Concerto pour violon de Beethoven

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Concerto pour violon en ré majeur op. 61
Image décrite ci-après
Beethoven vers 1804
Portrait de J.W. Mähler, 1804-1805

Genre Concerto
Nb. de mouvements 3
Musique Ludwig van Beethoven
Durée approximative Environ quarante minutes
Dates de composition 1806
Dédicataire Stephan von Breuning
Création
Theater an der Wien, Vienne Drapeau de l'Autriche Autriche
Interprètes Franz Clement (violon)
Versions successives
Représentations notables

Le Concerto pour violon en ré majeur op. 61 est une œuvre majeure de Ludwig van Beethoven, écrite en 1806[1],[2].

Genèse[modifier | modifier le code]

Sa composition prend place entre sa troisième et sa quatrième symphonie et est contemporaine de celle de son quatrième concerto pour piano. Poème d'amour en musique qui exprime — peut-être, selon certains historiens qui croient à l'hypothèse "Thérèse de Brunswick / Immortelle bien-aimée" — le bonheur consécutif aux fiançailles passées secrètement avec Thérèse de Brunswick — dont le fait est encore discuté. Le concerto reçut un accueil critique parfois sévère (« manque de cohérence, vacarme continuel entretenu par quelques instruments...»). Le musicien a écrit précédemment deux romances pour violon et orchestre (op. 40 et op. 50 en 1803[3] et 1805)[3] et ne reprendra plus par la suite cette forme musicale.

Le concerto est publié en 1808[1] au comptoir des Arts et de l'Industrie à Vienne.

Le dédicataire en est Stephan von Breuning[1],[2].

La première a lieu le [1],[2] au Theater an der Wien, sous l'archet de Franz Clement[1],[2], célèbre violoniste de l'époque. Clement accepta de commander et créer le concerto pour violon à condition que le rondo final soit sur un thème qu'il avait composé. Ainsi, le dansant thème de refrain, en forme de carillon, est-il de la main de Clement, Beethoven se contentant de l'harmoniser, et de composer tout le reste.

Il semble que l'achèvement de son écriture ait précédé de peu le concert, obligeant le soliste à faire du déchiffrage en direct. Il joua d'ailleurs ce concerto en deux parties séparées par d'autres pièces de son crû (jouées avec le violon renversé et sur une seule corde) ce qui n'était guère le meilleur moyen pour que le public puisse apprécier le concerto[4]. Elle ne fut guère jouée du vivant du musicien, les auditeurs la trouvant assez peu virtuose, le thème trop souvent répété (40 fois), le violon étant très peu présent voire sous-exploité par rapport aux concertos de Niccolò Paganini de l'époque même si la critique reconnut dans l'ensemble que la musique du maître n'était pas sans mérite bien que trop répétitive à leur goût. Seule la représentation de Pierre Baillot en 1812 à Berlin et celle du jeune Henri Vieuxtemps en 1834 à Vienne, sont connues avant la redécouverte par le violoniste Joseph Joachim qui le joue en 1844 à Londres sous la direction de Felix Mendelssohn.

Les cadences les plus souvent jouées sont celles de Fritz Kreisler.

Il existe une transcription pour piano de ce concerto, datant de 1808 écrite par Beethoven sous l'opus 61a et dédiée à la femme de Stephan von Breuning. Il est parfois appelé concerto pour piano n° 6.

L'œuvre[modifier | modifier le code]

Le concerto comporte trois mouvements et son exécution dure environ quarante minutes. Le premier mouvement dure près de vingt-cinq minutes et débute par un motif rythmique de quatre coups aux timbales que l'on retrouvera dans toute cette œuvre.

  • Allegro ma non troppo

Longue introduction de l'orchestre rythmé par le leitmotiv de quatre notes égales auquel enchaine le violon dans une progression harmonique du grave à l'aigu. Les deux thèmes de la forme sonate sont exposés ensuite aux clarinettes et aux bassons. Le violon reprend le thème principal qui précède le développement que se partagent l'orchestre et le soliste.

  • Larghetto
  • Rondo allegro

Enregistrements[modifier | modifier le code]

Il existe près de 260 enregistrements de ce concerto. Le premier connu est celui du violoniste Josef Wolfsthal datant de 1925[5]. Tous les grands violonistes ont gravé cette œuvre. On peut citer parmi eux Yehudi Menuhin (près de dix enregistrements dont trois avec Wilhelm Furtwängler dont les plus importants sont ceux de Lucerne de 1947[6] et de Londres de 1953[7]) et David Oïstrakh (près de onze enregistrements).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Bary Cooper, Dictionnaire Beethoven, Éditions Jean-Claude Lattès, 1991, p. 350
  2. a, b, c et d J. et B. Massin, Ludwig van Beethoven, Fayard, 1967, p. 653
  3. a et b Bary Cooper, Dictionnaire Beethoven, Éditions Jean-Claude Lattès, 1991, p. 351
  4. La Musique symphonique de Beethoven de Michel Lecompte aux éditions Fayard - 1995
  5. Rey X, Écoute comparée : le concerto pour violon de Beethoven, Classica Repertoire, juin 2007, p 64-69
  6. « La première rencontre Menuhin-Furtwängler offre une lumière indicible ». Dictionnaire des disques Diapason : Guide critique de la musique classique enregistrée, Robert Laffont,‎ 1981 (ISBN 2-221-50233-7), p. 111.
  7. « Incontestablement l'un des plus grands disques du XXe siècle ». Diapason (magazine),‎ Mai 2004, p. 31.

Liens externes[modifier | modifier le code]