’Orléans et un ancien « grand maître » ad interim de l’une des branches de l’« ordre militaire et hospitalier de Saint-Lazare ».

Famille[modifier | modifier le code]

Michel d’Orléans est le fils d’Henri d'Orléans (1908-1999), « comte de Paris » et prétendant orléaniste au trône de France sous le nom de « Henri VI », et de son épouse la princesse franco-brésilienne Isabelle d'Orléans-Bragance (1911-2003).

Michel a dix frères et sœurs, parmi lesquels un frère jumeau puîné, Jacques d'Orléans (1941), « duc d'Orléans », que le précédent « comte de Paris » a déplacé dans l'ordre de succession avant lui[2]. Cet ordre de succession a été ensuite confirmé par l'actuel « comte de Paris »[2].

Le 18 novembre 1967, Michel épouse, à Casablanca, au Maroc, Béatrice Pasquier de Franclieu (1941), fille du comte Bruno Pasquier de Franclieu (1914-1944) et de son épouse Jacqueline Térisse (1918-1999).

De cette union sont nés quatre enfants, d'abord "exclus" de la succession à la couronne de France et "privés" du prédicat d'altesse royale ainsi que du titre de prince (ou princesse) par leur grand-père[3] mais réintégrés dans leurs droits dynastiques par leur oncle[4] :

  • 1. Clotilde (née le 4 décembre 1968), « Mademoiselle d'Évreux[5] », qui épouse, en 1993, Édouard Crépy (1969), dont :
  1. Louis-Nicolas Crépy (né en 1995)
  2. Charles-Édouard Crépy (né en 1996)
  3. Gaspard-Marie Crépy (né en 1999)
  4. Augustin Crépy (né en 2005)
  5. Éléonore Crépy (née en 2007)
  1. Diego Dailly (né en 2003)
  2. Almudena Dailly (née en 2004)
  3. Gaetano Dailly (né en 2009)
  1. Isabelle d'Orléans (née en 2012)

Le « comte » et la « comtesse d'Évreux » sont séparés depuis 1994.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et adolescence[modifier | modifier le code]

Michel et Jacques d’Orléans voient le jour à Rabat, dans le Maroc français, alors que leur père est encore interdit de séjour en métropole par la Loi d'exil de 1886. Après cinq années dans le protectorat, ils partent, en juillet 1946, au Portugal, où ils s’installent, avec le reste de leur famille, à la Quinta do Anjinho, à Cintra[7]. Terrorisés par leur père, ceux que leurs partisans appellent les « Enfants de France » deviennent turbulents et, parfois même, violents. À l’âge de onze ans, Michel plante ainsi accidentellement un couteau dans le mollet gauche de sa sœur Anne alors qu’il se dispute avec son frère jumeau[8]. Consterné par l’attitude de sa progéniture, le « comte de Paris » finit par éloigner plusieurs de ses enfants du foyer familial. De septembre 1952 à juillet 1956, Michel et Jacques sont ainsi envoyés dans des pensionnats français, d’où ils finissent toujours par être renvoyés, avant d’être séparés à la rentrée scolaire 1954 puis confiés ensemble à un précepteur particulier en 1956[9]. Cependant, les enfants finissent par revenir au Portugal lorsqu’est ouvert le lycée français Charles-Lepierre de Lisbonne, à la rentrée 1956[10]. C’est donc dans ce pays que Michel d’Orléans obtient son baccalauréat en 1960, à la différence de son frère Jacques, recalé[11].

Formation universitaire et mariage[modifier | modifier le code]

Michel d'Orléans retourne ensuite à Paris pour y effectuer ses études universitaires. Il s'inscrit à la Faculté des Sciences de Paris-Orsay et en ressort, trois ans plus tard, avec une licence en Mathématiques, Physique et Chimie[12]. En 1964, il fait la connaissance de Béatrice Pasquier de Franclieu, alors journaliste au Women's Wear Daily, lors d’une réception organisée près d’Olivet. Rapidement, les deux jeunes gens se lient d'amitié puis commencent à se fréquenter[12]. Issue de la vieille noblesse catholique[13], la jeune fille semble posséder tous les atouts pour séduire le chef de la Maison d'Orléans et être acceptée comme sa belle-fille. Mais son père, dont elle avait été orpheline quand elle avait à peine 3 ans, avait été lié au maréchal Pétain. Le « comte de Paris », soucieux pour lui-même de ne pas associer sa famille au souvenir de la Collaboration, interdit à son fils de fréquenter Béatrice. Il rappelle aussi dans un acte du 14 février 1967 les conditions à remplir pour que leurs mariages soient reconnus et leur progéniture dynaste. Amoureux, le jeune homme ne cède pas et décide finalement d’épouser l’élue de son cœur au Maroc, en 1967[14].

L’exclusion de la « famille royale »[modifier | modifier le code]

Les conséquences de cette fronde ne se font pas attendre. Michel d'Orléans est exclu, avec tous ses futurs descendants, de la succession au trône de France par son père. Par ailleurs, aucun des membres de sa famille n’assiste à son mariage, excepté un cousin du « comte de Paris », Charles-Philippe d’Orléans, « duc de Nemours »[15]. Deux ans plus tard, en 1969, le prétendant orléaniste confère le titre de « duc d'Orléans » à Jacques, pourtant considéré comme le cadet de Michel, afin de réaffirmer l'exclusion de ce dernier de la « famille royale »[16].

La rupture entre le chef des Orléans et son fils est ensuite longue à cicatriser. Il faut en effet attendre l'année 1978[17] pour que Michel d'Orléans et son épouse Béatrice soient finalement "pardonnés" par le « comte de Paris » et reçoivent en guise de réconciliation les titres de « comte » et « comtesse d’Évreux »[5]. Mais, même après cela, Michel d'Orléans n'est que partiellement réintégré à la Maison d'Orléans et demeure exclu, ainsi que ses descendants, de la succession orléaniste[18]. Voici ici citée l'ordonnance prise par le prétendant orléaniste à cette occasion :

En application de l’acte du 14 février 1967 et de celui du 10 décembre 1976, le titre de Comte d’Évreux est conféré à Son Altesse Royale le Prince Michel d’Orléans, fils de France, et à la postérité issue de son mariage avec Mademoiselle Béatrice Pasquier de Franclieu.
En conséquence, Son Altesse Royale le Prince Michel d’Orléans portera le titre de Comte d’Évreux ; son épouse celui de Comtesse d’Évreux ; leurs descendants mâles aînés porteront, après la mort de leur père, le titre de Comte d’Évreux ; les cadets celui de Comte N. d’Évreux.
Le Comte d’Évreux portera comme armes :
D’azur à trois fleurs de lis d’or à la bande componnée d’argent et de gueules.
Couronne des issus de France.
Tenants : deux anges. [19]

Fonctions dans l’« ordre de Saint-Lazare »[modifier | modifier le code]

L’exclusion de Michel d’Orléans de la « famille royale » ne l’empêche pas de garder sa place au sein des cercles monarchistes français. Entre 1969 et 1970, il est ainsi nommé « coadjuteur » du « duc de Nemours » qui est « 46e grand maître » de l'une des branches de l’ordre militaire et hospitalier de Saint-Lazare. Après la mort de son cousin, Michel d’Orléans assure en outre l’intérim à la tête de l’« ordre », et cela jusqu’en 1973, date à laquelle il démissionne du fait de l’élection du duc de Séville comme nouveau « grand maître ».

Vie privée[modifier | modifier le code]

Après leur mariage, Michel et Béatrice vivent au Maroc, où il est attaché de direction dans une entreprise de travaux publics, puis en Grande-Bretagne, de 1970 à 1973, et enfin à Madrid, à partir de 1973[20]. En 1986, il quitte la société qui l’employait et est engagé par le groupe Accor, dont il dirige la délégation madrilène[5]. De son côté, la « comtesse d’Évreux » entre chez Christian Dior en 1985 et ne tarde pas à y être nommée directrice pour l’Espagne et le Portugal[5]. Cette fonction prestigieuse permet à son épouse d’être régulièrement placée sous les feux des projecteurs et de devenir ainsi l’une des personnalités incontournables du gotha espagnol.

Mais alors que sa femme semble connaître de plus en plus de succès dans sa vie professionnelle, le « comte d'Évreux » perd son emploi et des dissensions se font jour au sein du couple[21]. Les deux époux décident donc de se séparer (sans toutefois divorcer) en février 1994. Michel d'Orléans regagne alors la France, où il trouve un emploi au conseil général des Hauts-de-Seine, tandis que sa femme reste vivre à Madrid, où elle publie plusieurs ouvrages.

Réintégration dans la « famille royale »[modifier | modifier le code]

Peu de temps après le décès de son père, le « comte de Paris », le 19 juin 1999, le « comte d'Évreux » et ses enfants sont réintégrés dans la Maison d'Orléans par le nouveau chef de la famille, Henri d'Orléans (1933), « comte de Paris » et « duc de France »[22]. Toutefois, Michel d’Orléans ne retrouve pas son rang de frère jumeau aîné et le prince Jacques, « duc d’Orléans », continue à le précéder dans l'ordre de succession au trône.

Titulature[modifier | modifier le code]

  • 25 juin 1941 : Son Altesse royale le prince Michel d'Orléans, « fils de France »
  • 10 décembre 1976 : Son Altesse royale le « comte d'Evreux »

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Georges Poisson, Les Orléans, une famille en quête d'un trône, Perrin, Paris, 1999 (ISBN 2-26-201583-X).
  • Philippe de Montjouvent, « S.A.R. Le Prince Michel de France, comte d'Evreux » dans Le Comte de Paris et sa descendance, Éditions du Chaney, 1998, p. 307-324 (ISBN 2913211003).
  • Jacques d’Orléans avec la collaboration de Bruno Fouchereau, Les ténébreuses affaires du comte de Paris, Albin Michel, Paris, 1999 (ISBN 2-22-611081-X).
  • Isabelle, comtesse de Paris, Tout m’est bonheur (t. 1), Éditions Robert Laffont, Paris, 1978, (ISBN 2-22-100107-9).
  • Isabelle, comtesse de Paris, Tout m’est bonheur, Les Chemins creux (t. 2), Éditions Robert Laffont, Paris, 1981, (ISBN 2-22-100834-0).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il s'agit là d'un titre de courtoisie octroyé par son père.
  2. a et b Bottin Mondain (Société du Bottin Mondain, Paris. Toutes les éditions de 1968 à 2008).
  3. Acte du « comte de Paris » du 14 février 1967. Philippe de Montjouvent, Le Comte de Paris et sa descendance, Éditions du Chaney, Paris, 1998, p. 312.
  4. « Succession Dynastique dans la Famille Royale de France » par le « comte de Paris » et « duc de France ».</
  5. a, b, c, d, e et f Collation du comte de Paris du 10 décembre 1976. Philippe de Montjouvent, Le comte de Paris et sa descendance, Éditions du Chaney, p. 312.
  6. À sa naissance. Philippe de Montjouvent, Op. cit., p. 312.
  7. Jacques d’Orléans, Les Ténébreuses affaires du comte de Paris, Albin Michel, Paris, 1999, p. 9.
  8. Jacques d’Orléans, Op. cit., p. 30.
  9. Jacques d’Orléans, Op. cit. p. 35-39.
  10. Jacques d’Orléans, Op. cit., p. 39.
  11. Jacques d’Orléans, Op. cit., p. 52.
  12. a et b Philippe de Montjouvent, Op. cit., p. 309.
  13. Les Pasquier de Franclieu sont connus depuis 1356 mais leur filiation n’est véritablement établie qu’à partir de 1561. Philippe de Montjouvent, Op. cit., p. 313.
  14. « Le mariage d'amour de Michel de France et Béatrice Pasquier de Franclieu » dans Paris Match n° 974 du 9 décembre 1967.
  15. Arrêté par la Gestapo pendant la Deuxième Guerre mondiale, le « duc de Nemours » est un ancien résistant et sa présence aux côtés de Béatrice lors du mariage a donc une portée très symbolique. Philippe de Montjouvent, Op. cit., p. 310.
  16. Georges Poisson, Les Orléans, Une famille en quête d'un trône, Perrin, Paris, 1999, p. 374.
  17. La réconciliaition entre le « comte de Paris » date en fait de 1977 mais elle n'est rendue publique que l'année suivante du fait des ennuis de santé du prétendant orléaniste.
  18. Philippe de Montjouvent, Op. cit., p. 311.
  19. Ce texte mal identifié par l’auteur est reproduit par Philippe de Montjouvent, page 312 in Le comte de Paris et sa descendance, Du Chaney Eds, Paris, 1998, 988 pages.
  20. Philippe de Montjouvent, Op. cit., p. 311-312.
  21. Elena Pita, « Tuve que ponerme las pilas porque mi marido estaba en paro y necesitaba ganar dinero » dans El Mundo Magazine du 3 avril 2005.
  22. « - La succession se fait, dans la Famille Royale de France, par ordre de primogéniture de mâle en mâle la plus proche.
    - Nul n'a pouvoir de modifier l'ordre dynastique et d'écarter de la succession un prince de sang royal de France sauf à accepter son abdication dûment signée.
    - Au décès de mon père le 19 juin 1999, en me fondant sur ces principes j'ai remis dans la succession dynastique la branche de mon frère SAR le Prince Michel de France, Comte d'Evreux et la branche de mon frère SAR le Prince Thibaud de France Comte de la Marche. Aucun des deux n'avait en effet abdiqué ses droits. » « Succession Dynastique dans la Famille Royale de France » par Henri d'Orléans, « comte de Paris » et « duc de France », le 6 mars 2003.
 
Jean d'Orléans (1874-1940) « duc de Guise »
 
Isabelle d'Orléans (1878-1961) « duchesse de Guise »
 
 
Pierre d'Orléans-Bragance (1875-1940)
 
Élisabeth Dobrzensky de Dobrzenicz (1875-1951)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Henri d'Orléans (1908-1999) « comte de Paris »
 
 
 
 
 
 
Isabelle d'Orléans-Bragance (1911-2003) « comtesse de Paris »
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Michel d’Orléans (1941) « comte d’Évreux »