Françoise Gaspard

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Françoise Gaspard
Image illustrative de l'article Françoise Gaspard
Fonctions
Parlementaire français
Député 1981-1988
Gouvernement Ve République
Groupe politique Parti socialiste
Biographie
Date de naissance 7 juin 1945 (69 ans)
Résidence Eure-et-Loir

Françoise Gaspard (née le 7 juin 1945 à Dreux) est une sociologue féministe et femme politique française, maire socialiste de Dreux de 1977 à 1983 et députée d'Eure-et-Loir de 1981 à 1988. Elle a également été députée européenne et conseillère régionale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Agrégée d’histoire et diplômée de l'Institut d'études politiques de Paris, assistante d'histoire à l'université Paris IV, Françoise Gaspard entre à l'ENA en 1975. Elle en sortira conseillère au tribunal administratif de Versailles et sera élue maire (parti socialiste) de Dreux en 1977, avant même la fin de ses études. En 1981, elle siège à l'Assemblée nationale élue députée d'Eure-et-Loir[1].

En 1983, elle perd la ville de Dreux qui bascule à nouveau à droite, à la faveur d'une alliance entre le Front national et le RPR sous l'égide de Jean Hieaux. Françoise Gaspard écrira un livre sur son expérience, Une petite ville en France. Elle assumera ensuite publiquement son homosexualité, devenant ainsi l'une des premières personnalités politiques françaises à le faire et presque la seule en tant que femme.

De janvier 1998 à 2000, elle est représentante de la France à la Commission de la condition de la femme de l'ONU. Elle est depuis 2001 experte au sein du Comité CEDAW de l'ONU, comité d'experts chargés du suivi par les États qui l'ont ratifié de la Convention de New York sur l'élimination de toutes les discriminations à l'égard des femmes[2] et membre de la Commission nationale consultative des droits de l'homme.

Elle est membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence.

Après avoir exercé des mandats parlementaires et locaux pendant douze ans, Françoise Gaspard a choisi de renouer avec la recherche. Elle est actuellement maître de conférences à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS) de Paris[3] et rattachée au Centre d’analyse et d’intervention sociologiques, laboratoire du Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Ses travaux l’ont conduite à enseigner et à donner des conférences dans de nombreuses universités en Europe et en Amérique. Elle a participé à différentes missions d’assistance technique en Europe et en Afrique pour l’introduction de la dimension du genre dans les législations et les politiques nationales.

Ses travaux académiques ont notamment porté sur l’histoire des migrations, la sociologie urbaine et les mouvements sociaux. Ses ouvrages et articles sont, pour nombre d’entre eux, disponibles en anglais, allemand, espagnol, portugais, arabe et japonais.

Françoise Gaspard a joué un rôle pionnier dans l'introduction des études gaies et lesbiennes en France[1] : elle a conduit, avec Didier Eribon, un séminaire de recherche à l'EHESS (de 1998 à 2004) consacré à la sociologie des homosexualités ; elle a codirigé avec Bruno Perreau le premier cours français sur l'homosexualité destiné à des étudiants de premier cycle universitaire (2006-2007, Sciences Po)[1].

Françoise Gaspard a fondé au début des années 1990 avec Colette Kreder le réseau Demain la parité, qui regroupe des associations féminines, dans le but de promouvoir les femmes dans tous les domaines.

Françoise Gaspard a également fondé en 2000 avec Huguette Delavault, Françoise Cyrot-Lackmann, Claudine Hermann, Colette Kreder et l'association femmes et mathématiques l'association Femmes & Sciences dont les objectifs sont de promouvoir les femmes dans les sciences et les sciences auprès des jeunes, les filles en particulier.

Elle est mariée depuis 2003 à la journaliste Claude Servan-Schreiber.

Après avoir refusé sa Légion d'Honneur en 1995[4], Françoise Gaspard est chevalière de la Légion d'Honneur (1998).

Ses archives sont déposées à l'université d'Angers, au Centre des Archives du féminisme (BU Angers)[5].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Souvenir et avenir de Dreux, Évreux, Herissey, 1977.
  • Madame Le..., Paris, Grasset, 1978.
  • La Fin des immigrés, avec Claude Servan-Schreiber, Paris, Le Seuil, 1984 (traduit en japonais, Nobuhiro Hayashi, 1989).
  • Maurice Viollette, Un homme, Trois Républiques, Musée de Chartres, 1985.
  • Maurice Viollette, homme politique et éditorialiste, Pontoise, Edijac, 1986.
  • De Dreux à Alger, Maurice Viollette 1870-1970, (dir.) Paris, L'Harmattan, 1991.
  • Une Petite Ville en France, Paris, Gallimard, 1990 (traduit en anglais, Harvard University Press, 1995).
  • Au pouvoir citoyennes ! Liberté, Égalité, Parité, avec Claude Servan-Schreiber et Anne Le Gall, Paris, Le Seuil, 1992.
  • Le Foulard et la République, avec Farhad Khosrokhavar, Paris, Éditions de La Découverte, 1995.
  • L'U.F.J.T., D'une jeunesse ouvrière à une jeunesse incertaine, Quarante ans d'histoire d'un mouvement associatif, 1955-1995, Paris, Les Éditions de l'Atelier, 1995.
  • Femmes dans la prise de décision en France et en Europe (dir.), Paris, L'Harmattan, 1997.
  • Comment les femmes changent la politique, avec Philippe Bataille, Paris, Éditions de La Découverte, 1999 (traduit en espagnol et en arabe).
  • Le Livre noir de la condition des femmes, 2006.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Didier Béatrice, Fouque Antoinette (dir.), Le dictionnaire universel des créatrices T2, Paris, Des femmes-Antoinette Fouque, 2013.
  2. Inventaire du fonds Gaspard du Centre des Archives du Féminisme (BU Angers)
  3. Helft-Malz, Véronique, H. Levy, Paule, Encyclopédie des femmes politiques sous la Ve République, Paris: Éditions Patrick Banon, 1996, 371 p.
  4. Françoise Gaspard, Libération, 3 janvier 1995.
  5. http://bu.univ-angers.fr/sites/default/files/inventairegaspard.pdf

Lien externe[modifier | modifier le code]