Ernest Cézanne

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Ernest Cézanne
Buste d'Ernest Cézanne, par Jean Marcellin, dans la salle des délibérations du Conseil général des Hautes-Alpes.
Buste d'Ernest Cézanne, par Jean Marcellin, dans la salle des délibérations du Conseil général des Hautes-Alpes.
Fonctions
Député des Hautes-Alpes
2 juillet 187121 juin 1876
Biographie
Date de naissance 24 mars 1830
Lieu de naissance Embrun
Date de décès 21 juin 1876
Lieu de décès Tours
Parti politique Conservateur libéral
Profession Ingénieur
Religion Catholique

Louis-Joseph-Ernest Cézanne (24 mars 1830, Embrun - 21 juin 1876, Tours) est un ingénieur et homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ernest Cézanne, après avoir été élève du Collège royal de Grenoble et du Collège Sainte-Barbe, suivit ses études à l'École polytechnique et à l'École des ponts et chaussées. Il dirigea en tant qu'ingénieur des ponts et chaussées, d'abord au service de l'État français, puis dans des entreprises privées (Compagnie des chemins de fer de l'État autrichien, Ernest Goüin et Cie) en Europe de l'Est (Russie, Autriche, Hongrie…), la construction de plusieurs chemins de fer importants. Il dirigea la réalisation en 1854 du pont sur la Tisza à Szeged construit par la société Ernest Goüin et Cie. En 1870, il dirige la Compagnie des chemins de fer ottomans.

Il donna sa démission pour prendre part à la Guerre franco-allemande, et fut chargé par le gouvernement de la Défense nationale d'une mission auprès de la Délégation de Tours, relativement au ravitaillement de Paris.

Le 2 juillet 1871, lors de l'élection complémentaire qui eut lieu dans les Hautes-Alpes par suite de l'invalidation de Chaix, Cézanne se présenta et fut élu [1] comme candidat conservateur libéral, disposé à se rallier à une République très modérée. Il se déclara contre le retour de l'Assemblée à Paris. Il s'inscrivit d'abord au centre gauche de l'Assemblée nationale, mais inclina en maintes circonstances vers le centre droit orléaniste. Il fut rapporteur de la proposition Ravinel tendant à transférer les administrations et les services publics à Versailles, et conclut à l'adoption, tout en protestant de son amour pour la capitale. Cézanne fut un des partisans et des agents les plus zélés de la « conjonction des centres » souhaité par Auguste Casimir-Perier. Lors des tentatives de fusion et de restauration monarchique, il refusa de s'y associer, et opina pour le maintien de la République conservatrice. Il vota le 24 mai 1873, contre la démission de Thiers ; le 24 juin, pour l'approbation de l'arrêté sur les enterrements civils; le 19-20 novembre, pour la prorogation des pouvoirs du maréchal et l'organisation du Septennat ; le 20 janvier 1874, contre la loi des maires ; le 16 mai, pour le ministère de Broglie ; le 30 janvier 1875, pour l'amendement Wallon ; le 11 février, contre l'amendement Pascal Duprat ; le 25 février, pour l'ensemble des lois constitutionnelles de 1875'n[2]. Il proposa en 1873 à l'Assemblée nationale de créer un corps de soldats pour défendre la frontière des Alpes, sa proposition ne sera reprise qu'après sa mort en 1888, dès lors les chasseurs alpins étaient créés. Il fut membre la même année de la Commission des Trente. Il s'abstint de voter sur le pouvoir constituant de l'Assemblée et sur l'état de siège[2].

Plusieurs fois il fut question de Cézanne pour un portefeuille, notamment dans les combinaisons ministérielles proposées par Goulard. Après la chute de Broglie, le maréchal avait inscrit d'office le nom de Cézanne sur la liste des membres du nouveau cabinet, comme ministre des Travaux publics ; Cézanne ne crut pas devoir accepter.

Le 20 février 1876, il fut réélu député de l'arrondissement d'Embrun, par 4,700 voix sur 4,744 votants ; mais il ne siégea pas dans la Chambre nouvelle, retenu à Tours par une maladie de poitrine qui le minait depuis longtemps, et dont il mourut[2], à l'âge de 46 ans. Il était conseiller général du canton d'Orcières depuis 1872.

Ernest Cézanne fut l'un des fondateurs avec Xavier Blanc (ce dernier en sera par deux fois le président) du Club Alpin Français, dont il fut le 2e président en 1875.

Il fut chevalier de la Légion d'honneur, commandeur de l'ordre de François-Joseph, et chevalier des ordres de Charles III et de la Conception.

Il est le fils de Jean Cézanne (1800-1835), avocat et conseiller général des Hautes-Alpes, le petit-fils du baron Danel-Duplan et l'arrière petit-fils de Jean-Michel Mathieu-Faviers. Sa mère fut remarié à Calixte-Joseph-Camille de La Forgue de Bellegarde. Ernest épousa en 1862, Marguerite Sagey, fille de Charles-Paul-Gabriel, ingénieur des Mines, et de Henriette-Rose Goüin (petite-fille de Henri Jacques Goüin-Moisant). Il eut une fille mariée à Louis René Roulleau de La Roussière, secrétaire général du comité des forêts, un fils marié à Marthe Nismes, et une dernière fille, mariée au baron Louis d'Oullenbourg, colonel d'infanterie.

Une rue de Gap et une avenue d'Embrun, ainsi qu'une cabane de refuge au pied des glaciers du mont Pelvoux sont nommées en son honneur.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Notice sur quelques ponts métalliques des chemins de fer russes (1864)
  • Le câble transatlantique (1867)
  • De telegraphie en de transatlantische kabel (1868)
  • Étude sur les torrents des Hautes-Alpes (avec Alexandre Surell, 1870)
  • Lettre à l'Assemblée nationale (1871)
  • Relation d'un voyage aéronautique (1872, 2010)
  • Les Institutions nécessaires. Lettre aux membres de l'Assemblée nationale (1872)
  • Proposition de loi relative à l'organisation militaire dans la région des montagnes qui bordent la frontière (1873)
  • Proposition de loi relative aux attributions des pouvoirs publics (1873)
  • Jacques Maniel, notice biographique (1873)
  • Club alpin français (1874)
  • Les Nouvelles Concessions de chemins de fer proposées pour la Compagnie Paris-Lyon-Méditerranée par le projet de loi de M. le ministre des Travaux publics du 5 août 1874 (1875)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Élu par 14,212 voix (22,428 votants, 34,083 inscrits), contre 7,965 à Garuier, conservateur monarchiste
  2. a, b et c Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889

Sources[modifier | modifier le code]

  • Fargue, Ernest Cezanne. Notice biographique, Impr. de Mame et fils, 1878
  • G. Dioque, Dictionnaire biographique des Hautes-Alpes.
  • Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889
  • Henry Duhamel, Au pays des Alpins, librairie dauphinoise, Grenoble 1899.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]