Rodolphe II du Saint-Empire

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Rodolphe II du Saint-Empire
Rodolphe Ier de Hongrie
Rodolphe V d'Autriche
Rodolphe II de Habsbourg, par Hans von Aachen (1592)
Rodolphe II de Habsbourg, par Hans von Aachen (1592)
Titre
Empereur des Romains
15761612
Prédécesseur Maximilien II du Saint-Empire
Successeur Matthias Ier du Saint-Empire
Roi des Romains
15751612
Couronnement 1er novembre 1575 à Ratisbonne
Prédécesseur Maximilien II du Saint-Empire
Successeur Matthias Ier du Saint-Empire
Roi de Bohême
15761611
Couronnement 22 septembre 1575 à Prague
Prédécesseur Maximilien Ier de Bohême
Successeur Matthias Ier de Bohême
Roi de Hongrie et de de Croatie
15721608
Couronnement 25 septembre 1572 à Bratislava
Prédécesseur Maximilien Ier de Hongrie
Successeur Matthias II de Hongrie
Archiduc d'Autriche
15761608
Prédécesseur Maximilien Ier d'Autriche
Successeur Matthias Ier d'Autriche
Biographie
Dynastie Habsbourg
Date de naissance 18 juillet 1552
Lieu de naissance Vienne, archiduché d'Autriche
Date de décès 20 janvier 1612
Lieu de décès Prague, royaume de Bohême
Père Maximilien II du Saint-Empire
Mère Marie d'Autriche

Rodolphe II de Habsbourg (né le 18 juillet 1552 à Vienne - mort le 20 janvier 1612 à Prague) fils de Maximilien II, (empereur du Saint Empire, roi de Bohême et roi de Hongrie) et de Marie d'Autriche, fille de Charles Quint. Empereur du Saint-Empire romain germanique de 1576 à 1612, roi de Bohême et roi de Hongrie.

Accédant au trône des Habsbourg d'Autriche, il abandonna la politique de son père tolérante au protestantisme, et appuya la Contre-Réforme. Bien qu'instruit, il ne présentait pas les qualités nécessaires pour régner : il fut sujet sur la fin de sa vie à des accès de folie qui favorisèrent l'intervention de membres de la famille dans les affaires impériales. Souverain introverti et mélancolique, médiocre politique, piètre combattant, admirateur de la vie et des femmes, protecteur des arts et des sciences (Arcimboldo, Spranger, Tycho Brahe, Le Caravage, Johannes Kepler, Michael Maier), mais aussi furieusement épris d’ésotérisme (son entourage fourmillait d’alchimistes et d’astrologues), Rodolphe II offre une multitude de visages.

Sommaire

La cour de Rodolphe II[modifier]

L'archiduc Rodolphe par Alonso Sánchez Coello en 1567

Dans les premières années qui suivirent son avènement, Rodolphe II maintint la cour impériale à Vienne et garda auprès de lui les artistes qui travaillaient pour son père. Installé à Prague, la capitale de la Bohême, dès le début des années 1580, Rodolphe y transféra la résidence impériale en 1586. Le développement des fastes auliques fit de cette ville une brillante capitale cosmopolite pour les sciences et les arts ainsi qu'un centre d'élaboration et de diffusion du maniérisme nordique.

Le Cabinet de curiosités de Rodoplhe II fut célèbre en son temps, et considéré en Europe comme le plus bel exemple de ces sortes de « musées privés ». Ses riches collections nous sont bien connues grâce à un inventaire pictural dressé vers 1600 et composé de nombreuses miniatures (aujourd'hui conservées à l'Österreichische Nationalbibliothek de Vienne).

La couronne de Rodolphe II deviendra plus tard la couronne de l'Empire d'Autriche

Le Cabinet secret de Rodolphe II est moins souvent évoqué que le Cabinet de curiosités[1]. Le roi protecteur des arts et des sciences, passionné par l'ésotérisme, y a assemblé avec la collaboration des résidents de la Ruelle d'Or une formidable collection d'artefacts étranges. Le Cabinet secret de Rodolphe II, situé sous le château, comptait cinq salles inventoriées par Lukas Imbert. Le monarque avait ainsi classé ses trésors par thème, établissant le premier catalogue ésotérique : une salle des chimères, une salle de divination et son fameux Tarot des Avatars, une salle d'armes, une salle des abominations et une étrange salle de la maquette du château. Lukas Imbert évoque également, dans son ouvrages Les Mystères de la Ruelle d'Or, l'existence d'autres salles aux accès dissimulés comme la salle des Automates, la salle des Offrandes, la salle de l'Échiquier et surtout la salle Le Caravage où aurait été conservée une toile (peut-être deux) du célèbre peintre italien.

Le Château de Prague lui doit la construction de la monumentale Salle espagnole qui n'a d'espagnol ni l'architecte ni les décorateurs, mais dont le qualificatif provient de la pompeuse et pesante étiquette de la cour impériale que les Habsbourg avaient héritée de leur passage sur le trône d'Espagne.

L'ascension de Matthias[modifier]

Portrait de Rodolphe II en Vertumne, par Arcimboldo (1590)

En 1595, son oncle, l'archiduc Ferdinand de Tyrol mourut sans héritier mâle légitime. La loi salique voulait que ce soit Rodolphe, fils aîné du frère aîné de Ferdinand, qui prenne sa succession; mais Rodolphe permit que ce soit son frère Matthias, époux de la seule fille légitime de Ferdinand, qui monte sur le trône de Vorlande (en allemand : Vorderösterreich, en français : Autriche antérieure), qui inclut le duché de Tyrol, la principauté de Vorarlberg en Autriche, le Sundgau en Alsace, les margraviats de Burgau et Brisgau en Allemagne, l’Argovie (berceau des Habsbourg en Suisse), etc.

Après octobre 1600, l’empereur Rodolphe II est atteint de crises de dépression ; il refuse à la fois d'exercer le pouvoir et de le déléguer à ses ministres[2].

Après la révolte en juin 1604 d’Étienne II Bocskai et de ses alliés Ottomans, provoquée par la tentative de Rodolphe d'imposer le catholicisme en Hongrie, l'essentiel de la souveraineté passa à son frère Matthias. En 1608, celui-ci força Rodolphe à lui céder la Hongrie, l'Autriche et la Moravie. Cherchant à recevoir l'appui des États de Bohême, Rodolphe publia en 1609 une charte royale appelée le Majestät (Lettre de Majesté), garantissant une liberté de culte aux nobles et aux villes.

Ses efforts restèrent vains ; Rodolphe ne régnait plus en fait que sur la Bohême, et son autorité était ignorée au-delà. En l'absence de descendance de Rodolphe, ses frères se partagèrent dès son vivant les territoires de la maison d'Autriche : Ferdinand tint la Styrie, la Carinthie et la Carniole, Maximilien le Tyrol. Rodolphe fut forcé de céder la Bohême à son frère Matthias en 1611 : celui-ci résidait à Vienne et tenait déjà la Haute et Basse Autriche. Rodolphe mourut le 26 janvier 1612, son règne turbulent étant un prélude à la guerre de Trente Ans.

Ascendance[modifier]

Notes et références[modifier]

  1. Pierre Béhar, Les langues occultes de la Renaissance, Desjonquières, chap. VI, p. 162-200 : "Les collections de Rodolphe II".
  2. Annie Molinié-Bertrand, Alexandra Merle, L'Espagne et ses guerres: de la fin de la reconquête aux guerres d'indépendance, Presses Paris Sorbonne, 2004 (ISBN 9782840503293) [présentation en ligne] 

Bibliographie[modifier]

  • (fr) Jacqueline Dauxois, L'empereur des Alchimistes : Rodolphe II de Habsbourg, Paris, Jean-Claude Lattès, 1996.
  • (en) Robert Weston Evans, Rudolf II and his World. A Study in intellectual History. 1576-1612, Oxford, 1973.
  • (en) Peter Marshall, The Mercurial Emperor : the magic circle or Rudolph II in Renaissance Prague, London, Pimlico, 2007.

Voir aussi[modifier]

Articles connexes[modifier]

Liens externes[modifier]