Hafsia Herzi

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Hafsia Herzi

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Hafsia Herzi à Linz (Autriche) en avril 2008

Naissance 25 janvier 1987 (27 ans)
Manosque (Alpes-de-Haute-Provence)
Nationalité Drapeau de France Française
Profession Actrice
Films notables La Graine et le Mulet
La Source des femmes

Hafsia Herzi, née le 25 janvier 1988 à Manosque (Alpes-de-Haute-Provence), est une actrice française. Elle est connue pour son rôle dans La Graine et le Mulet de Abdellatif Kechiche (2007).

Enfance et formation[modifier | modifier le code]

Hafsia Herzi est née d'un père tunisien et d'une mère algérienne ; elle est la benjamine d'une famille de 6. Son père est décédé d'un accident du travail lorsqu'elle avait 1 an et demi.

Carrière[modifier | modifier le code]

À 12 ans, l'actrice obtient un petit rôle dans Notes sur le rire, un téléfilm pour France 3 avec Thomas Jouannet[1]. Après quelques rôles de figuration, elle n'est pas retenue dans des essais pour les séries Plus belle la vie et Sous le soleil[2].

En 2005, elle décroche un rôle pour La Graine et le Mulet d'Abdellatif Kechiche, tourné à Sète, qui lui vaut, après sa sortie en 2007, le prix Marcello-Mastroianni (« jeune acteur ou actrice ») lors de la 64e Mostra de Venise[3], suivi en 2008 du César du meilleur espoir féminin. Dans la foulée, elle quitte sa famille pour aller vivre seule à Paris.

Elle prend 15 kg pour tenir le rôle[4]. La scène finale de la danse orientale a exigé cinq jours de tournage. Contrairement à ce qu'elle a affirmé lors de son audition, elle ne sait pas danser et doit prendre des cours pendant le film. Blessée, elle danse même avec une attelle[5] :

« C’était dur : pour mon premier film j’étais obligée de prendre du poids, je l’ai fait parce que j’avais quelqu’un en face de moi qui avait 100 % confiance en moi. Je devais me changer physiquement et danser. J’avais vraiment peur de cette scène. Je savais que c’était une scène importante et je l’avais tellement travaillée qu’il fallait que j’assure. C’était très dur physiquement mais bizarrement je tenais à chaque fois plus de 45 minutes. Même des professionnels de la danse me le disaient, c’est un truc de fou car une danseuse ça danse une heure maximum. Mais j’étais portée par l’énergie et par le personnage. Après le tournage j’ai dormi une semaine[6] ! »

Hafsia Herzi minimise les talents qu’on lui attribue :

« Jusqu’à ma rencontre avec Abdel, je n’avais fait que quelques figurations. Je voyais qu’il avait confiance en moi, mais je m’interrogeais : pourquoi m’a-t-il choisie alors que je ne sais pas jouer, que je n’ai suivi aucun cours ... Avec le recul, même si je suis consciente du travail que j’ai fait, je continue à me dire : pourquoi moi ? [7]. »

En larmes alors qu'elle reçoit son prix d'interprétation à Venise, elle déclare : « Un prix important, la reconnaissance de tous les efforts que j'ai faits pour ce film. Le futur ? Je ne sais pas, je suis encore toute chamboulée. » Plus tard elle déclare au sujet des deux années avant de recevoir le prix : « Pendant les auditions, personne ne voulait croire que j'avais tenu un rôle principal dans un long métrage. J'ai même ressenti du mépris. Mais j'ai en moi une rage positive. J'ai appris qu'il fallait se battre pour obtenir ce que l'on veut[8] ».

N'ayant jamais pris le moindre cours pour ce métier, après le film, elle entre à l'université pour suivre des cours de droit et suit parallèlement des cours de théâtre au conservatoire. Elle prend aussi des cours de diction pour atténuer son accent marseillais. Décrochant quelques autres rôles, elle décide de se concentrer exclusivement au cinéma en 2007[9]. Depuis, Hafsia a tourné dans trois productions : Ravages (téléfilm) de Christophe Lamotte, Française de Souad El-Bouhati, L'Aube du monde de l'Irakien Abbas Fahdel et Ma compagne de nuit aux côtés d'Emmanuelle Béart.

Pour le choix des scénarios, « (…) j'évite les clichés. Tout ce qui est femmes battues, mariées de force…. Je ne me sens pas concernée par ça et j'ai plutôt envie de montrer une image positive. Dans Française, Sofia vit des choses dures, mais elle étudie, elle en veut. » Cela l'intéresse d'« interpréter des rôles où je pourrais m'appeler indifféremment Juliette ou Charlotte. (…) Parce que je suis avant tout française, d'origine maghrébine, certes, je ne renie absolument pas mes origines, bien au contraire, je suis aussi contente de tourner des rôles de Maghrébines, mais j'aime bien rencontrer des gens qui ont de l'imagination. » Elle est parfois confrontée aux clichés : « Dernièrement, on m'a interrogée sur les banlieues [parisiennes], alors que je suis des quartiers Nord de Marseille. Ça n'a rien à voir. Ou alors, on veut me faire poser dans un style racaille. La dernière, c'est un journaliste qui m'a demandé si j'étais bien “intégrée”. Intégrée à quoi ? Je suis française[10]. »

En janvier 2008, elle tourne dans le film de Francis Huster, Un homme et son chien, aux côtés de Jean-Paul Belmondo. En septembre, elle termine le 3e long métrage d'Alain Guiraudie, Le Roi de l'évasion, dans lequel elle incarne une adolescente (Curly) dans une comédie d'anticipation. Elle enchaîne aussitôt avec le film Anonymes, que tourne en Tunisie la réalisatrice Raja Amari.

En mai 2011, Hafsia Herzi est à l'affiche de deux films appartenant à la sélection officielle du 64e Festival de Cannes : L'Apollonide : Souvenirs de la maison close de Bertrand Bonello et La Source des femmes de Radu Mihaileanu. Dans ce dernier, elle joue aux côtés d'une autre lauréate du César du meilleur espoir féminin, Leïla Bekhti.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Hafsia Herzi au festival de Cannes 2009.

Télévision[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Nominations et récompenses[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]