Isabelle Blume

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Blume.
photo Isabelle Blume
Isabelle Blume

Isabelle Blume, née Isabelle Grégoire, est une femme politique belge, née à Baudour, dans le Borinage, le 22 mai 1892 et décédée le 12 mars 1975. Elle est une figure du féminisme belge et de la lutte contre le fascisme.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille d'un pasteur protestant, diplômée comme régente littéraire, elle épouse David Blume en 1913, lui aussi pasteur protestant. Durant la Première Guerre mondiale, le couple est actif dans la résistance à l'occupant allemand et très engagé socialement.

Après la guerre, Isabelle et David Blume s'installent à Bruxelles. Isabelle Blume suit alors une formation d'assistante sociale à l'École ouvrière supérieure où elle deviendra enseignante.

Elle se rapproche, dès le début des années 1920, des milieux socialistes bruxellois où elle est vite remarquée pour ses qualités de tribun. Elle commence alors une intense activité militante en faveur de la cause des femmes. Elle signe des éditoriaux sur le sujet dans Le Peuple et publie une série d'articles intitulés La démocratie conjugale qui feront scandale jusque dans les rangs socialistes. Isabelle Blume s'y engage avec véhémence pour l'égalité homme-femme dans tous les domaines. Elle milite, en particulier, pour le droit de vote des femmes, leur droit à l’enseignement et leur protection au sein du couple. En 1928, elle est désignée comme secrétaire nationale des Femmes socialistes et prend la direction du Comité d’action féminine

Pendant ce temps, son mari David Blume, qui a abandonné sa tâche de pasteur, est entré au ministère de l'éducation où il crée le réseau des bibliothèques publiques dont il occupe la fonction de directeur. Il a également une activité de penseur politique. Il publie un essai intitulé Christianisme et socialisme en 1926 et un pamphlet contre Mussolini en 1936.

En 1932, Isabelle Blume devient conseillère communale d'Uccle. En 1936, elle est élue députée socialiste de Bruxelles et devient la deuxième femme élue dans cette assemblée par un électorat encore complètement masculin. Elle y siégera jusqu'en 1954. Le premier discours qu’elle prononce au parlement s’intitule À travail égal, salaire égal.

À côté de son engagement féministe, Isabelle Blume se lance, dès le début des années 1930, dans la lutte contre le fascisme. Elle prononce des discours sur ce thème dans des usines à Hambourg et à Brême et n’a de cesse d’attirer l’attention du monde politique belge sur le danger de l’Allemagne nazie. Elle s'oppose notamment à la politique de neutralité de la Belgique et au tournant "autoritaire" du POB dans la deuxième moitié des années trente[1]. En 1936, elle s’engage dans la guerre d’Espagne du côté des républicains. Elle se rend plusieurs fois en Espagne et organise la solidarité envers les réfugiés et les orphelins. Elle y gagne son surnom de pasionaria belge.

L’invasion de la Belgique par l’armée allemande l’oblige à fuir en Angleterre avec le gouvernement belge tandis que son fils Jean Blume s’engage dans la résistance et est déporté. À Londres, elle participe au gouvernement de Camille Huysmans en tant que Secrétaire d'État à la Marine et s'occupe du service social des marins.

Après la guerre, elle prend position dans la question royale contre le retour de Léopold III. Elle met toutes ses capacités d’oratrice et de polémiste au service de ce nouveau combat. En 1946, elle fait voter une proposition de loi qui modifie la réglementation de la prostitution et renforce les sanctions envers les souteneurs.

Arborant un philosoviétisme convaincu, elle est exclue du Parti socialiste en 1951 et siège comme députée indépendante jusqu'en 1954, mais elle adhère au Parti communiste belge seulement à partir de 1964. Elle entre au Comité central du parti et est élue en 1965 conseillère communale d'Hornu.

Elle continue à participer activement à la lutte contre le fascisme et la guerre. Prix Staline de la Paix en 1953, elle s'implique intensément dans le Conseil Mondial de la Paix, dont elle devient coprésidente (1965-66) et enfin présidente (1966-69), fonction qu'elle doit abandonner pour avoir exigé le retrait des troupes soviétiques de Tchécoslovaquie lors du Printemps de Prague. Elle poursuit ensuite jusqu'à sa mort son activité de militante et de conférencière.

Elle est la mère de Jean Blume, homme politique et journaliste communiste belge. Ses autres enfants furent Edith Goldschlager et Alain Blume, colonel dans l'armée de l'air belge. Elle est la grand-mère d'Alain Goldschlager, spécialiste de la littérature de la Shoah et de l'antisémitisme.

Référence[modifier | modifier le code]

  1. Pascal Delwit, La vie politique en Belgique de 1830 à nos jours, Bruxelles, Éditions de l'Université de Bruxelles, 2010, p. 89.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • José Gotovitch, Isabelle Blume, Bruxelles, Fondation J. Jacquemotte, 1976.
  • José Gotovitch,  Grégoire Isabelle, dans Dictionnaire des femmes belges, Bruxelles, Racine, 2006, p. 289-292.
  • Suzanne van Rokeghem, Jacqueline Aubenas, Jeanne Vercheval-Vervoort, Des femmes dans l'histoire en Belgique, depuis 1830, Bruxelles, Luc Pire, 2006, p. 137-138.
  • Éliane Gubin, Leen Van Molle, Femmes et politique en Belgique, Éditions Racine, Bruxelles, 1998.