Hans Alexis von Biehler

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Hans Alexis von Biehler (né le à Berlin, mort le à Charlottenburg) était un ingénieur militaire et général d'infanterie prussien. Il a donné son nom à une nouvelle génération de fortifications, un type de forts détachés conçu après la guerre de 1870.

Biographie[modifier | modifier le code]

De 1873 à 1884, Biehler fut à la tête des services du Génie militaire. À partir de 1885, il devint inspecteur général des forteresses de l'Empire.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Les forts « von Biehler » à la forteresse Cologne 1870

Chargés de l'expertise des fortifications du nouvel Empire en juin 1871, le chef d’État-Major Moltke et le chef du Corps des Ingénieurs militaires Alexis von Biehler font un constat inquiétant : mis à part les nouveaux forts allemands, des forts détachés de conception moderne, et les villes fortifiées de Prusse et de Prusse orientale, l’ensemble des enceintes fortifiées des villes de l'Empire repose sur des fortifications de conception française. Alexis von Biehler est donc chargé au ministère de la Guerre d'élaborer une nouvelle génération de fortifications : les forts détachés doivent s'adapter aux progrès de l’artillerie de l'époque. Le nouveau modèle de Biehler inspirera tous les forts de l'Empire.

Le plan-type caractéristique est le plan théorique appliqué à Strasbourg. Le fort Grossherzog von Baden (aujourd'hui nommé fort Frère) à Oberhausbergen est le prototype de ces forts « von Biehler ». C'est ainsi que le projet des grands « camps retranchés » de l'Empire allemand, comme les places fortes de Metz et de Cologne, voit le jour.

Les forts « von Biehler » sont érigés dès 1873 en grand nombre dans le Reich allemand. Les ceintures fortifiées de Cologne, Strasbourg, Posen, Thorn, Königsberg et Ingolstadt sont construites entièrement avec des forts de type « von Biehler ». Les ceintures fortifiées de Metz, Küstrin, Spandau, Ulm, Mayence et Magdebourg reprennent, en partie seulement, le type « von Biehler ».

Depuis les fortifications érigées par Vauban, le modèle des fortifications n’avait pratiquement pas évolué au cours du XIXe siècle. Durant les combats de 1870, les fortifications de type Vauban montrent rapidement leurs faiblesses. Le principe de la citadelle imprenable ne tient plus: ces citadelles ne résistent pas aux assauts de l'artillerie moderne. Il faut donc repenser les places fortes en les adaptant aux progrès de l’artillerie. Le modèle des places fortes avec citadelle et bastions encerclant les villes est maintenant dépassé. Dans la conception « von Biehler », comme dans celle de Séré de Rivières en France, ou dans celle de Henri Alexis Brialmont en Belgique, les forts sont rejetés à l’extérieur des cités, à plus d'une dizaine de kilomètres des anciennes places fortes. L'objectif étant de tenir à distance l'artillerie adverse, afin de protéger les centres urbains. On crée désormais autour des places fortes une ceinture de forts, distants les uns des autres de quelques kilomètres, et pouvant se couvrir mutuellement. Leurs tirs de couverture peuvent en effet couvrir efficacement les intervalles entre les forts, assurant ainsi une protection globale des points stratégiques. C'est ainsi que le projet des grands « camps retranchés » de l'Empire allemand, comme Metz et Cologne, voit le jour.

Un camp retranché est composé d’un « cœur » fortifié, ou noyau, entouré d’un cercle de forts, dits « détachés ». Leur rôle est double : obliger l’assaillant à s’établir à une distance telle, que le cœur fortifié ne peut pas être bombardé et l’empêcher de se rapprocher. Les forts peuvent en outre appuyer de leurs feux, les mouvements des troupes de la garnison, lors des manœuvres à l’extérieur du camp retranché. Les canons des assaillants sont ainsi relégués à plus de 12 km de la ville fortifiée.

Avec l’apparition de l’obus torpille, qui soulève le problème de la protection de l’infanterie à partir des années 1890 – 1900, le modèle « von Biehler » est à son tour remis en question.

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