Christianisme au Liban

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Les chrétiens du Liban représentent probablement un peu moins de la moitié de la population de ce pays. Les estimations les plus courantes donnent environ 43%[1] de chrétiens, soit le pourcentage le plus élevé de tous les pays du Proche et du Moyen-Orient. Certains groupes chrétiens avancent tout de même que les chrétiens sont majoritaires, comme avant les années 1980. La diaspora des chrétiens du Liban est estimée à plusieurs millions de personnes à travers le monde, environs 80% des Libanais de l’étranger sont Chrétiens. La plupart des Églises orientales sont représentées au Liban, ce qui fait de ce pays un véritable conservatoire du christianisme oriental.

Communautés chrétiennes[modifier | modifier le code]

Distributions des chrétiens du Liban selon les différentes confessions

Église Année 1932 Année 2008
Église maronite 226 378 Fidèles 905 512 Fidèles
Église orthodoxe d'Antioche (Grecs orthodoxes) 76 522 Fidèles 306 088 Fidèles
Église grecque-catholique melkite 46 000 Fidèles 184 000 Fidèles
Église apostolique arménienne (Arméniens orthodoxes) 30 000 Fidèles 120 000 Fidèles
Église arménienne catholique 9 000 Fidèles 36 000 Fidèles
Église catholique syriaque 7 000 Fidèles 28 000 Fidèles
Protestants 3 000 Fidèles 12 000 Fidèles
Église syriaque orthodoxe 2 000 Fidèles 8 000 Fidèles
Église latine 1 000 Fidèles 4 000 Fidèles
Église catholique chaldéenne 1 000 Fidèles 4 000 Fidèles
Église apostolique assyrienne de l'Orient 463 Fidèles 2 000 Fidèles
Total des Chrétiens 402 463 1 609 000 Fidèles

La quasi-totalité des chrétiens libanais appartient à l'une des Églises reconnues par l'État. La liberté de conscience est reconnue au Liban et d'autres Églises ultraminoritaires existent. Le fait que l'État libanais reconnaisse certaines Églises n'interdit aucunement à d'autres religions d'exister au Liban.

Les Églises catholiques[modifier | modifier le code]

Les chrétiens catholiques constituent la majorité des chrétiens au Liban. Cependant, la plupart de ces Églises sont uniates, c'est-à-dire des Églises qui ont reconnu l'autorité du pape tout en conservant leurs rites orientaux. Le rite latin (ou romain) est également présent au Liban aux côtés des différents rites orientaux.

L'Église orthodoxe d'Antioche (grecque-orthodoxe)[modifier | modifier le code]

La communion orthodoxe, à laquelle appartient l'Église orthodoxe d'Antioche, rassemble aussi la majorité des Grecs, des Russes, des Roumains, des Serbes, des Bulgares et des Georgiens. Les Arabes et les Grecs orthodoxes qui forment la majorité des chrétiens en Jordanie et en Syrie, ainsi que des chrétiens non catholiques, au Liban, en Israël et dans les territoires palestiniens constituent le patriarcat d'Antioche. Autrefois, au Proche-Orient, on appelait les orthodoxes les "melkites" parce qu'ils confessent, comme les empereurs de Constantinople, la foi du concile de Chalcédoine. Aujourd'hui le terme melkite tend à désigner les seuls grecs-catholiques. En arabe, les orthodoxes sont les roum-orthodoxes (Romains orthodoxes) et ce terme est traduit en français d'une façon approximative par l'expression "grecs-orthodoxes".

Autrefois, les orthodoxes partageaient avec les musulmans sunnites les rangs de la bourgeoisie des plus grandes villes libanaises et syriennes : Beyrouth, Tripoli, Zahlé et Damas. Aujourd'hui, la région la plus densément orthodoxe est toujours, aux abords de Tripoli, le plateau du Koura qui correspond au caza d'Amioun. Mais les populations orthodoxes ont eu tendance à trouver refuge dans la conurbation chrétienne qui prolonge la capitale Beyrouth vers le nord, autour de Jounieh. Elles ont également déserté le littoral du Sud pour se concentrer dans la région de Marjayoun. La communauté a deux points principaux de ralliement : le centre de Beyrouth (cathédrale Saint-Georges, église Saint-Nicolas, hôpital Saint-Georges) et, dans le Koura, le monastère Notre-Dame de Balamand auquel a été adjoint une université.

Les Églises orthodoxes orientales[modifier | modifier le code]

Les Églises arménienne, syriaque orthodoxe et copte font partie de la communion orthodoxe orientale, c'est-à-dire qu'elles adhèrent à un regroupement d'Églises en dépit de leurs divergences théologiques.

Les Églises des trois conciles[modifier | modifier le code]

L'Église des deux conciles[modifier | modifier le code]

Les Églises évangéliques ou protestantes[modifier | modifier le code]

  • Église évangélique : plusieurs Églises évangéliques différentes sont regroupées sous cette dénomination.

Histoire[modifier | modifier le code]

Selon les Actes des Apôtres 11 - 26, ce fut à Antioche sur les rives orientales de la Méditerranée, que, pour la première fois, les croyants en Jésus-Christ furent appelés chrétiens. Le christianisme y est donc apparu très tôt et s'est probablement propagé dans le monde à partir de cette région.

L'histoire documentée du christianisme libanais commence au premier tiers du IVe siècle. En 325, un évêque, Paulin de Tyr présente ses excuses pour son absence au concile de Bythinie qui tente un compromis entre Arius et l'épiscope Alexandre d'Alexandrie. On signale aussi un évêché d'Antioche territorialement très étendu.

On a essayé de déterminer une origine des chrétiens libanais, mais on a abouti à des contradictions. On a proposé l'idée que les chrétiens, ou du moins les maronites (réunis autour de Maron, un saint homme dont le descendant Jean Maron s'oppose à Justinien II à la bataille d'Amoun) avaient abandonné le monothélisme pour le christianisme latin à l'occasion de la fondation du comté de Tripoli, pendant les Croisades. On dit aussi qu'ils descendraient des Phéniciens, c'est le phénicianisme. On a aussi tenté l'idée d'une descendance directe des Mardaïtes.

Les chrétiens arméniens de l'Église apostolique arménienne sont issus de la diaspora arménienne, donc surtout depuis 1915, ou de reliquat du Catholicossat errant.

L'Église catholique arménienne est une Église uniate depuis le Concile de Florence

Relations avec les non-chrétiens[modifier | modifier le code]

Voilà une manière de penser le rôle des chrétiens arabes surtout au Liban. C'est un texte de Mgr Georges Khodr, métropolite de Byblos et Batroun, exarque du Mont-Liban.

La vocation des chrétiens d’Orient :

« Quels que soient les États actuels, leur configuration ou leurs régimes, la seule justification spirituelle de la chrétienté orientale demeure sa transcendance en tant que famille d’Églises liées organiquement entre elles et toutes ensemble aux non-chrétiens par l’amour, sans aucune politique calculatrice, car l’Église n’est pas une nation parmi les autres. Les horizons imposent à ces Églises un œcuménisme mû par un élan de fidélité à tous et à la volonté d’une croissance de l’humanité levantine tout entière […]. Il s’avère impossible d’être ensemble dans la vérité sans l’être au service des autres. C’est seulement le sens que nous avons du musulman d’une part, de l’arabité de l’autre, de la judéité un jour, qui nous guérira de notre verbosité œcuménique. Être connus de Dieu seul pour nous fonder ensemble en Église créative de ses membres, de ses valeurs et de la culture, me semble être l’exigence première du renouveau ».

Les chrétiens dans la politique[modifier | modifier le code]

Le Liban est un État multiconfessionaliste qui est basé sur un système de quotas. Depuis l'accord de Taëf, 64 sièges sont réservés au parlement pour les chrétiens, soit autant que pour les musulmans (contre 54 chrétiens pour 45 musulmans avant Taëf). La principale confession est l'Église maronite (34 sièges). Les chrétiens ont des sièges dans tous les districts du Liban. De plus, le président est forcément chrétien maronite, et les vice-premier ministre et vice-président du parlement sont grecs orthodoxes. Le général en chef de l'armée libanaise est maronite. Le premier ministre doit être obligatoirement sunnite alors que le président de l'assemblée nationale doit être chiite.

Les chrétiens possèdent aussi leurs propres partis politiques.

Actuellement, les chrétiens et les partis où ils sont majoritaires sont divisés entre plusieurs groupes au Parlement :

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Référence[modifier | modifier le code]