Farida Belghoul

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Farida Belghoul

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Nationalité Drapeau de la France Française
Profession

Farida Belghoul, née le 8 mars 1958 à Paris (France)[1], est une cinéaste, romancière et enseignante française. Après avoir milité à l'extrême gauche, elle s'est rapprochée de l'extrême droite en 2013.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille aînée d'une famille algérienne établie à Paris, Farida Belghoul, après son bac, entre à l'université Paris I-Tolbiac en 1978 et y obtient une maîtrise d'économie. Elle y préside quelque temps le cercle des étudiants communistes (UEC)[2] créé au début des années 1950[1].

Militante[modifier | modifier le code]

Selon divers médias, Farida Belghoul est une militante d'extrême gauche qui est passée ou s'est rapprochée de l'extrême droite[3] en mai 2013, notamment via Alain Soral[2],[4],[5],[6], le Printemps français, Civitas[7] et l'Action française[8].

La « Marche pour l'égalité » et le débat sur le « droit à la différence »[modifier | modifier le code]

Farida Belghoul milite activement au sein du Collectif jeune de la région parisienne qui se met en place après l'arrivée, en décembre 1983, des « marcheurs »[9] partis de la région lyonnaise et de Vaulx-en-Velin, et que dirige Toumi Djaidja, avec le soutien du prêtre catholique Christian Delorme et du mouvement chrétien de la CIMADE, mouvement œcuménique auquel appartient le pasteur protestant Costil.

"Les Collectifs de soutiens à la Marche constituent un « mouvement autonome des jeunes » (comme il se nomme lui-même), non structuré, mais porteur de nombreux débats politiques et idéologiques. Parmi eux, le débat sur la « communauté » (arabe ou musulmane en France) qui doit être, selon un certain nombre d'animateurs, la référence et la perspective du mouvement. Farida Belghoul et ses amis s'y refusent, dénoncent le « repli communautaire » et maintiennent que l'axe de mobilisation centrale doit rester celui de l'égalité."[citation nécessaire]

En mars 1984, le MRAP organise, avec le concours et dans les locaux de l'Unesco, un colloque sur son propre slogan : « Vivre ensemble avec toutes nos différences ». Farida Belghoul est sollicitée pour y intervenir, comme animatrice du Collectif parisien. Dans une intervention très charpentée, elle y dénonce « le droit à la différence comme une forme voilée de l'exclusion[10] ». « Je ne revendique pas un quelconque droit à la différence. Différente, je suis. Comme tout un chacun… Une vraie différence s'énonce dans la réciprocité, mais je ne puis énoncer une quelconque différence puisque réciprocité, il n'y a pas[10] ». Et de conclure : « s'il faut absolument un slogan, je propose alors : « Vivre ensemble avec nos ressemblances, quelles que soient nos différences[10] ».

Convergence 1984 et le discours de la place de la République[modifier | modifier le code]

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Pour rassembler à nouveau le « mouvement autonome des jeunes » et affirmer la revendication d'Égalité, Farida Belghoul lance Convergence 1984, qui organise la deuxième Marche pour l'égalité et contre le racisme. S'appuyant sur le mouvement beur, Convergence fédère aussi des groupes et associations de jeunes Portugais, Asiatiques, Africains et Antillais. La manifestation est organisée comme une traversée de la France en mobylette, popularisant le slogan : « La France c'est comme une mobylette, pour avancer, il lui faut du mélange ».

L'initiative est un échec[11]. Pourtant ces mobilisations locales marquent, assez souvent, le clivage entre les « associations anti-racistes du centre ville », et les jeunes des cités, à la périphérie, tant sur les revendications à mettre en avant, que sur l'issue à donner au Mouvement (la « Marche » de 1983 s'est conclue par une réception à l'Élysée). La Direction de Convergence affirme sa solidarité avec les jeunes, entraînant l'éloignement, voire le retrait des associations et partis institutionnels de la Gauche.

La manifestation-carnaval qui conclut la Marche, à Paris, le 1er décembre 1984, rassemble 80 000 personnes au départ de Montparnasse. Farida Belghoul prononce le discours de clôture, place de la République.

Un observateur, militant mais extérieur à Convergence, Saïd Bouamama, a résumé ce discours[12] qui a marqué l'idéologie ultérieure du mouvement beur. « Dénonçant le paternalisme des associations et organisations de Gauche[12] », Farida Belghoul leur reproche de « tenter de nous enfermer dans un débat sur l'anti-racisme. Nous ce n’est pas ce débat-là qui nous intéresse. Ce qui nous intéresse, c’est le débat sur l’égalité[12] ». « Nous refusons d’être simplement des outils de mobilisation contre le Front national. Le Front national, c’est un problème de toute la société française et pas simplement le problème des enfants issus de l’immigration[12] ». « Par contre, la question de l’immigration, oui nous voulons la porter », [nous-mêmes et] « nous refusons tout limitation de ce débat[12] ».

En mai 2013, Farida Belghoul donne publiquement sa version des faits sur Convergence 1984 dans une interview proposée par Égalité et Réconciliation[13]. Elle dit : « Cette Marche des beurs avait le même rôle que le mariage gay aujourd'hui. Elle a probablement été conçue pour endormir le peuple de France… pour empêcher qu'on soupçonne le Parti socialiste de mener une politique qui n'était pas en faveur du peuple. »

Conflit avec SOS Racisme[modifier | modifier le code]

La tactique suivie a été rendue publique quelques années plus tard par Serge Malik, un militant de SOS qui l'a mise en œuvre et a écrit un livre intitulé Histoire secrète de SOS Racisme[14]. « En décembre 1984, Harlem se rend à Lyon… l’objectif de la visite chez Delorme était de griller les Beurs de Convergence et leur chef de file Farida Belghoul, qui ne se reconnaissaient pas en SOS, en se faisant légitimer par Toumi [Djaidja] et Delorme[15]. ».

Journalisme[modifier | modifier le code]

Farida Belghoul tient tribune dans la presse : agence IM'média, Sans frontière, Actualités de l'immigration. Elle est directrice de l'information et secrétaire générale de l'association Radio Beur.[réf. nécessaire]

Le REID et la lutte contre l'illettrisme[modifier | modifier le code]

En 2008, enseignante au lycée professionnel Ronceray de Bezons dans le Val-d’Oise, Farida Belghoul lance une association de « remédiation éducative individualisée à domicile ». Ce dispositif a pour but de mettre en place un soutien individualisé pour sortir des jeunes de l'illettrisme[16]. Sans financement, ce projet ne voit pas le jour[17].

Rapprochement avec Alain Soral[modifier | modifier le code]

En mai 2013, Farida Belghoul se rapproche d'Alain Soral et de son association Égalité et Réconciliation[18],[19].

Opposition à la « théorie du genre »[modifier | modifier le code]

Elle s'engage contre ce qu'elle estime être l'introduction de la « théorie du genre » à l'école. Elle s'oppose notamment au programme lancé à la rentrée 2013 par l'éducation nationale : l'ABCD de l'Égalité en diffusant à partir du mois d'octobre plusieurs vidéos sur les sites de partage de vidéos en ligne[20].

Le 13 décembre 2013, elle lance l'initiative « Journée de retrait de l'école », invitant les parents à retirer leurs enfants de l'école une journée par mois à partir de janvier 2014, en justifiant cette absence par la phrase : « Journée de retrait de l'école pour l'interdiction de la théorie du genre dans tous les établissements scolaires. »[21] La première initiative a lieu le 24 janvier 2014[22]. Cette action a amené le ministre de l'Éducation nationale Vincent Peillon a réagir en personne lors des questions au gouvernement : « L’Éducation nationale refuse totalement la « théorie du genre » et les instrumentalisations de ceux, qui, venus de l’extrême droite, négationnistes, sont en train de vouloir répandre l’idée qui fait peur aux parents et qui blesse les enseignants que tel serait notre point de vue »[23].

Début 2014, elle lance l'initiative de « l'année de la robe », en appelant toutes les femmes à porter la robe et à laisser le pantalon aux hommes[24].

Arts[modifier | modifier le code]

Écrivain de la seconde génération[modifier | modifier le code]

L'ouvrage 'Georgette que Farida Belghoul publie en 1986, fait l'objet, hors de France, dans des universités d'Amérique, de commentaires d'universitaires qui s'intéressent particulièrement aux failles et cassures qu'il révèle du « modèle français d'intégration ».[réf. nécessaire]

Cinéaste[modifier | modifier le code]

Farida Belghoul réalise trois films entre 1981 et 1983. Le troisième, Le Départ du père (1983), est sélectionné pour représenter le « septième art » dans le panorama créatif des « enfants de l'immigration », thème de l'exposition qu'organise, au début 1983, le Centre Georges-Pompidou[25].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Afghanistan, mon témoignage d’une jeune résistante afghane, détenue et torturée par les Soviétiques en 1980, produit par le Centre Simone-de-Beauvoir.
  • Georgette (roman), Paris, Barrault Éditions, 1986 (ISBN 2736000501), réédition 2013 édition Kontre Kulture.
  • Les écrivaines francophones en liberté, Farida Belghoul, Maryse Condé, Assia Djebar, Calixthe Beyala, Martine Fernandes - Préface de Michel Laronde[26]
  • Papa porte un pantalon et maman porte une robe (ill. Hugo), REID (Littérature d'enfance et de jeunesse),‎ 2014, 52 p. (ISBN 979-1093641003)

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • C’est madame la France que tu préfères : histoire d’une fratrie de la seconde génération, produit par ISM (40 minutes – 1980).
  • Le Départ du père : un immigré à la retraite rentre définitivement au pays en compagnie de sa fille née en France, coproduction Belghoul, ISM (41 minutes – 1984).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Biographie de Farida Belghoul, Limag
  2. a et b « Farida Belghoul, de l'extrême gauche anti-raciste à la croisade anti-genre à l'école », Abel Mestre et Sylvia Zappi, lemonde.fr, 1er février 2014.
  3. Mattea Battaglia, « Egalité filles-garçons : le gouvernement abandonne les ABCD », sur lemonde.fr, Le Monde,‎ 28 juin 2014 (consulté le 29 juin 2014) : « Une « enveloppe » que la Manif pour tous et les partisans de la militante proche de l'extrême droite Farida Belghoul persistent à voir comme le cheval de Troie d'une prétendue « théorie du genre » à l'école. »
  4. le figaro « Farida Belghoul, 55 ans, militante passée en 30 ans de l'extrême gauche à l'extrême droite. »
  5. http://www.bfmtv.com/video/bfmtv/societe/theorie-genre-est-farida-belghoul-29-01-173426/
  6. http://www.estrepublicain.fr/meurthe-et-moselle/2014/02/05/farida-belghoul-en-conference-ce-soir-a-nancy « L’ex-marcheuse des banlieues, devenue la nouvelle égérie de l’extrême-droite »
  7. Élise Godeau, « Que la Vierge préside le conseil municipal », sur liberation.fr, Libération,‎ 6 juillet 2014 (consulté le 18 juillet 2014).
  8. Libie Cousteau, « La croisade qui a tué les ABCD », L'Express, no 3285,‎ 18 juin 2014, p. 84-90.
  9. Marche des beurs de 1983 | Marche pour l'égalité et contre le racisme
  10. a, b et c Éditions de la différence - Compte-rendu des Assises nationales contre le racisme - Maison de l'Unesco - 16/17/18 mars 1984.
  11. Albano Cordeiro « Convergence 84 : retour sur un échec », Plein droit 2/ 2005 (n° 65-66) , p. 59-63 . URL : www.cairn.info/revue-plein-droit-2005-2-page-59.htm.
  12. a, b, c, d et e Saïd Bouamama in 25 ans de marche et toujours pas d'égalité - reportage radio réalisé par Oliver Minot pour Radio Pluriel - Article : [1] - Document sonore : [2].
  13. in Interview Égalité et Réconciliation, mai 2013 - De l’antiracisme à Égalité et Réconciliation : rencontre avec Farida Belghoul : [3] - Document sonore : [4].
  14. Histoire secrète de SOS Racisme - Serge Malik
  15. /Histoire secrète de SOS Racisme - page 28/29
  16. Libération
  17. Le point « Un dispositif de "seconde chance" pour les jeunes en difficulté passant par des cours à la maison, avorté depuis, faute de financement. »
  18. Luc Cédelle, « Le catéchisme « antipédago », le « gender » et la nouvelle extrême droite soralo-dieudonniste », sur Blog « Interro Écrite » (Le Monde.fr),‎ 24 janvier 2014 (consulté le 25 janvier 2014).
  19. Brigitte Stora, « La contre marche », sur Le Huffington Post,‎ 29 novembre 2013 (consulté le 25 janvier 2014).
  20. Eric Martin, « Une figure du « mouvement beur » contre la théorie du gender à l’école », sur Nouvelles de France,‎ 4 novembre 2013 (consulté le 24 décembre 2013).
  21. Farida Belghoul, « Farida Belghoul lance une action nationale pour l’interdiction de la théorie du genre à l’école », sur Égalité et Réconciliation,‎ 23 décembre 2013 (consulté le 24 décembre 2013).
  22. Olivier Claudon, « Strasbourg : un collectif veut boycotter les écoles en agitant le spectre de la « théorie du genre » », sur Dernières Nouvelles d'Alsace.fr,‎ 23 janvier 2014 (consulté le 25 janvier 2014).
  23. AFP, « Théorie du genre: Peillon veut convoquer les parents qui suivent le boycott de l'école », sur 20 minutes.fr,‎ 29 janvier 2014 (consulté le 30 janvier 2014).
  24. Renée Greusard, « Les opposants aux études de genre, de plus en plus idiots », sur Rue69 (Le Nouvel Observateur.com),‎ 14 janvier 2014 (consulté le 23 janvier 2014).
  25. Le Départ du père, Limag.
  26. Les écrivaines francophones en liberté, 1er mars 2007

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]